Le nombre des « veterans » américains quasiment divisés par deux en 20 ans
Des veterans à Arlington, le 21 septembre 2025, réunis pour commémorer la fin de la guerre en Corée. (U.S. Air Force photo by Tech. Sgt. Sean Evans)
Qui sont les « veterans » aux Etats-Unis? La Rand Corporation et le RAND Epstein Family Veterans Policy Research Institute travaillent sur cette population d’anciens membres des forces armées (pas nécessairement des anciens combattants) et publient des données sur les évolutions de ce groupe d’hommes et de femmes au passé professionnel particulier et en constante évolution.
La RAND Epstein Family Veterans Policy Research Institute a publié des chiffres de 2023:

Pour sa part, la Rand Corp. a publié le 4 novembre 2025 la 2e édition de son étude intitulée A Summary of Veteran-Related Statistics, rédigée par Megan S. Schuler, Aimee Bower, Carrie M. Farmer, Jessica Phillips, Rajeev Ramchand. Cette étude actualise les données et témoigne des évolutions.
Voici quelques unes de ces données issues de ce document détaillé:
– Les anciens combattants représentent une part décroissante de la population adulte des États-Unis : 6,1 % en 2023, contre 11,7 % en 2011 (année du retrait d’Irak et du transfert de la sécurité aux forces locales en Afghanistan).
– La population des anciens combattants reste majoritairement masculine comparée à celle des non-vétérans. En 2023, environ 11 % de la population des anciens combattants était composée de femmes, contre 54 % chez les non-vétérans. A noter que la proportion de femmes va augmenter selon le PEW Research Center, passant à 18% en 20248.
– Les veterans de l’après-11 septembre constituent 28,1 % de la population des anciens combattants et sont plus diversifiés que les cohortes précédentes.
– Dans l’ensemble, les anciens combattants sont plus âgés et moins diversifiés sur le plan racial et ethnique que les non-veterans, bien que le niveau d’instruction soit globalement similaire.
– La population des anciens combattants âgés est en augmentation, plus d’un quart d’entre eux ayant désormais 75 ans et plus, ce qui les expose à des risques de santé accrus. Environ 1,3 million d’anciens combattants ont 85 ans et plus, une population qui devrait atteindre 1,7 million d’ici 2034.
– Les anciens combattants sont principalement concentrés dans les États du Sud et de l’Ouest (voir la carte ci-dessus, avec le trio de tête: Texas, Floride et Californie).
– Les veterans de l’après-11 septembre ont davantage tendance à vivre dans des zones dotées d’une infrastructure militaire et vétérane solide (même trio d’Etats que précédemment).
– Les anciens combattants sont légèrement moins touchés par le chômage que les non-veterans.
– Le taux d’inscription actuel à l’université reste plus faible chez les anciens combattants ; ceux qui sont inscrits ont tendance à travailler tout en poursuivant leurs études.
– Les anciens combattants sont plus susceptibles de travailler dans l’administration publique, l’industrie manufacturière, les transports et les services publics ; les non-veterans sont davantage concentrés dans l’éducation, les soins de santé et la restauration.
– Les anciens combattants ont près de deux fois plus de chances que les non-veterans d’être employés dans le secteur public.
– Les anciens combattants montrent des taux globaux de détresse psychologique grave et de tendances suicidaires inférieurs à ceux des non-anciens combattants. Parmi les anciens combattants, 8,7 % ont présenté une détresse psychologique grave, contre 14,5 % chez les non-anciens combattants. Mais les veterans les plus jeunes sont confrontés au fardeau le plus lourd en matière de santé mentale et de toxicomanie, avec des taux élevés de détresse psychologique grave, d’idées suicidaires, de consommation excessive d’alcool, de consommation de marijuana et de troubles liés à l’usage d’alcool ou de drogues.
https://www.defense.gouv.fr/actualites/anticiper-vaincre-bataille-invisible-du-renseignement
Anticiper pour vaincre : la bataille invisible du renseignement
Direction : Ministère des Armées / Publié le : 07 novembre 2025
Dans un monde où les menaces se multiplient et se juxtaposent, la première victoire est celle de la connaissance. Comment les trois services de renseignement du ministère des Armées – DGSE, DRM et DRSD – relèvent le double défi de la dégradation du contexte stratégique mondial et de la révolution technologique ?
La guerre en Ukraine, les tensions au Proche-Orient et les ambitions militaires de la Chine illustrent une conflictualité qui dépasse les champs de bataille traditionnels. L’hybridité devient le nouveau visage de la guerre, où les cyberattaques, les ingérences étrangères et les manipulations de l’information peuvent affaiblir un pays sans déclencher de conflit ouvert.
Face à cette réalité, le renseignement doit évoluer pour rester efficace. Satellites, drones, radars, interceptions électromagnétiques, données ouvertes… Chaque centimètre du champ de bataille est scruté en permanence, presque transparent. Jamais les armées n’ont eu autant de données brutes à traiter. Dès lors, le renseignement n’est plus seulement l’art de collecter : il est devenu l’art de hiérarchiser, recouper et d’interpréter en temps réel une masse exponentielle de données pour réduire l’incertitude et éclairer la décision.
Dans ce contexte, la Revue nationale de sécurité 2025 pose un objectif : garantir à la France une autonomie d’appréciation et une souveraineté décisionnelle. Cela passe par des services de renseignement modernisés, intégrés et performants. Voici lesquels.
Dans l’ombre, la lumière se forge
Service secret par excellence, la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) évoque immanquablement le célèbre Bureau des légendes1. Ses agents sous couverture – les clandestins – traversent les frontières, infiltrent des milieux fermés pour collecter des informations ou pour recruter des sources. Double identité, manipulation : leur figure alimente les fantasmes. Pourtant, ils ne sont qu’une facette d’un dispositif beaucoup plus vaste. Lutte contre le terrorisme et prolifération d’armement, entrave des tentatives d’ingérences étrangères,cyberdéfense :les femmes et les hommes de la DGSE observent, anticipent, analysent. Leur mission : comprendre les dynamiques géopolitiques, prévenir les ruptures stratégiques et éclairer, en toute discrétion, la décision politique.
L’analyse est au cœur du réacteur de la DGSE. « Ces équipes couvrent, vu l’état du monde, des situations et des zones de crises très larges. Elles veillent, mais plus que ça, elles enquêtent », précise un agent du service. L’analyste exploite les données brutes, en extrait le sens, oriente les capteurs et guide la recherche du renseignement. C’est un travail de décodage permanent, à la croisée de la géopolitique, de la technique et de l’intuition.
1 Série télévisée française créée par Éric Rochant et diffusée sur Canal+
Préparer la victoire
Née en 1992 dans le sillage de la guerre du Golfe, la Direction du renseignement militaire (DRM) produit, quant à elle, du renseignement afin d’éclairer la prise de décision des autorités politiques et militaires. Elle fournit aussi aux armées du renseignement pour mener des opérations dans les meilleures conditions. « Il n’y a pas d’opérations sans renseignement, martèle le directeur du service, le général Jacques de Montgros. Le travail de la DRM, c’est de « décrypter le chaos du monde » ».
Son champ d’action se concentre sur les capacités de nos compétiteurs – humaines, techniques, niveau d’entrainement, stocks d’armement – jusqu’aux possibilités d’action des forces ou groupes armés susceptibles de nuire à nos intérêts. Au quotidien, la DRM surveille les zones sensibles du globe : champs de bataille, sites de production d’armement, foyers de prolifération nucléaire…
Renseigner pour protéger
Dans ce climat de confrontation, les entreprises de défense constituent une nouvelle cible pour des États avides de puissance. Pour preuves, les cyberattaques par déni de service distribué qui ont frappé, en 2022, des entreprises de la base industrielle et technologique de défense venant d’officialiser leur soutien à Kiev. Face à ces menaces grandissantes, le rôle de la Direction du renseignement et de la sécurité de la Défense (DRSD) s’avère plus que jamais essentiel. Sa mission ? La contre-ingérence, une bataille discrète pour prévenir toute atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation. La DRSD veille sur les forces, les informations sensibles, les matériels et les industries stratégiques. Son champ d’action s’étend aussi sur des milliers d’entreprises et des dizaines de laboratoires. Car voler des informations sensibles à ces industries pourrait à terme affaiblir notre supériorité technologique, voire perturber nos opérations militaires.
Pour y parvenir, la DRSD dispose de capteurs pour anticiper les menaces et détecter les signaux qui montreraient la mise à exécution de ces menaces. Ces dernières sont analysées selon le prisme TESSCo : terrorisme, espionnage, sabotage, subversion, crime organisé. Des risques accentués par la révolution technologique et la multitude de moyens à faibles coûts pour mener ce type d’action : réseaux sociaux, logiciels espions, cyberattaques et ingénierie sociale.
Face à l’explosion des données à traiter, les trois services développent également chacun des outils et applications innovantes intégrant l’intelligence artificielle (IA). Dans un monde saturé de signaux contradictoires, les renseignements français déchiffrent les ombres pour garantir notre sécurité. Silencieux, ils donnent à la France les clés pour déjouer les pièges géopolitiques.
