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Les États-Unis approuvent la vente de 2500 missiles antichars Javelin à la Pologne pour 665 millions d’euros

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par Laurent Lagneau · 19 septembre 2025

Avions de combat F-35A et F/A-50, chars M1A2 Abrams et K-2PL Black Panther, hélicoptères AH-64E Apache, obusiers K-9 Thunder et Krab, systèmes d’artillerie K239 Chunmoo et HIMARS, drones MQ-9B SkyGuardian, batteries Patriot… Depuis le début de la guerre en Ukraine, et grâce à un effort de défense porté progressivement à 4,7 % du PIB, la Pologne a multiplié les commandes d’équipements militaires, notamment auprès des États-Unis et de la Corée du Sud. Mais pas seulement car elle a aussi enchaîné les achats de munitions dites « complexes ».

Ainsi durant ces derniers mois, Varsovie a demandé à Washington l’autorisation de se procurer des missiles AIM-120 AMRAAM, AIM-9X Sidewinder Block II [air-air], AGM-88G [antiradars] et AGM-158 JAASM ER [air-sol] pour plusieurs milliards d’euros. Mais ce n’est pas fini.

Le 18 septembre, la Defense Security Cooperation Agency [DSCA], chargée des exportations militaires via le dispositif FMS [Foreign Military Sales] a recommandé au Congrès d’accepter une vente potentielle de 2 506 missiles antichars FGM-148F Javelin à la Pologne, pour un montant estimé à 780 millions de dollars [soit 665 millions d’euros]. Cette somme comprend la livraison de 253 postes de tir LWCLU [Light Weight Command Launch Unit] ainsi qu’une assistance technique et un soutien logistique.

Alors que, via l’initiative européenne SAFE [Security action for Europe], Varsovie va pouvoir bénéficier de 43,7 milliards d’euros de prêts à un taux préférentiel pour financer l’achat d’équipements militaires [à conditions qu’ils soient produits à 65 % au sein de l’Union européenne], on aurait pu naïvement penser que le ministère polonais de la Défense allait s’intéresser à un missile antichar européen, comme l’Akeron MP de MBDA, plus performant que le Javelin produit par Raytheon et Lockheed Martin.

Seulement, la Pologne a déjà commandé des FGM-148F Javelin à deux reprises : 180 exemplaires avec 60 postes de tir CLU pour 54,5 millions de dollars en 2020 et 500 autres, avec 50 CLU/LWCLU, pour 158 millions de dollars en 2023.

En outre, en septembre 2023, JJV, la coentreprise commune à Lockheed Martin et à Raytheon, a signé un protocole d’accord avec Polska Group Zbrojeniowa [PGZ] pour produire des Javelin en Pologne.

À l’époque, il était question pour les industriels américains de porter la cadence de production de ce type de missile de 2 400 à 3 960 par an d’ici 2026. La responsable des missiles tactiques chez Lockheed Martin, Paula Hartley, avait alors justifié le choix de la Pologne par sa proximité avec l’Ukraine.

La version du Javelin que la Pologne souhaite acquérir est la dernière à avoir été mise sur le marché par JJV. Mise en production en 2020, elle se distingue par une meilleure capacité de pénétration, grâce à son ogive MPWH [Multi-Purpose Shaped Charge Warheads], un système de guidage et de contrôle amélioré et une meilleure résistance aux contre-mesures électroniques. Quant au poste de tir LWCLU, il est 35 % plus compact et 50 % plus léger que le CLU.

Guerre en Ukraine : Vladimir Poutine affirme que plus de 700 000 militaires russes sont déployés sur le front

Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, s’est de son côté félicité d’une contre-offensive réussie dans l’est face aux troupes russes.

Article rédigé par franceinfo avec AFP

France Télévisions

Publié le 18/09/2025 23:31

Le président russe Vladimir Poutine à la Douma, la chambre basse du Parlement, près de Moscou, le 18 septembre 2025. (MIKHAIL SINITSYN / AFP)

Plus de 700 000 militaires russes sont déployés sur « la ligne de contact » en Ukraine, où la Russie poursuit depuis des mois des actions offensives et gagne du terrain dans certains secteurs, a affirmé jeudi 18 septembre le président Vladimir Poutine, lors d’une réunion avec des responsables parlementaires. Depuis le lancement de son offensive à grande échelle, il y a plus de trois ans et demi, Moscou a mobilisé d’énormes moyens humains et matériels, tout en subissant de lourdes pertes militaires, selon les estimations de médias indépendants.

Le même jour, le président américain, Donald Trump, a exprimé sa déception à l’égard de Vladimir Poutine sur la guerre en Ukraine, lors d’une conférence de presse avec le Premier ministre britannique, Keir Starmer. Ce dernier a appelé à « accentuer la pression » sur le président russe.

Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a de son côté rendu visite, jeudi, aux soldats sur le front, se félicitant d’une contre-offensive réussie dans l’est face aux troupes russes. Kiev a dit avoir frappé une nouvelle raffinerie en Russie, à environ 1 400 km du front, dans la région du Bachkortostan, causant un incendie. Ce type d’attaques visant le secteur pétrolier et gazier russe se multiplie ces derniers mois, une stratégie qui a fait fortement grimper en Russie les prix du carburant à la pompe.

La coopération universitaire Chine-Russie dope les techno-défense

septembre 19, 2025

Les universités de défense chinoises renforcent leurs partenariats sino-russes, contournant sanctions et contrôles à l’export et accélérant l’aérospatial.

En résumé

Depuis 2019, toutes les 68 universités chinoises liées au complexe militaro-industriel ont « intensifié » leurs liens avec des établissements russes. Cette dynamique, documentée par l’ASPI, connecte des pôles clés : Beihang–MAI sur les moteurs d’avions, Xi’an Technological University–Peter the Great SPbPU sur les systèmes d’armes, et le Harbin Institute of Technology (HIT) avec Bauman et d’autres partenaires russes. Effet de ciseau : Moscou récupère du savoir-faire et de la R&D à technologies à double usage malgré les sanctions, Pékin puise dans les niches d’excellence russes (propulsion, hydro-aérodynamique) tout en offrant son avance en drones, matériaux et algorithmie. Le commerce bilatéral a atteint environ 245 Md$ (≈ 228 Md€) en 2024, signe d’un écosystème en forte interdépendance. Pour les Européens et les Américains, l’enjeu est clair : sans gouvernance des collaborations académiques et contrôle des flux de connaissances, les régimes de sanctions et contrôles à l’export perdent en efficacité.

Le constat : un maillage académique qui compense les sanctions

Les travaux récents de l’Australian Strategic Policy Institute (ASPI) indiquent que les 68 établissements chinois officiellement rattachés au système de défense ont « approfondi ou fortement approfondi » leurs collaborations de recherche avec des institutions russes depuis 2019. Ce n’est pas un épiphénomène : la trajectoire s’inscrit dans le « partenariat sans limites » proclamé par Pékin et Moscou le 4 février 2022, puis consolidé par des visites d’État en 2024–2025. Dans les faits, ce maillage donne à la Russie un accès indirect à des résultats scientifiques, à des plateformes d’essais et à des compétences humaines à technologies à double usage dont elle est privée par les sanctions occidentales. À l’inverse, il ouvre aux groupes et laboratoires chinois des niches d’excellence russes en aéro-propulsion, mécanique des fluides, mesures à haute température ou essais d’endurance. Autrement dit, les sanctions ralentissent les flux matériels, mais la connaissance circule via des co-encadrements, doubles diplômes et laboratoires conjoints.

Les partenariats clés : de l’atelier moteur aux essaims de drones

Plusieurs duos structurent la coopération. Beihang University (membre des Seven Sons of National Defense) et le Moscow Aviation Institute (MAI) mènent un master conjoint depuis 2017 en aéronautique et moteurs d’avions, avec un objectif explicite : passer de la « copie et test » à la conception indépendante côté chinois. À la clé : transferts croisés en conception de turbomachines, matériaux à haute tenue et essais bancs. Xi’an Technological University a, pour sa part, ouvert en 2023 un institut commun avec Peter the Great St. Petersburg Polytechnic University (SPbPU), doté de capacités de recherche en hydro-aérodynamique et connecté au tissu militaro-industriel russe. Enfin, le Harbin Institute of Technology (HIT) — sanctionné par Washington en 2020 — pilote l’Association des Universités Techniques Sino-Russes (ASRTU) depuis 2011 et multiplie centres et programmes conjoints (dont un centre de science avec St. Petersburg State University). Ces architectures académiques servent de « ponts » pour des thèmes sensibles : dynamique d’essaims, navigation autonome, matériaux CMC, contrôle thermique et capteurs embarqués.

Dans le domaine des drones, la Russie s’appuie sur des plateformes éprouvées telles que Orlan-10 (conçue par le Special Technology Center, sanctionné par les États-Unis et l’UE). Les besoins opérationnels liés à l’Ukraine (reconnaissance, acquisition d’objectifs, guerre électronique) créent une demande de composants, de logiciels et de méthodes de production où les laboratoires chinois sont compétents. Ce continuum recherche-industrie alimente des gains incrémentaux : gestion du spectre, liaisons de données redondantes, intégration de désignateurs laser, et résistance aux brouillages.

Le moteur d’avion : un échange d’intérêts très concret

Côté chinois, l’axe critique reste la propulsion. Malgré les progrès du WS-10 et l’arrivée du WS-15 sur J-20 (vols d’essais et montée en cadence annoncée depuis 2023), la fiabilité à très long terme et la tenue matériaux sous températures extrêmes demeurent des points durs. La Russie conserve ici un avantage historique (familles AL-31/AL-41), fruit de décennies d’ingénierie et de retour d’expérience. Pour Pékin, coopérer avec MAI, Bauman ou d’autres pôles russes sécurise des briques de savoir-faire appliquées : géométries d’aubes et aubes creuses, refroidissement transpirant, segmentations de joints, roulements à grande vitesse, et protocoles d’essais endurants. Pour Moscou, l’intérêt est symétrique : matériaux, simulation numérique avancée, fabrication additive, et méthodes d’optimisation issues de l’écosystème chinois peuvent compenser le tarissement de composants occidentaux. Le résultat est un contournement technologique : pas d’export direct d’un turbofan sous sanctions, mais un continuum de résultats académiques et de talents qui raccourcit les cycles de maturation.

Sur le plan opérationnel, l’équation est simple : un moteur plus chaud et plus endurant augmente la poussée spécifique, réduit la masse carburant pour un même rayon d’action et libère des marges électriques et thermiques pour capteurs et armements. C’est précisément la zone d’interdépendance : les warfighters russes veulent tenir le tempo en Ukraine et moderniser leur flotte ; les industriels chinois visent la performance sur chasseurs et UCAV lourds à horizon 5–10 ans.

Les chiffres : commerce, co-publications et capacités de formation

Le commerce bilatéral a culminé à ~240 Md$ en 2023 et ~244,8 Md$ en 2024 (≈ 228 Md€), reflet d’une reconfiguration des chaînes d’approvisionnement (énergie vers la Chine, biens industriels vers la Russie). Dans le même temps, la part des articles russes co-publiés avec des auteurs basés en Chine a dépassé les co-publications avec l’Allemagne et les États-Unis, même si le volume total plafonne : la dépendance scientifique russe se déplace vers l’Est. Sur les 68 universités de défense chinoises, l’ASPI observe une intensification systémique des liens avec la Russie depuis 2019, en particulier dans l’aérospatial, la robotique et les technologies à double usage. Sur la formation, l’infrastructure est déjà là : l’institut conjoint HIT–Bauman accueille 59 étudiants de premier cycle (double cursus Russie/Chine) et un nouveau centre scientifique avec St. Petersburg State University forme plus de 1 500 étudiants chinois et russes. Ces ordres de grandeur montrent que la coopération ne repose pas sur des signatures de salons : elle produit des cohortes d’ingénieurs, des thèses co-encadrées et des bases de données expérimentales partagées.

Les réponses occidentales : sanctions, listes et hygiène académique

L’approche occidentale combine sanctions sectorielles, contrôles à l’export (EAR) et listes d’entités : le HIT a été placé sur la liste BIS dès 2020 ; des révisions récentes (2025) durcissent encore les entrées, et des vagues de sanctions ciblent les réseaux d’évasion (dont ceux liés au Special Technology Center, acteur clé de l’Orlan-10). Côté universités, on voit émerger des politiques de « due diligence » : traçabilité des projets, cartographie des co-auteurs, stop-list sur les sujets sensibles (guidage, propulsion, crypto-GNSS, etc.). En Europe, des enquêtes sur des coopérations « sensibles » (ex. essaims de drones avec des membres des Seven Sons) ont conduit à reconfigurer ou suspendre des projets. Soyons francs : sans gouvernance robuste des collaborations académiques et des financements, sanctions et contrôles restent poreux, car l’objet sanctionné (un composant) n’est pas l’objet qui circule (la connaissance).

Les conséquences pour l’Europe et l’industrie : prioriser le risque et choisir ses batailles

Pour les industriels européens de l’aérospatial et leurs partenaires académiques, trois implications :

  1. Priorisation du risque : cartographier finement sujets, laboratoires et co-tutelles connectés aux Seven Sons of National Defense, et cesser les projets où le transfert est non-contrôlable (code source, algorithmes d’optimisation, data d’essais).
  2. Réalisme technologique : comprendre que les partenariats sino-russes ne visent pas uniquement des résultats de court terme en Ukraine ; ils cherchent à combler des lacunes structurelles (propulsion) et à capitaliser des forces (navigation, capteurs, essaims) sur 5–10 ans.
  3. Protection des talents : éviter que des thésards et postdocs financés en Europe alimentent, parfois malgré eux, des lignes de produit duales. Cela suppose des clauses de contrôle de publication, des évaluations éthiques techniques et, oui, la possibilité d’un « non » assumé par les universités lorsqu’un projet coche trop de cases rouges. Enfin, l’UE doit traiter la donnée expérimentale comme un actif stratégique : le « papier » ne dit pas tout, mais des corpus de mesures, modèles et scripts suffisent à accélérer la R&D des deux côtés de l’Oural. C’est la zone où l’Europe peut encore être ferme, sans posture morale inutile : définir des lignes rouges opérationnelles, pas des slogans.

Le blindé Serval dédié à la guerre électronique a été qualifié par la Direction générale de l’armement

par Laurent Lagneau · 19 septembre 2025

En février 2021, la Direction générale de l’armement fit savoir qu’elle avait notifié un contrat de 160 millions d’euros à Thales et Airbus pour mener à bien le programme à effet majeur [PEM] « ROEM Tactique », censé renouveler et renforcer les capacités des trois armées [Terre, Marine, Air] à collecter et à exploiter des renseignements d’origine électromagnétique [ROEM] grâce à un système commun.

Ce PEM « a pour objectif de fournir aux trois armées un système homogène, utilisant le maximum de briques communes, en vue de garantir la continuité opérationnelle et l’exploitation interarmées des informations recueillies », avait expliqué la DGA.

Et d’ajouter que le système interarmées ROEM tactique allait être « constitué d’une gamme de capteurs combinables sous forme de modules, adaptés aux besoins des théâtres d’opérations et au milieu de projection requis, qu’il soit terrestre, naval, ou aérien. »

Fort de son expérience accumulée avec les programmes COHORTE [le système ROEM tactique de l’armée de Terre, ndlr], MINREM [Moyen Interarmées Navalisé de Renseignement d’origine Electro Magnétique], ARCHANGE [Avion de Renseignement à CHArge utile de Nouvelle GEnération] et CLOVIS [Capacité de LOcalisation à Vocation Interministérielle et Stratégique], Thales précisa que ce « nouveau système d’écoute et de localisation des communications adverses » allait « apporter une assistance à la manœuvre sur le théâtre d’opérations, contribuant ainsi à la sécurité de nos forces ».

Un peu plus de quatre ans plus tard, la DGA a qualifié la première version de ce système ROEM tactique, installé à bord d’un Véhicule blindé multirôles léger [VBMR-L] Serval. C’est en effet ce qu’elle a annoncé, via un communiqué publié le 18 septembre.

« Cette qualification permettra de disposer d’une première capacité de Serval GE [Guerre Électronique] », a-t-elle souligné. Les premiers véhicules de ce type seront livrés d’ici quelques semaines au 54e Régiment de Transmissions [RT] de l’armée de Terre qui, selon sa devise, « n’affirme rien qu’il ne prouve ».

Implanté à Haguenau [Alsace], le 54e RT a la mission de fournir un appui électronique tactique à l’ensemble des unités de l’armée de Terre, de collecter du renseignement d’origine électromagnétique, de défendre « ses propres moyens radio » et d’attaquer les réseaux de communication ennemis. Il aura l’occasion de mettre ses nouveaux Serval GE à l’épreuve lors de l’exercice « Small Joint Operations », qui se tiendra en fin d’année.

Selon la DGA, ce système ROEM Tactique dispose de moyens « adaptés aux nouvelles technologies de communication mises en œuvre par l’adversaire », ce qui permet « d’identifier et d’exploiter l’usage par l’adversaire de ses équipements électromagnétiques, comme les radios, dans le but d’acquérir du renseignement sur lui ».

Par la suite, le ROEM Tactique sera installé à bord des frégates de premier rang et des avions de patrouille maritime Atlantique 2 de la Marine nationale. En outre, il sera également utilisé sous « forme d’équipements terrestres projetables” pour assurer la protection des bases de l’armée de l’Air & de l’Espace.

Lituanie : un réseau soutenu par la Russie inculpé pour des explosions de colis DHL et DPD en Europe

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Zapad 2025 : ce détail inattendu qui choque sur la présence américaine aux manœuvres russes

Les exercices militaires Zapad 2025 révèlent un rapprochement inattendu entre les États-Unis et la Biélorussie.

Jean-Marc

Publié le 19 septembre 2025

Zapad 2025 : ce détail inattendu qui choque sur la présence américaine aux manœuvres russes 

Les exercices militaires conjoints Zapad 2025, organisés par la Russie et la Biélorussie, font le tour du monde. Du 12 au 16 septembre en Biélorussie, on y voit défiler pas moins de 100 000 soldats. Toutefois, le point de mire reste la présence d’officiers américains parmi les observateurs, surtout dans un climat où la guerre en Ukraine continue de faire rage.

Une participation américaine pour le moins étonnante

La venue d’observateurs américains – deux officiers de l’armée de l’air et deux attachés de défense – a bien fait réagir. Ils ont été reçus comme des « invités » par Viktor Khrenin, le ministre biélorusse de la Défense. Cette initiative s’inscrit dans un rapprochement entre les États-Unis, sous l’administration Trump, et la Biélorussie. D’autres pays membres de l’OTAN, dont la Turquie et la Hongrie, ont également envoyé des observateurs pour suivre ces exercices.

Certains experts jugent cette démarche comme une bourde politique. Guillaume Ancel pense que cette décision pourrait servir aux médias russes à justifier leur position face à l’Occident. Natasha Lindstaedt ajoute : « C’est une image assez surprenante qui confirme que Donald Trump n’a aucun problème à associer l’Amérique à des régimes autoritaires ou dictatoriaux comme la Biélorussie. »

Un rapprochement diplomatique et des retombées économiques

Le rapprochement entre Washington et Minsk se traduit par des discussions pour lever partiellement les sanctions américaines contre Belavia, la compagnie aérienne biélorusse. On évoque aussi la réouverture de l’ambassade américaine en Biélorussie. Pour Alexandre Loukachenko, le président biélorusse, être pris au sérieux par Washington a une belle valeur symbolique.

Néanmoins, cette évolution soulève des critiques. L’opposition biélorusse redoute que l’assouplissement des sanctions, sans véritables réformes politiques, ne permette à Minsk et Moscou de contourner les restrictions commerciales imposées à la Russie, et que le soutien militaire américain ne soit renforcé.

Le rôle stratégique de la Biélorussie dans le conflit ukrainien

Dans la tourmente du conflit ukrainien, la Biélorussie se trouve dans une position délicate, avec des implications significatives pour la sécurité régionale. Officiellement non engagée dans les combats, le pays abrite en réalité des troupes russes et sert de tremplin pour lancer des drones et des missiles vers l’Ukraine. Dans les négociations entre Donald Trump et Vladimir Poutine, Loukachenko pourrait bien jouer le rôle d’intermédiaire important.

Cependant, malgré cette implication indirecte, Guillaume Ancel estime que les risques de voir s’ouvrir un nouveau front restent limités. Il précise qu’une attaque contre des voisins comme la Lituanie ou la Pologne entraînerait sans doute une riposte massive de l’OTAN.

Un geste symbolique, mais pas la solution miracle

Sur le plan intérieur, Alexandre Loukachenko a annoncé la libération de 52 prisonniers politiques parmi plus de 1200 détenus en Biélorussie. En comparaison, la Russie recense environ 2000 prisonniers politiques pour une population bien plus nombreuse. Ekaterina Pierson-Lyzhina souligne : « Pour un pays de 9 millions d’habitants, c’est un nombre vraiment élevé. » Cette mesure semble davantage relever d’un geste symbolique qu’un véritable changement politique.

La France prend de vitesse ses concurrents en liant sa technologie sous-marine à l’industrie polonaise pour sécuriser la mer Baltique

Publié le 19/09/2025

• Said LARIBI

Le chantier Naval Group avance ses pions dans le dossier Orka, le futur programme de sous-marins polonais. Lors du salon MSPO 2025, un accord industriel a été signé avec les …

Le chantier Naval Group avance ses pions dans le dossier Orka, le futur programme de sous-marins polonais. Lors du salon MSPO 2025, un accord industriel a été signé avec les chantiers navals PGZ, posant les bases d’un partenariat franco-polonais solide.

Ce rapprochement va bien au-delà d’un simple contrat : il prévoit la construction partielle en Pologne, la formation de techniciens locaux et une coopération durable entre les deux pays.
Si la Pologne choisit les Scorpène, elle ne recevra pas seulement des sous-marins, mais aussi les moyens de les produire et de les entretenir elle-même.

Une coopération qui se construit dans la durée

Le partenariat signé à Kielce prévoit une intégration progressive de la Pologne dans la chaîne industrielle de Naval Group. L’idée : produire sur place des parties du sous-marin, créer une capacité nationale d’entretien, et former des ouvriers et ingénieurs capables de maintenir les Scorpène sur plusieurs décennies. C’est une logique de souveraineté, qui séduit de plus en plus de pays alliés.

Un sous-marin pensé pour les mers peu profondes

Le Scorpène est un sous-marin d’attaque compact, taillé pour des environnements comme la mer Baltique : peu profonds, bruyants, saturés de trafic. Long de 70 mètres, il déplace environ 2 000 tonnes. Il peut rester immergé plusieurs jours grâce à une propulsion AIP fonctionnant avec des piles à combustible silencieuses. Son architecture modulaire permet d’adapter la production à différents chantiers navals.

Une arme multi-missions

Avec ses torpilles lourdes F21, ses missiles Exocet SM39 encapsulés et son système de combat SUBTICS, le Scorpène est capable de frapper en toute discrétion. Il peut aussi poser des mines ou insérer des commandos. Grâce à ses mâts optroniques non pénétrants et son sonar avancé, il reste difficile à repérer. C’est un outil polyvalent pour interdire l’accès à une zone ou surveiller un point sensible.Missile anti-navire Exocet MM38 / AM39 / SM39 / MM40

Une plateforme déjà éprouvée à l’export

Ce sous-marin est déjà en service en Inde, au Brésil, au Chili et bientôt en Indonésie. Cela garantit une chaîne d’approvisionnement robuste, une expérience d’exploitation avérée et une évolution technologique continue. En proposant à la Pologne d’entrer dans ce cercle, Naval Group veut bâtir une alliance industrielle sur le long terme.

Une réponse aux menaces sous-marines russes

La Pologne fait face à une équation simple : ses sous-marins actuels sont en fin de vie, et la Russie multiplie ses patrouilles dans la région. Kaliningrad n’est qu’à quelques centaines de kilomètres, et les fonds marins baltes abritent des infrastructures critiques : câbles, pipelines, réseaux. Le besoin d’une présence furtive et autonome sous l’eau devient stratégique.

Une vitrine pour l’industrie polonaise

Le chantier naval PGZ Stocznia Wojenna est en pleine modernisation. Ce partenariat permettrait de transférer des compétences dans l’assemblage de coques, l’électronique embarquée, les revêtements acoustiques. C’est aussi l’occasion de relocaliser une partie de la valeur ajoutée, au lieu de dépendre exclusivement des fournisseurs étrangers.

Une décision qui pourrait faire école en Europe

En signant cet accord avant même la sélection officielle du contrat Orka, Naval Group prend de l’avance. Cela envoie un signal fort : la France est prête à s’engager durablement, au-delà d’une simple vente d’armes. Si Varsovie opte pour le Scorpène, elle pourra déployer ses premiers sous-marins plus vite, avec un écosystème local déjà opérationnel.

Le gouvernement en voie d’enterrer le service national universel

Publié le 19 septembre 2025 à 21:36

 AFP

Des jeunes du Service National Universel (SNU) à la base aérienne 116 de Luxeuil-Saint Sauveur, le 24 juin 2019 en Haute-Saône  –  SEBASTIEN BOZON – Saint-Sauveur (AFP)

Paris – «Mise en extinction »: l’exécutif semble en voie d’enterrer le service national universel (SNU), un projet cher à Emmanuel Macron qui a connu beaucoup de vicissitudes et pourrait être remplacé par un service militaire «volontaire».

Au détour d’un communiqué publié vendredi, le Premier ministre Sébastien Lecornu, resté ministre démissionnaire des Armées, a annoncé la suppression de plusieurs structures, dont la délégation générale en charge du SNU le 1er janvier prochain, du fait de la «mise en extinction» du dispositif et de la «création prochaine du service militaire volontaire».

Sauf que la suppression du SNU en soi, un dispositif promis par le candidat Emmanuel Macron en 2017, n’a jamais été officiellement annoncée.

Le président de la République avait annoncé en mars «une grande refonte» du SNU et dit en juillet qu’il voulait «donner à la jeunesse un nouveau cadre pour servir, selon d’autres modalités, au sein de nos armées», promettant des annonces « à l’automne».

Un service militaire volontaire était alors envisagé, sans être acté. La France a suspendu la conscription en 1997.

Destiné aux jeunes âgés de 15 à 17 ans, le SNU comporte une «mission d’intérêt général» et un «séjour de cohésion» comprenant des activités sportives, culturelles et intellectuelles, avec des journées qui débutent par la «levée des couleurs» (drapeau et hymne national) et le port de l’uniforme.

«Parcours d’engagement»

Depuis mars 2024, ce dispositif d’engagement citoyen est aussi intégré au temps scolaire, avec un stage de douze jours pour les élèves en classe de seconde, volontaires.

La promesse initiale du candidat d’En Marche était d’instaurer un «service national» obligatoire d’une durée d’un mois pour les jeunes âgés de 18 à 21 ans, encadré par les armées et la gendarmerie nationale.

Le SNU va désormais être transformé en «parcours d’engagement» piloté par la Direction de la jeunesse, de l’éducation populaire et de la vie associative (DJEPVA), qui dépend du ministère des Sports, a précisé à l’AFP Matignon, sans plus de détails.

Lancé en 2019, avec des crédits depuis rabotés, le SNU n’a jamais trouvé son rythme de croisière.

«On a tous fait le constat que c’était extrêmement cher et à la fin on ne sait pas tellement à quoi ça a servi. Et ça ne répond pas aux besoins du ministère des Armées en termes opérationnels», résume une ministre.

La piste de sa généralisation pour la rentrée 2026, lancée par le Premier ministre Gabriel Attal (9 janvier – 5 septembre 2024) et qui s’était heurtée à de vives résistances, a été abandonnée.

L’objectif était d’attirer 66.000 volontaires en 2025 (après 80.000 en 2024), mais seuls 35.700 jeunes s’étaient inscrits à l’automne 2024. Et les crédits alloués par le gouvernement étaient passés à l’époque de 130 à 80 millions d’euros.

Depuis, la dissolution, l’absence de majorité à l’Assemblée nationale et les coups de rabots budgétaires semblent avoir sonné le glas de cette «ambition» promise par le chef de l’État.

– «Coût significatif» –

La Cour des comptes avait dressé en outre, il y a un an, un bilan sévère du SNU, critiquant des objectifs «incertains», un coût «largement sous-estimé», et des «difficultés de déploiement».

Dans un document annexe au rapport de la juridiction, le ministère des Armées lui-même admettait «la nécessité de clarifier» les objectifs du SNU «et de créer les conditions d’un pilotage» qui soit «adapté à l’ambition gouvernementale retenue».

Mercredi, la commission des Affaires culturelles et de l’éducation de l’Assemblée nationale a examiné un rapport de deux députés de l’opposition (Idir Boumertit pour LFI et Maxime Michelet pour l’UDR) sur les «conditions d’accueil et d’encadrement» des séjours de cohésion du SNU, qui préconise la «suppression» du dispositif.

«Cinq années après une mise en place pour le moins chaotique, où la communication ministérielle a primé sur le fond, force est de constater que le SNU (…) demeure un dispositif expérimental, en évolution constante, dont la généralisation reste un leurre», estiment les rapporteurs, qui pointent des objectifs «pas (…) atteints» et un «coût financier significatif».

FDI : où en est le programme des frégates grecques ?

Par Vincent Groizeleau – 19/09/2025

 Vincent Groizeleau

La frégate Kimon, première FDI grecque, en cale sèche au chantier Naval Group de Lorient le 15 septembre.

Alors que le processus en vue de l’acquisition, par la Grèce, d’une quatrième frégate de défense et d’intervention (FDI) a franchi cette semaine une étape supplémentaire, la construction des trois premières unités, commandées en 2022, se poursuit activement au chantier Naval Group de Lorient, où Mer et Marine a fait le point sur le volet grec du programme FDI.

La commande d’une quatrième FDI pour la marine hellénique se rapproche. Si le gouvernement d’Athènes affirme depuis des mois sa volonté de faire construire cette unité supplémentaire, le processus d’acquisition est assez long en Grèce et implique d’obtenir le feu vert du parlement. Une nouvelle étape a été franchie le mercredi 17 septembre, le projet étant validé par le Conseil gouvernemental pour la sécurité nationale (KYSEA) présidé par le premier ministre Kyriakos Mitsotakis. Dans la foulée, le ministre grec de la Défense, Nikos Dendias, a déposé le texte relatif à l’achat d’une quatrième FDI à la Commission de la défense du parlement, qui va l’examiner et doit le valider.

L’Armée de terre allemande se prépare à changer de catégorie

Par Fabrice Wolf

19 septembre 2025

Le VCI Puma de la BundesWehr

Depuis plus de trente ans, l’armée de terre allemande, naguère pivot du dispositif conventionnel de l’OTAN, semblait condamnée à un rôle secondaire, victime de la « paix des dividendes » et des arbitrages budgétaires de la réunification. Avec à peine 62 000 hommes en 2025, Das Heer paraissait bien loin de l’époque où elle alignait douze divisions mécanisées et près de 2 000 chars Leopard face au Pacte de Varsovie.

Pourtant, en quelques mois, le ton a changé. Sous la pression des menaces russes et des exigences de l’Alliance, Berlin s’est engagé sur une trajectoire qui pourrait transformer radicalement son armée de terre : passer de 62 000 à 150 000 soldats d’ici à 2035, créer de nouvelles brigades blindées et mécanisées, et reconstruire un outil conventionnel de premier plan.

Cette mutation, si elle est menée à son terme, ne serait pas un simple ajustement capacitaire : elle bouleverserait l’équilibre militaire en Europe. Car au-delà de la hausse budgétaire, déjà spectaculaire, c’est bien une dynamique politique et industrielle inédite qui s’esquisse en Allemagne. Dès lors, une question centrale se pose : l’Europe est-elle prête à accepter et à encadrer le retour de la Bundeswehr comme première puissance terrestre du continent, et la France, en particulier, saura-t-elle définir sa place dans ce nouvel équilibre ?

Sommaire

  1. Das Heer, l’Armée de terre allemande, aujourd’hui
  2. Passer de 62 000 à 150 000 hommes d’ici à 2035 : l’incroyable transformation demandée par l’OTAN à Berlin
    1. Deux nouvelles brigades de reconnaissance et de combat en préparation
    2. Quelles options pour relever le défi des ressources humaines ?
  3. La plus puissante force terrestre et la plus puissante industrie de défense en Europe : politiques et industriels allemands engagés dans un objectif commun
  4. Et pour Paris : choisir l’asymétrie plutôt que la symétrie perdante
  5. Conclusion

Das Heer, l’Armée de terre allemande, aujourd’hui

Durant la guerre froide, l’Armée de terre ouest-allemande, Das Heer, était une composante centrale du dispositif défensif de l’OTAN. Celle-ci alignait, en effet, un très puissant corps mécanisé fort de 3 corps d’armées et de 12 divisions blindées ou mécanisées, avec notamment une flotte de près de 2000 chars de combat Leopard 1 puis 2, ainsi que plus de 2000 véhicules de combat d’infanterie Marder et une puissante artillerie de campagne.

En 1991, avec la réunification, l’Allemagne disposait d’une force armée représentant 680 000 militaires et conscrits, et près de 200 000 civils. Toutefois, pour faire face aux coûts de cette réunification, la Bundeswehr vit ses effectifs et ses moyens décroître très rapidement pour n’atteindre que 203 000 militaires en 2025, dont seulement 62 000 servent au sein de l’Armée de terre.Soldats de l’Armée de terre allemande à l’entrainement

Elle se compose aujourd’hui de 5 divisions : la 1ʳᵉ panzer division, basée à Oldenbourg, composée de deux brigades blindées (9ᵉ Panzerlehr et 21ᵉ Panzer) ainsi que d’une brigade mécanisée (41ᵉ Panzergrenadier), de la 10ᵉ panzer division de Veitshöchheim, avec deux brigades blindées (12ᵉ et 45ᵉ Panzer), d’une brigade d’infanterie mécanisée (37ᵉ Panzergrenadier), ainsi que de la brigade franco-allemande.

À cela s’ajoutent la Brigade des forces rapides, basée à Stadtallendorf, composée de la 1ʳᵉ brigade aéroportée, de la 23ᵉ brigade parachutiste, du commandement des forces spéciales et du commandement des hélicoptères, ainsi que de la Division de défense territoriale, dont le commandement est basé à Berlin, et qui se compose de 6 régiments d’infanterie territoriale. Le commandement divisionnaire de l’entraînement, enfin, est basé à Leipzig, et regroupe les 9 centres de formation et d’entraînement de Das Heer.

Les huit brigades de mêlée allemandes disposent d’un armement proportionnellement dense et moderne, avec 380 chars lourds Leopard 2 A6, A7 et bientôt A8, 360 véhicules de combat d’infanterie Puma, autant de VCI Marder en cours de remplacement par les Puma, plus de 400 transports de troupe blindés 8×8 Boxer en différentes configurations, plus de 800 APC Fuchs 6×6, 300 véhicules blindés de reconnaissance Wiesel, et plus d’un millier de blindés légers 4×4 Fennek, Dingo et autres.

L’artillerie allemande se compose de 134 canons automoteurs chenillés PzH2000 de 155 mm, d’une cinquantaine de mortiers autotractés ainsi que de 33 lance-roquettes multiples M270 portés au standard Mars II. Plus de 500 blindés et systèmes mobiles de génie, ainsi que plus de 10 000 camions et véhicules de transport logistiques complètent cet inventaire terrestre. Enfin, 82 hélicoptères de manœuvre NH90, 51 hélicoptères de combat Tigre et une vingtaine d’hélicoptères de soutien H135 complètent cet inventaire.

Comme en France, les effectifs de Das Heer sont aujourd’hui exclusivement professionnels, la conscription dans le pays ayant été annulée en 2011. Et comme c’est le cas dans la plupart des armées occidentales, elle peine aujourd’hui à maintenir ses effectifs, faisant simultanément face au vieillissement de ses personnels engendrant des départs programmés élevés, aux difficultés de recrutement et à la concurrence de la Deutsche Marine et de la Luftwaffe qui, elles aussi, entendent augmenter leurs effectifs dans les années à venir.

Passer de 62 000 à 150 000 hommes d’ici à 2035 : l’incroyable transformation demandée par l’OTAN à Berlin

Jusqu’à présent, le plan publiquement approuvé par les autorités allemandes visait à atteindre un effectif global de 260 000 militaires actifs d’ici à 2035, ce qui représente déjà un enjeu de taille en partant des 203 000 personnels en uniforme aujourd’hui, sachant qu’un mur RH se profile, alors que 30 % des effectifs devront quitter le service en limite d’âge dans les 5 ans à venir.En fait, il est super content !

Donald Trump veut remettre une Rangers sur le sol d’Afghanistan, à Bagram

19/09/2025 

Un Rangers du 75th Ranger Regiment, à Bagram, en juillet 2021, lors de l’ultime cérémonie des couleurs (U.S. Army photo by Sgt. Landon, Carter)

Selon CNN, depuis plusieurs mois déjà, Donald Trump harcèle ses conseillers pour qu’ils trouvent un moyen de reprendre le contrôle de la base aérienne afghane de Bagram. Début mai, Trump affirmait que la Chine « occupait » ce site construit par les Russes dans les années 1950, à 50 km au nord de la capitale afghane Kaboul. Transformée en gigantesque hub logistique pour les Américains et leurs alliés entre 2001 et 2021, la base a été évacuée le 1er juillet 2021 et est repassée sous le contrôle des talibans à partir du 1er août suivant, le jour même de la chute de Kaboul.

Jeudi, lors de sa visite d’État au Royaume-Uni et contre toute attente, le président américain a remis le dossier sur la table. « Nous leur avons donné gratuitement. Nous essayons de le récupérer, d’ailleurs », a déclaré, un rien sibyllin, le toujours surprenant Trump qui a bien insisté : « Nous voulons cette base ».

Bagram, à 2000 km de la Chine
Pourquoi reprendre le contrôle de cette base désormais en partie à l’abandon du fait de la décrépitude de l’armée de l’Air afghane ? Trump a suggéré deux raisons. D’abord, « nous essayons de la récupérer parce qu’ils ont besoin de certaines choses de notre part », a-t-il lancé en faisant référence aux talibans et à un possible troc avec le régime local sous sanctions et bien démuni.

Puis Donald Trump de poursuivre : « L’une des raisons pour lesquelles nous la voulons, c’est que, comme vous le savez, elle se trouve à une heure de l’endroit où la Chine fabrique ses armes nucléaires ». Une affirmation qui mérite deux précisions. Premièrement, une heure de vol bien sûr pour les avions et les missiles de l’US Air Force en cas d’affrontement armé avec Pékin dont l’influence est croissante en Afghanistan. Deuxièmement, la « fabrique d’armes nucléaires » la plus proche serait localisée à Lop Nur dans la province du Xinjiang, à 2000 km de Bagram ; mais il s’agit d’un des sites d’essais nucléaires chinois.Un Predator de retour à Bagram après un vol dans le cadre de l’opération Enduring Freedom (U.S. Air Force/Master Sgt. Demetrius Lester).

Certes la base de Bagram est commodément localisée aux portes de la Chine mais elle est d’autant plus vulnérable à des frappes de l’Armée populaire (APL). C’est ce qu’assurait, le 17 septembre, le général américain David A. Harris, numéro 2 de l’Air Force Futures : « L’armée de l’Air ne peut plus compter sur des bases aériennes de type Bagram comme sanctuaires, en raison des capacités d’interdiction d’accès et de déni de zone développées par la Chine et d’autres pays. Pour dissuader et vaincre ses adversaires, l’armée de l’Air doit désormais se concentrer sur l’agilité, l’adaptabilité et des opérations avec une empreinte plus réduite dans des environnements austères ». Pour résumer : « oui » à l’agilité expéditionnaire, « non » aux emprises permanentes vulnérables !

Kaboul dit « gher » (non, en pachto)
Plus que les critiques de l’institution militaire américaine, c’est bien plutôt le refus du régime afghan qui risque de faire capoter la dernière lubie de Trump. « L’Afghanistan et les États-Unis doivent prendre contact l’un avec l’autre […] sans que les États-Unis maintiennent une quelconque présence en Afghanistan », a écrit sur X Zakir Jalal, un responsable du ministère afghan des Affaires étrangères. Les deux pays pourraient établir des relations économiques et politiques sur la base du respect mutuel et d’intérêts communs, a-t-il ajouté.

En tout cas, « pendant toute leur histoire, les Afghans n’ont jamais accepté une quelconque présence militaire étrangère sur leur sol », a poursuivi Jalal.

En mai, le régime de Kaboul avait déjà réfuté les affirmations de Trump quant à la présence chinoise sur la fameuse base.

La Pologne confirme sa volonté de commander de nouveaux sous-marins d’ici la fin de l’année

Par Vincent Groizeleau – 19/09/2025

© Naval Group

Naval Group est en compétition en Pologne avec la dernière version du Scorpène.

Le premier ministre Donald Tusk a confirmé cette semaine que le programme Orka, visant à doter la flotte polonaise d’une flotte de nouveaux sous-marins, serait lancé d’ici la fin de cette année. Une grosse demi-douzaine d’industriels internationaux sont en compétition, dont le Français Naval Group avec la dernière version de la famille Scorpène.

Après des années d’attente, la Pologne devrait enfin, très prochainement, lancer du programme Orka de renouvellement de sa flotte sous-marine, qui ne compte plus aujourd’hui qu’une unité opérationnelle. « Nous adopterons une résolution nous engageant à acheter des sous-marins d’ici la fin de l’année. 

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