Le ministère des Armées s’intéressait au missile antiaérien portatif polonais Piorun
par Laurent Lagneau
Lors d’une conférence de presse donnée le 13 février, le vice-ministre polonais de la Défense, Cezary Tomczyk a affirmé que l’Allemagne envisageait d’acquérir des missiles antiaériens portatifs Pioriun [de type MANPADS – MAN-Portable Air-Defense System]. « Nous pouvons nous en réjouir car cela témoigne de l’influence des innovations de l’industrie de défense polonaise sur notre image à l’international », a-t-il dit, sans livrer plus de détails.
Plus tard, le Premier ministre polonais, Donald Tusk a confirmé cette information. « L’Allemagne figure parmi les pays qui souhaiteraient acquérir des missiles Piorun pour en fournir une partie à l’Ukraine et, à terme, équiper sa propre armée », a-t-il déclaré. Et d’ajouter qu’elle « n’était pas la seule à s’intéresser » à ce système antiaérien développé par l’entreprise Mesko.
En effet, trois jours plus tard, le site spécalisé polonais Defence24 a révélé que la France souhaitait également se procurer des Piorun dans le cadre d’un achat groupé réalisé dans le cadre du dispositif SAFE [Agir pour la sécurité en Europe], créé par la Commission européenne. Pour rappel, Paris devrait obtenir 16,2 milliards d’euros, sous la forme d’un prêt à des conditions avantageuses. Selon la même source, 70 % des missiles commandés seraient destinés aux forces françaises, les 30 % restants devant être fournis à l’Ukraine sous forme d’aide militaire.
Étant que les forces françaises utilisent le MISTRAL 3 [missile transportable antiaérien léger] de MBDA, l’intention de Paris d’acquérir des Piorun peut étonner. En tout cas, elle a été confirmée par des sources « proches du ministère [polonais] de la Défense » auprès de l’Agence polonaise de presse [PAP]. Du moins, celles-ci ont évoqué un « intérêt sérieux » pour ce type de système antiaérien.
Cela étant, en 2025, bien qu’ayant commandé des MISTRAL 3, la Belgique a aussi fait l’acquisition de 40 systèmes Piorun [avec leurs missiles] pour équiper son Special Operations Regiment [SO Rgt].
« L’investissement dans les systèmes Piorun renforce non seulement la capacité belge, mais augmente également l’interopérabilité au sein de l’Europe et de l’Otan », a expliqué le ministère belge de la Défense, en décembre dernier.
Aussi, il est probable que les systèmes Piorun que la France envisage d’acquérir soient destinés aux forces spéciales et aux unités légères.
Pour rappel, affichant une masse d’environ 10 kg pour 1,6 mètre de long, le missile Piorun, évolution du Grom, est doté d’un système de guidage à infrarouge passif. Ayant une portée comprise entre 0,4 et 6 500 mètres, il emporte une charge explosive de 1,82 kg. Outre la Pologne et la Belgique, il a été choisi par l’Estonie [également cliente du MISTRAL 3], l’Ukraine, la Lettonie, la Lituanie, la Norvège, la Suède et les États-Unis.
ENTEX 51 – Première mondiale validée pour le CEPHISMER
par Marine
Les 4 plongeurs du centre expert plongée humaine et intervention sous la mer (CEPHISMER) ont fait surface le 10 février 2026 après 14 jours de plongée à saturation.
Durant 2 semaines, ils ont vécu dans un caisson hyperbare simulant 268 m de profondeur. Au programme : 4 plongées d’excursion réalisées dans la cuve humide pour tester les procédures de plongée en saturation et valider l’emploi d’un appareil autonome en saturation.
Effectuer un travail de 45 minutes à 268m de fond au recycleur électronique constitue ainsi une première mondiale dans le domaine de la plongée humaine.
Cet exploit ouvre la voie à des opérations militaires humaines à grande profondeur dans le cadre de la maîtrise des fonds marins. Rendez-vous est donné en 2027 pour l’ENTEX 52 et de nouvelles innovations à grande profondeur.
Les Britanniques songent à réduire leurs capacités aéroportées à un bataillon d’infanterie parachutiste
par Ph. CHAPLEAU
Dans le cadre d’Orion 26, un contingent de parachutistes britanniques prendra part la semaine prochaine à un assaut sur le camp de Coëtquidan. Ces soldats appartiennent à la 16 Air Assault Brigade. Or, l’avenir de la composante parachutiste de l’armée de Terre britannique est incertain et les capacités actuelles vont certainement être revues à la baisse.
Dans une réponse écrite au Parlement, publiée le 16 février 2026, le ministre Al Carns a déclaré que la Strategic Defence Review (SDR) « a examiné tous les aspects de la Défense, y compris les capacités de l’infanterie aéroportée » et a conclu que ces capacités « devraient rester concentrées sur des spécialistes et un seul bataillon ». En octobre dernier, Al Carns avait déjà annoncé que selon « la recommandation 45 de la Revue stratégique de défense (…) le futur bataillon d’infanterie sera composé de membres de la 16e brigade aéroportée, principalement des 2e et 3e bataillons d’infanterie parachutiste.
La réponse du 16 février fait suite à une question du député conservateur Ben Obese-Jecty qui demandait quelle évaluation avait été faite de l’impact négatif potentiel de la suppression de capacités de l’infanterie parachutiste. Le ministre Carns a indiqué que le gouvernement avait accepté intégralement les recommandations de la SDR et que les modalités de mise en œuvre seraient précisées dans le prochain Plan d’investissement de la Défense.
Actuellement, la capacité parachutiste de l’armée de Terre britannique s’articule autour du Parachute Regiment à quatre bataillons d’infanterie dont un rattaché aux forces spéciales et un composé de réservistes. Les deux autres bataillons (2e et 3e)sont intégrés à la 16 Air Assault Brigade qui comprend aussi un régiment parachutiste du Génie, un régiment d’artillerie parachutiste et un régiment de soutien parachutiste.
Cette restructuration des forces aéroportées de l’armée de Terre prévoit que les 2e et 3e bataillons du Régiment parachutiste pourraient perdre leur qualification TAP (troupes aéroportées). Selon le modèle envisagé, le déploiement opérationnel de parachutistes deviendrait une capacité spécialisée, et non une méthode de déploiement massif d’infanterie répartie entre plusieurs bataillons. Si les partisans de cette réforme estiment qu’elle reflète les réalités opérationnelles modernes et pourrait générer des économies, ses détracteurs avertissent qu’elle risque d’éroder une capacité essentielle d’entrée rapide sur un théâtre et pourrait représenter un déclin à long terme des forces aéroportées conventionnelles.
La force aérienne espagnole disposera de six avions de transport A400M supplémentaires
par Laurent Lagneau
Lors du lancement du programme ATF [avion de transport futur], confié à Airbus en 2001, l’Espagne s’était engagée à acquérir 27 exemplaires de ce qui allait devenir l’A400M Atlas. Seulement, en 2013, en raison des contraintes budgétaires, elle revit ses ambitions à la baisse, l’Ejército del Aire y del Espacio devant alors se contenter des 14 appareils qu’elle a depuis reçus [le dernier lui a été livré en 2023].
Par la suite, Madrid tenta de trouver un repreneur pour les 13 A400M surnuméraires qui devaient lui être livrés à partir de 2025. La Corée du Sud fut citée parmi les candidats possibles, de même que la Jordanie et la Turquie [également engagée dans le programme ATF, ndlr]. Mais aucune de ces pistes ne se concrétisa.
Cela étant, le ministère espagnol de la Défense a finalement changé son fusil d’épaule, en raison, notamment, des performances que l’A400M a démontrées lors des missions d’évacuation de ressortissants menées en Afghanistan et au Soudan.
En effet, l’an passé, avec son homologue français, il a signé une lettre d’intention visant à anticiper la livraison de trois A400M à sa force aérienne afin d’assurer la pérennité des chaînes d’assemblage dédiées à cet avion jusqu’à la fin de l’année 2028.
Mais, selon le site spécialisé InfoDefensa, il est désormais question de porter la flotte espagnole d’A400M à 20 exemplaires.
« Selon des documents récemment publiés par le ministère de la Défense, le programme A400M a bénéficié d’un coup de pouce financier vers la mi-2025. […] Cette information n’avait pas été rendue publique à l’époque », avance la publication espagnole.
Ce qui fait que l’Ejército del Aire y del Espacio alignera 6 avions supplémentaires d’ici 2029. Et cela parce qu’elle est intéressée par certaines configurations de l’A400M qu’Airbus est en train de développer [module de lutte contre les incendies, lancement de drones, recherche et sauvetage, guerre électronique, etc…]. En outre, de nouvelles capacités sont progressivement intégrées aux avions espagnols, comme le système de défense antimissile Inshield, mis au point par Indra.
Pour autant, il restera à trouver une solution pour les 7 derniers appareils pour lesquels l’Espagne s’est engagée contractuellement. À moins que les plans ne changent encore…
Au passage, selon les documents budgétaires cités par Infodefensa, Madrid avait prévu une enveloppe initiale de 3,452 milliards d’euros pour financer le programme A400M… Or, celle-ci a presque doublé et dépassé les 6,5 milliards d’euros.
Pour rappel, la France suit une approche identique. Alors que la Loi de programmation militaire [LPM] 2024-30 avait fixé la dotation de l’armée de l’Air & de l’Espace à 35 A400M à l’horizon 2035 [sur une commande initiale de 50 exemplaires], il est désormais question d’une cible de 41 appareils.
