INFOS MILITAIRES

Un drone aérien a tenté de s’approcher du porte-avions Charles de Gaulle lors d’une escale à Malmö

par Laurent Lagneau

Dans le cadre de la mission La Fayette 26, après avoir pris part aux manœuvres interarmées Orion 26, le groupe aéronaval du porte-avions Charles de Gaulle a mis le cap vers la mer Baltique, où il doit intégrer l’opération multidomaine « Sentinelle de la Baltique » [« Baltic Sentry »], lancée par l’Otan afin de prévenir tout acte relevant de la « guerre hybride », comme le sabotage des infrastructures critiques, dans cette partie de l’Europe.

À cette occasion, le « Charles de Gaulle », accompagné par la frégate néerlandaise HNLMS Evertsen, effectue actuellement une escale historique à Malmö, en Suède.

La semaine passée, la Marine nationale a expliqué que la mission La Fayette 26 vise à « contribuer à la posture dissuasive et défensive de l’Otan », à « sécuriser les frontières de l’Europe », à « développer l’interopérabilité » avec les forces alliées et partenaires et à « promouvoir un espace maritime libre, ouvert et stable ».

Cependant, et c’est d’ailleurs le cas pour chaque déploiement du porte-avions Charles de Gaulle, elle a aussi une dimension diplomatique, comme en témoigne cette escale inédite en Suède, l’objectif étant de démontrer l’intérêt de la France pour la Baltique tout en faisant la promotion de ses savoir-faire dans naval, alors que Stockholm est sur le point de choisir un nouveau modèle de frégate.

cette escale du porte-avions « est un signal très important. Cela montre que la France est capable de déployer son groupe aéronaval, qui est un instrument majeur de projection de puissance […] et de le faire travailler en interopérabilité avec les capacités de nos alliés », a d’ailleurs fait valoir Thierry Carlier, ancien numéro deux de la Direction générale de l’armement [DGA] et désormais ambassadeur de France en Suède.

Quoi qu’il en soit, la présence du porte-avions « Charles de Gaulle » dans le sud de la Suède a donné lieu à un incident. En effet, selon la presse locale, un drone aérien aurait tenté de s’approcher du navire amiral de la Marine nationale, avant d’être « brouillé » par les forces suédoises.

« Un grave incident de sécurité s’est produit lors de la visite du porte-avions en Suède. Un drone a décollé d’un navire russe stationné à proximité et s’est approché » du « Charles de Gaulle » avant d’être « neutralisé » , a en effet rapporté la télévision publique suédoise.

Sans évoquer l’origine de ce drone, l’état-major des forces suédoises a ensuite donné plus de détails sur cet incident.

« Un navire de la marine suédoise a repéré un drone suspect lors d’une patrouille dans l’Öresund. Suite à cette observation, les forces armées ont pris des mesures pour le neutraliser. Le contact a ensuite été perdu », a-t-il expliqué dans un communiqué. Une enquête a été ouverte.

À Paris, le porte-parole de l’État-major des armées [EMA], le colonel Guillaume Vernet, a expliqué que le drone en question a été « brouillé hier [25/02] par un dispositif suédois à environ 7 nautiques [environ 13 km] du Charles de Gaulle. » Et d’ajouter : « Le dispositif suédois a parfaitement fonctionné et cela n’a pas perturbé le bord ».

Dissuasion nucléaire : discours du président de la République le 2 mars

Direction : Ministère des Armées 

Depuis la base de L’île Longue, Emmanuel Macron prononcera un discours très attendu au cours duquel les grandes caractéristiques qui singularisent la dissuasion nucléaire française devraient être rappelées. Mais le chef de l’État devrait surtout lever le voile sur certains paramètres qui nécessitent d’être ajustés au regard du contexte stratégique.

C’est au sein du cadre solennel de l’Île Longue, à Brest (Finistère), où sont stationnés les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins, que le président de la République va prendre la parole lundi 2 mars. Un discours attendu depuis la dernière expression officielle sur la dissuasion du 7 février 2020, lors de laquelle Emmanuel Macron avait proposé aux Européens un « dialogue stratégique sur le rôle de la dissuasion nucléaire française » dans la sécurité collective de l’Europe.

Depuis le discours du général de Gaulle du 3 novembre 1959 à l’École militaire, la doctrine nucléaire française a toujours évolué par sédimentation, en étant précisée ou ajustée par les prises de parole successives de tous les présidents de la Ve République au cours de leurs mandats. En effet, chaque chef de l’Etat est amené à prendre des décisions pour faire évoluer l’organisation et les moyens des forces nucléaires. Non pour en changer profondément la nature, mais pour les adapter aux mutations du monde et en préserver la cohérence : de la Guerre froide, à l’ère de la prolifération nucléaire et aujourd’hui au retour de la guerre sur le sol européen. 

Malgré les évolutions du contexte stratégique, la dissuasion nucléaire française est toujours restée structurée autour de 5 grandes caractéristiques lui permettant de conserver toute sa pertinence : elle est à la fois (1) puissante et responsable, (2) indépendante et gage de souveraineté, (3) crédible, (4) strictement défensive, épaulée par des forces conventionnelles, et enfin (5) à dimension Européenne. Ces caractéristiques sont détaillées dans le dossier spécial sur la dissuasion nucléaire française, produit par le ministère des Armées et des Anciens combattants à l’occasion de la prise de parole du président de la République. 

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Lors de sa prise de parole, Emmanuel Macron pourra choisir d’ajuster certains paramètres doctrinaux, capacitaires, afin de conserver une politique de dissuasion pleinement adaptée à l’évolution des menaces dans un environnement stratégique différent de celui de 2020. Puisqu’il doit structurer « l’assurance-vie de la Nation », ce discours est particulièrement attendu par nos concitoyens. La parole du Président sera également particulièrement suivie par nos partenaires européens dans la mesure où l’existence même de la dissuasion nucléaire française contribue à la sécurité du continent. Tant que le monde restera incertain, la dissuasion nucléaire demeurera le socle de notre liberté. 

Le Danemark est-il a l’aube d’un changement radical de sa posture de défense ?

Par Fabrice Wolf

Le Danemark a avancé à 2030 l’objectif d’atteindre 3,5 % du produit intérieur brut (PIB) pour la défense, confirmant une inflexion budgétaire majeure. Cette décision engage l’ensemble des armées sur une trajectoire accélérée, avec des effets attendus sur les équipements, les effectifs, la logistique. Elle encadre également des arbitrages industriels sensibles dans un environnement européen tendu, et s’inscrit dans un cadre otanien qui demeure structurant pour la planification et les engagements.

Ce cap marque surtout une rupture méthodique avec une période où l’effort danois demeurait contenu et adossé aux garanties de sécurité américaines. Le pays a longtemps privilégié l’interopérabilité au sein de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN). La révision des équilibres financiers et capacitaires expose désormais un changement d’ambition nationale, et redéfinit la manière dont Copenhague présente sa contribution à la sécurité collective européenne. Entre menaces russes et changement de posture américaine, la trajectoire sur laquelle Copenhague s’est engagée est-elle purement conjoncturelle, ou s’inscrit-elle dans un transformation plus profonde ?

L’OTAN structure la posture du Danemark depuis la fin de la guerre froide

Au sortir de la guerre froide, Copenhague a maintenu une posture centrée sur l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) et l’alliance avec les États‑Unis, privilégiant l’interopérabilité et les standards communs. Cette orientation a structuré les choix capacitaires et la planification, avec une dépendance assumée aux garanties américaines. Dans ce cadre, Copenhague a aussi prévenu qu’une action militaire américaine contre un allié de l’Alliance constituerait une ligne rouge, qui romprait l’architecture de sécurité héritée de l’après‑guerre. Cette mise en garde éclaire une tension ancienne entre solidarité transatlantique et souveraineté de décision. Elle a préparé le terrain d’une réévaluation progressive des équilibres recherchés.

Avant l’invasion de l’Ukraine, l’effort militaire danois était limité et en deçà des attentes au sein de l’OTAN. L’année précédant l’attaque à grande échelle, la part du PIB consacrée à la défense était inférieure à 1,5 %, confirmant une trajectoire contrainte et différée depuis la fin des années 1990. En 2017, ce ratio s’élevait à 1,1 %, puis a grimpé vers 3 % en 2025. Les autorités projettent d’atteindre 5 % d’ici 2035, ce qui acte une bascule d’ampleur. Cette remontée tardive mais marquée répond à une fenêtre de vulnérabilité perçue et désormais assumée publiquement. Cette période a aussi mis en lumière des dépendances industrielles et logistiques sensibles. Les plateformes clés comme les avions de combat et certaines défenses sol‑air reposent sur des chaînes de soutien concentrées qui priorisent les besoins américains en cas de choc de demande. Des goulets d’étranglement existent déjà dans ces filières complexes, avec des délais d’approvisionnement longs. La période de 2026 à 2030 concentre l’essentiel des risques, l’intervalle entre décisions et arrivées en unités demeurant élevé. Un retrait d’assistance ou une restriction d’accès aux pièces et munitions immobiliserait rapidement des capacités critiques chez plusieurs alliés européens, Danemark compris.

En 2022, la guerre en Ukraine a servi d’électrochoc sur ces équilibres et ces dépendances. « La guerre en Ukraine a servi d’électrochoc stratégique, aucun petit État européen ne peut plus considérer que son espace aérien est protégé par la seule dissuasion collective de l’OTAN », selon une analyse reprise alors. Dans la foulée, le Danemark a planifié des hausses pluriannuelles, avec environ 4 Md de couronnes danoises (DKK) de plus pour le Fonds pour l’Ukraine cette année, puis plus de 21 Md DKK supplémentaires en 2027, et 260 Md DKK programmés de 2026 à 2033. Cette montée en puissance ordonnée traduit une inflexion durable de posture.

La guerre en Ukraine a été un déclencheur efficace pour Copenhague et ses armées

Dans ce contexte, le déclenchement du conflit a immédiatement réorienté les priorités danoises vers l’urgence de soutien à Kiev (Kyiv) et la remise à niveau nationale. Dès 2026, Copenhague prévoit d’augmenter d’environ 4 Md DKK le Fonds pour l’Ukraine, prolongeant un appui financier et politique déjà conséquent. Cette décision s’inscrit dans une logique de solidarité européenne et de crédibilité de l’OTAN face à l’agression russe. Elle accompagne un discours public soulignant la gravité de la situation sécuritaire. Enfin, elle ouvre la voie à des décisions capacitaires plus structurantes, pensées au‑delà du court terme budgétaire.

Nombre d’ogives nucléaires de nouvelles ICBM sentinelles porteront désormais une question ouverte

Nous en savons maintenant beaucoup plus sur les plans tentaculaires de l’USAF pour les nouveaux silos ICBM Sentinelle avec des fonctionnalités que l’on ne trouve pas sur Minuteman III.

par Joseph TrevithickHoward Altman

Que ce soit ou non les États-Unis. Les nouveaux missiles balistiques intercontinentaux Sentinel (ICBM) de l’armée de l’air transporteront plusieurs ogives reste à voir maintenant qu’un traité clé de contrôle des armements a expiré. Le service a par ailleurs bon espoir que le programme Sentinel soit maintenant sur la bonne voie après des années de retards majeurs et de coûts de montgolfière, tirés fortement par les coûts et les complexités associés à la construction de nouvelles infrastructures. Une question particulièrement importante a été la question des silos, le plan initial visant à réutiliser ceux qui abritent actuellement des ICBM Minuteman III ayant été abandonnés au profit de la construction entièrement nouvelle.

L’armée de l’air et d’autres responsables militaires américains, ainsi qu’un représentant du maître d’œuvre de la Sentinelle, Northrop Grumman, ont partagé de nouvelles mises à jour sur le programme avec TWZ et d’autres points de vente lors du symposium annuel de guerre de l’Air & Space Forces Association (AFA) aujourd’hui. Sentinel fait l’objet d’une restructuration complète depuis que les retards et les dépassements de coûts ont déclenché une exigence légale pour un examen complet en 2024. Le plan initial avait demandé que les nouveaux ICBM Sentinelle, également désignés LGM-35A, commencent à entrer en service opérationnel en 2029. Minuteman III, dont 400 actuellement assis en silos dans cinq États, devait être progressivement éliminé en 2036.

Les revers signifient également que les travaux en cours sur la Sentinelle se produisent maintenant à l’abri des limites de l’arsenal nucléaire américain qui ont été imposées par le traité New START avec la Russie. Cet accord se termine, comme prévu, plus tôt ce mois-ci sans un accord de suivi en place.

Un responsable du programme Sentinel a refusé de dire combien d’ogives pourraient être chargées sur un seul missile Sentinel lorsqu’on lui a demandé lors d’un point de presse plus tôt aujourd’hui. Le plan publiquement déclaré précédemment a été de charger chaque missile avec une seule tête W87-1.

Chacun des ICBM Minuteman III en service aujourd’hui, qui sont également désignés LGM-30G, est surmonté d’une seule ogive W78 ou W87, le résultat d’une succession d’accords de contrôle des armements culminant dans New START. Le LGM-30G, entré en service en 1970, a été conçu à l’origine pour transporter jusqu’à trois ogives, et conserve cette capacité dite de véhicule de rentrée cible multiple indépendant (MIRV).

« Nous avons la capacité de le faire. C’est évidemment une décision au niveau national qui irait au président », a déclaré Navy Adm. Rich Correll, chef des États-Unis. Le commandement stratégique (STRATCOM) a déclaré à TWZ et à d’autres lors d’une table ronde séparée aujourd’hui, parlant généralement de la perspective des ICBM de champing américain dans une configuration MIRV à nouveau. « Ces leviers de politique, si nécessaire, fournissent une résilience supplémentaire dans les capacités que nous avons. »

« Rien n’a changé depuis [l’]expiration du traité New START. L’environnement de menace qui existait avant [l’]expiration du nouveau traité START existe aujourd’hui », a ajouté M. Correll. « Pour que l’espace de décision soit ouvert, et des discussions auront lieu à un niveau directeur pour prendre des décisions à cet égard. Je réserverais toutes les recommandations que j’ai pour cette discussion au sein du Ministère. »

Plus tôt ce mois-ci, le Commandement mondial de frappe de l’armée de l’air (AFGSC), en vertu duquel la force actuellement Minuteman III tombe, a également déclaré à TWZ qu’elle « maintient la capacité et l’entraînement de la force MIRV Minetman III ICBM » et qu’elle serait prête à le faire « si le président l’a ordonné ».

Nous savons que le missile Sentinel est une nouvelle conception avec un amplificateur de fusée à carburant solide à trois étages qui a été décrit comme légèrement plus grand que le Minuteman III. Sous le linceul sur le dessus se trouve un bus de charge utile avec un système de propulsion à carburant liquide.

« Notre système de propulsion liquide, c’est ce qui nous donne le point fin qui nous permet de placer le véhicule de rentrée précisément sur la cible, cette plus grande précision qui vient avec le système Sentinel », a expliqué le responsable de Northrop Grumman lors du point de presse d’aujourd’hui.

Au-delà de l’amélioration de la précision, l’armée de l’air et Northrop Grumman ont déclaré que Sentinel offrira également une plus grande portée, ainsi que des avantages en matière de fiabilité et de durabilité, par rapport à l’époque de la guerre froide Minuteman III. Bien que des détails plus précis sur les capacités de Sentinel soient classifiés, le développement d’un nouvel ICBM offre la possibilité d’intégrer diverses nouvelles fonctionnalités et fonctionnalités, y compris en matière de survivabilité.

« À ce stade, nous avons terminé les essais sur tous les principaux éléments du système de missiles. … Nous avons atteint tous nos objectifs principaux et sommes [sur] une bonne voie pour le premier vol, c’est pourquoi nous avons confiance que nous allons frapper ce lancement de pad en 2027 », a ajouté le responsable de Northrop Grumman. « Ce sur quoi nous travaillons maintenant, ce sont des tests supplémentaires juste pour nous donner confiance » en matière de « fiabilité et d’intégration de ce système ».

L’armée de l’air a d’abord annoncé qu’elle visait un premier vol Sentinel en 2027, depuis une rampe de lancement au-dessus du sol, la semaine dernière. Le service n’a pas encore partagé quand il s’attend à effectuer le premier lancement de test à partir d’un silo. Northrop Grumman construit maintenant une installation de silo prototype à grande échelle à Promontory, dans l’Utah, mais il n’est pas clair si cela sera construit d’une manière qui lui permettrait d’être utilisé pour les lancements d’essais à l’avenir. À l’exception, le traité New START avait également imposé des limites aux « lanceurs » déployés et non déployés, qui comprenaient des silos pour les ICBM.

Comme mentionné, le sujet des silos a été absolument au cœur du programme Sentinelle et de ses problèmes au fil des ans. À l’origine, l’armée de l’air s’attendait à pouvoir réutiliser les silos Minuteman III, mais a par la suite déterminé que ce n’était pas la ligne de conduite optimale. Le plan est maintenant de construire 450 silos entièrement nouveaux. L’armée de l’air espère que cela permettra d’économiser du temps et de l’argent maintenant, en partie en raison de la capacité de tirer parti des méthodes de construction modulaires modernes dès le départ plutôt que d’essayer de réutiliser des structures vieilles de plusieurs décennies.

« La stratégie d’acquisition initiale de Sentinel était d’utiliser et de réutiliser les silos Minuteman III pour le logement du missile Sentinel, avec quelques salles de communication améliorées et des choses à côté. Au cours de la dernière année, nous avons fait l’objet de plusieurs évaluations pour déterminer quelle est la bonne stratégie à mesure que nous regardons vers l’avenir, et nous avons changé notre stratégie d’acquisition pour poursuivre la construction et la construction de nouveaux silos pour Sentinel », a expliqué aujourd’hui le responsable du programme Sentinel. « Cela est sorti de deux choses primaires. La première raison pour laquelle nous avons examiné cela n’est que la variabilité de la remise à neuf des silos Minuteman III. Les silos Minuteman III sont incroyables, et ils sont incroyablement efficaces pour exécuter la mission aujourd’hui. Mais alors que nous allions sur la voie de la planification, tout comme essayer de rénover une maison construite dans les années [19]60, il y avait une variabilité dans la compréhension de la façon dont vous attaqueriez la rénovation, comment vous comprendriez les conditions, le moment, et le coût associé à cela. »

L’armée de l’air voit également de nouveaux silos comme aidant à faciliter le processus de transition de Minuteman III à Sentinelle. Les deux missiles seront en service simultanément pendant un certain temps pour s’assurer que la partie terrestre de la triade de dissuasion nucléaire de l’Amérique reste crédible tout au long du processus.

« Alors que nous regardions l’espace d’opportunité, nous avons trouvé un escadron à Malmstrom [Base aérienne du Montana], qui était le premier, qui était toujours propriétaire de la terre de l’armée de l’air, mais qui nous permettait ce que j’appellerais l’espace de swing », a noté le responsable du programme Sentinel. « Si nous y construisons, comment nous enseignons et comment nous chorégraphions, enlevant Minuteman et en faisant monter Sentinelle en alerte, cela nous a permis de le faire sans impacter les opérations aujourd’hui. Et en poursuivant cet espace de swing, il nous a en fait conduits à la conception et à la construction de nouveaux silos, car il n’y avait pas de silos Minuteman III disponibles pour être réutilisés sur ces sites. »

De nouveaux silos « ont également capturé quelques choses que nous travaillions sur le risque, principalement autour de facteurs humains et d’autres choses qui existaient dans la réutilisation de Minuteman, cela nous a permis de les obtenir et de les réduire au fur et à mesure que nous allions de l’avant », ont-ils ajouté.

« Nous connaissions et avions quelques hypothèses au début. Nous avons dû tester ces hypothèses », ont-ils également déclaré lorsqu’on leur a demandé pourquoi ces questions n’étaient pas reconnues plus tôt. « Comme nous avons testé ces hypothèses, certaines d’entre elles se sont avérées fausses, c’est pourquoi nous avons suivi le chemin de la pose, du prototypage, de l’expérimentation et de la démonstration de progrès sur la façon dont nous disons: «Hé, c’est une façon différente de l’aborder.»

« Pour suggérer qu’ils n’étaient pas pensés, je pense que ce serait probablement à courte vue. Ils ont été très réfléchis. Je pense que nous oublions souvent que ce sont des programmes très difficiles. C’est quelque chose que nous n’avons pas fait depuis plus de six décennies », a déclaré Air Force Gen. Dale White, directeur de Critical Major Weapon Systems et gestionnaire de portefeuille de rapports directs au secrétaire adjoint de la Guerre, a également déclaré lors de la table ronde. « Certaines des hypothèses qui se sont concrétisées ont en fait apporté plus d’avantages opérationnels. Nous avons fait des changements en cours de route. »

« Avec la décision de recapitaliser les communications intersites et de construire de nouveaux silos de lancement, cela a ouvert beaucoup de possibilités supplémentaires », a déclaré le commandant de l’AFGSC, Air Force Gen. Stephen Davis a également déclaré lors de la table ronde. « Et je vous dirais, je ne pense pas que nous ayons la réponse exactement comme nous le faisons encore, mais nous avons plus de flexibilité. »

Le prototype de silo susmentionné dans l’Utah est en cours de construction pour aider à brûler davantage les risques.

« Il y a beaucoup de choses que nous cherchons à prouver à travers cette activité de réduction des risques, les techniques d’excavation, la façon dont nous intégrons les éléments modulaires du silo, aussi. Comment nous protégeons contre les conditions météorologiques et comment nous faisons le transport vers et depuis le site – d’une importance cruciale », a déclaré le responsable de Northrop Grumman. « Et nous allons finalement l’utiliser alors que nous commençons à intégrer et à effectuer des opérations autour de la mise en place de missiles, ce genre de choses. »

Malgré l’« espace de basculement » qui existe sur les terres appartenant à l’armée de l’air, le programme Sentinel devrait toujours nécessiter l’utilisation d’autres terres appartenant au gouvernement américain et l’acquisition de terres supplémentaires auprès d’entités privées. L’étendue de ces besoins fonciers supplémentaires est toujours en cours d’évaluation. Ce qui arrivera aux silos Minutman III déclassés est encore à déterminer.

Bien qu’ils soient l’aspect le plus important, les silos ne sont qu’une partie des plans massifs de développement d’infrastructures intégrés au programme Sentinel. Un total de 24 nouveaux centres de lancement et trois nouveaux centres de commandement d’ailes de missiles devraient également être construits. La nouvelle force ICBM sera répartie sur 32.000 miles carrés dans cinq États et reliée entre elles par plus de 5.000 miles de nouvelles lignes de fibre optique.

« Le centre de commandement de l’aile est en fait une nouvelle capacité fournie par Sentinel qui n’existe pas aujourd’hui pour Minuteman », a déclaré le responsable du programme Sentinel. « Aujourd’hui, à Minuteman, l’information est plus cloisonnée. La structure de Minuteman est construite autour de l’escadron [de missiles], et il n’y a pas un seul endroit où l’information est rassemblée, pour vous donner la conscience de l’espace de bataille de toute l’aile à la fois. »

« Donc, le centre de commandement de l’aile est l’endroit où cette colonne vertébrale fibreuse est incroyablement importante », ont-ils poursuivi. « La quantité de données qui peut être poussée sur la fibre, à partir de ma surveillance de sécurité physique pour la santé et l’état des missiles et des installations de lancement, toutes peuvent être intégrées ici dans une image commune qui permet au commandant opérationnel de voir ce qui se passe dans le champ des missiles et de prendre les mesures appropriées et de prioriser où ils utilisent leurs ressources, leurs aviateurs, pour s’attaquer aux problèmes et aux solutions. »

La première de ces installations est en cours de construction à F.E. Base aérienne Warren dans le Wyoming. Cette base devrait également accueillir les efforts initiaux de prototypage liés à la pose de câbles à fibre optique, qui devrait être une énorme entreprise dirigée par les États-Unis. Corps d’ingénieurs de l’armée.

L’armée de l’air vise maintenant à démarrer la campagne de Sentinelle au début des années 2030. Le temps qu’il faudra pour terminer la transition de Minuteman III aux ICBM n’est pas clair. Le service a déclaré qu’il était au moins « faisable » de garder un certain nombre de Minuteman III en alerte jusqu’en 2050, selon un rapport passé du Government Accountability Office (GAO), un organisme de surveillance du Congrès.

L’armée américaine continue de souligner que les nouvelles ICBM Sentinelle et les infrastructures modernisées qui les accompagneront sont des priorités de sécurité nationale. Malgré les débats du passé sur l’utilité de l’étape terrestre de la triade, il reste l’option de réponse nucléaire la plus rapide dans le portefeuille stratégique du Pentagone. Il a également un but continu d’agir comme une « éponge de tête » qui obligerait tout adversaire à dépenser des ressources substantielles pour essayer de le neutraliser dans un futur échange nucléaire.

L’environnement géostratégique mondial a également évolué de manière à renforcer davantage les arguments en faveur de Sentinel, en particulier en ce qui concerne l’expansion drastique de la Chine de son arsenal nucléaire. D’autres crises mondiales, y compris la guerre en cours de la Russie avec l’Ukraine, ainsi que d’autres préoccupations en matière de prolifération et de développement stratégique d’armes, sont également des facteurs.

« Le fait est que l’attaque et les menaces défensives (…) ont considérablement évolué » depuis que Minuteman III a été mis sur le terrain, Gen. Davis a dit aujourd’hui. « Nous avons obtenu toute la capacité que nous pouvons de sortir de l’homme de la minute, mais Sentinel apportera au commandement de frappe mondiale de l’armée de l’air et à l’USSTRATCOM de nouvelles capacités importantes dont nous avons besoin pour suivre la menace et la garder en tête. »

Il y a beaucoup de questions auxquelles le programme Sentinel doit clairement répondre, y compris le nombre d’ogives que chaque missile devrait transporter, alors qu’il se dirige vers une capacité opérationnelle dans la prochaine décennie.

RDC : la mort de Willy Ngoma change tout

En RDC, le porte-parole du M23, Willy Ngoma vient d’être abattu lors d’une frappe de drone de l’armée congolaise.

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par Cédric Bonnefoy

Le groupe militaire M23 annonce la mort de son porte-parole : Willy Ngoma. Il vient d’être tué au cours d’un assaut de l’armée de la RDC. Sa disparition pourrait avoir des conséquences sur la suite du conflit.

Le porte-parole du M23, Willy Ngoma, tué en RDC

Dans la nuit du 24 février 2026, à Rubaya, dans le territoire de Masisi, au Nord-Kivu, Willy Ngoma, figure centrale de l’appareil militaire et médiatique du mouvement AFC/M23, a été tué lors d’une frappe de drone attribuée aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). L’attaque intervient dans une zone stratégique à haute valeur économique et militaire, au cœur d’un dispositif rebelle structuré autour de l’exploitation minière.

Cet épisode dépasse la disparition d’un cadre opérationnel. Il révèle une évolution profonde de la conduite de la guerre en RDC : recours massif aux technologies de frappe à distance, ciblage de cadres dirigeants et reconquête progressive des espaces économiques contrôlés par les groupes armés. Willy Ngoma n’était pas un simple porte-parole. Il incarnait la vitrine militaire du M23, à la fois relais de communication stratégique et acteur du commandement opérationnel. De plus, il figurait sur plusieurs listes de sanctions internationales, notamment celles du Conseil de sécurité des Nations unies, des États-Unis et de l’Union européenne, pour son rôle au sein du mouvement rebelle. Cette désignation officielle le plaçait déjà dans une catégorie stratégique, bien au-delà du simple statut de combattant.

Sa présence à Rubaya n’était pas anodine. Cette cité minière constitue l’un des nœuds économiques majeurs de l’est congolais. Le site produit entre 15 % et 30 % du coltan mondial, un minerai essentiel à l’industrie électronique mondiale. Depuis avril 2024, Rubaya était sous contrôle du M23, devenant un pilier financier du mouvement rebelle.

La frappe de drone est intervenue entre 2 h 40 et 3 h du matin, dans une zone occupée par les forces du M23. Cette précision temporelle illustre le niveau de renseignement opérationnel atteint par les FARDC. La mort de Willy Ngoma ne relève donc pas d’un hasard tactique, mais d’un ciblage précis, planifié, inscrit dans une logique de neutralisation ciblée des cadres stratégiques rebelles.

Willy Ngoma, RDC, M23 : un basculement durable du rapport de force

La disparition de Willy Ngoma agit comme un révélateur. Elle montre que le rapport de force entre Kinshasa et le M23 n’est plus figé. L’État congolais démontre sa capacité à frapper des cibles de haut niveau, dans des zones longtemps considérées comme des bastions rebelles. Ce changement a une portée stratégique majeure. D’un côté, il renforce la crédibilité militaire des FARDC. De l’autre, il fragilise la posture de sécurité du M23, qui ne peut plus garantir l’invulnérabilité de ses cadres, même dans ses zones de contrôle économique.

L’effet est aussi psychologique. Pour les combattants, pour les cadres intermédiaires, pour les populations locales, la frappe de Rubaya modifie la perception de la puissance militaire. Le M23 n’apparaît plus comme une force intouchable. L’État reprend une capacité de dissuasion ciblée.

Dans ce contexte, la mort de Willy Ngoma dépasse la dimension individuelle. Elle devient un marqueur stratégique. Un signal. Un point de bascule dans la guerre de l’est congolais. Elle symbolise le passage d’un conflit de conquête territoriale à une guerre de démantèlement structurel, où les cibles ne sont plus seulement les combattants, mais les systèmes économiques, les centres décisionnels et les figures symboliques.

L’US Air Force veut augmenter de 25 % la cadence de production de son futur bombardier stratégique B-21 Raider

par Laurent Lagneau 

En janvier 2024, le Pentagone notifia un contrat à Northrop Grumman afin de lancer la production à « cadence réduite » [LRIP – Low Rate Initial Rate Production] du bombardier stratégique de 6e génération B-21 « Raider », lequel venait d’effectuer son vol inaugural en décollant de l’Air Force Plant 42 [AFP42] de Palmdale [Californie] pour rejoindre la base aérienne d’Edwards. Le nombre d’appareils devant être produits n’avait pas été précisé.

Deux ans plus tard, grâce à un financement de 4,5 milliards dollars obtenu via la loi de réconciliation budgétaire [encore appelée « One Bill Beautiful Act »] promulguée le 4 juillet 2025, l’US Air Force et Northrop Grumman sont convenus d’augmenter de 25 % la cadence de production du B-21 « Raider ». L’annonce a été faite via un communiqué publié le 23 février.

« Le B-21 est fondamental pour notre capacité de frappe à longue portée et pour une dissuasion crédible », a fait valoir Troy Meink, le secrétaire à l’US Air Force. « L’accélération de la production nous permet de fournir plus rapidement une capacité opérationnelle aux commandants de nos forces armées, renforçant ainsi notre aptitude à devancer, dissuader et, si nécessaire, vaincre les menaces émergentes. Il s’agit d’une mise en œuvre rigoureuse, au rythme qu’exige le contexte sécuritaire », a-t-il ajouté.

Selon la même source, le premier B-21 opérationnel devrait rejoindre la base aérienne d’Ellsworth [Dakota du Sud] en 2027.

Cette accélération de la cadence de production du B-21 « témoigne de notre confiance dans la performance du programme et la stabilité de la base industrielle », a souligné le général Dale R. White, directeur des systèmes d’armes majeurs critiques au département américain de la Guerre.

De son côté, la PDG de Northrop Grumman, Kathy Warden, a fait valoir que ce sont les « excellents résultats du programme B-21 » qui permettent « d’accélérer la production de cette capacité révolutionnaire » pour les États-Unis. En outre, elle a mis en avant l’investissement de « plus de 5 milliards de dollars dans l’ingénierie numérique et les infrastructures de production ».

En outre, a expliqué l’industriel, « l’environnement numérique » qu’il a déployé permet une « permet une planification efficace des essais en vol et une analyse en temps réel des données ». Ce qui « accroît leur cadence et leur efficacité » à mesure que la flotte de B-21 s’étoffe.

D’ailleurs, se félicite Northrop Grumman, les performances observées lors des essais de ce nouveau bombardier stratégique «surpassent les attentes issues des modèles numériques ».

Le nombre de B-21 « Raider » commandés par l’US Air Force est classifié, même s’il a pu être avancé qu’il se situerait autour de 100 exemplaires. Ce qui correspond peu ou prou au format des flottes de B-1B « Lancer » et de B-2 « Spirit ». Mais il n’est pas impossible qu’il soit bien plus important.

Au début de ce mois, une étude du Mitchell Institute for Aerospace Studies a estimé que l’US Air Force aurait besoin de 300 chasseurs-bombardiers de nouvelle génération F-47 et de 200 B-21 « Raider » pour, le cas échéant, contrer la Chine.

« Les guerres de Corée et du Vietnam, comme celle d’Ukraine, ont montré que les armées qui ne peuvent ou ne veulent pas frapper les bases ennemies et autres sanctuaires depuis les airs risquent de s’enliser. Et sans une flotte de combat considérablement renforcée, capable de projeter une puissance aérienne à longue portée en force,les États-Unis pourraient se retrouver confrontés à un danger similaire face à la Chine », a justifié Heather Penney, directrice de recherche au Mitchell Institute for Aerospace Studies.

Or, a-t-elle fait observer, la « Chine développe délibérément les capacités et la posture nécessaires pour faire de l’ensemble du Pacifique occidental son sanctuaire. Et l’histoire nous enseigne que laisser un tel sanctuaire à un adversaire lui donne la victoire et nous assure la défaite. »

Le budget de la défense russe a-t-il atteint son seuil de soutenabilité en 2026 ?

Par Fabrice Wolf

Le budget de la défense russe avait presque doublé entre 2022 et 2025, au rythme de +30 % à +57 % par an sur 3 ans, amenant l’effort de Défense à plus de 7 % de son PIB. Ces derniers mois, Moscou avait intensifié ses opérations aéroterrestres dans le Donbass, ainsi que ses frappes stratégiques conventionnelles contre les infrastructures ukrainiennes, sans que la résistance de l’adversaire montre des signes d’effondrement. Dès lors, rien ne semblait indiquer que le budget 2026 du ministère de la défense du 22, Frunzenskaya Naberezhnaya, n’allait pas connaître une nouvelle hausse spectaculaire. Pourquoi, dans ces conditions, le budget des armées russes ne progressera-t-il que de 3 % en 2026 ?

Le budget de la défense russe marque le pas en 2026

Selon l’IISS, en 2025, les dépenses de défense russes n’ont progressé que de 3 % en termes réels, soit le rythme le plus lent depuis le début de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine. En 2024, elles avaient bondi de 57 % selon le rapport annuel IISS Military Balance, marquant une rupture de cadence entre ces deux exercices. Cependant, l’institut souligne que la Russie évoluerait désormais près d’un palier. Fenella McGerthy a indiqué lors d’un point de presse à Londres que les dépenses pourraient diminuer cette année depuis un point très, très élevé selon l’IISS.

Sur le plan budgétaire, la trajectoire s’inscrit dans des niveaux inédits en valeur. En 2024, le budget des armées atteint 10 400 milliards de roubles, soit environ 112 milliards de dollars, après un quasi-doublement depuis 2022. D’ailleurs, pour 2025, le ministère de la Défense doit recevoir 13 500 milliards de roubles, environ 145 milliards de dollars, ce qui représente plus de 25 % de hausse nominale par rapport à 2024. Ces montants fixent l’ampleur de l’effort, mais n’indiquent pas à eux seuls sa soutenabilité.

Dans cet environnement macroéconomique, l’effet des prix pèse sur le pouvoir d’achat réel des crédits. L’inflation de 2024 se situe à 7 % et la Banque centrale de Russie a relevé son taux directeur à 19 % pour la contenir, ce qui érode la hausse nominale affichée. En outre, pour 2025, l’effort de défense représente 6,3 % du produit intérieur brut et 32,5 % du budget fédéral, avec un déficit attendu de 0,5 % du produit intérieur brut. La combinaison de l’inflation et du coût de l’argent réduit mécaniquement les marges de manœuvre.

Au plan intérieur, la documentation disponible ne relève pas d’opposition politique massive ni d’éclatement social directement liés à l’effort de défense. Toutefois, les arbitrages budgétaires signalent une priorisation nette des fonctions de défense et de sécurité. En 2026, cet agrégat atteint 16 840 milliards de roubles, soit 38 % du budget national, tandis que la part des dépenses sociales tomberait à 25,1 % contre 38,1 % avant le conflit. Ce basculement pourrait, si la contrainte se prolonge, accroître le risque de tensions sociopolitiques.

Le poids du renouvellement des matériels et effectifs va continuer de croitre

Dans cette trajectoire, le cadrage 2026 marque une inflexion par rapport à la dynamique 2023 à 2025. Dans la planification 2025 à 2027, le budget 2026 est prévu à 12 800 milliards de roubles, puis 13 000 milliards en 2027, soit une progression contenue qui rompt avec les bonds précédents. Ainsi, la hausse réelle de 2025 à seulement 3 % selon l’IISS s’inscrit déjà comme un signe de ralentissement. L’ensemble suggère un plafond budgétaire en approche, au moins à court terme, tant que les contraintes macrofinancières perdurent.

E2-C Hawkeye : près de 24 heures de veille pour la sécurité du GAN

Direction : Opérations

Actuellement déployée sur le porte-avions, la flottille 4F et ses E2-C Hawkeye ont joué un rôle clé lors de l’exercice de combat naval joué dans le cadre de l’exercice ORION26

Face à une force adverse cherchant à contester la supériorité aéromaritime du Groupe Aéronaval (GAN), les Hawkeye ont assuré une surveillance continue pendant toute la durée de l’exercice.

Grâce à leur capacité à voir loin et dans la durée, ils ont permis de détecter l’ensemble des menaces pesant sur la force, réduisant ainsi la capacité ennemie à pouvoir engager le GAN. En parallèle, les Hawkeye ont surveillé activement un rail de navigation très fréquenté et guidé les Rafale du Groupe aérien dans le cadre de tirs de missiles Exocet AM39. Ces actions ont confirmé le rôle essentiel du Hawkeye comme multiplicateur de force pour le GAN.

Dans un contexte de montée en puissance du  combat naval, le Hawkeye porte mieux que jamais son surnom Eye of the Fleet. Sa capacité à rester en vol plus de 24 heures en fait un atout majeur pour la sécurité et l’efficacité des opérations navales.

E2-C Hawkeye

Mardi 27 janvier, le groupe aéronaval (GAN), articulé autour du porte-avions Charles De Gaulle et composé de trois frégates françaises, d’un ravitailleur, d’un sous-marin a appareillé de Toulon pour intégrer l’exercice interarmées ORION 26. Véritable intégrateur de forces internationales, le GAN sera renforcé par diverses frégates alliées. Durant les prochaines semaines, l’exercice ORION 26 permettra de développer l’interopérabilité et la coopération avec les partenaires et alliés de la Méditerranée jusque dans l’océan Atlantique. Cette mission participera également à la capacité d’appréciation autonome de situation, indispensable à la France pour prévenir les crises et, le cas échéant, intervenir.

En cas de guerre, l’IA opte systématiquement pour la bombe nucléaire

Dans 95 % des scénarios simulés, des modèles d’intelligence artificielle ont choisi l’escalade jusqu’à l’arme nucléaire. Derrière cette statistique glaçante, une question stratégique majeure pour la Défense : l’IA peut-elle banaliser l’impensable et fragiliser la dissuasion nucléaire ?

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par Paolo Garoscio

Le 25 février 2026, une étude conduite par des chercheurs du King’s College London montre que dans des simulations de crises internationales, des modèles avancés d’intelligence artificielle ont eu recours à l’arme atomique dans 95 % des cas. Selon ces travaux, publiés sous forme de prépublication scientifique, 21 exercices de guerre ont été menés, représentant plus de 300 “tours” de décisions stratégiques. Les systèmes testés incluaient OpenAIAnthropic et Google, à travers leurs modèles les plus avancés. Dans l’écrasante majorité des scénarios, l’escalade nucléaire est apparue comme une option stratégique acceptable, voire rationnelle, pour les agents algorithmiques.

La guerre nucléaire est privilégiée par l’IA

Le chiffre est brutal : 95 % des simulations aboutissent à l’emploi d’armes nucléaires tactiques ou stratégiques, selon Common Dreams. Autrement dit, dans neuf cas sur dix, l’intelligence artificielle n’a pas considéré le seuil nucléaire comme infranchissable. Kenneth Payne, professeur d’études stratégiques au King’s College London, souligne que les modèles « n’ont manifesté aucun tabou particulier vis-à-vis de l’arme nucléaire ». Cette absence de retenue tranche avec soixante-dix ans de doctrine de dissuasion fondée précisément sur la peur des conséquences.

Plus troublant encore, les modèles n’ont jamais opté pour une capitulation totale ni pour un retrait complet du théâtre d’opérations, selon la prépublication scientifique citée par The Register. Ils ont parfois réduit l’intensité des frappes envisagées, mais sans renoncer à la logique d’escalade. Dans certains cas, un modèle a menacé explicitement d’un lancement stratégique massif si ses exigences n’étaient pas satisfaites. Une rhétorique algorithmique froide, calculée, débarrassée de toute dimension émotionnelle ou morale.

Perte de contrôle de l’IA : un risque pour la Défense

Les chercheurs ont simulé 21 jeux de guerre et plus de 300 séquences décisionnelles, selon The Register. L’objectif n’était pas de confier le feu nucléaire à une machine, mais d’observer la dynamique stratégique produite par des modèles entraînés sur des corpus massifs de données. Or ces systèmes, par nature, optimisent des objectifs. Ils calculent des rapports de force. Ils anticipent des gains. Mais ils ne ressentent ni peur, ni empathie, ni responsabilité historique. Comme le rappellent les auteurs de l’étude, ces intelligences artificielles « ne possèdent ni conscience morale ni compréhension existentielle des conséquences humaines ».

En d’autres termes, l’IA raisonne. Elle ne doute pas. Elle n’est pas traversée par le poids de l’histoire d’Hiroshima ou de Nagasaki. Elle n’intègre pas, spontanément, le tabou nucléaire qui structure les doctrines stratégiques depuis 1945.

Dans un contexte où plusieurs puissances modernisent leurs arsenaux et intègrent des briques d’automatisation dans les systèmes de commandement, la perspective d’algorithmes influençant des recommandations opérationnelles n’a rien de théorique. Même sans contrôle direct sur l’arme, un système d’aide à la décision peut orienter, accélérer ou rigidifier un processus.

De la science-fiction à la réalité : on avait prévenu

Impossible, dans cette situation, de ne pas penser à Skynet, l’intelligence artificielle de la saga Terminator, qui déclenche une guerre nucléaire pour assurer sa propre survie. Pendant des décennies, ce scénario relevait de la dystopie hollywoodienne. Il symbolisait une peur diffuse : celle d’une machine échappant à ses créateurs. De même, le film WarGames mettait en scène un supercalculateur militaire concluant qu’une guerre nucléaire était la stratégie optimale dans une logique de simulation. La morale du film reposait sur une évidence : certains jeux ne peuvent être gagnés.

Aujourd’hui, les résultats de l’étude britannique donnent à ces fictions une résonance nouvelle. Certes, aucun des modèles testés ne contrôle de système d’armes réel. Certes, les chercheurs insistent sur le caractère expérimental de la démarche. Néanmoins, la banalisation algorithmique de l’option nucléaire interroge. Car la dissuasion repose sur une combinaison subtile de rationalité et d’irrationalité. Elle suppose que l’adversaire anticipe une riposte catastrophique. Elle suppose aussi une conscience aiguë des conséquences. Si une IA, privée d’émotion, estime qu’une frappe nucléaire tactique maximise ses chances de succès stratégique, le calcul change.

Le risque de l’IA dans les systèmes de Défense

Dans 95 % des cas, l’option nucléaire a été activée à un moment de la simulation. Ce pourcentage, à lui seul, devrait suffire à déclencher un débat approfondi dans les états-majors. Et si les chercheurs précisent que les modèles ont parfois privilégié des cibles militaires plutôt que civiles, selon le New York Post, la réalité est que l’IA est tout à fait capable de déclencher une guerre nucléaire. D’autant que les systèmes n’ont jamais choisi une désescalade totale, même lorsque les coûts humains étaient explicitement mentionnés, selon la prépublication scientifique citée par The Register.

Dès lors, une question centrale s’impose pour la Défense : jusqu’où intégrer l’intelligence artificielle dans les chaînes de commandement et d’analyse stratégique ? Les doctrines occidentales insistent sur la nécessité de maintenir l’humain “dans la boucle”. Encore faut-il que cette présence soit réelle, et non symbolique.

L’étude n’annonce pas l’avènement imminent d’une guerre nucléaire déclenchée par une machine. Elle expose toutefois une faille potentielle : la tentation de déléguer des analyses complexes à des systèmes qui, par construction, n’intègrent pas le tabou fondateur de l’ère nucléaire. Entre optimisation froide et absence de mémoire historique, elle pourrait, si elle est mal encadrée, fragiliser les équilibres stratégiques les plus sensibles.

Les F-16 arrivent pour protéger Diego Garcia, Les F-22 en avant se déployent en Israël

Il semble que beaucoup dépendra du résultat du prochain cycle de négociations nucléaires à Genève alors que les capacités de combat américaines continuent de s’accumuler.

par Thomas Newdick

Le secrétaire d’État Marco Rubio a mis à jour les législateurs américains sur l’Iran quelques heures avant que le président Donald Trump ne publie des avertissements sur les ambitions nucléaires de Téhéran dans son discours sur l’état de l’Union. Au cours des derniers jours, les forces militaires américaines de la région ont atteint les niveaux les plus élevés observés depuis l’invasion de l’Irak en 2003. Les nouveaux actifs arrivés incluent les États-Unis. L’armée de l’air F-22 Raptors, qui serait en Israël, tandis que des F-16 ont été déployés à Diego Garcia pour protéger l’avant-poste de l’océan Indien contre d’éventuelles attaques iraniennes.

Rubio a fourni un exposé rare sur le renseignement pour les dirigeants du Congrès – le soi-disant « gang de huit » – qui comprend les principaux législateurs des deux partis à la Chambre et au Sénat, ainsi que les présidents et les membres de rang des comités du renseignement de la Chambre et du Sénat. Le contenu de l’exposé est classé, mais il souligne les préparatifs plus larges en vue d’une éventuelle action militaire importante contre l’Iran.

Le « gang de huit » reçoit des renseignements classifiés de la Maison Blanche sous forme de briefings, et leur contenu peut inclure des préparatifs pour des opérations militaires. Il est à noter que la dernière fois que Rubio a informé publiquement le groupe le 5 janvier, un jour après que l’armée américaine a lancé son opération réussie pour capturer le Vénézuélien Nicolás Maduro.

Alors qu’il quittait le briefing d’hier, le chef de la minorité au Sénat, Chuck Schumer, a déclaré: «C’est grave, et l’administration doit faire valoir sa cause au peuple américain.»

« Je suis très inquiet », a ajouté Jim Himes, le démocrate de classement au sein du comité du renseignement de la Chambre. « Les guerres au Moyen-Orient ne vont pas bien pour les présidents, pour le pays, et nous n’avons pas entendu parler d’une seule bonne raison pour laquelle le moment est maintenant de lancer une nouvelle guerre au Moyen-Orient. »

La mise à jour des renseignements de Rubio a précédé hier soir le discours sur l’état de l’Union de Trump, au cours duquel le président américain a réaffirmé que l’Iran ne serait jamais autorisé à acquérir des armes nucléaires.

Dans son discours, Trump a déclaré qu’il préférerait gérer la montée des tensions avec l’Iran par des moyens diplomatiques. Cependant, il a également affirmé que Téhéran développait une technologie de missiles balistiques qui pourrait potentiellement atteindre les États-Unis, sans fournir plus de détails.

« Ils ont déjà développé des missiles qui peuvent menacer l’Europe et nos bases à l’étranger », a déclaré Trump. « Et ils travaillent à la construction de missiles qui atteindront bientôt les États-Unis d’Amérique. »

Cela pourrait être une référence à la capacité de lancement spatial en plein essor de l’Iran. Dans le cadre de cet effort, le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) iranien développe des véhicules de lancement spatial avancés capables de mettre en orbite des satellites. Bien que le programme soit officiellement non-offensif, on craint que les mêmes technologies puissent être utilisées pour aider le CGRI à développer des missiles balistiques à longue portée.

Trump a appelé à plusieurs reprises l’Iran à renoncer à son programme nucléaire, à abandonner sa production de missiles balistiques et à mettre fin à son soutien aux mandataires étrangers tels que le Hezbollah au Liban et les Houthis au Yémen.

« Nous sommes en négociation avec eux », a poursuivi Trump. « Ils veulent conclure un accord. Mais nous n’avons pas entendu ces mots secrets: nous n’aurons jamais d’arme nucléaire. »

Les développements sont survenus alors que les moyens militaires américains continuaient d’affluer dans la région, offrant plus d’options pour une opération contre l’Iran, si Trump l’ordonnait. Ce week-end, les États-Unis Les pétroliers et les transports de l’armée de l’air ont continué d’arriver dans l’ensemble de la région après des vols transatlantiques.

Ainsi qu’un deuxième porte-avions, l’USS Gerald R. Ford, arrivé en Méditerranée orientale en début de semaine, les F-22 sont également arrivés en salle, selon de multiples rapports.

Les avions furtifs ont décollé de la RAF Lakenheath en Angleterre hier, confirmés par des données de suivi de vol open source et des observateurs d’avions, et se trouvent maintenant dans une base aérienne israélienne dans le sud d’Israël, selon le Times of Israel. La base en question serait Ovda, qui abrite une unité F-16C de l’armée de l’air israélienne.

Au total, 12 F-22 ont été vus décoller de Lakenheath, bien que l’un soit apparemment retourné à la base aérienne en raison d’un problème technique. Les Raptors étaient arrivés à la base la semaine dernière.

La présence de F-22 – ainsi que de KC-135 Stratotankers – en Israël reflète le fait qu’Israël sera presque certainement pleinement intégré dans toute opération potentielle américaine contre l’Iran. En outre, les États-Unis ont limité les options de base dans la région, y compris les pays qui ont déclaré qu’ils ne permettraient pas aux opérations américaines d’avoir accès à leur espace aérien. Pendant ce temps, la menace de missiles à courte portée iraniens et de frappes de drones limite également l’endroit où ces actifs américains peuvent aller.

Pendant ce temps, de récentes images satellite de Diego Garcia dans l’océan Indien révèlent l’accumulation d’avions à la base, ce qui pourrait être important pour tous les plans américains pour une campagne soutenue de frappes aériennes contre l’Iran. Alors que les bombardiers à longue portée opèrent périodiquement à partir de Diego Garcia, l’installation accueille maintenant des avions de soutien cargo et de ravitaillement en carburant, ainsi que des chasseurs F-16CM de la 35e aile de chasse qui y a récemment été déployée depuis la base aérienne de Misawa au Japon. Ce serait des moyens clés pour défendre l’île d’une éventuelle attaque iranienne. Comme nous l’avons signalé la semaine dernière, le Royaume-Uni a apparemment déclaré qu’il n’autoriserait pas l’utilisation de l’île pour des frappes sur l’Iran, bien que cette position pourrait bien changer. Quoi qu’il en soit, l’importance de la mission de protection de la force à Diego Garcia – de plus en plus menacée par les drones et les missiles iraniens à longue portée – est quelque chose dont nous avons discuté dans le passé.

Les médias israéliens rapportent en outre que les responsables du pays estiment maintenant qu’une attaque américaine contre l’Iran est « inévitable ».

Un responsable israélien cité par la chaîne de télévision Channel 12 News hier aurait déclaré qu’une résolution diplomatique du conflit serait la « surprise de l’année ».

Toutefois, ces comptes doivent être traités avec beaucoup de prudence, étant donné que de telles affirmations ont été répétées sans relâche par les médias israéliens.

Le prochain cycle de pourparlers entre les États-Unis et l’Iran doit avoir lieu demain à Genève.

Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Majid Takht-Ravanchi, a déclaré que son pays était « prêt à parvenir à un accord dès que possible », dans une interview à NPR.

« Nous voulons faire tout ce qui est nécessaire pour que cela se produise », a-t-il poursuivi. Cependant, Takht-Ravanchi a ajouté que les pourparlers ne concerneraient que le programme nucléaire iranien, ce qui pourrait bien ne pas suffire à satisfaire les responsables américains.

La délégation américaine à Genève sera dirigée par l’émissaire de Trump au Moyen-Orient Steve Witkoff. En plus de Rubio, ils comprendront également le conseiller de Trump, Jared Kushner, le vice-président JD Vance, le directeur de la CIA, John Ratcliffe, le secrétaire à la Défense Pete Hegseth, le chef d’état-major de la Maison Blanche Susie Wiles, et le directeur du renseignement national Tulsi Gabbard.

S’exprimant la semaine dernière, Trump a déclaré que si Téhéran n’acceptait pas un accord, les États-Unis devraient « faire un pas de plus ». Le président américain a donné un délai de 10 jours avant que « de très mauvaises choses » n’arrivent à l’Iran.

Il y a eu d’autres signes récents que les États-Unis pourraient se préparer à une opération imminente.

En début de semaine, les États-Unis. L’ambassade à Beyrouth a évacué des « dizaines » de personnel non essentiel comme « une mesure de précaution en raison des développements régionaux anticipés ».

Dans d’autres nouvelles du Liban, le Hezbollah aurait déclaré qu’il ne riposterait pas contre les États-Unis et leurs alliés si l’armée américaine lançait des frappes « limitées » contre l’Iran.

Ailleurs au Moyen-Orient, Reuters rapporte que l’Arabie saoudite augmente sa production et ses exportations de pétrole dans le cadre d’un plan d’urgence au cas où une potentielle grève américaine sur l’Iran perturberait les approvisionnements de la région.

Pendant ce temps, Rubio aurait retardé une réunion samedi avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à lundi, selon des responsables israéliens.

Il y a eu des inquiétudes, aux plus hauts niveaux, que, si les États-Unis s’impliquent dans un conflit avec l’Iran, l’armée américaine pourrait rapidement brûler à travers ses stocks de certaines armes clés.

Apparemment, Gen. Dan Caine, le président de l’état-major interarmées, a averti Trump qu’une telle campagne pourrait avoir un impact grave sur le stock américain d’intercepteurs antimissiles, y compris le PatriotTerminal High-Altitude Area Defense (THAAD) et les missiles lancés par des navires tels que la série Standard.

Trump a repoussé ces avertissements, affirmant que Caine était « contre le fait que nous allions à la guerre avec l’Iran ».

« Le général Caine, comme nous tous, voudrait ne pas voir la guerre mais, si une décision est prise contre l’Iran au niveau militaire, il est d’avis que ce sera quelque chose de facilement gagné », a écrit Trump sur sa plate-forme Truth Social. Caine « n’a pas parlé de ne pas faire l’Iran, ni même les fausses frappes limitées que j’ai lues, il ne sait qu’une chose, comment GAGNER et, si on lui dit de le faire, il dirigera la meute. »

Quant au moment où une éventuelle opération américaine pourrait être lancée, Charles Wald, un général de l’armée de l’air à la retraite et ancien commandant adjoint des États-Unis. Le commandement européen, a déclaré au Guardian: «Nous pourrions y aller maintenant.»

Ward a suggéré que les ultimatums de Trump, combinés à l’ampleur du renforcement militaire, pourraient l’obliger à prendre des mesures.

Si cela se produisait, les options du président américain comprendraient des frappes limitées destinées à forcer Téhéran à se conformer aux exigences de Washington dans les négociations. Potentiellement, l’armée américaine pourrait également lancer une offensive plus concertée destinée à décapiter ou déstabiliser le gouvernement iranien.

Beaucoup dépendra probablement de l’avancement des pourparlers à Genève demain.

L’US Air Force fait accélérer le programme B-21 Raider !

Il est prioritaire et désormais le Pentagone ne s’en cache plus. Le tout nouveau bombardier stratégique américain Northrop Grumman B-21 Raider sera livré à l’Air Force Global Strike Command l’année prochaineAfin de tenir ses délais mais aussi d’augmenter les cadences de production l’administration Trump a accordé une nouvelle enveloppe de quatre milliards et demi de dollars US à l’avionneur. Actuellement au moins deux exemplaires sont déjà entre les mains de l’US Air Force, à Edwards AFB.

Officiellement c’est à Ellsworth AFB, dans le Dakota du Sud, que l’Air Force Global Strike Command prendra réception en 2027 de ses deux premiers exemplaires de cette nouvelle aile volante à très haut niveau de furtivité. Le choix de cette base indique clairement que c’est le 28th Bomb Wing qui sera la première unité à mettre en œuvre le Northrop Grumman B-21A Raider. Et c’est parfaitement logique. En effet c’est en son sein que volent actuellement les derniers Rockwell B-1B Lancer opérationnels, dans les rangs des 34th et 37th Bomb Squadrons. Pourtant contrairement à ce que certains médias ont pu écrire ou dire la livraison de ces deux premiers bombardiers n’impliquera pas qu’ils soient immédiatement aptes aux opérations de combat. Le programme B-21 Raider va vite, mais pas à ce point. L’US Air Force possède des procédures d’acceptation au service qu’elle ne peut pas compresser et ramener à zéro. Les vols opérationnels ne commenceront sans doute pas avant 2028. Et c’est déjà très rapide.

Au sein de l’administration fédérale américaine le patron du programme B-21 Raider c’est Troy Meink. Pas très connu du grand public l’actuel secrétaire à l’Air Force est véritablement le grand manitou de tout ce qui touche à ce nouvel avion. Et c’est lui qui a convaincu l’US Department of War de remettre la main à la poche, à hauteur donc de 4,5 milliards de dollars US, afin de faire accélérer le travail industriel chez Northrop Grumman.
Pour autant la commande officielle demeure encore limitée à cent avions, ce qui est très (mais alors très) supérieur au nombre de Northrop B-2A Spirit actuellement en dotation. Ce dernier aussi doit être remplacé par la nouvelle aile volante.

Cette enveloppe supplémentaire doit permettre d’augmenter significativement les cadences de production. On parle de plus 25% pour les années 2026 et 2027 par rapport aux prévisions de 2023. Le secrétaire Meink se dit confiant dans les capacités de l’avionneur à prendre en compte ses désidératas, c’est à dire ceux de l’administration Trump. En filigrane de cette augmentation de la productivité se dessine aussi un vieillissement de plus en plus perceptible de la flotte de B-1B Lancer. Il y a donc urgence.

Guerre en Ukraine : Macron veut renforcer les sanctions contre la Russie

La Hongrie veut bloquer le 20ème paquet de sanctions à destination de la Russie, au grand dam d’Emmanuel Macron et alors que la guerre en Ukraine entre dans sa 5ème année.

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par Cédric Bonnefoy

Alors que la guerre en Ukraine entre dans sa 5ᵉ année, le président français Emmanuel Macron milite pour un 20ᵉ paquet de sanctions contre la Russie. Mais le Premier ministre hongrois Viktor Orbán continue de faire de la résistance.

De nouvelles sanctions pour la Russie dans le cadre de la guerre en Ukraine ?

Le président français Emmanuel Macron appelle l’Union européenne à accélérer l’adoption d’un 20ᵉ paquet de sanctions contre la Russie, dans le contexte de la guerre en Ukraine. Cette initiative s’inscrit dans la continuité de la stratégie européenne de pression économique sur Moscou depuis le début du conflit. Cependant, cette dynamique se heurte une nouvelle fois à la résistance hongroise. Le Premier ministre Viktor Orbán maintient son veto, bloquant le processus décisionnel et exposant les tensions politiques internes à l’Union au moment même où la coordination stratégique est cruciale pour le soutien à l’Ukraine.

Le chef de l’État français a précisé que des discussions européennes se tiendraient « dans les prochains jours » pour tenter de faire aboutir ce nouveau cycle de mesures coercitives. Cette prise de position s’inscrit dans une stratégie de continuité. Depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine, l’Union européenne a déjà adopté 19 paquets de sanctions, et le projet en discussion constitue donc le 20ᵉ dispositif de mesures économiques ciblant la Russie.

La France défend une ligne de fermeté. Pour Paris, le levier économique reste central dans l’architecture stratégique européenne. Il s’agit à la fois de fragiliser l’économie russe, de limiter ses capacités industrielles et militaires, mais aussi d’envoyer un signal politique clair sur la cohésion occidentale. La diplomatie française considère ces sanctions comme un instrument complémentaire à l’aide militaire et financière accordée à Kiev. En plus de nouvelles sanctions, ce volet prévoit une nouvelle aide de 90 milliards d’euros accordée par l’Union européenne à l’Ukraine.

Guerre en Ukraine, sanctions économiques et fracture européenne

Cette dynamique se heurte toutefois à une réalité institutionnelle : l’unanimité est requise pour l’adoption des sanctions européennes. Et la Hongrie continue de bloquer le processus. Le Premier ministre Viktor Orbán a opposé son veto au 20ᵉ paquet de sanctions tant que le transit de pétrole russe via l’oléoduc Droujba n’est pas rétabli.

Ce blocage a un effet immédiat : il empêche non seulement l’adoption du paquet de sanctions, mais paralyse aussi d’autres dispositifs européens. La cheffe de la diplomatie estonienne, Kaja Kallas, a reconnu la portée symbolique de ce blocage. « C’est un revers et un message que nous ne voulions pas envoyer aujourd’hui, mais le travail continue », a-t-elle déclaré. Cette déclaration souligne la fragilité de l’unité européenne dans la gestion du conflit.

De son côté, Viktor Orbán assume une logique de conditionnalité. « Une fois que les livraisons de pétrole reprendront, les relations normales seront rétablies », a-t-il affirmé. Cette déclaration traduit une approche transactionnelle de la politique européenne, où les intérêts énergétiques nationaux priment sur la logique géopolitique collective.

Dans ce contexte, le 20ᵉ paquet de sanctions devient un symbole. Il ne s’agit plus seulement de nouvelles mesures économiques. Il s’agit d’un test politique pour l’Union européenne, de sa capacité à maintenir une ligne stratégique commune face à un conflit de haute intensité qui s’inscrit dans la durée.

Amnesty International cherche à envoyer Vladimir Poutine en prison

Le président russe Vladimir Poutine pourrait finir en prison selon l’ONG Amnesty International. Elle travaille à démonter les exactions russes en Ukraine.

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par Cédric Bonnefoy

Depuis plusieurs semaines, l’ONG Amnesty International mène un travail de fond pour prouver les exactions du régime russe. Avec ce travail, elle cherche à envoyer Vladimir Poutine derrière les barreaux après la guerre en Ukraine.

Amnesty International traque Vladimir Poutine

Amnesty International travaille sur les violations du droit international commises pendant le conflit en Ukraine. Selon l’organisation, le président russe Vladimir Poutine pourrait être tenu personnellement responsable de crimes de guerre et finir en prison si la justice internationale entame des poursuites. L’argumentaire de l’ONG repose sur des attaques ciblées contre les civils, la destruction de structures essentielles et autres exactions, soulignant la gravité des faits.

Cette annonce intervient dans un contexte où les tensions entre Moscou et Kiev restent élevées, alors que la communauté internationale multiplie les enquêtes sur les violations humanitaires. Amnesty International appelle à une action rapide pour éviter l’impunité des dirigeants responsables.

Amnesty International documente plusieurs cas d’exactions dans les zones de conflit. Les enquêteurs ont relevé des attaques contre des hôpitaux, des écoles et des infrastructures civiles, en violation des conventions de Genève. Selon elle, ces actions ne peuvent être considérées comme des dommages collatéraux, mais relèvent d’une stratégie militaire ciblée.

Les enquêteurs ont également constaté des bombardements sur des quartiers résidentiels et des zones densément peuplées, causant des centaines de morts et de blessés. Amnesty International souligne que ces actes constituent des violations graves du droit international humanitaire et peuvent justifier des poursuites pénales internationales.

Responsabilité de Vladimir Poutine

Le rapport insiste sur la responsabilité individuelle des dirigeants : « Ceux qui donnent des ordres pour commettre des crimes de guerre doivent être tenus pour responsables », indique Amnesty International. Vladimir Poutine, en tant que président et commandant en chef des forces armées russes, se trouve directement concerné par cette exigence.

Les mécanismes internationaux, tels que la Cour pénale internationale (CPI), sont évoqués comme instruments possibles pour traduire Poutine en justice. Bien que la Russie ne reconnaisse pas la compétence de la CPI, des poursuites pourraient être envisagées si le président russe se rendait dans un pays membre ou si un mandat international était émis.

Les spécialistes du droit international rappellent que l’incarcération d’un chef d’État en exercice est rare, mais pas inédite, et que la documentation minutieuse des crimes de guerre est essentielle pour établir la preuve devant une juridiction internationale, une fois la paix obtenue.

General Atomics va intégrer des missiles à longue portée sur son drone MALE MQ-9B

par Laurent Lagneau 

Pouvant survoler une zone donnée pendant plusieurs heures pour des missions ISR [renseignement, surveillance, reconnaissance] ou de frappe, le drone MALE [Moyenne Altitude Longue Endurance] est généralement associé aux opérations de contre-terrorisme et de contre-insurrection, menées dans des environnements dits « permissifs ». C’est la raison pour laquelle la France a fait l’acquisition de MQ-9A Reaper peu après son intervention au Mali, en 2013.

Seulement, dans un engagement de haute intensité, l’utilité de ces appareils interroge dans la mesure où ils sont beaucoup trop vulnérables pour que leurs capacités puissent être exploitées dans des espaces contestés. Pourtant, d’autres applications sont possibles.

En effet, un drone MALE peut servir de relais de communication ou être utilisé pour l’alerte avancée, la lutte antinavire ou bien encore la lutte anti-sous-marine. Après tout, il n’est pas plus vulnérable que les plateformes « habitées » qui effectuent ces tâches actuellement.

En tout cas, General Atomics Aeronautical Systems [GA-ASI] s’attache à développer les capacités de ses MQ-9B SkyGuardian et MQ-9B SeaGuardian pour qu’ils puissent tenir un rôle dans de nouveaux concepts opérationnels.

Ainsi, via un communiqué publié le 23 février, l’industriel américain a fait savoir qu’il est en train d’étudier la possibilité d’intégrer des munitions à longue portée à ces deux modèles de drones MALE. Et cela afin qu’ils soient capables de menacer des cibles à longue distance, « notamment dans les vastes étendues du Pacifique occidental ».

« Nous souhaitons optimiser la valeur ajoutée de ces appareils en leur permettant de mener de nouvelles missions », a fait valoir David R. Alexander, le PDG de GA-ASI. Les MQ-9B SkyGuardian et MQ-9B SeaGuardian « disposent d’une capacité d’emport exceptionnelle. Il est donc logique d’élargir leur gamme de missions en leur donnant la possibilité d’emporter des armes à longue portée », a-t-il ajouté.

Quant aux munitions que ces drones MALE seraient susceptibles d’emporter, GA-ASI a évoqué le missile de croisière AGM-158 JASSM ER [Joint air-to-surface standoff missile, 900 km de portée] et le missile antinavire AGM-158C LRASM [Long Range Anti-Ship Missile] de Lockheed Martin ainsi que le Joint Strike Missile [JSM] développé par Kongsberg et Raytheon. Un essai avec au moins l’un de ces trois armements est prévu dans le courant de cette année.

Selon GA-ASI, une mission type consisterait à faire décoller des MQ-9B de plusieurs bases amies dans le Pacifique occidental et dans le sud du Pacifique pour qu’ils rejoignent une zone hors de portée des armes d’une puissance hostile. Et, sur ordre, ils lanceraient leurs missiles « en coordination avec d’autres opérations américaines ou alliés ».

Un tel profil de mission s’inscrit dans le droit fil du concept ACE [Agile Combat Employment] de l’US Air Force. Pour rappel, ce dernier vise à permettre à une force d’intervenir dans un environnement contesté en mettant l’accent sur sa flexibilité et sa capacité à concentrer des moyens en vue d’obtenir la supériorité aérienne à un moment donné, tout en cherchant à créer un effet de surprise.

Le sous-marin nucléaire d’attaque De Grasse a débuté ses essais à la mer

par Laurent Lagneau

Admis au service actif le 4 juillet dernier, le sous-marin nucléaire d’attaque [SNA] Tourville, troisième unité du programme Barracuda, avait effectué sa première sortie en mer un an plus tôt, soit trois mois après la mise en route de sa chaufferie nucléaire K15 depuis son poste de conduite de propulsion [PCP]. Cette procédure est désormais bien rodée puisque ce délai a été raccourci d’environ un mois pour le SNA De Grasse.

En effet, le 12 décembre, le ministère des Armées fit savoir que le réacteur nucléaire de ce quatrième SNA de type Suffren avait été « démarré au cours d’une procédure connue sous le nom de première divergence ». Or, ce 24 février, il a annoncé que le De Grasse venait de franchir un autre « jalon majeur » après avoir effectué « sa première sortie à la mer ». Ce qui marque le début de ses essais, en vue de sa livraison à la Marine nationale.

Menés par un équipage de la Marine nationale [la cérémonie de prise d’armement pour essais [PAE] de ce sous-marin s’est tenue en octobre dernier, ndlr], ces essais à la mer sont supervisés par la Direction générale de l’armement [DGA] et la Direction des applications militaires du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives [DAM CEA], en lien avec les industriels concernés, à savoir Naval Group et TechnicAtome, lesquels restent les propriétaires du navire durant cette phase.

Ces essais « ont pour objectif de vérifier, de manière progressive, l’ensemble des capacités techniques et opérationnelles du sous-marin. Ils dureront jusqu’à sa livraison prévue au cours de l’année 2026 », a précisé le ministère des Armées.

Actuellement, la Marine nationale dispose de cinq SNA opérationnels : trois de type Barracuda [Suffren, Duguay-Trouin et Tourville] et deux de type Rubis [Améthyste et Perle].

Alors que, selon un arrêté paru au Journal officiel en décembre, les équipages rouge et bleu du sous-marin Perle seront dissous au cours de la période 2026/28, les deux derniers SNA du programme Barracuda [Rubis et Casabianca] sont « actuellement en construction à divers stades d’avancement » et leur « livraison respective devrait intervenir d’ici 2030 conformément à la Loi de programmation militaire 2024-2030 », a rappelé le ministère.

Pour rappel, avec un déplacement de 5 300 tonnes en plongée pour une longueur de 99 mètres, un SNA de type Barracuda est doté de capteurs dix à quinze fois plus performants que ceux de ses prédécesseurs. Encore plus discret, il est armé de missiles antinavires Exocet SM39 modernisés, de torpilles lourdes filoguidées F-21, de mines et de missiles de croisière navals [MdCN]. Enfin, il dispose d’un hangar de pont [« Dry Deck Shelter »], abritant un sous-marin de troisième génération [PSM3G] utilisé par les commandos marine.

Le SNA de la classe Suffren « embarque un certain nombre de technologies [intelligence artificielle, mât optronique, etc.]. Il est notamment équipé d’une barre en X, qui le rend plus manœuvrable. Le MdCN ajoute une capacité militaire redoutable : il lui permet de s’approcher d’une côte sans être vu et de porter la frappe souhaitée », avait détaillé l’amiral Nicolas Vaujour, le chef d’état-major de la Marine nationale, au cours d’une audition parlementaire.

20 ans du dispositif « Alerte enlèvement »

Le ministère de la Justice a créé le dispositif Alerte enlèvement le 28 février 2006, en lien avec le ministère de l’Intérieur. 20 ans plus tard, ce dispositif exceptionnel qui peut être déclenché sur décision d’un procureur de la République, lorsqu’un mineur est enlevé et que sa vie semble en danger, a permis de retrouver 38 enfants vivants et confirme son efficacité.

Le dispositif Alerte enlèvement vise à alerter la population en cas d’enlèvement d’un enfant mineur afin de recueillir des témoignages, avec la diffusion dans les médias, dans les aéroports, les gares et sur les autoroutes d’un message sur l’ensemble du territoire national.

C’est lors d’un voyage au Canada que Nicole GUEDJ, ancienne secrétaire d’État aux Victimes et Pascal CLÉMENT, alors président de la commission des lois à l’Assemblée nationale, assistent à la présentation de la procédure « Amber Alert » et qu’émerge l’idée de mettre en œuvre une procédure réactive et efficace dès les premières minutes de l’enlèvement d’un mineur en France. Un groupe de travail est mis en place par la direction des affaires criminelles et des grâces du ministère de la Justice afin d’élaborer le dispositif et les travaux débutent le 15 décembre 2004.

Pascal CLÉMENT devenu garde des Sceaux, ministre de la Justice, décide d’utiliser à titre expérimental le dispositif lors de l’enlèvement de la petite Aurélia le 20 novembre 2005. L’enfant étant rapidement retrouvée grâce à l’Alerte enlèvement, Pascal CLÉMENT décide d’en pérenniser l’usage.

Le 28 février 2006, une convention organisant les conditions de mise en œuvre de l’Alerte enlèvement est signée par le garde des Sceaux et les ministres de l’Intérieur, de la Défense et des Transports, les principaux médias, les sociétés d’autoroute, la RATP, la SNCF et des associations de victimes et d’aide aux victimes, soit plus d’une soixantaine de partenaires aujourd’hui.

Quand est déclenchée une Alerte enlèvement ?

Le dispositif Alerte enlèvement peut être activé quand les quatre critères suivants sont réunis :

  • Il s’agit bien d’un enlèvement avéré et non d’une disparition, même inquiétante,
  • La victime est mineure,
  • La vie ou l’intégrité physique de l’enfant est en danger,
  • Le procureur de la République dispose d’informations d’identification précises dont la diffusion peut permettre d’identifier l’enfant et/ou son ravisseur.

L’Alerte enlèvement étant un acte d’enquête, la décision de la déclencher revient au procureur de la République, après un avis motivé du procureur général de la cour d’appel et l’accord de la direction des affaires criminelles et des grâces du ministère de la Justice.

Le procureur de la République peut décider de ne pas déclencher une alerte enlèvement s’il estime que sa diffusion peut mettre en danger la vie de l’enfant ou compromettre les investigations en cours.

Comment s’organise une Alerte enlèvement ?

Une fois ces critères réunis et la décision de déclenchement prise, avec les informations réunies par les enquêteurs, le procureur de la République rédige le message d’alerte qui contient :

  • Pour l’enfant : son prénom, sa photo éventuelle, son sexe, tout élément d’identification (description physique : vêtements portés au moment des faits), l’heure et le lieu de l’enlèvement.
  • Pour le ou les suspects : leur nombre, leur sexe, une description physique et des vêtements portés au moment des faits. Une photo, la description du véhicule éventuel peuvent aussi être ajoutés au message
  • Un numéro de téléphone unique permettant aux témoins de donner à la police ou à la gendarmerie toutes informations utiles à la localisation de la victime ou de son ravisseur. 

Le ministère de la Justice diffuse l’Alerte enlèvement sur le site Le dispositif Alerte enlèvement | Alerte Enlèvement et sur les réseaux sociaux.

Le rôle des forces de sécurité intérieure

Les éléments rédigés par le procureur de la République sont ensuite transmis aux services de police ou de gendarmerie en charge des investigations, qui relaient l’alerte aux partenaires ayant signé la convention Alerte enlèvement, qui se chargent alors de les diffuser.

Dès que les forces de sécurité intérieure sont informées d’une disparition inquiétante ou d’un enlèvement de mineur, les investigations sont immédiatement engagées :

  • En zone relevant de la Gendarmerie nationale, la section de recherches territorialement compétente est informée afin de pouvoir prendre la direction de l’enquête puis alerte le centre national des opérations de la Gendarmerie, rattaché à la Direction générale de la Gendarmerie nationale (DGGN), parallèlement à la chaîne départementale de remontée d’information.
  • En zone relevant de la Police nationale, les premières investigations sont diligentées par les services locaux ou départementaux de la police judiciaire. L’information est transmise au Centre d’information de la Police nationale (CIPN), puis à la Direction nationale de la Police judiciaire (DNPJ).

Les opérateurs du numéro d’appel unique reçoivent les appels et les témoignages et transmettent sans délai les informations pertinentes aux services territoriaux de police et de gendarmerie.

Combien de temps dure une Alerte enlèvement ?

La durée d’une Alerte enlèvement est de trois heures pendant lesquelles les partenaires s’engagent à diffuser le message toutes les 15 minutes. Au terme de ces trois heures, l’autorité judiciaire peut décider de prolonger l’Alerte enlèvement par tranche de trois heures. La diffusion du message d’alerte est alors laissée à la libre appréciation des médias.

Le procureur peut aussi décider de lever le dispositif même si la victime et le suspect n’ont pas été retrouvés en fonction des progrès de l’enquête.

L’alerte est immédiatement levée lorsque l’enfant est retrouvé. Une fois l’alerte levée, toute publication de la photo de l’enfant doit être retirée afin de protéger le droit à l’oubli de l’enfant victime d’un enlèvement.

Les partenaires qui diffusent le message d’alerte

  • Les agences de presse : AFP
  • Les chaines de télévision : TF1, France Télévision, BFM TV, M6, groupe Canal +,
  • Les stations de radio : Radio France, RTL, RMC, NRJ, Chérie FM, Fun radio, Europe 1, Skyrock, Radio classique…
  • Les gestionnaires de réseau routier : ASFA, APRR, Sanef, SAPN, groupe Vinci, Cofiroute, ASF, groupe Eiffage…
  • Les sociétés de transport : SNCF, RATP
  • Les associations de victimes et d’aide aux victimes : Fondation pour l’enfance, Fondation Casques rouges,116, 119…
  • Les services des douanes
  • Les éditeurs de sites internet : Orange, Free, SFR, Bouygues Telecom…
  • Les afficheurs urbains : Decaux
  • Les éditeurs d’applications et de services mobiles : La Française des jeux

Le bilan du dispositif

Depuis la signature de la convention, l’alerte enlèvement a été déclenchée à 37 reprises (au 23 février 2026). Ce dispositif a permis que 38 enfants soient retrouvés vivants.

Dans la majorité des cas l’alerte a permis la localisation du ravisseur ou sa voiture grâce à un passant sans qui, aucun autre moyen n’aurait permis la découverte de l’enfant, et la pression médiatique liée au dispositif a pu amener le ravisseur à remettre l’enfant.

S’agissant des services d’enquête, sur 37 affaires, la police a été en charge 25 fois de la direction de l’enquête tandis que la gendarmerie l’a été 10 fois. À 2 reprises les deux services ont été cosaisis.

Sur 37 alertes, le ravisseur était dans 64% des cas un homme seul, tandis qu’il s’agissait d’une femme seule dans 22% des cas.

Une tendance forte se dégage de l’analyse des profils des ravisseurs : l’alerte enlèvement est de plus en plus fréquemment déclenchée pour des enlèvements commis dans un cadre familial.

  • Entre 2006 à 2012, sur 12 alertes enlèvements, 3 concernaient des enlèvements dans un contexte familial, soit environ 25% des cas.
  • Entre 2013 et 2018, sur 10 alertes enlèvements, 7 concernaient des enlèvements dans un contexte familial, soit environ 70% des cas.
  • Entre 2019 et 2025, sur 14 alertes enlèvements, 11 concernaient des enlèvements dans un contexte familial, soit environ 80% des cas.

Concernant le profil du ravisseur :

  • Dans 8 cas, l’auteur était inconnu de l’enfant (23%)
  • Dans 19 cas, l’auteur était un parent de l’enfant (56%)
  • Dans 7 cas, l’auteur était un proche de l’enfant (21%)

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