https://les-passionnes-de-bouquins.com/invaincu/#
Ingrid Pernet-DuparcetCamille Audiger
Publié le15/04/2026 à 06h10
Se reconstruire grâce à la montagne et au sport. Le colonel Vincent Minguet, ancien commandant du 27e bataillon de chasseurs alpins se livre dans son nouveau livre, « Invaincu ». Entre terrains de guerre, blessures et reconstruction, il délivre un message d’espoir : continuer d’avancer en surmontant les obstacles.
« Je prends des notes sans réfléchir pour pas oublier. » Le colonel Vincent Minguet fige sa pensée en posant les mots sur son carnet. Il décrit les moments, les émotions et les partages. Avant d’écrire, il a notamment commandé les 1500 hommes du 27e bataillon de chasseurs alpins d’Annecy (Haute-Savoie). En exercice sur les terrains de guerre, il garde certains souvenirs traumatiques.
2010, en Afghanistan : « Les balles qui sifflent sur les têtes, les bombes qui détonnent sous les véhicules, l’odeur de la peur mêlée à celle de la poudre, les corps décharnés au milieu des cris blessés et les enfants. » Des blessures physiques, mais aussi psychologiques.
« L’aspect psychologique est souvent mis de côté »
Dans « Invaincu », Vincent Minguet révèle un pan des blessures rarement considérée. Quand on est militaire, la psychologie n’est pas au programme, « elle ne s’apprend pas vraiment« , confie-t-il.
Pourtant entre 2010 et 2019, près de 2800 militaires français ont souffert de blessures psychiques, selon le ministère des armées. Et 7 % des vétérans vont souffrir de syndrome de stress post traumatique au cours de leur vie, selon le gouvernement américain.
Vincent Minguet en a lui même souffert. Il raconte : « On se faisait prendre à parti très souvent, notamment la nuit, par des roquettes et des embuscades, donc oui, ça a déclenché beaucoup de syndrome de stress post traumatique. »
Malgré tout, la prise en charge évolue : « L’aspect psychologique est souvent mis de côté mais on continue de progresser« , Vincent Minguet ajoute sa pierre à l’édifice en parlant de ces hommes meurtris souvent discrets et pudiques lorsqu’il s’agit des traumatismes vécus.
Pour lui, pas question d’abandonner, de les abandonner. « Dans le parcours de reconstruction, beaucoup de choses sont proposées, mais souvent des segments ne sont pas recouverts. Parfois, on sentait que ces blessés étaient délaissés« .
Se reconstruire grâce à la montagne et au sport
En 2022, il lance le défi Raid Tiger avec l’un de ses adjoints, chef du bureau des sports du 27e bataillon de chasseurs alpins. L’objectif : faire le tour du mont Blanc avec trois soldats blessés au Mali. « On a crée cet évènement sportif pour leur permettre de recroire en leur performance physique. » Comme un hommage, lui vient l’idée de ce livre. Car « par le sport et la montagne, on parvient encore à franchir des obstacles, des barrières »
Dans son livre, Vincent Minguet mentionne Étienne, un soldat blessé au Mali. Après avoir perdu une partie de sa jambe et de ses mains, il va participer aux Jeux paralympiques 2030 en ski. « C’est quelqu’un qui continue à aller de l’avant. C’est toujours extrêmement compliqué parce qu’il y a des séquelles à vie, mais il arrive à vivre par le sport. » Un bel exemple, la raison d’être d‘ »Invaincu, se reconstruire grâce à la montagne et au sport. »

