INFOS MILITAIRES 4 et 6 septembre 2025

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Nucléaire iranien : les stocks d’uranium enrichi à 60 % progressent, selon l’AIEA

Le programme nucléaire iranien continue d’avancer selon les dernières données de l’AIEA. Même si l’impact des frappes sur les sites du pays reste difficile à évaluer.

par Cédric Bonnefoy

D’après un rapport confidentiel de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), le programme nucléaire iranien possède de plus en plus de stocks d’uranium enrichi à 60 %. Attention : les données disponibles s’arrêtent au 13 juin 2025, date des premiers bombardements israéliens sur les sites du pays.

Le programme nucléaire iranien ne cesse d’avancer, selon l’AIEA

Début septembre 2025, l’Agence internationale de l’énergie atomique confirme que Téhéran poursuit un enrichissement massif de son uranium à 60 %, un seuil technique qui rapproche le pays d’un usage militaire de la matière fissile. L’avertissement survient alors que les inspections restent limitées depuis les frappes israéliennes et américaines de juin 2025.
Selon les données de l’AIEA, les réserves iraniennes d’uranium enrichi à 60 % sont passées de 274,8 kg en février à 408,6 kg en mai, avant d’atteindre 440,9 kg mi-juin 2025. Cette accumulation rapide témoigne d’une stratégie d’accélération qui inquiète directement la communauté internationale.

Les experts soulignent que 60 % constitue un palier critique. Le passage au niveau de 90 %, nécessaire pour un usage militaire, ne représente plus qu’une étape technique relativement rapide. L’AIEA a d’ailleurs estimé que le stock détenu en juin équivaut, s’il était porté à 90 %, à la matière nécessaire pour la fabrication d’une dizaine d’ogives nucléaires.

Un programme civil aux contours militaires

L’argument officiel de Téhéran reste inchangé : l’enrichissement servirait à des usages civils, notamment la recherche médicale. Mais pour les inspecteurs, cette justification ne suffit plus. En effet, la densité de matière fissile dépasse largement les besoins énergétiques ou médicaux, laissant penser à un objectif militaire implicite.
Le directeur général de l’AIEA, Rafael Grossi, a exhorté l’Iran à accepter rapidement la reprise des inspections. Il a rappelé que « les négociations ne peuvent pas durer indéfiniment ». Or, depuis les frappes israéliennes et américaines, l’accès de l’agence aux sites de Fordow et Natanz reste fortement restreint, empêchant toute vérification complète.

L’Iran face à la pression internationale

Face à cette progression, les Européens ont réactivé le mécanisme de « snapback » des sanctions à l’ONU. Cette procédure permet de rétablir les mesures punitives levées après l’accord de Vienne de 2015. Pour Paris, Londres et Berlin, la poursuite d’un enrichissement à 60 % constitue une violation manifeste de l’esprit de l’accord.
Parallèlement, des instituts spécialisés comme l’ISIS estiment que l’Iran pourrait transformer son stock en uranium militaire en quelques semaines. Selon leurs calculs, le pays serait en mesure de produire jusqu’à 11 charges nucléaires en un mois et plus de 20 en cinq mois, si ses capacités de conversion restaient intactes. Une perspective qui nourrit les tensions régionales et ravive la crainte d’une prolifération nucléaire au Moyen-Orient.

 

Le ministère des Armées a lancé le développement de SYDERAL, une arme laser de très forte puissance

par Laurent Lagneau 

La spectaculaire parade militaire qui s’est tenue le 3 septembre, à Pékin, pour marquer le 80e anniversaire de « la victoire de le Guerre de résistance du peuple chinois contre l’agression japonaise » a été l’occasion pour l’Armée populaire de libération [APL] de faire étalage de sa puissance en dévoilant de nombreux nouveaux blindés, missiles et drones.

Parmi ceux-ci, le missile balistique stratégique intercontinental DF-5C a notamment retenu l’attention des observateurs, avec sa portée de 20 000 km, ce qui lui permettrait de frapper un objectif « n’importe où sur la terre », selon le quotidien Global Times, associé au Parti communiste chinois. Même chose pour le HQ-29, décrit comme étant capable d’intercepter une cible évoluant à 500 km d’altitude, et donc les satellites placés en orbite basse.

L’APL a également dévoilé trois nouveaux missiles antinavires hypersoniques [les YJ-17, YJ-19 et YJ-20], les missiles à capacité nucléaire JL-1 [aéroporté], JL-3 [pour les sous-marins], DF-61 et DF-31BJ, les drones sous-marins de type XLUUV [eXtra Large Uncrewed Undersea Vehicle] AJX002 et le HSU100, des drones aériens de combat [GJ-11 Sharp Sword et deux autres modèles, de type « ailier fidèle » inconnus], les chars Type 99B et 100, des blindés dédiés aux opérations amphibies ainsi que des armes à énergie dirigées, dont le système LY-1, présenté comme étant le « canon laser le plus plus puissant du monde », sans plus de précision.

Cela étant, la Chine n’est évidemment pas la seule à développer des armes à énergie dirigée. Ainsi, fin 2024, la marine américaine a testé avec succès, depuis le « destroyer » USS Preble, le système laser HELIOS [High Energy Laser and Integrated Optical Dazzler and Surveillance] contre une cible simulant un missile de croisière.

Au Royaume-Uni, la Royal Navy a fait connaître son intention d’équiper ses frégates avec l’arme laser « DragonFire », qui, d’une puissance de 50 kW, est en mesure d’abattre des drones à « plusieurs kilomètres » de distance. Plus récemment, les forces israéliennes ont recours à une telle technologie pour abattre des drones du Hezbollah, après avoir dévoilé le système Iron Beam, d’une puissance de 100 kW.

La France n’est pas en reste. En juin 2023, la Frégate de défense aérienne [FDA] Forbin a testé le système HELMA-P, développé par CILAS dans le cadre du marché L2AD [Laser de lutte anti-drones]. À l’époque, le ministère des Armées avait indiqué que le succès de cet essai allait ouvrir la voie « à une poursuite du développement du prototype en vue de son intégration, à terme, aux bâtiments de la Marine ». Par la suite, ce dispositif a été déployé à l’occasion des Jeux olympiques de Paris.

Mais il est question d’aller plus loin. En effet, ce 4 septembre, la Direction générale de l’armement [DGA] a annoncé qu’elle venait de notifier à un consortium formé par MBDA, Safran Electronics and Defense et CILAS la commande d’un « démonstrateur de laser de forte puissance destiné à la lutte antidrone ».

Ce contrat vise à développer à un démonstrateur d’un système d’arme laser qui, appelé SYDERAL [Système Laser de Défense de Nouvelle Génération], aura une puissance de plusieurs dizaines de kilowatts et qui bénéficiera de « technologies innovantes permettant de combiner et de concentrer l’énergie laser pour neutraliser notamment les drones tactiques avec une efficacité maximale ».

Selon la DGA, devant être conçu sur la « base d’une architecture évolutive et modulaire » tout étant « relativement compact au regard de la puissance visée », SYDERAL « permettra d’évaluer l’efficacité de l’arme laser pour la neutralisation de drones tactiques, de roquettes, d’obus de mortier et de munitions téléopérées, en vue d’équiper les forces armées à l’horizon 2030 ».

Le consortium retenu pour ce projet « apportera une expertise de haut niveau sur les technologies complexes nécessaires » à sa réalisation, en particulier dans les domaines de la « combinaison de faisceaux laser, du suivi vidéo automatique de haute précision et de l’optique adaptative ».

Ce projet a déjà fait l’objet d’un premier contrat, notifié en 2024 à Lumibird et à CILAS. D’un montant de 10 millions d’euros, il prévoyait le développement d’une « filière de sources laser ayant des caractéristiques permettant d’en combiner un grand nombre, en vue d’obtenir une très forte puissance »… Ce qui est l’objectif final de SYDERAL, celui-ci devant être en mesure de « faire face à des menaces plus complexes comme les missiles », a conclu la DGA.

Pour rappel, une arme laser possède au moins deux avantages : elle est précise et son coût d’utilisation est très faible par rapport à celui d’un missile surface-air. En revanche, leur efficacité dépend de plusieurs facteurs, à commencer par les conditions météorologiques.

 

Le courant de l’Europe pour se procurer de l’artillerie à la roquette

par Tim Guest

Tirs d’essais de validation PULS de l’armée néerlandaise, juillet 2025. Plusieurs armées européennes de l’OTAN s’efforcent de construire leurs inventaires d’artilleries après des années de complaisance et face à de vieux dangers qui sont rentrés sur le continent. Pour y parvenir rapidement, des systèmes sont achetés dans l’ensemble de l’Alliance. (Ministère hollandaise de la Division de la défense)

Les systèmes d’artillerie à fusée ont été largement utilisés par les deux parties pendant la guerre russe en cours contre l’Ukraine. En conséquence, les Alliés européens/OTAN de Kiev investissent maintenant à grande échelle dans leurs propres inventaires d’artilleries de fusées à forte angle.

La dernière vague d’achats est due en partie au fait que divers utilisateurs ont fourni des lanceurs et des munitions à l’Ukraine au cours des dernières années, ce qui a entraîné une épuisement de divers stocks et ayant besoin d’être reconstitués. En outre, l’Europe a commencé à se rendre compte qu’elle doit moins dépendre des États-Unis pour leur sécurité future que de ses propres ressources, de ses équipements et de ses chaînes d’approvisionnement. En ce qui concerne l’artillerie à la roquette, la guerre en Ukraine a également souligné l’urgente nécessité pour les nations européennes, dont plusieurs sont des voisins russes immédiats, d’accroître leurs capacités de tir indirect de surface à surface à plus longue portée, de frappe de précision, de frappe de précision; l’artillerie de tube traditionnelle, aussi sophistiquée et de grande calibre que le canon soit-il, tout en restant d’une importance cruciale, ne répond tout simplement pas aux exigences à plus long terme du champ de bataille moderne.

À partir de cet aperçu, on peut citer les développements vers les solutions d’artillerie de roquettes et les capacités industrielles de l’Europe en Europe, ainsi que les achats à l’étranger de nouveaux systèmes de la part de plusieurs pays européens et de la Corée du Sud, et l’adoption continue de l’artillerie à la roquette depuis les États-Unis.

Cet article ne porte qu’un certain nombre des achats et des développements récents et en cours visant à renforcer les inventaires et les capacités de l’artillerie des fusées dans les États membres de l’Alliance européenne de l’OTAN. Un regard sur le rôle que la guerre en Ukraine a joué comme catalyseur de ces achats ouvre la voie.

La guerre en Ukraine a augmenté

De la machine M142 à moteur de fusée d’artillerie à haute mobilité (HIMARS) et du système de fusées à lancement multiple MHP (MLRS) de fabrication américaine, en passant par le RM-70 MLRS, et plus encore, les forces armées ukrainiennes, pour leur défense contre leurs envahisseurs russes, ont utilisé une variété de plates-formes d’artillerie de roquettes dans des bureaux à plus long terme, à environ 80 km, depuis les premiers mois après l’invasion initiale. Ils savaient qu’ils avaient besoin de tels systèmes et ont fait de nombreuses demandes à leur intention de la part de nations alliées. Et bien qu’elle n’ait pas été acquise, pour la plupart, par des canaux commerciaux typiques, il vaut la peine de savoir quels systèmes ont été fournis, en quels chiffres, et par qui, parce que beaucoup de ces pays donateurs se procurent maintenant de nouvelles plates-formes d’armes pour remplacer et renforcer leurs propres stocks.

L’une des sources de ces détails, l’Institut de Kiel pour l’économie mondiale, a conservé une trace de transferts/dons de matériel de gouvernement à gouvernement de 41 pays, qui ont fait des livraisons d’armes et d’une assistance à l’Ukraine depuis le début de la guerre, ou immédiatement avant. Dans le cas de l’artillerie à fusée, selon les données de l’institut Ukraine Support Tracker, les systèmes fournis entre fin janvier 2022 et le 30 mars 2025, sont résumés dans le tableau ci-dessous.

Tableau 1: Alimentation de l’artillerie à la roquette en Ukraine (janvier 2022 – mars 2025)
PaysÉquipementQuantité
République tchèqueRM-7012
FranceM270 MLRS4
AllemagneÉvolution MARS II/MLRS5
AllemagneM142 HIMARS3
ItalieM270 MLRS2
NorvègeM270 MLRS11
PologneBM-21 Grad30 dollars
Royaume-UniM270 MLRS6
États-UnisM142 HIMARS41
Note :
a) Données provenant du système de suivi du soutien de l’IFW de Kiel en Ukraine, à l’exception de la Pologne.
b) Les chiffres de la Pologne proviennent du Bureau du Président de la Pologne.

Les plates-formes HIMARS fournies par les États-Unis, par exemple, ont été demandées lors de discussions précoces entre l’Ukraine avec l’administration Biden, et ont été très efficaces pour engager et frapper des cibles à une distance allant jusqu’à 84 km à l’aide de roquettes guidées, de même que le M270 MLRS; les deux plates-formes ont pu utiliser une variante à tête unitaire du système de fusée-fusée à lancement multiple guidé de 227 mm (GMLRS) M31A1 (tête de guerre unitaire). Ceux-ci utilisent une combinaison de système mondial de navigation par satellite (GNSS) et de guidage de système de navigation inertiel (INS) pour l’attrait de cibles entre 15 et 84 km; ils sont conçus pour des frappes de précision sur des cibles ponctuelles utilisant une tête à fragmentation à haute explosivité (HE-FRAG), et peuvent être réglés pour des modes de mise à feu d’impact ou de mise à feu.

L’Ukraine était également à l’affût, très tôt, pour MLRS MLRS. En effet, l’annonce faite par le Royaume-Uni de porter six MLRS MLRS a été faite au début du mois de juin 2022, et a été une décision, comme l’a confirmé le Ministère britannique de la démocratie, a été étroitement coordonnée avec la décision des États-Unis d’offrir au HIMARS à roues à un seul gicleur. Le Royaume-Uni a déclaré à l’époque que les munitions M31A1 seraient également fournies à grande échelle avec les six plates-formes d’armes. Il a également confirmé que la décision de fournir ces M270 MLRS avait été prise par le ministre britannique de la défense de l’époque, Ben Wallace, à la suite de demandes spécifiques pour le système des forces ukrainiennes, qui avait déclaré qu’elles avaient besoin des armes de précision à plus long terme pour se défendre contre l’artillerie à la roquette lourde de la Russie, ce qu’ils avaient déjà vécu lors des engagements dévastateurs d’artillerie de contre-batterie dans l’est du Donbas en 2014. Avant l’envoi des six lanceurs du MLRS, les troupes ukrainiennes étaient formées à leur opération au Royaume-Uni à la Royal School of Artillery sur Salisbury Plain.

Parmi le nombre croissant de nouveaux ordres urgents pour l’artillerie à contre-froide à travers les membres européens de l’OTAN, les HIMARS convaincus et testés par les États-Unis, continue d’être une demande énorme. Toutefois, cette demande a réduit les délais d’approvisionnement, ce qui a permis à plusieurs pays de regarder ailleurs, de s’assurer qu’ils disposent d’un système d’artillerie de roquettes approprié, en place, aussi rapidement que possible. Ainsi, alors même que Lockheed Martin s’attaque à une demande accrue pour HIMARS en augmentant les taux de production annuels de lanceurs en 2025, selon l’Institut international d’études stratégiques (IISS), de 60 à 96 unités, (bien que Lockheed Martin ait récemment déclaré avoir « double » sa production, sans préciser le nombre final), ainsi que l’objectif de la société de « augmenter la capacité de production GMLRS à 14 000 par an en 2025 ». Il s’agit notamment de la LMR PULS d’Elbit, et de la Corée du Sud avec la LMR de Chunmoo K239 de Hanwha Aerospace.

Les pays baltes, la Scandinavie et l’Italie optent pour les systèmes américains

Les trois États baltes, l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie, ont choisi d’adopter HIMARS, ainsi que des fusées GMLRS pour renforcer leurs capacités de frappe profonde dans le cadre d’un projet conjoint de développement de la force. Cette collaboration avec la force conjointe a été formalisée à Riga, en Lettonie, en janvier 2024, lorsque les ministres de la défense des trois nations ont signé un accord d’intention mutuelle pour développer collectivement leurs nouvelles capacités HIMARS.

En ce qui concerne les achats, à la fin d’avril 2025, les Forces de défense estoniennes ont pris livraison de six nouveaux MLRS HIMARS, qui sont arrivées à la base aérienne d’Amari, après trois ans et demi, pour se procurer les systèmes et former les soldats pour les faire fonctionner. C’est l’une des acquisitions d’armes les plus importantes de l’Estonie et le directeur général du Centre estonien pour les investissements dans la défense (ECDI), Magnus-Valdemar Saar, a déclaré: «HIMARS est un projet de développement de force conjointe entre les trois États baltes… les mêmes systèmes seront bientôt livrés à nos voisins, la Lettonie et la Lituanie, représentant un grand pas de saut dans les capacités de défense de la région, permettant des effets de frappe rapides profondément en territoire ennemi.» Il a ajouté que si la coopération en matière d’achats de défense entre les États baltes était étroite, les programmes conjoints de cette ampleur, qui ont impliqué les États-Unis et Lockheed Martin, étaient rares. Le gestionnaire de catégorie stratégique (armaments) de l’ECDI, Ramil Lipp, a ajouté que le contrat original de décembre 2022, signé avec l’Agence américaine de coopération en matière de sécurité pour la défense (DSCA), comprend des fusées de diverses capacités de portée, ainsi que des communications, une formation, une logistique et un soutien complet du cycle de vie.

Avec l’arrivée des nouveaux systèmes, Hanno Pevkur, ministre estonien de la Défense, a déclaré que les États-Unis avaient financé l’approvisionnement et l’unité d’entraînement de la Victoire de l’armée américaine, déjà en poste dans le pays, avait déjà formé des troupes estoniennes pour utiliser HIMARS avant l’arrivée des nouveaux systèmes. Les premiers exercices de tir en direct et de division ont déjà eu lieu cet été, 2025. Le financement américain de l’IHADRES en Estonie s’inscrit dans un ensemble plus large d’aide à la sécurité destiné à renforcer les capacités défensives du flanc oriental de l’OTAN.

La Lettonie voisine, quant à elle, a signé son accord avec les États-Unis à la fin du mois de décembre 2023 pour acheter de la même manière six lanceurs HIMARS, ainsi que des munitions de divers types et des équipements auxiliaires. Sa décision d’acquérir le système est un résultat direct de l’utilisation du système en Ukraine, selon le ministère letton de la défense. Dans l’accord d’un montant de 179,8 millions de dollars, les missiles balistiques tactiques (ATACMS) des missiles balistiques tactiques (ATACMS) de l’armée font également partie de l’ensemble de mesures. Cette munition qui permettra aux capacités de la Lettonie de tirer profondément le feu arrière à environ 300 km. Le ministre letton de la défense, Andris Sprôds, a déclaré que l’acquisition sous-tendait le partenariat stratégique du pays avec les États-Unis, ainsi que l’aide au renforcement de la défense collective de l’OTAN. L’ambassadeur des États-Unis en Lettonie, Christopher Robinson, a ajouté que les nouveaux systèmes seraient cruciaux pour «ltérer l’agression» et envoyer un signal clair selon lequel «les États-Unis et la Lettonie se maintiendront dans leur engagement commun de défendre chaque centimètre carré du territoire de l’OTAN». La livraison des six systèmes et munitions devrait commencer en 2027, bien que les forces armées de Lettonie seront formées à leur utilisation avant la livraison. Il convient également de noter que le budget de la Lettonie pour la défense en 2025, 52,84 millions d’euros ont été alloués aux capacités indirectes d’aide au incendie, y compris pour les systèmes de fusées à longue portée.

C’est cependant la Lituanie, qui a été le premier État de la Baltique à s’inscrire à HIMARS, en décembre 2022. Cela fait suite au projet de novembre 2022 de l’acquisition potentielle par le département d’État américain, en tant que FMS potentiel. Ainsi que huit lanceurs avec des munitions réelles et factices, ainsi que différentes nacelles, y compris des gousses pour l’ATACMS, une formation complète, du matériel d’entretien et des services d’appui, et plus encore, ont été tous décrits au stade de novembre 2022. Cependant, le Ministère lituanien de la défense a également déclaré que l’accord de 495 millions de dollars prévoyait également l’intégration des systèmes et la connexion avec le système intégré de défense aérienne et antimissile de l’OTAN (NATINAMDS). Le ministre lituanien de la défense nationale, Arvydas Anusauskas, a déclaré à l’époque qu’avec ses alliés lettons et estoniens cherchant également à acquérir HIMARS, cela « conduirait incontestablement à la capacité de devenir un coup de pouce substantiel pour la défense non seulement de la Lituanie, mais de l’ensemble de la région ». Un mois plus tard, à la mi-décembre 2022, M. Anuauskas, et Lloyd Austin, secrétaire de la Défense de l’époque, ont signé le contrat M142 HIMARS de la Lituanie pour les huit lanceurs et ancillaires, avec les premières livraisons prévues pour 2025.

La Norvège est l’un des principaux utilisateurs de l’IHTANS scandinave, qui a reçu l’approbation initiale du département d’État américain en août 2024 pour acquérir 16 lanceurs M142 HIMARS ainsi que des équipements auxiliaires associés. Il s’agissait notamment d’une gamme de gousses pour diverses munitions à la roquette, y compris pour les TBM ATACMS; l’acquisition sera effectuée sous forme de vente militaire à l’étranger (FMS) et est évaluée à environ 580 millions de dollars.

La Finlande, en revanche, entreprend un vaste programme de modernisation et de rénovation de ses plates-formes MLRS MLRS au lieu de nouveaux achats, comme annoncé en décembre 2023. Conduite par le fabricant Lockheed Martin, le programme garantira que les M270A2 qui en résultent sont presque des systèmes flambaires, de sorte qu’ils restent efficaces et en service jusqu’en 2050. Ils disposeront d’un nouveau système commun de contrôle de tir, partagé avec HIMARS, permettant ainsi l’interopérabilité dans plusieurs domaines, y compris la possibilité d’utiliser un plus large éventail de munitions les plus récentes, tels que le nouveau missile de frappe de précision (PrSM) de Lockheed Martin et le GMLRS à portée étendue (ER). La plate-forme modernisée disposera également d’un nouveau moteur de 600 ch et d’une nouvelle transmission, ainsi que d’une nouvelle cabine blindée offrant une protection supplémentaire de l’équipage contre les mines et les engins explosifs improvisés.

Pour sa part aux extrémités sud de l’OTAN, l’Italie a commencé l’année en annonçant l’acquisition de 14 lanceurs HIMARS M142 en janvier 2025, complétant l’achat global de la direction de l’armement terrestre de 21 HIMARS pour l’armée italienne dans le cadre d’un FMS avec les États-Unis, estimé à environ 400 millions de dollars. Comme pour d’autres accords de ce type, une formation et un appui technique spécialisé pour guider les systèmes en service sont inclus, ainsi que du matériel supplémentaire, y compris une nacelle unitaire M31A2 GMLRS dotée d’un système de propulsion insensible conforme aux munitions. Les discussions sur l’acquisition ont commencé avec les États-Unis à la fin de 2023/début de l’année 2016, et son entrée en service en Italie est conforme au plan militaro-opération 2020-2035 de l’armée italienne, ainsi qu’avec des capacités habilitantes pour l’armée esquissées dans son article «Army 4.0». Ces capacités comprennent des éléments tels que la mobilité et la portée étendue, ainsi que la précision pour permettre des incendies profonds et de précision, tous contribuant à une plus grande flexibilité opérationnelle. Les nouveaux systèmes fonctionneront à terme aux côtés de 21 MLRS italiens M270A1 améliorés, qui peuvent également utiliser/enchaîner les approvisionnements de fusées GMLRS.

Les préparatifs puissants de la Pologne

En août 2023, la Pologne n’a pas pris livraison des trois premiers des 290 LMR de la Chunmoo en Corée du Sud actuellement en commande. Le contrat initial de fin de résolution polonais pour la fin de l’année 2022 avec Hanwha Aerospace portait sur 218 systèmes, et un contrat de suivi de 1,6 milliard de dollars en avril 2024 portait sur 72 systèmes Chunmoo, ainsi qu’un nombre non spécifié de « milliers de missiles tactiques » guidés. Selon l’agence de presse polonaise IAR, 12 des 72 lanceurs du contrat de 2024 seront passés en Corée du Sud, les 60 autres devant être construits en Pologne, les livraisons étant prévues pour une période de 2026-2029

Désignés Homar-K en Pologne, les systèmes K239 sont intégrés aux camions Jelcz 8×8 et intégreront des systèmes polonais de gestion des combats Topaz. Les plates-formes Homar-K fonctionneront parallèlement aux plates-formes HIMARS existantes de l’armée, et pourront lancer une variété de munitions, y compris des roquettes guidées CGR-080 de 239 mm d’une portée de 80 km, et des missiles balistiques tactiques CTM-290 (TBM) de 600 mm avec une portée de 290 km.

Cependant, en faisant passer ce marché majeur au niveau supérieur et dans le but de créer une capacité nationale d’artillerie-fuse, la plus grande société de défense privée polonaise, le groupe WB, a signé un accord avec Hanwha en avril 2025 pour créer une entreprise commune de missiles guidés (JV) dans le pays. La nouvelle entreprise commune, qui est destinée à produire des munitions guidées pour la LMR Homar-K, sera détenue majoritairement par Hanwha Aerospace (51 %), les 49 % restants étant détenus par la filiale WB du groupe WB Electronics. L’installation produira à terme la portée de 80 km, les fusées CGR-080 guidées GNSS/INS pour le Homar-K. L’entreprise commune commercialisera également conjointement son portefeuille de produits auprès d’autres pays européens. En effet, dans le cadre d’une situation plus large, non seulement cet accord d’investissement conjoint renforce l’engagement à long terme de l’entreprise coréenne à jouer un rôle clé dans la modernisation de l’industrie polonaise de la défense, mais il lui donne également un potentiel de partenariat stratégique avec d’autres membres européens de l’OTAN.

Le taux de PULS en Europe en hausse

La répartition de la charge pour répondre à la demande et l’ajout à la combinaison d’artillerie à fusée entre les États européens de l’OTAN est le système de lancement précis et universel d’Elbit Systems (PULS). Le système israélien a été adopté jusqu’à présent par plusieurs pays européens, dont le Danemark, l’Allemagne, les Pays-Bas et l’Espagne. Et bien que ces pays ne soient pas sur le flanc oriental immédiat de l’OTAN, ils avancent avec des achats d’artillerie de roquettes aussi rapidement que possible, ayant vu le rôle critique que jouent ces systèmes en Ukraine, et pour renforcer d’urgence leurs propres capacités de précision en matière de chauffage profond. Jetons maintenant un coup d’œil à certains de certains de ces marchés.

Selon l’IISS, l’Armée royale néerlandaise (ARN), était en bonne voie pour acquérir HIMARS en tant que dernier for de l’artillerie de roquettes, mais en raison de la demande pour ce système dépassant l’offre en temps utile, ainsi que d’autres différentsiateurs tels que la plus grande capacité de munitions de PULS (selon la munition) par rapport à HIMARS, le système israélien a été choisi par les Néerlandais. En conséquence, à la mi-mai 2023, un contrat de 305 millions de dollars a été attribué à Elbit Systems pour la fourniture de 20 systèmes de fusées d’artillerie PULS à l’ARN sur une période de cinq ans, entre les premières livraisons en 2025 et 2030. Les nouveaux lanceurs du RNS, qui ont déjà commencé à arriver, sont montés sur la plate-forme de camion COMMIT 8×8. Le contrat comprend également des roquettes et des missiles de divers calibres et capacités de portée, ainsi que des services d’appui à la maintenance et une formation complète aux utilisateurs finals. Selon Elbit, le système dispose d’une architecture ouverte pour soutenir la croissance, l’intégration des systèmes C4i, ainsi que la capacité à répondre aux besoins des clients sur mesure. Les munitions fournies à l’ARN comprennent des fusées guidées Accular (variante de 122 mm) a une portée de 35 km, tandis que la variante de 160 mm a une portée de 40 km), les roquettes guidées EXTRA 306 mm d’une portée de 150 km et les TBM Predator Hawk d’une portée de 300 km; toutes utilisent le guidage GNSS/INS.

Ayant récemment pris livraison de ses premiers lanceurs PULS mi-2025, l’ARN a mené avec succès des tests de validation de frappe de précision au feu et de précision au cours des 8 et 9 juillet 2025, sur le sol d’entraînement côtier d’Afsluitdijk, au cours duquel 16 roquettes ont été tirées sur des coordonnées spécifiques en mer. Les résultats ont prouvé la précision du système, avec tous les projectiles atterrissant dans les zones cibles désignées, ainsi que la confirmation des exigences de certification de l’opérateur.

Quant à l’accord PULS de l’Allemagne, ou plutôt « EuroPULS », ce contrat a été annoncé en février 2025 comme ayant été « mené par le biais d’accords entre les gouvernements néerlandais, israélien et allemand ». KNDS et Elbit Systems ont effectivement signé un accord d’équipe en septembre 2023 pour formaliser et mettre en œuvre leur coopération stratégique afin de renforcer tous les aspects du concept de système d’artillerie à fusée EuroPULS.

Pour livrer le nouveau contrat, Elbit travaille avec KNDS Deutschland sur diverses adaptations système pour l’utilisateur final allemand, y compris l’intégration d’équipements C4i domestiques, ainsi que des systèmes de contrôle de commandement et d’armes, et un soutien en service complet. Les lanceurs seront finalement testés et évalués avec l’agence allemande d’achat BAAINBw, ainsi que les centres de test technique associés, afin d’obtenir l’approbation d’une utilisation en service avec les forces armées allemandes. Ralf Ketzel, PDG de KNDS Deutschland, a déclaré: «La coopération entre Elbit Systems et KNDS Deutschland marque une étape importante dans le développement d’un système européen de lutte contre les fusées. En tant qu’OEM pour les systèmes terrestres européens, tels que le Leopard 2 et le PzH 2000, la KNDS veillera à ce que les systèmes PULS deviennent l’EuroPULS.»

Yehuda Vered, directrice générale d’Elbit Systems Land, a conclu que l’Allemagne d’acquisition et d’arrangement «faite la voie pour les commandes futures de la configuration EuroPULS». Il convient de noter que, outre son architecture ouverte, l’EuroPULS MRL peut fonctionner à l’aide de fusées tierces provenant d’autres fabricants, tels que Lockheed Martin.

En ce qui concerne l’accord PULS de l’Espagne, doté de 700 millions de dollars de PULS – le projet SILAM avec les Forces espagnoles – la collaboration implique un transfert de technologie pour permettre aux entreprises espagnoles participantes, Escribano Mechanical and Engineering et Rheinmetall Expal Munitions, de fabriquer respectivement des lanceurs et des munitions en Espagne.

Enfin, le 1er avril 2025, Elbit a annoncé qu’un contrat de 130 millions de dollars avait été attribué par un « client européen » anonyme pour les roquettes d’artillerie, et devait être livré sur une période de trois ans non spécifiée. Le contrat comprenait une variété de munitions, allant des roquettes d’entraînement à la fusée de 122 mm, à la fusée EXTRA, ainsi qu’à la fusée Predator Hawk TBM. Le libellé du communiqué de presse d’Elbit semblait suggérer qu’ils iraient à un opérateur européen PULS existant.

Préparer l’avenir

Ce qui précède n’est qu’un instantané de certains des derniers achats d’artillerie à fusée par plusieurs États membres européens de l’OTAN, qui ont suivi de près les événements en Ukraine. Au cours des trois dernières années, ils semblent avoir pris conscience de l’importance de l’artillerie-roche sur les champs de bataille d’aujourd’hui, de la nécessité d’incendies de précision à plus long terme et de l’urgence de repérer les stocks épuisés. Dans le même temps, ils acquièrent de nouveaux systèmes avec des capacités, une précision et une létalité améliorées, tout en s’efforçant de collaborer plus efficacement avec les Alliés, en raison d’un sentiment commun d’urgence dans la préparation d’un avenir incertain et potentiellement dangereux.

 

« DRONOCIDE »: L’OPÉRATION SECRÈTE POUR DOMINER LE CIEL UKRAINIEN

par Xavier Tytelman

DÉMONSTRATION DE « PUISSANCE AÉRIENNE » CHEZ AIRBUS 

par Xavier Tytelman

La Chine dévoile une grande conception de chasseurs furieux sans pilote au cours d’un défilé militaire

Le drone de la taille d’un chasseur, toujours non nommé, est clairement optimisé pour des performances élevées, probablement avec des capacités supersoniques, ainsi qu’une faible observabilité.

par Thomas NewdickTyler Rogoway

Le défilé militaire massif de Pékin hier nous a permis d’examiner de très près certaines des nouvelles initiatives de drones de combat aérien du pays, dont l’émergence progressive, à l’approche de l’événement, a suscité de nombreuses discussions. Parmi ces différentes conceptions de drones, l’une en particulier se démarque. Il s’agit d’une conception de tailles à faible observabilité qui est également très grande, largement équivalente en taille du chasseur de poids moyen J-10 en Chine. Dans l’ensemble, sa conception est révélatrice de haute performance, pointant fermement vers un véritable combattant furtif non refoulé, tandis que son apparence suggère qu’il pourrait bien déjà voler – ou est autrement une maquette très authentique.

Bien que la désignation du nouveau drone reste inconnue, il y a eu des allégations selon lesquelles il est provisoirement nommé Unmanned Air Superiority Fighter. Pendant ce temps, pour des raisons de clarté, les observateurs chinois ont pris pour référence à cette conception le drone de type B.

Le drone en question a été montré parmi d’autres conceptions inébranlables à l’arrière d’un camion à plat lors du défilé du 3 septembre marquant le 80e anniversaire de la victoire de la Chine sur le Japon pendant la Seconde Guerre mondiale. Vu maintenant en entier, et non couvert, le drone est nettement plus grand que les autres conceptions jusque-là inconnues qui avaient été vues avant la parade, dans l’imagerie satellite et recouvertes de bâches pendant les répétitions.

Collectivement, les différentes nouvelles conceptions de drones – au moins cinq au total – ont été largement considérées comme quelque chose de similaire à des équivalents chinois des États-Unis. Aéronefs de combat collaboratifs (ACC) de l’armée de l’air. Le type B, cependant, a toutes les caractéristiques d’un véhicule de combat de combat plus performant (UCAV), d’un type de chasseur plus performant, d’un type que les États-Unis. L’armée de l’air se développe – du moins, dans le domaine non réglementé.

Le nouveau drone de type B de type B de type UCAV est de taille avec une aile delta modifiée. L’aile est en forme de losange, avec des pointes coupées. Il y a deux grandes surfaces de contrôle visibles sur le bord de fuite de chaque aile. Le nez a une chine très distincte qui s’étend jusqu’aux prises latérales du moteur avant de fusionner avec le bord d’attaque de l’aile. Les prises latérales contrastent avec celles trouvées sur au moins certaines des autres conceptions de drones chinois nouvellement apparues, qui sont montées sur le fuselage. Ces prises supersoniques (DSI) ratées vers l’avant et sans écartement ont beaucoup en commun avec celles que l’on trouve dans les conceptions de chasseurs en équipage de nouvelle génération, soulignant purement et simplement les performances supersoniques. Les admissions alimentent un seul moteur, la tuyère à géométrie variable (probablement pour un moteur de préflux) faisant saillie au-delà du bord de fuite de l’aile. La buse est dentelée, y compris la manche extérieure et la buse réelle, comme sur le F-35 et les nouveaux modèles de chasseurs chinois. Des extensions pointues du bord de fuite, toujours de style F-35, se trouvent de part et d’autre de la tuyère du moteur (voir ci-dessous).

Dans l’ensemble, le type B est très probablement capable de supersonique, mais posséderait également une gamme importante pour un avion à haute performance, grâce à une combinaison de tailles élégantes et à l’absence d’exigence pour accueillir un pilote et tous les systèmes liés à l’équipage.

Outre les performances, l’autre conducteur principal est un faible observabilité. En ce qui concerne la buse de moteur ronde exposée, qui aurait une incidence négative sur ce point, du moins de l’aspect arrière, c’est une pratique connue pour les conceptions de chasse furtives, le résultat d’un compromis entre performance, complexité, poids, accessibilité et faible observabilité. Les dentritions sur la tuyère aident à la signature radar dans certaines bandes radar. Il pourrait également s’agir d’une itération précoce, et une tuyère de moteur à deux dimensions plus furtive, peut-être avec un vectorisation de poussée, apparaîtra sur le type B en temps voulu. Cela irait à côté du développement de l’UCAV russe S-70 Okhotnik, et de l’épée chinoise GJ-11 Sharp Sword a également subi une refonte qui l’a laissé avec des caractéristiques améliorées à faible observable.

Pour préserver sa faible observabilité, il y a des signes que le drone de type B a une grande capacité interne pour les armes. Des vues à l’autre du drone suggèrent de grandes baies d’armes sous son fuselage.

Interruptant par ailleurs un profil global lisse, le drone de type B dispose également d’un capteur électro-optique proéminent, probablement analogue au système de ciblage électro-optique (EOTS) du F-35. Des types similaires de carénage apparaissent également sur les avions furtifs chinois J-20 et J-35 et pointent encore plus loin que ce drone est destiné à des missions de chasse.

À côté de ce drone, la Chine a montré un autre design UCAV, largement similaire mais légèrement plus petit, maintenant appelé le type A. En outre, celui-ci diffère par l’obtention d’une aile de type lambda et d’admissions de type carrosserie. Il manque le carénage EOTS sous-nique, mais semble avoir un type similaire de moteur à simple turboréacteur. Sinon, il semble plus mince que le type B, avec un profil de nez beaucoup plus petit.

À ce stade, il convient de noter que nous ne savons pas avec certitude quelle est la nature de ces deux nouveaux drones dans la parade, mais ils semblent être de vrais avions, potentiellement même capables de voler. S’il s’agit de maquettes, ils comportent un niveau de détail remarquable, jusqu’à un panneau d’accès ouvert vu à l’arrière du train d’atterrissage principal sur le type A. Traditionnellement, des maquettes ont été régulièrement montrées lors de nombreux grands défilés militaires chinois dans le passé.

En l’état, il n’y a guère de détails sur l’état des dessins, en ce qui concerne le lieu où ils sont dans leur cycle de développement ou s’ils sont même destinés à un service opérationnel ou sont (actuellement) destinés à servir de prototypes ou de démonstrateurs. Les drones de type A et B indiqués dans le défilé avaient des numéros de série appliqués qui se réfèrent à une unité opérationnelle réelle de l’armée de l’air populaire de l’armée de libération (PLAAF). Cependant, cela ne veut pas dire que l’un ou les deux sont actuellement opérationnels, et il n’y a aucune preuve, accessible au public, de ces drones ayant été mis en œuvre de manière significative.

Dans le même temps, il est certain que de nombreuses conceptions antérieures qui sont apparues en tant que maquettes de parade, y compris les drones, ont mûri en capacités très réelles. Parmi ceux-ci, le GJ-11 est l’un des exemples les plus connus et volait depuis des années sous une forme moins raffinée avant son début de parade.

Comme le GJ-11, le nouveau drone de type B semble être destiné à un rôle UCAV, bien que très probablement il est également prévu d’avoir des capacités collaboratives.

Cependant, alors que d’autres conceptions de drones chinois nouvellement apparus se rapprochent plus étroitement de notre compréhension des CCA ou des plates-formes de type CCA, la taille et la complexité apparente du type B indiquent en effet plus qu’il s’agit d’un UCAV de type combattant. Les concepts de CCA sont généralement plus axés sur une certaine forme de coût abordable pour la «masse de combat», ce qui n’est manifestement pas le moteur des types A et B. Pour les bilans communs de pays, ces décisions se font au détriment de la charge utile, du furtivité, de la portée, et surtout de la performance. Alors que les CCA sont généralement plus destinées à un emploi coopératif, les véritables UCAV sont considérés comme plus capables d’un fonctionnement indépendant, ou du moins être conçus dans le but de l’avenir.

Les UCAV sont clairement une zone dans laquelle la Chine consacre également de vastes ressources, avec un flux constant de drones dans cette classe ayant été noté sous l’essai en vol, dans l’imagerie satellitaire et sous la forme de modèles à l’échelle et de maquettes. Le plus important d’entre eux est peut-être le GJ-11 susmentionné, un UCAV furtif, dont le développement s’est poursuivi, l’affinant dans le processus, avec un œil croissant vers les futures opérations à bord des navires.

À l’heure actuelle, il est assez clair que le GJ-11 est principalement conçu pour les missions de frappe, avec les munitions transportées dans une paire de segments internes, ainsi que pour effectuer des tâches de renseignement, de surveillance et de reconnaissance (ISR). Sharp Swords a également été représenté des leurres de lancement et des attaques de guerre électroniques.

Le GJ-11 n’est qu’un des nombreux modèles d’aile volant sur lesquels des entreprises chinoises ont travaillé publiquement ces dernières années.

Bien que toujours aussi furtif, l’accent de la conception apparemment haute performance du nouveau drone pourrait bien indiquer qu’il est envisagé pour plus de missions de type combattant, y compris des combats aériens directs avec d’autres plates-formes. Outre les rôles de combattant, le type B serait également en mesure d’effectuer des missions UCAV plus «traditionnelles», telles que la frappe et la RSI. Une fois de plus, la mesure dans laquelle il pourrait fonctionner en collaboration avec le soutien de chasseurs en équipage reste flou, mais il s’agit certainement d’un domaine d’étude en Chine en ce moment, y compris l’équipe d’UCAV avec des chasseurs furtifs en équipage J-20. Nous avons déjà exploré comment la version à deux places du J-20 qui est apparue pour la première fois en 2021 pourrait être particulièrement bien adaptée au rôle du contrôleur de drones aéroporté.

Encore une fois, il n’est pas clair si le concept global du nouveau drone de chasse chinois est basé sur un compagnon de drone de type « homme d’ailer » pour les chasseurs en équipage, ou si le drone sera contrôlé à partir d’une station au sol, ou même s’il est censé abattre des avions hostiles avec un certain degré d’autonomie. Cependant, alors que ce dernier point est celui que les États-Unis. L’armée de l’air, en particulier, est de plus en plus aux prises avec la Chine, la Chine semble avoir beaucoup moins de scrupules à l’égard des véhicules autonomes qui prennent de telles décisions de vie et de mort.

Jusqu’à présent, seuls quelques projets de drones de combat aérien de type chasseur ont abouti à du matériel, un exemple de proue étant le drone Bayraktar Kizilelma de Turquie. Il est affirmé que c’est supersonique (du moins dans les versions ultérieures), qu’il a un certain degré de caractéristiques réduites et qu’il est adapté aux types de missions de combat aérien généralement entreprises par des avions de chasse en équipage.

Alimenté par un seul turboréacteur, le Kizilelma a une configuration canard-delta, du type de celle que l’on voit sur d’autres conceptions d’avions de combat observables à perte, et dispose de stabilisateurs verticaux enserrés. Dans l’ensemble, sa conception est plus forte vers des performances élevées que de faible observabilité, les deux drones chinois de type UCAV étant nettement furtifs à cet égard.

Quel que soit le rôle escompté des nouveaux drones de chasseurs chinois, leur apparition met une fois de plus en évidence un écart apparemment en croissance rapide entre les développements dans ce domaine en Chine et aux États-Unis.

Pour autant que l’on sache, l’armée américaine ne développe pas activement les UCAV de cette classe, et ses efforts antérieurs sur les drones volants furtifs ont été effectivement mis de côté, dans le domaine public, au moins. L’inspirant manque de produits américains. L’activité de l’armée de l’air dans ce domaine est quelque chose que vous pouvez lire en savoir plus dans le passéTWZ .

Au lieu de cela, pour l’armée américaine, l’activité des drones de combat aérien de nouvelle génération est actuellement axée sur des conceptions à moindre coût destinées à travailler en étroite collaboration avec les avions de combat équipant, au moins initialement, dans le cadre de leurs programmes respectifs de combat de combat collaboratif (CCA). Il n’y a, quant à elle, rien de comparable à celui que nous connaissons de la Chine, qui offre une plus grande autonomie et une capacité de charge utile beaucoup plus grande, ainsi qu’une capacité de survie bien plus élevée.

Il peut également y avoir d’autres UCAV de type combattant chinois en campagne. Plus tôt cette année, des images sont apparues qui indiquaient que la Chine volait à des tests un autre avion de combat furtif de tailles, bien qu’il ne soit toujours pas clair s’il s’agit d’un design piloté ou d’un nouveau drone avancé. Vous pouvez lire notre analyse de cet avion ici.

De toute évidence, nous avons encore beaucoup à découvrir sur le nouveau drone de type B, en particulier ce qu’on pourrait appeler officiellement. Peu à ce qu’il soit possible, il ne soit peut-être pas destiné à être un service opérationnel, mais il est destiné à servir de démonstrateur ou de validation de concept. Il pourrait même être un rival avec le type A vu à côté de lui dans le défilé, suggérant que la Chine évite de mettre tous ses œufs de chasseurs UCAV dans un même panier.

Même cette possibilité, cependant, permettrait de mettre en évidence le contraste frappant dans le développement de l’UCAV entre la Chine et les États-Unis, une tendance apparemment croissante dont parle les TW- depuis des années.

Entre l’Algérie et le Maroc, un interminable conflit

par Khadija Mohsen-Finan

Vieux de plus de 60 ans, le conflit qui oppose Alger à Rabat prend une dimension nouvelle avec la reconnaissance de la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental par les États-Unis (2020), l’Espagne (2022), la France (2024) et le Royaume-Uni (2025). Il évolue également dans une région qui a connu de grandes modifications sur le plan géopolitique, avec des acteurs étatiques et non étatiques qui opèrent en Libye, ou encore au Sahel. Une reconfiguration qui bénéficie davantage au Maroc qu’à l’Algérie, en perte d’influence, qui craint un déséquilibre dans la relation avec son voisin, alors que ce dernier bénéficie désormais d’un précieux appui de la part d’Israël. Comment expliquer la persistance de ce contentieux entre les deux grands États du Maghreb, malgré les changements à l’œuvre dans la région ?

Revendication territoriale et affirmation nationaliste

À l’origine de ce conflit sans fin, il y a la question du territoire. Des revendications marocaines sur une partie ouest du territoire algérien font naître les premières tensions après l’indépendance de l’Algérie. Le territoire réclamé par Rabat figure sur la carte du « Grand Maroc », publiée en 1956 dans Al-Alam, l’organe de l’Istiqlal, le parti nationaliste marocain fondé par Allal al-Fassi en 1944. Deux ans après l’indépendance du pays, le roi Mohamed V reprend à son compte cette revendication, provoquant un désaccord sur la définition même de la frontière. Pour le Maroc, la France, en dessinant les frontières de cette région, avait donné à l’Algérie des territoires historiquement contrôlés par des tribus, dont certaines avaient pourtant fait allégeance aux souverains du Maroc. Les Marocains mettent ainsi en avant ce qu’ils appellent leurs « droits historiques ».

Face à ces prétentions, Ahmed ben Bella, premier président de l’Algérie, soutenu par l’Armée de libération nationale (ALN), affirme au moment de l’indépendance de son pays que le territoire aurait été « libéré avec le sang de […] martyrs ». Il s’appuie ainsi sur le principe, retenu par l’Organisation de l’unité africaine (OUA) lors de sa création en 1963, de l’intangibilité des frontières, notamment celles issues de la colonisation européenne. Existent donc deux conceptions différentes de l’histoire et du droit, défendues par des pays gouvernés par des régimes politiques différents. Deux États qui commencent à se disputer l’hégémonie du Maghreb, en pleine guerre froide.

Par ailleurs, le succès de la révolution algérienne suscite un sentiment d’insécurité chez le voisin marocain. Rabat craint une déstabilisation des fondements de son régime politique si l’Algérie parvient à franchir la frontière. L’aide apportée par Alger aux opposants marocains, en leur offrant notamment l’asile, vient renforcer cette peur. Pour Hassan II, qui succède à son père en mars 1961, la gauche marocaine, en particulier ses acteurs acquis aux thèses révolutionnaires (notamment issus de l’Union nationale des forces populaires, un parti né en 1959 d’une scission de l’Istiqlal), pouvait contribuer à la propagation de la révolution algérienne au Maroc.

Des incidents à la frontière s’ajoutant à l’interdiction algérienne de voir des ressortissants marocains pénétrer le territoire accroissent les tensions entre les deux États et provoquent le déclenchement de la guerre des Sables en 1963. Le conflit, opposant les armées des deux pays, éclate dans la région de Tindouf et Hassi Beida en Algérie et s’étend de l’autre côté de la frontière, au Maroc. Les combats cessent en février 1964, quand l’OUA obtient un cessez-le-feu qui laisse la frontière inchangée, la zone contestée restant algérienne. Après cette guerre, la question territoriale se dissipe dans un premier temps, avant d’être réglée par un traité de paix signé à Ifrane en 1969, puis par un accord signé à Tlemcen en 1970, que Rabat finit par ratifier en 1992.

Si elle n’a pas modifié les frontières, la guerre des Sables a néanmoins permis de consolider les deux États fraîchement indépendants, tout en y renforçant le nationalisme. En Algérie, elle a ouvert la voie à une plus grande influence de l’armée dans le jeu politique. Au Maroc, elle a conforté le pouvoir de Hassan II, qui a décidé de faire un lien entre cette question territoriale et la nature même de son régime politique. Or, cette notion de territoire marocain amputé dont il faudrait recouvrer l’intégrité est aussi porteuse de contradiction de la part de l’exécutif marocain.

En effet, en adoptant la forme constitutionnelle du royaume en 1957, le Maroc devient de fait un État nation. Dès lors, la carte du « Grand Maroc » dessinée par l’Istiqlal et correspondant aux régions sur lesquelles s’était exercée l’influence des sultans marocains, ne peut plus constituer une référence pour la revendication de certains territoires, car elle correspond à une vision impériale du Maroc. En tant qu’État indépendant, membre des Nations unies, le Maroc aurait dû être dans l’obligation d’accepter les frontières héritées de la colonisation. Pourtant, il ne reconnait alors ni les frontières de l’Algérie ni l’existence de la Mauritanie (indépendante en 1960, reconnue par le Maroc en 1969) et il revendique le Sahara occidental au nom de ce qu’il appelle ses « droits historiques ».

Le Sahara occidental : abcès de fixation dans le contentieux entre Rabat et Alger

Le Front populaire de libération de la Seguia el-Hamra et du Rio de Oro (Front Polisario), mouvement autonomiste sahraoui créé en 1973, conteste les revendications marocaine et mauritanienne du Sahara espagnol. Il s’oppose dans un premier temps à l’armée espagnole pour libérer ce territoire qui, selon lui, appartient aux Sahraouis. Dans un second temps, il s’engage militairement contre le Maroc et la Mauritanie, en formant une armée de libération du peuple sahraoui, équipée et formée par la Libye et par l’Algérie, et dont la base de repli se trouve à Tindouf en Algérie.

À partir de 1975, l’aide que l’Algérie apporte à ce mouvement envenime les relations entre Rabat et Alger et réveille une tension toujours vive. Deux ans après la création du Front Polisario, l’Algérie de Houari Boumediene décide de lui venir en aide, en accueillant des réfugiés sahraouis, en armant le mouvement et en mettant à sa disposition sa diplomatie, alors puissante. Pour Rabat, l’affront est total, d’autant qu’il voit l’engagement d’Alger, non pas comme une défense du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, mais plutôt comme la preuve d’une volonté d’affaiblir son voisin en le privant de ses « provinces du Sud ».

Il est vrai que, pour l’Algérie, soutenir les indépendantistes sahraouis présente un double intérêt : priver le Maroc du Sahara occidental et faire en sorte que le premier ne puisse pas revenir sur la question de sa frontière avec l’Algérie.

Si c’est donc à travers le Front Polisario qu’Alger et Rabat se sont depuis lors faits face, on observe en réalité un enchevêtrement de deux conflits ; celui au sujet de leur frontière et pour le leadership régional, et celui au sujet du Sahara, le dernier conflit de décolonisation en Afrique. Or, c’est bien le lien inextricable entre ces deux disputes qui a contribué à rendre la seconde totalement indépassable. Le conflit saharien s’est en effet durablement engouffré dans la brèche du contentieux entre Alger et Rabat.

En 1991, l’Organisation des Nations unies (ONU) se voit confier son règlement et constate alors à quel point l’Algérie et le Maroc l’ont nourri afin d’assurer la victoire totale de leur camp. Cette logique de guerre a rendu le référendum d’autodétermination des Sahraouis, prévu par l’ONU pour 1992, impossible à organiser, tant les protagonistes ont grossi les listes électorales. À Rabat comme à Alger, le maintien de ce conflit de basse intensité a, dans les faits, permis aux classes politiques nationales de se maintenir à la tête de leur État respectif.

Pourtant, en 1988, le président algérien Chadli Bendjedid, conscient des avantages que pouvait apporter une intégration du Maghreb (jusqu’alors empêchée par le contentieux entre Rabat et Alger), avait décidé de rétablir les relations diplomatiques de son pays avec le Maroc, rompues depuis 1976. De part et d’autre de la frontière, on décide de contourner le conflit au Sahara occidental en renforçant les échanges commerciaux et d’énergie, avec la construction d’un gazoduc reliant l’Algérie à l’Europe via le MarocL’Union du Maghreb arabe (UMA – avec la Tunisie, la Mauritanie et la Libye) voit même le jour en 1989. C’est sur cette lancée que le règlement du conflit sur le Sahara occidental est confié à l’ONU en 1991.

Toutefois, malgré cette volonté de rapprochement et les atouts que pouvait procurer cette coopération horizontale, les relations entre les deux classes politiques sont restées marquées par un manque de confiance patent. Le 24 août 1994, un attentat se produit dans un hôtel de Marrakech, tuant deux touristes espagnols. Le commando terroriste est composé de trois ressortissants français d’origine algérienne et marocaine passés par l’Afghanistan avant de participer à la guerre de Bosnie. Driss Basri, le ministre marocain de l’Intérieur accuse les militaires algériens d’avoir fomenté cette attaque et exige des visas d’entrée pour les Algériens au Maroc. L’Algérie, qui nie toute responsabilité, impose la réciprocité en matière de visas et ferme sa frontière terrestre avec son voisin.

Depuis, les relations se tendent de manière chronique. Si le passage du gazoduc algérien par le Maroc n’a été remis en question que beaucoup plus tard (en 2024), l’UMA est restée une coquille vide, sans projets, sans avancée réelle, tandis que le conflit du Sahara occidental s’est figé. Par exemple, le référendum d’autodétermination prévu par les Nations unies n’a pu être organisé, faute d’entente entre les parties sur la composition du corps électoral. C’est de cette situation de paralysie au niveau géopolitique qu’a hérité Mohamed VI à la mort de son père, Hassan II, en 1999. La même année, Abdelaziz Bouteflika est élu président de la République algérienne. Son projet affiché de faire bouger les lignes en réduisant la conflictualité dans la région se heurte à l’armée à qui il doit son arrivée à la tête de l’État.

La politique régionale de Mohamed VI

En matière de diplomatie, Mohamed VI a voulu maintenir les alliés traditionnels du Maroc (Union européenne, États-Unis, États du Golfe) tout en s’ouvrant à d’autres partenaires, comme la Russie ou la Chine. Malgré ces changements qui prennent en compte le nouvel environnement géopolitique international, et notamment la fin de la guerre froide, le Sahara occidental reste au centre de la diplomatie marocaine – une constante depuis 1975. Sur ce dossier, Rabat entend faire reconnaître ce qu’il appelle la « marocanité » du Sahara à l’ensemble de ses partenaires, anciens et nouveaux, en les contraignant à faire un choix clair entre le Maroc et l’Algérie. Que ce soit au sujet du Sahara ou de la rivalité hégémonique entre ces deux grands États du Maghreb, la victoire totale sur l’Algérie est toujours l’objectif de la politique régionale et internationale du Maroc.

La grande nouveauté du régime de Mohamed VI en matière de politique étrangère est certainement sa politique africaine. Il constate que, bloqué par l’Algérie, son pays ne peut étendre son influence à l’est. Au nord, s’il bénéficie certes de partenariats importants, le Maroc n’a pas la capacité à se hisser au rang des puissances européennes. Il lui reste donc l’Afrique, continent pour lequel Hassan II n’avait pas manifesté grand intérêt, contrairement à Mohamed V, fervent défenseur du panafricanisme.

Le Maroc a ainsi renoué avec le continent africain, en revendiquant un enracinement ancien, des relations multiséculaires, l’existence de routes caravanières, ou encore les allégeances des tribus nomades. Pour les promoteurs de cette politique africaine, il s’agit donc de raviver des liens qui ont certes faibli, mais ne se sont jamais rompus, comme en atteste le rôle joué par le Maroc au sein de l’OUA (même si Rabat la quitte en 1984, lorsque la République arabe sahraouie démocratique, proclamée en 1976, y est admise). En 2017, le Maroc fait d’ailleurs son retour au sein de ce qui s’appelle depuis 2002 l’Union africaine (UA).

Dès lors, Rabat conçoit les relations avec son voisin algérien et tous ses potentiels partenaires à partir de cette nouvelle réalité diplomatique et d’une stratégie mise à jour au sujet du Sahara occidental, consistant à accorder une autonomie à cette région sous la houlette d’un Maroc souverain. Rabat se montre ainsi intraitable vis-à-vis des États qui expriment un quelconque soutien à l’autodétermination sahraouie ; une attitude qui n’a pas manqué de provoquer des crises diplomatiques avec l’Allemagne, l’Espagne, la Suède, mais aussi la Tunisie et même la France.

Les nuances disparaissent des postures étatiques : pour conserver ses liens avec le Maroc, il ne s’agit plus d’être attentif au droit international. Dès 2019, Rabat encourage ses alliés à ouvrir des consulats dans les principales villes du Sahara occidental (Laayoune et Dakhla), de manière à exprimer leur reconnaissance de la souveraineté du Maroc sur ce territoire. Ainsi, la politique africaine du Maroc, qui lui donne les moyens d’être une puissance régionale, reste directement ou indirectement liée à la question du Sahara occidental.

En 2020, la reconnaissance par les États-Unis de la « marocanité » du Sahara a d’ailleurs constitué un tournant dans la politique saharienne du royaume, puisqu’elle a lui a permis d’intégrer Israël comme nouvel acteur au Maghreb, ce qui n’a pas manqué de susciter la peur de l’Algérie, qui doit désormais faire face à un axe stratégique entre Rabat et Tel-Aviv.

Israël : nouvel acteur dans la région

En décembre 2020, le Maroc et les États-Unis ont en effet signé un accord qui impliquait une normalisation des relations du premier avec Israël en contrepartie de la reconnaissance par Washington de sa souveraineté sur le Sahara occidental. L’appui franc de Donald Trump à Rabat, qui n’a pas été remis en cause par le président Joseph Biden, a fortement déséquilibré la relation entre le Maroc et l’Algérie, ce double parrainage – américain et israélien – donnant incontestablement une longueur d’avance à Rabat.

D’une part, la reconnaissance de la marocanité du Sahara par les États-Unis a entraîné des actions du même type, par l’Espagne en 2022 et par la France en juillet 2024, lorsque le président Emmanuel Macron a adressé une lettre en ce sens au roi Mohamed VI. Le Royaume-Uni a fait de même en juin 2025. D’autre part, la relation avec Israël présente des avantages économiques et stratégiques pour le Maroc. Ces atouts expliquent que le gouvernement chérifien ait fait le choix de maintenir sa relation avec Israël, en dépit de l’hostilité de la société marocaine, symbolisée par les manifestations gigantesques et régulières organisées notamment en réponse à la guerre à Gaza depuis 2023.

Par ailleurs, à partir de 2021, la coopération militaire entre le Maroc et Israël a renforcé la perception algérienne d’une menace contre son propre territoire. En novembre 2021, Benny Gantz, le ministre israélien de la Défense signe un protocole d’accord avec son homologue marocain sur un échange de renseignements qui établit des liens entre les industries d’armement des deux pays, ouvrant la voie à des exercices militaires conjoints. Pour Alger, nul doute que cet accord vise à l’affaiblir, d’autant que des ministres israéliens n’ont pas hésité à stigmatiser l’ennemi traditionnel de leur allié quelques mois plus tôt. En août 2021, alors qu’il est en visite à Rabat, Yaïr Lapid, le ministre israélien des Affaires étrangères déclare en présence de son homologue marocain Nasser Bourita qu’il est « inquiet du rôle joué par l’Algérie dans la région, du rapprochement d’Alger avec l’Iran et de la campagne menée par Alger contre l’admission d’Israël en tant que membre observateur de l’Union africaine ». Un mois plus tôt, l’Algérie s’était en effet opposée à la réintégration d’Israël au sein de l’UA, en tant qu’observateur, un statut que l’État hébreu avait perdu en 2002.

La colère des Algériens est d’autant plus grande que les propos de Yaïr Lapid succèdent à ceux de Omar Hilale, ambassadeur du Maroc à l’ONU, lors d’une réunion des non-alignés à New York en juillet 2021, affirmant que le « vaillant peuple kabyle mérite, plus que tout autre, de jouir pleinement de son droit à l’autodétermination ». Le 24 août 2021, Alger annonce donc la rupture de ses relations diplomatiques avec Rabat, ferme immédiatement son espace aérien aux avions civils et militaires marocains et coupe l’accès de son voisin à son gaz. Si, depuis 1996, 97 % des besoins du Maroc étaient en effet couverts en prélevant directement du gaz transitant sur son territoire comme droit de passage et en l’achetant à un tarif préférentiel à l’entreprise d’État algérienne Sonatrach, le contrat entre cette dernière et l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE), arrivé à échéance le 31 octobre 2021, n’a pas été renouvelé.

Au moment où la rupture diplomatique est actée avec Alger, Rabat tire parti de la reconnaissance de sa souveraineté sur le Sahara occidental par Washington, en incitant ses partenaires internationaux à emboîter le pas aux États-Unis. Dans son discours prononcé le 21 novembre 2021, à l’occasion du 46e anniversaire de la Marche verte, Mohamed VI affirme : « Aujourd’hui, nous sommes tout à fait fondés à attendre de nos partenaires qu’ils formulent des positions autrement plus audacieuses et plus nettes au sujet de l’intégrité territoriale du Royaume. »

La méthode est payante : face aux pressions du Maroc sur le contrôle des migrants subsahariens voulant accéder aux deux villes espagnoles de Ceuta et Melilla, l’Espagne cède en reconnaissant la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental. Paris en fait de même pour mettre fin à trois années de mauvaises relations diplomatiques avec Rabat.

Le Sahel, nouveau théâtre d’affrontement entre Alger et Rabat

Partout où l’Algérie perd du terrain en matière diplomatique, notamment avec les pays du Sahel et la France, le Maroc semble ainsi marquer des points et gagner en influence. Le déclin algérien n’est pas nouveau, puisqu’il date de 2013, date à laquelle le président Bouteflika est victime d’un accident vasculaire cérébral, lui qui prenait pratiquement toutes les décisions en matière de politique étrangère. Au cours de la grande décennie qui suit, les dirigeants algériens se concentrent sur des difficultés intérieures, avec la remise en cause du cinquième mandat d’Abdelaziz Bouteflika, très diminué et poussé à la démission, puis le soulèvement populaire ou Hirak entre 2019 et 2021. Durant ces années, la diplomatie algérienne entre en sommeil, alors que la géopolitique régionale se modifie considérablement et que de nouveaux acteurs étrangers font leur entrée au Maghreb. Israël, bien sûr, mais aussi d’autres États, notamment en Libye, où la rivalité entre les deux gouvernements de Tripoli et de Benghazi a entraîné les interventions, d’une part, du Qatar et de la Turquie, et, d’autre part, des Émirats arabes unis.

Au Sahel, les changements ont également été très importants. Au Mali, la progression jihadiste a conduit à deux coups d’État (2020-2021), qui ont mené au départ des troupes françaises, elles qui soutenaient justement le gouvernement précédent contre les jihadistes. Les nouveaux dirigeants du pays ont fait appel à des unités paramilitaires russes pour venir en appui à l’armée. Au Mali, cette nouvelle réalité politique a été très préjudiciable à Alger qui, dès les années 1990, avait pris part aux tentatives de réconciliation entre le gouvernement et les Touaregs originaire du Nord du pays. En 2015, Alger avait même négocié un accord pour mettre un terme à ce conflit. En 2021, l’implication algérienne est remise en cause par la junte au pouvoir et la relation entre Alger et Bamako se dégrade. En janvier 2024, le Mali abroge l’accord d’Alger de 2015 et accuse officiellement son voisin d’ingérence dans ses affaires intérieures.

En juillet 2023, le coup d’État qui se produit au Niger fait craindre à l’Algérie une intervention militaire à ses frontières. Alger souffle alors l’idée d’une transition civile de six mois avant l’adoption d’une nouvelle constitution, une option rejetée là encore par les nouveaux maîtres de Niamey.

Profitant de cette perte d’influence algérienne au Sahel, le roi du Maroc lance en novembre 2023 le projet « Initiative Atlantique », portant sur la construction d’une autoroute reliant les pays sahéliens au port de Dakhla, au Sahara occidental, afin de leur offrir un débouché vers l’océan. En décembre 2023, les ministres des Affaires étrangères du Mali, du Niger, du Burkina Faso et du Tchad ont rencontré leur homologue marocain Nasser Bourita à Marrakech pour discuter de la mise en place de ce projet dont les avantages économiques paraissent difficiles à évaluer. En réponse, le président algérien Abdelmadjid Tebboune se rapproche du président du Conseil présidentiel libyen, Mohammed el-Menfi, et du président tunisien, Kaïs Saïed. Une rencontre a lieu à Tunis en avril 2024, mais l’objet de l’initiative n’est pas bien défini, ses organisateurs évoquant simplement le renforcement de la collaboration entre leurs pays, l’amélioration de la sécurité à leurs frontières et la recherche d’une paix durable en Libye.

À travers ces deux projets, Rabat et Alger tentent de s’exclure mutuellement de la scène régionale. Cette rivalité entre les deux grands États du Maghreb s’exprime aussi par une course aux armements, comme en témoigne le rapport 2024 de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm, publié en 2025. Selon ce document, les dépenses militaires au Maghreb ont atteint 30,2 milliards de dollars en 2024, soit une augmentation de 8,8 % par rapport à 2023, et de 43 % par rapport à 2015. L’Algérie et le Maroc représentent à eux seuls 90 % des dépenses. Cet armement disproportionné a commencé il y a une vingtaine d’années, mais il s’est accéléré depuis 2020. Les dépenses militaires du Maroc ont augmenté de 2,6 % en 2024, atteignant 5,5 milliards de dollars, tandis que les dépenses militaires algériennes ont augmenté de 12 %, atteignant 21,8 milliards de dollars. On peut se demander si ces chiffres traduisent un sentiment d’insécurité face à une menace réelle ou s’ils relèvent d’une démonstration de force.

Dans tous les cas, l’Algérie redoute l’aide stratégique et militaire apportée par Israël au Maroc. Selon le rapport de l’institut suédois, 11 % des armes achetées par le Maroc en 2023 proviennent en effet de l’État hébreu, le plaçant en troisième position des fournisseurs du royaume, après les États-Unis et la France. Les craintes de l’Algérie sont d’autant plus grandes que la coopération stratégique s’intensifie entre le Maroc et Israël, comme en témoigne la présence d’un contingent de soldats israéliens à l’African Lion 2025, cet exercice annuel interarmées multinational, qui s’est déroulé en mai 2025 à Cap Drâa, dans la région de Tan-Tan au Maroc.

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La tension reste donc très élevée entre l’Algérie et le Maroc. Elle ne porte plus seulement sur un territoire contesté (le Sahara occidental), mais se nourrit notamment des nouvelles alliances passées par le Maroc. En réponse, l’Algérie souhaite se repositionner sur la scène internationale. Elle s’appuie pour cela sur les principes et les valeurs auxquelles elle est associée depuis l’époque où elle était considérée comme le pays phare des non-alignés, en défendant notamment les droits des Palestiniens et en affirmant protéger les pays de la région de toute ingérence étrangère. Quant au Maroc, il ambitionne d’être une puissance régionale et se pose en pays pivot incontournable entre l’Europe et l’Afrique, notamment en matière de contrôle des migrants subsahariens.

Un bâtiment de la Marine nationale saisit 5 919 kg de cocaïne au large des côtes africaines

Le vendredi 29 août 2025, sous la direction du préfet maritime de l’Atlantique et du procureur de la République près le tribunal judiciaire de Brest, une frégate de la Marine Nationale a procédé à la saisie de 5 919 kg de cocaïne au large de l’Afrique de l’Ouest

L’office antistupéfiants (OFAST) avait sollicité l’intervention de la Marine nationale à la lumière d’informations transmises par leurs partenaires du Maritime Analysis and Operations Centre (Narcotics) (MAOC-N), de la National Crime Agency (NCA) britannique et de la Drug Enforcement Administration (DEA) américaine.

L’équipe de visite de la frégate déployée dans le cadre de la mission Corymbe est intervenue le vendredi 29 août 2025 en haute mer dans la zone maritime Atlantique sur un navire de pêche.

Conduite au large des côtes africaines, l’opération a été initiée sur la base de l’article 110 de la convention des Nations Unies sur le droit de la mer (Montego Bay), et s’est conclue par la découverte de stupéfiants dans le cadre de la Convention de Vienne du 20 décembre 1988 et de la loi 94-589 du 15 juillet 1994 modifiée.

Au total, 5 919 kg de cocaïne, d’une valeur marchande estimée à 320 millions d’euros*, ont été saisis à bord du navire.

La parfaite coopération entre les acteurs nationaux et internationaux de la lutte contre les stupéfiants a permis d’obtenir ce résultat remarquable. Il illustre l’efficacité de l’action de l’Etat français en mer dans le cadre de la protection des frontières extérieures et de la lutte contre la criminalité organisée.

La mission CORYMBE est un déploiement opérationnel par lequel la France assure sa présence en Afrique de l’Ouest et dans le Golfe de Guinée. La protection des intérêts français dans cette zone passe par la sécurisation maritime et la lutte contre le brigandage, la piraterie ou le trafic de stupéfiants. La présence dissuasive d’un bâtiment militaire français contribue à limiter ces activités.

L’opération CORYMBE s’inscrit dans le dispositif de soutien à l’architecture de sécurité maritime issue du processus politique de Yaoundé. À ce titre, des exercices de coopération visant à accroitre les savoir-faire des marines africaines et favoriser l’appropriation de leur propre sécurité, à l’occasion des escales ou d’exercices en mer sont régulièrement organisés La frégate de surveillance et son hélicoptère embarqué constituent enfin une capacité de réaction sous court préavis, permettant, si nécessaire, de contribuer à la protection des intérêts français et européens.

* Estimation à partir du Global cocaïne report 2024 de l’ONUDC

Naval Group confirme sa percée stratégique au Brésil avec un contrat-clé sur le nucléaire naval

Le pari technologique de la France s’exporte à nouveau, avec une coopération industrielle renforcée entre Naval Group et la marine brésilienne. Deux contrats ont été signés pour un montant total de plus de 528 millions d’euros, consolidant un partenariat stratégique dans le domaine des sous-marins à propulsion nucléaire.

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par Jehanne Duplaa

Une signature décisive sur fond de tensions commerciales

Le 1er juin 2025, le Journal officiel brésilien publiait discrètement deux notifications émanant de la Direction Générale du Développement Nucléaire et Technologique de la Marine. Ces documents actaient la conclusion de deux contrats majeurs avec Naval Group, dont le contenu marque un tournant stratégique : le soutien technique et l’ingénierie d’un sous-marin nucléaire d’attaque — à l’exclusion de la chaufferie nucléaire.

Le premier contrat, d’un montant exact de 282,1 millions d’euros, porte sur la mise à disposition de services spécialisés pour l’installation de systèmes complémentaires. Le second, chiffré à 246,3 millions d’euros, concerne la fourniture de prestations d’ingénierie avancée, toujours dans le cadre du développement du futur sous-marin brésilien Álvaro Alberto.

« Ces deux contrats ne vont pas remplacer la perte des deux compétitions majeures au Canada (sous-marins) et en Norvège (frégates), mais ils permettent à Naval Group de rester très présent au Brésil », a précisé La Tribune

Le sous-marin brésilien : un programme hors norme, un cadre franco-brésilien robuste

Le Brésil n’en est pas à son premier rapprochement avec Naval Group. Depuis 2008, dans le cadre du programme ProSub, les deux nations entretiennent une coopération approfondie autour de la souveraineté navale. L’objectif de ce plan : bâtir une capacité industrielle locale capable de concevoir, assembler et maintenir une flotte de sous-marins à propulsion classique et nucléaire.

Située à Itaguaí, la base industrielle dédiée à ce programme accueille une partie de la construction du SN Álvaro Alberto. Si la chaufferie nucléaire demeure de conception 100 % brésilienne — condition imposée par les règles internationales de non-prolifération — les systèmes annexes, eux, bénéficient d’une expertise française via Naval Group.

L’industriel français, malgré un contexte tendu sur ses marchés cibles, conserve donc sa capacité à livrer des solutions critiques sur des programmes sensibles.

Une relance industrielle après des échecs commerciaux

Le contrat brésilien tombe à point nommé. Naval Group a récemment vu ses propositions rejetées au Canada, dans le cadre du programme de renouvellement de la flotte sous-marine, ainsi qu’en Norvège, pour la fourniture de frégates. Ces défaites ont pesé sur la dynamique commerciale de l’entreprise.

Mais la signature brésilienne apporte un rééquilibrage géographique et industriel bienvenu.

Au-delà de la symbolique, ces deux contrats démontrent que la France reste un acteur de référence dans la projection technologique et militaire. Pour le Brésil, cet accord incarne une avancée majeure vers l’autonomie stratégique, tandis que pour Naval Group, il représente une consolidation industrielle hors du périmètre européen.

Cap stratégique confirmé pour Naval Group : le Brésil comme tremplin vers un nouvel équilibre international

Par ce double accord, Naval Group entérine son rôle de fournisseur de haute technologie navale, capable d’accompagner un allié dans le développement d’un programme à haute sensibilité. Avec 528,4 millions d’euros d’investissements confirmés, l’industriel français se positionne non plus seulement comme un constructeur, mais comme un partenaire stratégique de souveraineté.

L’avenir dira si cette dynamique brésilienne ouvre la voie à d’autres contrats internationaux. Mais à l’évidence, dans un environnement concurrentiel dominé par les blocs anglo-saxons, le choix du Brésil de renouveler sa confiance à la France, via Naval Group, constitue une victoire géopolitique autant qu’industrielle.

La Chine envoie un message à l’Occident avec un défilé militaire XXL

Le défilé militaire en hommage à la fin de la Seconde Guerre Mondiale tourne a la démonstration de force de Pékin.

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par Cédric Bonnefoy

La Chine entend célébrer la victoire contre le Japon lors de la Seconde Guerre mondiale, mais aussi envoyer un message à l’Occident avec un défilé militaire XXL en présence de Vladimir Poutine et Kim Jong-un.

La grande parade militaire de Pékin, comme un avertissement pour l’Occident

À Pékin, le 3 septembre 2025, la Chine a déployé sur la place Tian’anmen un spectacle militaire d’envergure, réunissant des milliers de soldats et les équipements les plus modernes de son arsenal. Supervisé par Xi Jinping, en présence de Vladimir Poutine et de Kim Jong-un, cet événement colossal s’inscrit dans une double logique : célébrer les 80 ans de la victoire sur le Japon et adresser un message clair aux puissances occidentales.
La mise en scène impressionnante a marqué les esprits par son ampleur. Des dizaines de milliers de soldats ont défilé au pas cadencé, encadrés par des blindés et des colonnes entières de chars dernier cri. Le spectacle a été renforcé par l’exhibition de drones, de systèmes antiaériens et de missiles intercontinentaux, certains de nouvelle génération, destinés à illustrer la capacité de la Chine à rivaliser avec les plus grandes armées du monde.

Cette fois, l’accent a été mis sur les innovations technologiques, notamment les armes à énergie dirigée comme le système laser LY-1 et les drones marins autonomes. Ces démonstrations ne relèvent pas uniquement de la symbolique : elles traduisent l’investissement massif consenti par Pékin dans la modernisation militaire. En défilant à Tian’anmen, l’Armée populaire de libération a voulu montrer que la Chine maîtrise désormais des technologies capables de bouleverser les doctrines de guerre traditionnelles.

Le rôle central de Xi Jinping et la mise en scène géopolitique

Le défilé n’était pas qu’un simple spectacle martial. La présence de Xi Jinping en uniforme, inspectant les troupes depuis une voiture de commandement ouverte, a renforcé l’image d’un chef incontesté à la tête d’une nation sûre de sa force. Dans son discours, il a martelé que la Chine « ne sera jamais intimidée » et qu’elle « défendra sa souveraineté par tous les moyens nécessaires ». Ces paroles, prononcées devant une audience mondiale, ont été interprétées comme un avertissement direct à Washington et à ses alliés.


L’image la plus marquante de la journée fut sans doute la marche commune de Xi Jinping avec Vladimir Poutine et Kim Jong-un. Cette scène hautement symbolique a envoyé un message clair : la Chine entend s’affirmer au sein d’un axe alternatif face à l’Occident. Pour de nombreux analystes, il s’agit moins d’une coopération militaire effective que d’un signal politique fort.

Un message adressé à l’Occident et au peuple chinois

Ce défilé n’a pas seulement servi à impressionner l’étranger. En mobilisant l’histoire, la commémoration des 80 ans de la victoire sur le Japon, Xi Jinping a replacé la Chine au centre d’un récit héroïque. La mémoire de la guerre devient un outil politique, permettant de relier la légitimité du régime actuel aux sacrifices du passé.


En parallèle, ce message s’adresse aussi à la population chinoise. En exposant ses troupes et ses armes dans un décor monumental, Xi Jinping renforce la fierté nationale et l’unité autour de sa personne. D’ailleurs, les images du défilé ont été diffusées en direct sur toutes les chaînes nationales, accompagnées de commentaires glorifiant les capacités de l’armée.

 

KNDS France envisage un partenariat avec PGZ pour produire 200 000 obus de 155 mm par an en Pologne

par Laurent Lagneau 

Entre 2012 et 2017, la production d’obus d’artillerie de 155 mm s’élevait en moyenne à 500 unités par an, selon des chiffres du ministère des Armées. Depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie et les mesures prises dans le cadre de « l’économie de guerre », la cadence s’est accélérée.

En effet, dans leur récent rapport sur l’avenir de l’artillerie, les députés Jean-Louis Thiériot [LR] et Matthieu Bloch [UDR] ont relevé que les cadences de production de KNDS AMMO France étaient passées de 30 000 à 45 000 obus de 155 mm par an entre 2022 et 2024 et que l’objectif était d’en produire annuellement 60 000 en 2025 puis 100 000 avant 2027.

Pour les rapporteur, même s’il est significatif, cet effort demeure insuffisant. « Une production annuelle de 60 000 obus représente actuellement la quantité de munitions consommées par les forces armées ukrainiennes [FAU] en quelques jours sur le front » et « l’allemand Rheinmetall s’est engagé à produire sur l’ensemble de ses sites européens jusqu’à 700 000 obus d’artillerie par an en 2025, contre environ 500 000 en 2024 et 70 000 avant le déclenchement de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine », ont-ils en effet rappelé.

Aussi ont-ils plaidé pour « augmenter de manière rapide et significative les capacités françaises de production des obus, des charges propulsives modulaires ainsi que des fusées au-delà des augmentations de cadences déjà consenties », tout en appelant KNDS France à « renforcer sa stratégie export ainsi que la compétitivité-prix de ses obus afin d’élargir la taille de son marché ». Et pour cause : en temps de paix, les besoins de l’armée de Terre ne seraient que de 100 000 obus par an.

S’agissant de l’exportation, KNDS France a fait connaître son intention de nouer un partenariat avec le groupe PGZ afin de proposer à la Pologne « l’opportunité d’atteindre une production de 200 000 obus de 155 mm par an ».

« L’instabilité qui règne sur le continent européen et la nouvelle architecture de sécurité qu’elle implique obligent les 27 [membres de l’Union européenne] à renforcer leur industrie de défense, dans une logique d’autonomie stratégique et de partenariats intracommunautaires renforcés », a d’abord souligné KNDS France, via un communiqué publié le 2 septembre.

Après avoir rappelé qu’il avait « triplé sa capacité de production de munitions de gros calibre », l’industriel français s’est donc dit prêt à « soutenir la Pologne, qui a exprimé le besoin de produire jusqu’à 200 000 obus de 155 mm par an, dans le cadre d’un partenariat étroit ».

Pour KNDS France, il s’agit d’offrir un « large transfert de savoir-faire vers l’industrie polonaise, en mettant PGZ et ses filiales [Mesko, Nitro-Chem, Dezamet, Gamrat] au cœur de l’offre, en privilégiant le renforcement des capacités existantes plutôt que la proposition d’une solution ex nihilo ». Procéder de la sorte permettrait une « montée en compétence rapide du tissu industriel local, de la formation du personnel à l’installation de machines-outils supplémentaires », soutient l’industriel français, qui garantit par ailleurs une « capacité de production opérationnelle immédiate grâce à la fourniture de matières premières, comme les corps creux des obus.

« La Pologne atteindrait ainsi sa pleine capacité de production en moins de trois ans », promet KNDS France.

Cette offre repose sur l’obus de type LU211, qui a « fait ses preuves avec plusieurs milliers de coups tirés par pièce par les artilleurs ukrainiens » et qui est qualifié pour les canons automoteurs K9 et KRAB, mis en œuvre par l’armée polonaise.

 

Les forces américaines ont détruit une embarcation de narcotrafiquants présumés au large du Venezuela

par Laurent Lagneau 

En avril 2020, soit quelques mois avant la fin de son premier mandat à la Maison Blanche, le président Donald Trump, avait annoncé le lancement d’une vaste opération antidrogue en Amérique du Sud, avec le renforcement de l’US Southern Command du Pentagone.

« Alors que les gouvernements et les nations se concentrent sur le coronavirus, il existe une menace croissante que les cartels, les criminels, les terroristes et d’autres acteurs malveillants tentent d’exploiter la situation pour leur propre profit », avait-il expliqué.

Proche de la Chine, de la Russie et de l’Iran, le Venezuela était surtout dans le collimateur de Washington étant donné que son président, Nicolas Maduro, venait alors d’être inculpé par la justice américaine pour « narcoterrorisme et trafic de cocaïne ». Cette dernière lui reprochait d’avoir « dirigé un violent cartel de la drogue » [le « Cartel de Los Sols », ndlr] alors même qu’il était au pouvoir.

Puis, les choses en restèrent à peu près là… Du moins pour ce qui concerne M. Maduro. Car le trafic des drogues n’a cessé de prendre de l’ampleur, avec des volumes saisis toujours plus importants [la Marine nationale a déjà intercepté 38,5 tonnes depuis le début de cette année, contre 48 tonnes en 2024, ndlr]. En outre, les moyens déployés par les narcotrafiquants se sont perfectionnés : en juillet, la marine colombienne a ainsi arraisonné un drone sous-marin doté d’une antenne Starlink et pouvant transporter 1,5 tonne de cocaïne.

De retour à la Maison Blanche, M. Trump a repris les affaires là où il les avait laissées. En février, son administration a rangé le cartel mexicain de Sinaloa et le gang vénézuélien Tren de Aragua parmi les organisations terroristes. Et, le 7 août, la secrétaire américaine à la Justice, Pamela Bondi, a fait savoir que les États-Unis seraient prêts à débourser 50 millions de dollars pour toute information susceptible de mener à l’arrestation de Nicolas Maduro.

Selon Courrier International, Mme Bondi a justifié cette décision en évoquant la saisie de « 30 tonnes de cocaïne associées à [Nicolas] Maduro et à ses complices ». Cette drogue aurait été « mélangée avec du fentanyl [un opiacé qui fait des ravages aux États-Unis] et « distribuée par des organisations terroristes, dont le gang Tren de Aragua, les cartels mexicains et le Cartel de los Sols ».

Quelques jours après, le Pentagone a annoncé le déploiement de trois navires d’assaut amphibie [les USS Iwo Jima, USS Fort Lauderdale et USS San Antonio] dans les Caraïbes, sous l’autorité de l’US Southern Command. Les destroyers USS Jason Dunham et USS Gravely, ainsi que le croiseur USS Lake Erie, avaient déjà été envoyés dans la zone. A priori, ils devraient être rejoints par le destroyer USS Sampson ainsi que par un sous-marin nucléaire d’attaque [SNA].

« Le Venezuela est confronté à la plus grande menace que notre continent ait connue au cours des 100 dernières années : huit navires avec 1200 missiles visent le Venezuela. Il s’agit d’une menace injustifiable, immorale et absolument criminelle », a réagi M. Maduro, avant d’accuser Washington de préparer une invasion de son pays en vue de le renverser. Aussi, il a dit avoir activé un « plan spécial », avec la mobilisation de « plus de 4,5 millions de miliciens » et le déploiement de navires et de drones dans les eaux territoriales vénézuéliennes.

« Ils ont voulu avancer vers ce qu’ils appellent la pression maximale, dans ce cas elle est militaire. Et face à la pression militaire maximale, nous avons déclaré la préparation maximale pour défendre le Venezuela » car « le Venezuela ne cédera jamais face à des chantages ni à des menaces de quelque nature que ce soit », a assuré Nicolas Maduro.

De son côté, l’ambassadeur du Venezuela à l’ONU, Samuel Moncada, a dénoncé une « opération de propagande massive visant à justifier ce que les experts appellent une action cinétique, c’est-à-dire une intervention militaire dans un pays qui est souverain et indépendant et qui ne constitue une menace pour personne ».

Le Pentagone s’est jusqu’à présent gardé de préciser la mission des navires déployés dans les Caraïbes… Si ce n’est que l’administration Trump lui a demandé de préparer des « options » pour lutter contre les cartels de la drogue et autres groupes criminels.

C’est donc dans ce contexte que, le 2 septembre, les forces américaines ont visé un « bateau transportant de la drogue » qui venait d’appareiller du Venezuela.

« Sur mon ordre, les forces militaires américaines ont mené une frappe cinétique contre des narcoterroristes clairement identifiés du [gang] Tren de Aragua », a en effet annoncé M. Trump, via le réseau Truth Social.

Cette action a eu lieu « alors que le bateau se trouvait dans les eaux internationales, transportant des produits stupéfiants illégaux, à destination des États-Unis. Elle a tué 11 narcoterroristes », a-t-il expliqué.

Le président américain a illustré son message avec une vidéo déclassifiée. Cette dernière montre effectivement une petite embarcation rapide prendre feu après avoir été frappée, probablement par un missile tiré par un aéronef. Aucun détail sur les circonstances de cette action « cinétique » n’a été donné pour le moment.

Avant de s’envoler pour le Mexique, le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a prévenu : le « temps où l’on pouvait agir en toute impunité et se contenter de détruire un appareil ou de saisir un peu de drogue sur un bateau est révolu ».

 

La Suède pourrait préférer le britannique Babcock au français Naval Group pour ses futures frégates

par Laurent Lagneau

Le 31 août, le Premier ministre norvégien, Jonas Gahr Støre, a annoncé l’achat de cinq ou six frégates britanniques de Type 26 [ou classe « City »] pour 8,5 milliards d’euros. Et cela aux dépens de la Frégate de défense et d’intervention [FDI] de Naval Group, de la Meko A-400 allemande et de la « Constellation » américaine.

S’il doit encore être confirmé par le Parlement norvégien [le Storting], ce choix soulève quelques questions… À commencer par la capacité de BAE Systems à livrer les navires devant être commandés par Oslo dans les délais souhaités, sachant que la construction de la tête de série de la classe City, le HMS Glasgow, a pris du retard et que ses essais en mer restent donc à effectuer. En outre, il n’est pas impossible que certaines unités attendues de pied ferme par la Royal Navy prennent finalement la direction de la Norvège.

Quoi qu’il en soit, le ministre norvégien de la Défense, Tore O. Sandvik, n’a aucun doute sur la pertinence de ce choix.

« Si nous achetons de nouvelles frégates, c’est pour chasser les sous-marins. Ce sera leur principale fonction : dissuader la Russie d’entrer en mer du Nord et dans l’Atlantique avec ses sous-marins », a-t-il dit, dans un entretien accordé à Bloomberg, ce 3 septembre. Sur ce point, la FDI avait pourtant de solides arguments à faire valoir…

Seulement, a continué M. Sandvik, les « navires norvégiens et britanniques devront être aussi identiques que possible, afin d’optimiser leur efficacité opérationnelle et de réduire les coûts, tout en permettant potentiellement d’interchanger les équipages ».

Cela étant, le britannique Babcock International serait sur le point de ravir un autre marché à Naval Group, à en croire le Financial Times et la presse scandinave.

En juin, le ministère des Armées a fait savoir que Paris avait proposé la FDI à Stockholm, dans le cadre du programme suédois de « nouvelle génération de bâtiment de surface ». Et cela après avoir confirmé que la Direction générale de l’armement [DGA] allait ouvrir des négociations contractuelles en vue d’acquérir deux premiers avions d’alerte avancée GlobalEye auprès de Saab afin de remplacer les quatre E-3F SDCA de l’armée de l’Air & de l’Espace.

Or, le Financial Times a fait état de discussions « très positives » bien que « complexes » entre Londres et Stockholm au sujet de l’achat éventuel de quatre frégates Arrowhead-140/Type 31. Et cela alors que Babcock International a noué un partenariat avec Saab Kockums en 2024.

Une décision devrait être annoncée par le gouvernement suédois avant la fin de l’année. Mais il se pourrait qu’elle soit influencée par le choix du Danemark, avec lequel, selon une source du quotidien financier, un accord est « presque bouclé ». Et celui-ci porterait sur la commande de trois frégates Type 31.

Une telle issue ne serait pas surprenante étant donné que la conception de l’Arrowhead-140/Type 31 est largement inspirée de la frégate danoise Iver Huitfeldt.

Pour rappel, affichant un déplacement de plus 5 700 tonnes pour 138,7 mètres, la frégate Type 31 est censée pouvoir naviguer à la vitesse de 26 nœuds, grâce à quatre moteurs diesels MTU. La version destinée à la Royal Navy est armée du système surface-air Sea Ceptor, avec deux lanceurs verticaux, d’une tourelle de 57 mm et de deux canons de 40 mm. Elle est en mesure d’accueillir un hélicoptère et un drone aérien embarqué.

Seulement, la construction des cinq exemplaires destinés à la Royal Navy a aussi pris du retard, l’admission de la tête de série, le HMS Venturer, n’étant pas attendu avant 2027.

Missile furtif russe, record pour Airbus, chasseur 6G britannique, Rafale vs F15 – Air&Cosmos

par Xavier Tytelman

Usine de semi-conducteurs en France : dans les coulisses de l’accord Foxconn-Thales

par Amélie Charnay   La Tribune

Le secret aura été bien gardé. Juste avant l’ouverture du sommet Choose France, au mois de mai, l’Élysée révèle que le fleuron tricolore de la défense Thales et le poids lourd taïwanais de l’électronique Foxconn envisagent d’implanter sur notre sol une usine de semi-conducteurs. Le projet doit se faire en partenariat avec Radiall, spécialiste des connecteurs et composants. « Un pas vers l’autonomie stratégique pour la microélectronique », exulte la présidence. L’annonce fait l’effet d’une bombe, alors que la France peine à se réindustrialiser et que 80 % de la production de semi-conducteurs provient d’Asie du Sud-Est.

Certes, la France avait déjà réussi à convaincre l’entreprise taïwanaise Prologium de se lancer dans une gigafactory de batteries à Dunkerque. Le montant d’investissement attendu de Foxconn est moindre, puisqu’il doit contribuer avec Thales et Radiall à une enveloppe de « seulement » 250 millions d’euros. Mais en termes d’images, le nom de ce champion taïwanais claque bien davantage et laisse espérer un effet d’entraînement vis-à-vis d’autres acteurs, taïwanais et étrangers. C’est donc un joli coup.

Le secret aura été bien gardé. Juste avant l’ouverture du sommet Choose France, au mois de mai, l’Élysée révèle que le fleuron tricolore de la défense Thales et le poids lourd taïwanais de l’électronique Foxconn envisagent d’implanter sur notre sol une usine de semi-conducteurs. Le projet doit se faire en partenariat avec Radiall, spécialiste des connecteurs et composants. « Un pas vers l’autonomie stratégique pour la microélectronique », exulte la présidence. L’annonce fait l’effet d’une bombe, alors que la France peine à se réindustrialiser et que 80 % de la production de semi-conducteurs provient d’Asie du Sud-Est.

Certes, la France avait déjà réussi à convaincre l’entreprise taïwanaise Prologium de se lancer dans une gigafactory de batteries à Dunkerque. Le montant d’investissement attendu de Foxconn est moindre, puisqu’il doit contribuer avec Thales et Radiall à une enveloppe de « seulement » 250 millions d’euros. Mais en termes d’images, le nom de ce champion taïwanais claque bien davantage et laisse espérer un effet d’entraînement vis-à-vis d’autres acteurs, taïwanais et étrangers. C’est donc un joli coup.

La Malaisie va acquérir deux nouveaux radars GM400 de Thales

Exclusif. La Malaisie va commander deux radars GM400 supplémentaires à Thales. Un nouveau succès pour le best-seller du groupe de hautes technologies dans le domaine des radars.

par Michel Cabirol

Conçus et fabriqués en France, les radars Ground Master 200 (portée de 250 km), 200 MMA (350 km) et 400a (515 km) sont des radars de haute technologie, dédiés à la surveillance aérienne 3D multi-missions à moyenne portée (classe 200 km) et longue…

Fabriquée à Limours-en-Hurepoix en Essonne, la famille de radars Ground Master 200 et 400 de Thales, dédiés à la surveillance aérienne, poursuit sa formidable success-story commerciale. Surtout dans un monde très incertain où les tensions géopolitiques et les conflits se multiplient depuis trois ans. Ainsi selon des sources concordantes, la Malaisie va commander deux radars GM400 supplémentaires à Thales dans le cadre de la visite à Paris du Premier ministre de Malaisie, Anwar Ibrahim, invité à dîner vendredi au Palais de l’Élysée. Ce dîner de travail permettra aux deux responsables politiques de renforcer le partenariat entre la France et la Malaisie, notamment dans le domaine de la défense, selon un communiqué de l’Élysée publié jeudi.

Dans le cadre de cette coopération de défense entre la France et la Malaisie, Thales avait signé en décembre 2023 une lettre d’attribution pour la fourniture du nouveau radar de longue portée GM400α, livré à la Royal Malaysia Air Force (RMAF). Premier client en 2009 de la version précédente de ce radar (GM400), la RMAF avait alors renouvelé sa confiance à Thales avec l’acquisition de cette nouvelle version. Au total, Thales a vendu près de 300 radars GM dans le monde.

Bouclier de l’honneur

par  Michel Goya

Ainsi donc, une force de combat aéroterrestre alliée déployée en Ukraine pourrait dissuader la Russie d’envahir le pays. Quelle excellente idée ! Dans ce cas, pourquoi ne pas avoir engagé cette force fin 2021, alors que l’armée russe était rassemblée aux frontières de l’Ukraine et que Vladimir Poutine menaçait ? Le même Vladimir Poutine avait déjà utilisé son armée contre la Géorgie en 2008, puis contre l’Ukraine en février 2014 en Crimée, puis en août de la même année et en février 2015 dans le Donbass. Cela faisait déjà beaucoup pour un seul chef d’État, sans doute un record depuis 1945. On pouvait se douter qu’il pourrait être tenté de continuer, d’autant plus que toutes les offensives précédentes avaient été des succès. Qui plus est, ces coups s’inscrivaient dans la vieille pratique soviétique, au moins depuis 1939, du « piéton imprudent », c’est-à-dire d’attaques par surprise sur un espace-temps limité, laissant le monde autour de la cible paralysé par le fait accompli. Rien de nouveau sous le soleil donc, sauf pour des gouvernements à la mémoire – et désormais la durée de vie – de poissons rouges.

On avait en effet oublié que ces coups ne réussissaient pas toujours comme prévu et que l’on pouvait aussi les contrer sans pour autant franchir le seuil de cette guerre ouverte et à grande échelle dont personne ne veut. Il est d’abord arrivé que la cible résiste beaucoup plus que prévu, comme en Finlande en 1939 ou en Afghanistan après 1980, et que l’on ait même le temps de l’aider, y compris humainement avec des troupes de volontaires individuels, des soldats fantômes ou des mercenaires façon Tigres volants dans un autre contexte, mais aussi on y reviendra, avec des troupes régulières. D’une manière générale, et pour revenir à notre époque, notons juste que l’aide fournie par les pays occidentaux à l’Ukraine à partir de 2022 est à ce jour l’une des moins imaginatives et des moins risquées de toute l’histoire mondiale des aides.

Ces coups soviéto-russes n’ont pas toujours été violents ; en fait, ils ne l’étaient jamais à notre égard (j’inclus encore les États-Unis dans ce « nous »), car Moscou a toujours autant peur que nous d’une escalade vers un affrontement ouvert et généralisé, surtout depuis que celui-ci peut approcher d’un échange nucléaire. Il a été possible de les contrer, de manière tout aussi peu violente, comme avec le pont aérien à la suite du blocus de Berlin en 1949, ou inversement avec le blocus de l’île de Cuba en 1962, après la découverte des sites de lancement de missiles soviétiques, accompagné de quelques menaces de frappes conventionnelles et d’une mise en alerte nucléaire. Ce n’était pas sans risques et donc aussi sans pertes sur la durée – 70 soldats britanniques et américains tués par accidents lors du blocus de Berlin – mais dans les deux cas, les Soviétiques ont cédé.

Bref, dans ce jeu de poker où l’on doit faire céder l’autre sans jamais étaler ses cartes sur le champ de bataille meurtrier, il est possible de contrer les coups du camp adverse sans franchir le seuil de la guerre ouverte et à grande échelle.

Autres exemples de contres, à commencer par un soviétique cette fois. Pour faire face à la supériorité aérienne américaine contre leurs amis, les Soviétiques n’ont jamais hésité à utiliser des unités masquées simplement sous les couleurs locales — escadrilles de chasse en Corée ou bataillons de défense aérienne sol-air au Nord-Vietnam — sans que cela déclenche quoi que ce soit avec les États-Unis, trop heureux de fermer le yeux.

En mars 1970, c’est en pleine guerre d’usure entre Israël et l’Égypte que les Soviétiques interviennent. Les Israéliens sont alors en pleine campagne aérienne dans la profondeur de l’Égypte. Les Soviétiques la contrent en déployant, en un mois — opération Caucase — trois divisions de défense sol-air et deux régiments de chasseurs Mig-21 le long du Nil. Tout est peint aux couleurs égyptiennes, mais personne n’est dupe, surtout pas les Israéliens qui comprennent le message et renoncent à leurs attaques dans la région du Nil.

Avant de cesser leurs raids en profondeur, les Israéliens font passer à leur tour un message aux Soviétiques en expliquant que leurs unités de défense aérienne qui dépasseraient une ligne de 50 km à l’ouest du canal de Suez seraient attaquées (au passage, voilà comme pour le Nil une vraie ligne rouge, avec une limite et des conséquences claires). Les Soviétiques tentent quand même le coup avec une nouvelle manœuvre de déploiement rapide, assez magistrale avec l’aide des Égyptiens, le long du canal. Les Israéliens attaquent donc et c’est le début d’une guerre soviéto/égypto-israélienne, mais ce qui est intéressant, c’est qu’il s’agit en fait d’une micro-guerre ou d’une guerre très contenue, car aucun des deux côtés ne veut aller trop loin, avec en arrière-plan les États-Unis qui pèsent aussi très fort dans ce sens. On s’accroche donc discrètement pendant les mois de juin et juillet 1970. Les Israéliens lancent des raids au sol et surtout depuis les airs contre les positions des Soviétiques et Egyptiens, et ceux-ci les contrent et les chassent. Plusieurs avions sont abattus de part et d’autre.

Cela aboutit, le 30 juillet, au plus grand combat aérien du Moyen-Orient avec 30 avions engagés et à une défaite nette des Soviétiques, qui perdent cinq Mig-21 abattus et un endommagé, avec deux pilotes tués, contre un Mirage III endommagé. Les Soviétiques ne fléchissent pas pour autant et renforcent même leur dispositif. Les Israéliens cèdent, sous la fausse promesse soviétique de retirer leur dispositif du canal, et les combats s’arrêtent.

Autres exemples de zones d’interdiction imposées en pleine guerre : les opérations françaises Manta et Épervier au Tchad. En août 1983, le gouvernement tchadien fait face à la rébellion du Gouvernement d’union nationale de transition (GUNT) et, surtout, à la Libye, qui s’était emparée de la bande d’Aouzou en 1976 et dont les forces ont pris Faya-Largeau, menaçant la capitale. Pour la quatrième fois après avoir été chassée, la France répond à la demande d’aide de N’Djamena et déploie en quelques jours une force de dissuasion (on ne parle pas alors de « réassurance ») terrestre au centre du pays : une brigade, soit approximativement ce que la France est toujours capable de déployer, et, face au ciel, un puissant escadron de chasse à N’Djamena et à Bangui, ainsi qu’un groupe aéronaval au large des côtes libyennes. Les 15e puis 16e parallèles sont déclarées lignes rouges, sur terre comme dans le ciel.

C’est une prise de risques : le dispositif est testé par le GUNT, et il y a des pertes – deux pilotes dans leur avion Jaguar pendant ou après un combat, neuf parachutistes dans un accident – mais, au bout du compte, cette première opération, Manta, réussit, puisque l’ennemi du gouvernement tchadien et l’adversaire de la France est dissuadé.

Cette réussite est toutefois provisoire, car les promesses du colonel Kadhafi en échange du départ français ne sont pas tenues. Après un bombardement aérien sur N’Djamena, une nouvelle opération de dissuasion, Épervier, est lancée en février 1986, centrée uniquement sur la dissuasion aérienne, avec à nouveau un puissant escadron de chasse et, cette fois, un dispositif anti-aérien au sol. Une nouvelle fois, il y a des tensions et même des combats, avec des raids français sur les bases libyennes et la destruction d’un bombardier léger TU-22 par une batterie de missiles Hawk en septembre 1987, mais l’opération est à nouveau un succès, facilitant la victoire au sol de l’armée nationale tchadienne.

On pourra rétorquer que ce n’était que la Libye, par la puissante Russie et ses alertes nucléaires tous les deux jours, et que l’on ne risquait pas grand-chose. C’est un jugement rétrospectif. Si l’on anticipait effectivement une victoire en cas d’affrontement à grande échelle, on anticipait aussi qu’elle serait meurtrière pour nous. Par ailleurs, la Libye n’a pas hésité à nous attaquer autrement : on ne parlait pas à l’époque de « guerre hybride » (et c’est heureux) mais elle soutenait par exemple les indépendantistes en Nouvelle-Calédonie ou organisait des attentats terroristes, comme la destruction du vol UTA en septembre 1989, tuant 170 personnes, dont 54 Français. Tous ces risques étaient connus et ont été pris en connaissance de cause par le président de la République. Au bout du compte, cela a réussi bien plus que dans les autres endroits où nous avons été faibles, comme au Liban.

En résumé, avec un peu de courage politique et quelques moyens à la fois rapides et puissants, on peut agir dans la zone des affrontements sous le seuil de la guerre, jusqu’à même atteindre éventuellement et résister à celui de la micro-guerre. La France a montré qu’elle pouvait avoir ce courage et ces moyens, facilités, et ce n’est pas un hasard, par les pouvoirs donnés par les institutions de la Ve République au président de la République – mais qui d’autre ? Le club est très fermé dans les pays européens.

Tout cela pour dire que l’on pouvait, et que l’on peut toujours, réaliser des opérations militaires pour obtenir des effets stratégiques en lien avec la Russie et contre la Russie, sans pour autant déclencher une guerre ouverte et générale, ce que personne ne souhaite, y compris les Russes.

On parle donc beaucoup de cette force de réassurance – pour ne pas dire dissuasion d’une invasion future – européenne en Ukraine, en la conditionnant toutefois à un arrêt des combats et, pour beaucoup, à un soutien et un appui américain. Soyons clairs : cette idée représente déjà un immense progrès par rapport à la pusillanimité générale d’il y a peu, mais elle a peu de chances de se réaliser à court terme, pour la raison simple qu’elle est incompatible avec l’idée même d’arrêt des combats. Dans la vision russe, il n’était pas nécessaire de mener la guerre en Ukraine pour, entre autres, l’empêcher d’entrer dans l’OTAN, si c’est pour voir des brigades de pays de l’OTAN venir la protéger. À moins d’y parvenir par les armes ukrainiennes – à condition qu’elles soient plus nombreuses – et/ou peut-être, mais j’ai des doutes, par une pression économique maximale, on ne voit pas comment les Russes accepteraient de cesser le combat, ne serait-ce qu’en maintenant des accrochages sur la ligne de front, histoire d’affoler les plus tendres des Occidentaux.

À ce stade, si on veut vraiment déployer cette fameuse force, dont la pointe de combat serait, comme d’habitude, limitée à quelques contingents français prêts à prendre des risques – français, britanniques, baltes et scandinaves – on ne voit donc pas d’autre solution que de la déployer en périphérie de l’Ukraine, en Pologne ou en Roumanie, avec des règles d’engagement et des procédures claires en cas, non pas d’agression, mais de menace d’agression, pour y pénétrer et vraiment dissuader. Cela posera encore beaucoup de problèmes, dont celui de l’acceptation des pays d’accueil, mais c’est pour l’instant, je crois – et je l’ai dit depuis longtemps – la seule option crédible.

À défaut, il est quand même possible de faire des choses depuis les Tigres volants jusqu’à l’équivalent des opérations Caucase ou Épervier. C’est le sens de l’initiative SkyShield – « bouclier du ciel » en bon français – qui consisterait à interdire le ciel à tout objet volant hostile au-delà d’une certaine limite claire, sans doute le Dniepr, à la manière des Soviétiques interdisant le ciel du Nil aux Israéliens en 1970.

Comment ? Avec des batteries de tir anti-drones dans l’ouest de l’Ukraine — une excellente manière, au passage, d’apprendre à contrer cette menace qui nous concernera forcément un jour — et des batteries de tir ainsi que des patrouilles de chasse depuis les bases périphériques de l’Ukraine.

Y a-t-il des risques ? Oui, bien sûr. Sinon, il y a longtemps que l’on l’aurait fait. Il y aura des ratés, des accidents, peut-être des accrochages, mais au bout du compte, ils resteront limités puisqu’il est très probable que l’on n’affronte, de toute façon, que des machines. Je pense qu’il y a en fait sans doute moins de risques que dans les exemples cités plus haut, et pas plus que lorsque l’on interceptait récemment les projectiles iraniens en direction des villes israéliennes.

Est-ce que ce sera utile ? Oui, bien sûr. Cela soulagera une partie des souffrances de la population et permettra à la défense aérienne ukrainienne de réduire et de densifier son périmètre de protection.

Les Russes vont-ils hurler ? Oui, bien sûr. On connaît déjà les mots d’ordre transmis à leurs relais trompettes : la peur de l’escalade vers la guerre, voire la troisième guerre mondiale, forcément nucléaire. Ce discours, supposément pacifiste, sera enrobé de considérations sur la politique intérieure, le complot mondial — on ne peut plus dire « américain » maintenant que les complotistes sont trumpistes — le pseudo-réalisme, etc. Ils ne manqueront pas de se déchaîner en commentaires ici ou sur les différents réseaux sociaux. Ce discours est en plastique, bien sûr, mais il a réussi à nous inhiber en partie et nous rendre au bout du compte plus lâche que nous étions il y a quelques années.

En résumé, si l’on veut aider l’Ukraine tout de suite et pas seulement attendre un arrêt des combats — et peut-être justement pour contribuer à cet arrêt en exerçant une pression sur les Russes — le moyen le plus simple et rapide reste l’opération SkyShield. On montrera au moins que les Européens ne se contentent pas de regarder passer les événements du monde, comme les vaches regardent passer les train

 

P-8 Secretif de retour en patrouille de la mer Noire avec un capteur aéroporté avancé

par Lac de Jon

Le 27 août 2025, la chaîne russe Telegram de Fighterbomber a publié un clip vidéo pris par le pilote d’un chasseur russe Su-27SM au-dessus de la mer Noire ce jour-là. La vidéo montrait un avion de patrouille maritime P-8A Poseidon (MPA) de la marine américaine, portant le numéro de Bureau (BuNo) 169554, avec son Raytheon AN/APS-154 Advanced Airborne Sensor (AAS) en position étendue: la première fois que l’on voit « publiquement » ce point.

La mission avait été suivie par le site Web ItaMilRadar, qui révélait que l’avion avait décollé de la centrale de marine (NAS) de Sigonella vers 9 heures (CEST), traversant la Grèce et la Bulgarie avant de se ravitailler au-dessus de l’est de la Roumanie. L’avion a ensuite traversé la mer Noire avant de patrouiller au large de Sébastopol et la base navale russe de Novorossiysk. Le Poséidon retourne à Sigonella vers 17 h 30 CEST.

Il s’agit de la dernière d’une série de missions similaires au cours desquelles les P-8A ont patrouillé à l’approche de Novorossiysk, qui a remplacé Sébastopol en tant que principale base de la flotte russe de la mer Noire à la suite des frappes de missiles et de drones ukrainiens.

Les patrouilles des P-8A équipés de l’AAS avaient cessé en mars de cette année, lorsque l’administration Trump a décidé de cesser de fournir des données de renseignement à l’Ukraine. Deux avions P-8A équipés de l’AAS (168996 et 1695554) ont volé de la NAS Sigonella à Portsmouth aux États-Unis le 8 mars 2025. Ils ont ensuite déménagé dans de nouvelles bases pour lancer une nouvelle mission de surveillance de la frontière américaine.

Les vols de reconnaissance P-8 dans la région de la mer Noire ont maintenant repris à un rythme renouvelé, mais ils soulignent l’engagement continu des États-Unis en faveur des efforts occidentaux pour surveiller les activités navales russes dans la mer Noire et pour protéger le «couloir grain», qui reste stratégiquement vital pour les exportations ukrainiennes.

P-3, P-8 et gousses

Des systèmes radar multifonctions avancés conçus pour fournir une cartographie au sol à haute résolution, une détection et un suivi des cibles mobiles, dans des environnements trop aquatiques, terrestres et littoraux, sont déployés sur des zones marines protégées P-3 de l’US Navy et, plus récemment, des P-8 depuis quelques années.

Le système de radar de surveillance du littoral (LSRS) AN/APS-149 utilisait des systèmes de radar à synthèse à haute résolution (SAR) et de radar à synthèse d’ouverture (ISAR) à haute résolution pour fournir des images à haute résolution et identifier des cibles mobiles.

Le LSRS (ou un précurseur) a été noté pour la première fois sur un laboratoire de recherche navale américain NP-3B (152739) en 1978, peut-être sous forme de prototype. Développé dans le «monde noir», il semble être entré en service sur le P-3C vers 1997. Quelque 12 systèmes ont été acquis, avec 16 avions P-3C BMUP modifiés pour transporter le LSRS en tant que plates-formes BMUP. Il s’agissait de 161121, 161126, 161132161404, 161405, 161408161411, 161414, 161415161586, 161587, 161588161589, 161590, 161593 et 161596. En outre, 158574, 160293, 161337 ont également été observés avec LSRS.

Ces appareils ont été affectés aux escadrons de patrouille de l’US Navy VP-1, VP-4, VP-8, VP-10, VP-26, VP-40 et VP-46.

Les trois derniers P-3C équipés de LSRS fonctionnaient souvent sans bus ou modex visibles, et même manquaient de titres NAVY, bien qu’il soit entendu qu’ils étaient/ont été de 15854, 160293 et 161337 et qu’ils étaient pilotés par des équipages de la marine américaine utilisant des indicatifs d’appel de la marine. Il a été dit que l’avion effectuait des missions d’interdiction de la drogue le long de la frontière américano-mexicaine et dans le golfe du Mexique.

Ils ont récemment été exploités par le Bureau du personnel de la composante de service maritime de Dallas (BUPERS SDC Dallas), après avoir été notés apparemment opérant avec le détachement de soutien de vol du commandement des systèmes aériens navals à Dallas et avec le VP-46, qui a été déployé à la base aérienne d’Al-Udeid au Qatar en 2005. Il est tout à fait possible que l’avion ne porte que des marquages VP-46 et qu’il soit encore toujours avec BUPERS SDC Dallas. Le déploiement final du P-3C avec le SLRS s’est terminé fin septembre 2019.

L’US Navy a attribué un contrat pluriannuel pour le développement du capteur aéroporté AAN/APS-154 (AAS) pour le P-8A à la Raytheon Company en juillet 2009. Le développement a été accéléré par la réutilisation du matériel LSRS.

Le nouveau capteur, doté d’un réseau à balayage électronique actif à double face (AESA), a été conçu pour remplacer les capacités du LSRS, mais en mettant davantage l’accent sur la détection non traditionnelle de la guerre anti-sous-marine (ASW). Un sous-marin moderne déplace beaucoup d’eau en se déplaçant, générant un sillage, en particulier lorsqu’il se déplace rapidement et relativement près de la surface. Ce sillage est invisible pour l’œil humain sur la surface, fusionnant avec le motif normal des ondes, mais des capteurs avancés avec une très haute résolution et un traitement de données avancé peuvent détecter le léger sillage des motifs d’ondes, détectant effectivement un signal de la masse de bruit de fond.

Le premier P-8A équipé de l’AAS a effectué son premier vol à la NAS Patuxent River, dans le Maryland, le 20 mai 2015. Les essais effectués par l’escadron d’essais aériens et d’évaluation (VX) 1 «Pioneers» et plus tard VX-20 «Force» à la rivière NAS Patuxent ont précédé les livraisons à Love Field à Dallas pour une utilisation opérationnelle.

L’opérateur est à nouveau BUPERS SDC Dallas, qui a des détachements à NAS Patuxent River et NAS Point Mugu, en Californie, et a été décrit comme une unité de projet critique de catégorie 1A chef des opérations navales (CAT 1A CNO). L’unité est également connue sous le nom de NAWC-23.

Le Poseidon P-8A propose d’importantes modifications pour transporter le SCA, y compris les «pylons» pour fixer la gousse (le berceau du mécanisme de déploiement des dépôts spéciaux de la mission (SMPDM)). Cela abaisse la nacelle radar, empêchant l’obstruction du champ de vision du radar par les moteurs sous-auvages du P-8A. Il y a également une modification aérodynamique au-dessous du fuselage, au-dessus de l’extrémité avant de l’AAS, et deux grandes virures au-dessous du fuselage arrière.

Au moins 16 AE-8 ont été modifiés pour transporter l’AAS. Alors que les P-3C LSRS étaient extrêmement anonymes, les P-8A équipés d’AAS ont été vus avec des codes de tail, des modesx et des titres NAVY.

En août 2019, les P-8As 167951 et 167954 équipés par l’AAS avaient été notés avec le VX-20, tandis que 167952/952, 169007/007, 169010/010 et 169335/335 servaient auprès de BUPERS SDC Dallas. 168996 a été vu à Love Field en mars 2018 et à Kadena sous le nom de LA996 en juillet 2019, opérant ostensiblement avec VP-5 «Mad Foxes».

Depuis lors, 169325/325, 169336/LA336, 169341/341, 169554/LK554, 169567/567, 169568/568, 169571/LF571, 170014/014 et 170015/015 ont tous été repérés portant des AAS.

Pod multi-organisations

La nacelle AN/APS-154 AAS ne doit pas être confondue avec le nouveau multi-missions Pod (MMP) développé par Boeing à l’aide de fonds internes à partir de 2016. La MMP est conçue pour transporter des capteurs qui ne sont pas organiques au Poséidon et se fixe aux points de fixation existants développés pour l’AAS, en utilisant la même puissance et le même refroidissement. La MMP de 20 pieds (6 m) de long est plus courte que la nacelle AAS et est conçue pour accepter une gamme de charges utiles modulaires, offrant potentiellement des ouvertures plus grandes pour une variété de capacités multi-capteurs, multispectrals et multi-intelligents. Il pourrait s’agir de matériel utilisé par les pays exportateurs.

Le MMP a été commercialisé pour la première fois au salon aéronautique de Dubai 2021 et l’US Navy a attribué un contrat d’intégration de la gousse sur le P-8A en septembre 2023.

Le MMP a commencé à tester le P-8A à la rivière NAS Patuxent en juillet 2024, avec une certification attendue à la fin de l’été. L’avion utilisé était un ancien banc d’essai AAS: 167951/951 du VX-20.

La Turquie a lancé la production en série de son nouveau char de combat Altay

par Laurent Lagneau 

En 2007, le ministère turc de la Défense confia au groupe Otokar le soin de concevoir un nouveau char de combat, appelé Altay, dans le cadre du programme MITÜP [Mili Tank Üretimi Projesi]. Et cela en lien avec plusieurs sous-traitants, dont Aselsan pour le système de contrôle de tur, STM pour les systèmes d’information et MKEK, pour l’intégration du canon de 120 mm et la production des munitions. L’objectif était alors de mettre en service les 250 premiers exemplaires devant être commandés [sur 1 000 prévus] en 2020.

En outre, partant quasiment d’une feuille blanche [un projet de char turc avait été abandonné dans les années 1940, ndlr], la Turquie sollicita l’appui du groupe sud-coréen Hyundai Rotem pour développer une partie des technologies nécessaires à l’Altay à partir de celles du K2 Black Panther.

Seulement, ce programme eut son lot de difficultés. Après les soubresauts politiques, marqué par un coup d’État manqué, en juillet 2016, Otokar en perdit la direction au profit du groupe BMC, proche du Parti de la justice et du développement [AKP] du président Erdogan.

Mais l’obstacle le plus important concernait le groupe motopropulseur du futur char.

Au début des années 2010, Ankara avait envisagé une coopération avec le japonais Mitsubishi Heavy Industries. Mais les discussions ne purent aboutir sur un accord. La piste du motoriste britannique Perkins, filiale de l’américain Caterpillar, fut explorée sans résultat. L’allemand MTU fut approché… mais le veto mis par Berlin aux exportations de matériels militaires vers la Turquie fit capoter l’affaire.

Finalement, le salut vint une nouvelle fois de la Corée du Sud, un accord ayant été trouvé avec Doosan et S&T Dynamics, deux sous-traitants de Hyundai Rotem, pour la fourniture de groupes motopropulseurs et de systèmes de transmission.

Dans le même temps, le ministère turc de la Défense confia un autre contrat à BMC pour concevoir le moteur BATU, avec un « maximum de composants locaux et un minimum de technologie étrangère ».

Avec tous ces obstacles, l’objectif de mettre l’Altay en service en 2020 fut manqué. Cependant, le 5 septembre, Fuat Tosyali, le PDG de BMC, a confirmé que la production en série de ce nouveau char venait de commencer dans une usine récemment construite à Ankara et avec le concours de 600 sous-traitants locaux.

« Nous sommes heureux de réaliser le rêve centenaire de la Turquie et de lancer la production en série du char Altay » a-t-il en effet déclaré, selon des propos rapportés par Anadolu Ajansı. « L’usine est terminée. Nous espérons qu’elle répondra aux besoins des forces armées turques et des pays alliés dans le secteur de la défense », a-t-il ajouté.

Reste que le groupe motopropulseur BATU est encore en phase d’essais. Il « doit effectuer certains tests avant de pouvoir être utilisé dans nos chars. Des essais sur route et un parcours d’endurance de 10 000 kilomètres sont nécessaires, ainsi que l’atteinte des niveaux de performance. Jusqu’à présent, le programme n’a connu aucun contretemps », a fait valoir M. Tosyali.

Selon un échéancier livré par l’agence turque des industries de défense [SSB – Savunma Sanayii Başkanlığı], trois chars Altay doivent être livrés en 2025, puis 11 en 2026, 41 en 2027, 30 en 2028.

Pour rappel, affichant une masse de 65 tonnes et mis en œuvre par un quatre hommes [conducteur, canonnier, chargeur et chef de char], l’Altay est armé d’un canon de 120 mm [MKEK] ainsi que d’une mitrailleuse coaxiale de 7,62 mm et d’un mitrailleuse de 12,7 mm montée sur tourelleau téléopéré Aselsan STAMP/II. Il est équipé d’un système modulaire de contrôle de tir Volkan-III et du système de protection active AKKOR. Le Qatar en a commandé 100 exemplaires, en 2019.

 

L’intrigant ballet d’avions-cargos militaires au-dessus de Bujumbura

par  Ton Koene/Alamy

Sous pression de la rébellion, Kinshasa et Gitega ont fait de l’aéroport de la capitale économique burundaise un hub discret pour acheminer armes et renforts vers le front de l’Est congolais. […]

Naval Group confirme un accord industriel sur les sous-marins avec PGZ, le principal groupe polonais de défense

par Laurent Lagneau 

Signer des accords avec des entreprises d’un pays auquel on souhaite vendre des navires est une condition nécessaire mais pas suffisante pour obtenir un contrat. D’ailleurs, l’appel d’offres des futures frégates norvégiennes vient de le démontrer : malgré les partenariats noués avec le groupe Kongsberg et des instituts de recherche locaux, Naval Group s’est fait doubler par le britannique BAE Systems [qui en avait fait autant, mais avec d’autres acteurs], Oslo ayant justifié son choix par son « intimité stratégique » avec Londres.

Qu’en sera-t-il avec la Pologne qui, après l’avoir mis sous le boisseau, a relancé son programme « Orka » en 2023, afin d’acquérir au moins trois sous-marins à propulsion diesel-électrique, via un investissement d’environ 2,5 milliards d’euros ?

Sur les onze industriels sollicités par Varsovie il y a deux ans, sept sont encore en lice, dont le britannique Babcock, l’italien Fincantieri, le suédois Saab, l’allemand TKMS, l’espagnol Navantia, le sud-coréen Hanwha Ocean et Naval Group, qui propose une variante du Scorpène.

À l’occasion du salon de l’armement MSPO, qui s’est tenu à Kielce, cette semaine, Hanwha Ocean a signé un protocole d’accord avec le groupe polonais Famor, en vue de « faciliter le transfert de technologies et de savoir-faire industriels » vers la Pologne si celle-ci arrête son choix sur le sous-marin KSS-III. Ce dernier ferait partie des favoris, en raison de la promesse du constructeur sud-coréen de livrer la première unité avant 2028.

Mais c’est surtout le groupe public Polska Grupa Zbrojeniowa [PGZ] qui a été courtisé par les principaux concurrents du programme Orka, ce dernier a ayant signé des protocoles d’accord avec Babcock International, Saab et Fincantieri.

Au passage, l’industriel suédois a pu bénéficier d’un coup de pouce de son gouvernement, Stockholm et Varsovie ayant profité du salon MSPO pour annoncer le renforcement de leur coopération militaire. D’ailleurs, son PDG, Micael Johansson, n’a pas manqué de souligner qu’il existait « un grand potentiel pour élargir le partenariat entre » la Suède et la Pologne « afin de garantir la sécurité et la stabilité en Europe, y compris dans la région de la mer Baltique ». Seulement, la candidature de Saab risque de souffrir des difficultés du programme suédois de sous-marins A26.

Quant à Naval Group, il a un temps d’avance sur ses concurrents puisqu’il avait déjà signé un protocole d’accord avec PGZ en 2017, quand il s’appelait encore DCNS. À l’époque, il avait également noué un partenariat industriel avec le chantier naval MARS-Nauta.

Lors du salon MSPO, l’industriel français a transformé l’essai en signant avec PGZ un accord de coopération industrielle [ICA] portant sur « la construction de sous-marins et d’autres navires hautement spécialisés”.

« C’est une étape importante dans la relation stratégique entre les deux entreprises, élevant ainsi le champ de la coopération à un niveau supérieur et ouvrant la possibilité d’intégrer l’industrie polonaise de défense à notre chaîne d’approvisionnement », a expliqué Naval Group, via un communiqué. Et de rappeler que cet accord « contribue également à approfondir le partenariat stratégique entre la France et la Pologne, dans le cadre du traité d’amitié franco-polonais signée à Nancy le 9 mai 2025 ».

La signature de cet accord de coopération industrielle fait suite à la visite à Toulon d’une délégation emmenée par le Paweł Bejda, le vice-ministre polonais de la Défense, dans « dans le cadre des analyses et des négociations approfondies menées au titre du programme Orka ».

Cette délégation « a eu l’occasion de mener des entretiens de travail au cours desquels elle a notamment abordé les perspectives de transfert de technologie et l’implication de l’industrie polonaise », avait expliqué le ministère polonais de la Défense, le 16 juillet dernier.

Récemment écarté de l’appel d’offres sur les futurs sous-marins de la Marine royale canadienne au profit de TKMS et de Hanwha Ocean, Naval Group met donc toutes les chances de son côté pour remporter la mise en Pologne. De tels efforts seront-ils payants ? On ne tardera pas à le savoir, Varsovie devant annoncer son choix avant la fin de cette année.

Le Service hydrographique de la Marine a reçu son premier drone de surface autonome Drix H-8 « Marlin »

par Laurent Lagneau

Étant susceptible de contribuer à l’établissement d’une situation tactique grâce à sa suite de capteurs, un drone autonome de surface Drix H-8, prêté par l’entreprise Exail, a été évalué par le Centre d’expertise des programmes navals [CEPN] de la Marine nationale, à l’occasion de l’exercice Dragoon Fury 25, organisé en mars dernier.

Or, la vocation du Drix H-8 est scientifique puisqu’il a d’abord été conçu pour réaliser des travaux hydrographiques [cartographie des fonds marins, bathymétrie, hydrodynamique côtière, etc.] qui peuvent aussi intéresser la Marine nationale.

D’où l’acquisition d’un tel drone de surface par le Service hydrographique de la Marine [SHOM], établissement public à caractère administratif placé sous la tutelle du ministère des Armées.

Ayant la mission de « connaître et de décrire l’environnement physique marin dans ses relations avec l’atmosphère, avec les fonds marins et les zones littorales, d’en prévoir l’évolution et d’assurer la diffusion des informations correspondantes », le SHOM vient en effet prendre possession de son premier drone de surface Drix H-8, qu’il a appelé « Marlin ».

« Le SHOM est le premier établissement public français à se doter d’un tel équipement scientifique. Son arrivée inaugure une transformation des moyens d’acquisition de données hydrographiques et océanographiques prévue sur cinq ans afin de répondre aux enjeux de la connaissance de l’océan », a-t-il expliqué, via un communiqué diffusé le 4 septembre.

Le « Marlin » sera principalement mis en œuvre depuis les ports de la façade atlantique et de la Manche. Au besoin, il pourra être exploité depuis le Bâtiment hydro-océanographique [BHO] Beautemps-Beaupré de la Marine nationale, notamment « pour intervenir dans des zones plus éloignées, notamment outre-mer ou lors de coopér


objet : Fwd: INFOS MILITAIRES 4 et 6 septembre 2025

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Nucléaire iranien : les stocks d’uranium enrichi à 60 % progressent, selon l’AIEA

Le programme nucléaire iranien continue d’avancer selon les dernières données de l’AIEA. Même si l’impact des frappes sur les sites du pays reste difficile à évaluer.

par Cédric Bonnefoy

D’après un rapport confidentiel de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), le programme nucléaire iranien possède de plus en plus de stocks d’uranium enrichi à 60 %. Attention : les données disponibles s’arrêtent au 13 juin 2025, date des premiers bombardements israéliens sur les sites du pays.

Le programme nucléaire iranien ne cesse d’avancer, selon l’AIEA

Début septembre 2025, l’Agence internationale de l’énergie atomique confirme que Téhéran poursuit un enrichissement massif de son uranium à 60 %, un seuil technique qui rapproche le pays d’un usage militaire de la matière fissile. L’avertissement survient alors que les inspections restent limitées depuis les frappes israéliennes et américaines de juin 2025.
Selon les données de l’AIEA, les réserves iraniennes d’uranium enrichi à 60 % sont passées de 274,8 kg en février à 408,6 kg en mai, avant d’atteindre 440,9 kg mi-juin 2025. Cette accumulation rapide témoigne d’une stratégie d’accélération qui inquiète directement la communauté internationale.

Les experts soulignent que 60 % constitue un palier critique. Le passage au niveau de 90 %, nécessaire pour un usage militaire, ne représente plus qu’une étape technique relativement rapide. L’AIEA a d’ailleurs estimé que le stock détenu en juin équivaut, s’il était porté à 90 %, à la matière nécessaire pour la fabrication d’une dizaine d’ogives nucléaires.

Un programme civil aux contours militaires

L’argument officiel de Téhéran reste inchangé : l’enrichissement servirait à des usages civils, notamment la recherche médicale. Mais pour les inspecteurs, cette justification ne suffit plus. En effet, la densité de matière fissile dépasse largement les besoins énergétiques ou médicaux, laissant penser à un objectif militaire implicite.
Le directeur général de l’AIEA, Rafael Grossi, a exhorté l’Iran à accepter rapidement la reprise des inspections. Il a rappelé que « les négociations ne peuvent pas durer indéfiniment ». Or, depuis les frappes israéliennes et américaines, l’accès de l’agence aux sites de Fordow et Natanz reste fortement restreint, empêchant toute vérification complète.

L’Iran face à la pression internationale

Face à cette progression, les Européens ont réactivé le mécanisme de « snapback » des sanctions à l’ONU. Cette procédure permet de rétablir les mesures punitives levées après l’accord de Vienne de 2015. Pour Paris, Londres et Berlin, la poursuite d’un enrichissement à 60 % constitue une violation manifeste de l’esprit de l’accord.
Parallèlement, des instituts spécialisés comme l’ISIS estiment que l’Iran pourrait transformer son stock en uranium militaire en quelques semaines. Selon leurs calculs, le pays serait en mesure de produire jusqu’à 11 charges nucléaires en un mois et plus de 20 en cinq mois, si ses capacités de conversion restaient intactes. Une perspective qui nourrit les tensions régionales et ravive la crainte d’une prolifération nucléaire au Moyen-Orient.

 

Le ministère des Armées a lancé le développement de SYDERAL, une arme laser de très forte puissance

par Laurent Lagneau 

La spectaculaire parade militaire qui s’est tenue le 3 septembre, à Pékin, pour marquer le 80e anniversaire de « la victoire de le Guerre de résistance du peuple chinois contre l’agression japonaise » a été l’occasion pour l’Armée populaire de libération [APL] de faire étalage de sa puissance en dévoilant de nombreux nouveaux blindés, missiles et drones.

Parmi ceux-ci, le missile balistique stratégique intercontinental DF-5C a notamment retenu l’attention des observateurs, avec sa portée de 20 000 km, ce qui lui permettrait de frapper un objectif « n’importe où sur la terre », selon le quotidien Global Times, associé au Parti communiste chinois. Même chose pour le HQ-29, décrit comme étant capable d’intercepter une cible évoluant à 500 km d’altitude, et donc les satellites placés en orbite basse.

L’APL a également dévoilé trois nouveaux missiles antinavires hypersoniques [les YJ-17, YJ-19 et YJ-20], les missiles à capacité nucléaire JL-1 [aéroporté], JL-3 [pour les sous-marins], DF-61 et DF-31BJ, les drones sous-marins de type XLUUV [eXtra Large Uncrewed Undersea Vehicle] AJX002 et le HSU100, des drones aériens de combat [GJ-11 Sharp Sword et deux autres modèles, de type « ailier fidèle » inconnus], les chars Type 99B et 100, des blindés dédiés aux opérations amphibies ainsi que des armes à énergie dirigées, dont le système LY-1, présenté comme étant le « canon laser le plus plus puissant du monde », sans plus de précision.

Cela étant, la Chine n’est évidemment pas la seule à développer des armes à énergie dirigée. Ainsi, fin 2024, la marine américaine a testé avec succès, depuis le « destroyer » USS Preble, le système laser HELIOS [High Energy Laser and Integrated Optical Dazzler and Surveillance] contre une cible simulant un missile de croisière.

Au Royaume-Uni, la Royal Navy a fait connaître son intention d’équiper ses frégates avec l’arme laser « DragonFire », qui, d’une puissance de 50 kW, est en mesure d’abattre des drones à « plusieurs kilomètres » de distance. Plus récemment, les forces israéliennes ont recours à une telle technologie pour abattre des drones du Hezbollah, après avoir dévoilé le système Iron Beam, d’une puissance de 100 kW.

La France n’est pas en reste. En juin 2023, la Frégate de défense aérienne [FDA] Forbin a testé le système HELMA-P, développé par CILAS dans le cadre du marché L2AD [Laser de lutte anti-drones]. À l’époque, le ministère des Armées avait indiqué que le succès de cet essai allait ouvrir la voie « à une poursuite du développement du prototype en vue de son intégration, à terme, aux bâtiments de la Marine ». Par la suite, ce dispositif a été déployé à l’occasion des Jeux olympiques de Paris.

Mais il est question d’aller plus loin. En effet, ce 4 septembre, la Direction générale de l’armement [DGA] a annoncé qu’elle venait de notifier à un consortium formé par MBDA, Safran Electronics and Defense et CILAS la commande d’un « démonstrateur de laser de forte puissance destiné à la lutte antidrone ».

Ce contrat vise à développer à un démonstrateur d’un système d’arme laser qui, appelé SYDERAL [Système Laser de Défense de Nouvelle Génération], aura une puissance de plusieurs dizaines de kilowatts et qui bénéficiera de « technologies innovantes permettant de combiner et de concentrer l’énergie laser pour neutraliser notamment les drones tactiques avec une efficacité maximale ».

Selon la DGA, devant être conçu sur la « base d’une architecture évolutive et modulaire » tout étant « relativement compact au regard de la puissance visée », SYDERAL « permettra d’évaluer l’efficacité de l’arme laser pour la neutralisation de drones tactiques, de roquettes, d’obus de mortier et de munitions téléopérées, en vue d’équiper les forces armées à l’horizon 2030 ».

Le consortium retenu pour ce projet « apportera une expertise de haut niveau sur les technologies complexes nécessaires » à sa réalisation, en particulier dans les domaines de la « combinaison de faisceaux laser, du suivi vidéo automatique de haute précision et de l’optique adaptative ».

Ce projet a déjà fait l’objet d’un premier contrat, notifié en 2024 à Lumibird et à CILAS. D’un montant de 10 millions d’euros, il prévoyait le développement d’une « filière de sources laser ayant des caractéristiques permettant d’en combiner un grand nombre, en vue d’obtenir une très forte puissance »… Ce qui est l’objectif final de SYDERAL, celui-ci devant être en mesure de « faire face à des menaces plus complexes comme les missiles », a conclu la DGA.

Pour rappel, une arme laser possède au moins deux avantages : elle est précise et son coût d’utilisation est très faible par rapport à celui d’un missile surface-air. En revanche, leur efficacité dépend de plusieurs facteurs, à commencer par les conditions météorologiques.

 

Le courant de l’Europe pour se procurer de l’artillerie à la roquette

par Tim Guest

Tirs d’essais de validation PULS de l’armée néerlandaise, juillet 2025. Plusieurs armées européennes de l’OTAN s’efforcent de construire leurs inventaires d’artilleries après des années de complaisance et face à de vieux dangers qui sont rentrés sur le continent. Pour y parvenir rapidement, des systèmes sont achetés dans l’ensemble de l’Alliance. (Ministère hollandaise de la Division de la défense)

Les systèmes d’artillerie à fusée ont été largement utilisés par les deux parties pendant la guerre russe en cours contre l’Ukraine. En conséquence, les Alliés européens/OTAN de Kiev investissent maintenant à grande échelle dans leurs propres inventaires d’artilleries de fusées à forte angle.

La dernière vague d’achats est due en partie au fait que divers utilisateurs ont fourni des lanceurs et des munitions à l’Ukraine au cours des dernières années, ce qui a entraîné une épuisement de divers stocks et ayant besoin d’être reconstitués. En outre, l’Europe a commencé à se rendre compte qu’elle doit moins dépendre des États-Unis pour leur sécurité future que de ses propres ressources, de ses équipements et de ses chaînes d’approvisionnement. En ce qui concerne l’artillerie à la roquette, la guerre en Ukraine a également souligné l’urgente nécessité pour les nations européennes, dont plusieurs sont des voisins russes immédiats, d’accroître leurs capacités de tir indirect de surface à surface à plus longue portée, de frappe de précision, de frappe de précision; l’artillerie de tube traditionnelle, aussi sophistiquée et de grande calibre que le canon soit-il, tout en restant d’une importance cruciale, ne répond tout simplement pas aux exigences à plus long terme du champ de bataille moderne.

À partir de cet aperçu, on peut citer les développements vers les solutions d’artillerie de roquettes et les capacités industrielles de l’Europe en Europe, ainsi que les achats à l’étranger de nouveaux systèmes de la part de plusieurs pays européens et de la Corée du Sud, et l’adoption continue de l’artillerie à la roquette depuis les États-Unis.

Cet article ne porte qu’un certain nombre des achats et des développements récents et en cours visant à renforcer les inventaires et les capacités de l’artillerie des fusées dans les États membres de l’Alliance européenne de l’OTAN. Un regard sur le rôle que la guerre en Ukraine a joué comme catalyseur de ces achats ouvre la voie.

La guerre en Ukraine a augmenté

De la machine M142 à moteur de fusée d’artillerie à haute mobilité (HIMARS) et du système de fusées à lancement multiple MHP (MLRS) de fabrication américaine, en passant par le RM-70 MLRS, et plus encore, les forces armées ukrainiennes, pour leur défense contre leurs envahisseurs russes, ont utilisé une variété de plates-formes d’artillerie de roquettes dans des bureaux à plus long terme, à environ 80 km, depuis les premiers mois après l’invasion initiale. Ils savaient qu’ils avaient besoin de tels systèmes et ont fait de nombreuses demandes à leur intention de la part de nations alliées. Et bien qu’elle n’ait pas été acquise, pour la plupart, par des canaux commerciaux typiques, il vaut la peine de savoir quels systèmes ont été fournis, en quels chiffres, et par qui, parce que beaucoup de ces pays donateurs se procurent maintenant de nouvelles plates-formes d’armes pour remplacer et renforcer leurs propres stocks.

L’une des sources de ces détails, l’Institut de Kiel pour l’économie mondiale, a conservé une trace de transferts/dons de matériel de gouvernement à gouvernement de 41 pays, qui ont fait des livraisons d’armes et d’une assistance à l’Ukraine depuis le début de la guerre, ou immédiatement avant. Dans le cas de l’artillerie à fusée, selon les données de l’institut Ukraine Support Tracker, les systèmes fournis entre fin janvier 2022 et le 30 mars 2025, sont résumés dans le tableau ci-dessous.

Tableau 1: Alimentation de l’artillerie à la roquette en Ukraine (janvier 2022 – mars 2025)
PaysÉquipementQuantité
République tchèqueRM-7012
FranceM270 MLRS4
AllemagneÉvolution MARS II/MLRS5
AllemagneM142 HIMARS3
ItalieM270 MLRS2
NorvègeM270 MLRS11
PologneBM-21 Grad30 dollars
Royaume-UniM270 MLRS6
États-UnisM142 HIMARS41
Note :
a) Données provenant du système de suivi du soutien de l’IFW de Kiel en Ukraine, à l’exception de la Pologne.
b) Les chiffres de la Pologne proviennent du Bureau du Président de la Pologne.

Les plates-formes HIMARS fournies par les États-Unis, par exemple, ont été demandées lors de discussions précoces entre l’Ukraine avec l’administration Biden, et ont été très efficaces pour engager et frapper des cibles à une distance allant jusqu’à 84 km à l’aide de roquettes guidées, de même que le M270 MLRS; les deux plates-formes ont pu utiliser une variante à tête unitaire du système de fusée-fusée à lancement multiple guidé de 227 mm (GMLRS) M31A1 (tête de guerre unitaire). Ceux-ci utilisent une combinaison de système mondial de navigation par satellite (GNSS) et de guidage de système de navigation inertiel (INS) pour l’attrait de cibles entre 15 et 84 km; ils sont conçus pour des frappes de précision sur des cibles ponctuelles utilisant une tête à fragmentation à haute explosivité (HE-FRAG), et peuvent être réglés pour des modes de mise à feu d’impact ou de mise à feu.

L’Ukraine était également à l’affût, très tôt, pour MLRS MLRS. En effet, l’annonce faite par le Royaume-Uni de porter six MLRS MLRS a été faite au début du mois de juin 2022, et a été une décision, comme l’a confirmé le Ministère britannique de la démocratie, a été étroitement coordonnée avec la décision des États-Unis d’offrir au HIMARS à roues à un seul gicleur. Le Royaume-Uni a déclaré à l’époque que les munitions M31A1 seraient également fournies à grande échelle avec les six plates-formes d’armes. Il a également confirmé que la décision de fournir ces M270 MLRS avait été prise par le ministre britannique de la défense de l’époque, Ben Wallace, à la suite de demandes spécifiques pour le système des forces ukrainiennes, qui avait déclaré qu’elles avaient besoin des armes de précision à plus long terme pour se défendre contre l’artillerie à la roquette lourde de la Russie, ce qu’ils avaient déjà vécu lors des engagements dévastateurs d’artillerie de contre-batterie dans l’est du Donbas en 2014. Avant l’envoi des six lanceurs du MLRS, les troupes ukrainiennes étaient formées à leur opération au Royaume-Uni à la Royal School of Artillery sur Salisbury Plain.

Parmi le nombre croissant de nouveaux ordres urgents pour l’artillerie à contre-froide à travers les membres européens de l’OTAN, les HIMARS convaincus et testés par les États-Unis, continue d’être une demande énorme. Toutefois, cette demande a réduit les délais d’approvisionnement, ce qui a permis à plusieurs pays de regarder ailleurs, de s’assurer qu’ils disposent d’un système d’artillerie de roquettes approprié, en place, aussi rapidement que possible. Ainsi, alors même que Lockheed Martin s’attaque à une demande accrue pour HIMARS en augmentant les taux de production annuels de lanceurs en 2025, selon l’Institut international d’études stratégiques (IISS), de 60 à 96 unités, (bien que Lockheed Martin ait récemment déclaré avoir « double » sa production, sans préciser le nombre final), ainsi que l’objectif de la société de « augmenter la capacité de production GMLRS à 14 000 par an en 2025 ». Il s’agit notamment de la LMR PULS d’Elbit, et de la Corée du Sud avec la LMR de Chunmoo K239 de Hanwha Aerospace.

Les pays baltes, la Scandinavie et l’Italie optent pour les systèmes américains

Les trois États baltes, l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie, ont choisi d’adopter HIMARS, ainsi que des fusées GMLRS pour renforcer leurs capacités de frappe profonde dans le cadre d’un projet conjoint de développement de la force. Cette collaboration avec la force conjointe a été formalisée à Riga, en Lettonie, en janvier 2024, lorsque les ministres de la défense des trois nations ont signé un accord d’intention mutuelle pour développer collectivement leurs nouvelles capacités HIMARS.

En ce qui concerne les achats, à la fin d’avril 2025, les Forces de défense estoniennes ont pris livraison de six nouveaux MLRS HIMARS, qui sont arrivées à la base aérienne d’Amari, après trois ans et demi, pour se procurer les systèmes et former les soldats pour les faire fonctionner. C’est l’une des acquisitions d’armes les plus importantes de l’Estonie et le directeur général du Centre estonien pour les investissements dans la défense (ECDI), Magnus-Valdemar Saar, a déclaré: «HIMARS est un projet de développement de force conjointe entre les trois États baltes… les mêmes systèmes seront bientôt livrés à nos voisins, la Lettonie et la Lituanie, représentant un grand pas de saut dans les capacités de défense de la région, permettant des effets de frappe rapides profondément en territoire ennemi.» Il a ajouté que si la coopération en matière d’achats de défense entre les États baltes était étroite, les programmes conjoints de cette ampleur, qui ont impliqué les États-Unis et Lockheed Martin, étaient rares. Le gestionnaire de catégorie stratégique (armaments) de l’ECDI, Ramil Lipp, a ajouté que le contrat original de décembre 2022, signé avec l’Agence américaine de coopération en matière de sécurité pour la défense (DSCA), comprend des fusées de diverses capacités de portée, ainsi que des communications, une formation, une logistique et un soutien complet du cycle de vie.

Avec l’arrivée des nouveaux systèmes, Hanno Pevkur, ministre estonien de la Défense, a déclaré que les États-Unis avaient financé l’approvisionnement et l’unité d’entraînement de la Victoire de l’armée américaine, déjà en poste dans le pays, avait déjà formé des troupes estoniennes pour utiliser HIMARS avant l’arrivée des nouveaux systèmes. Les premiers exercices de tir en direct et de division ont déjà eu lieu cet été, 2025. Le financement américain de l’IHADRES en Estonie s’inscrit dans un ensemble plus large d’aide à la sécurité destiné à renforcer les capacités défensives du flanc oriental de l’OTAN.

La Lettonie voisine, quant à elle, a signé son accord avec les États-Unis à la fin du mois de décembre 2023 pour acheter de la même manière six lanceurs HIMARS, ainsi que des munitions de divers types et des équipements auxiliaires. Sa décision d’acquérir le système est un résultat direct de l’utilisation du système en Ukraine, selon le ministère letton de la défense. Dans l’accord d’un montant de 179,8 millions de dollars, les missiles balistiques tactiques (ATACMS) des missiles balistiques tactiques (ATACMS) de l’armée font également partie de l’ensemble de mesures. Cette munition qui permettra aux capacités de la Lettonie de tirer profondément le feu arrière à environ 300 km. Le ministre letton de la défense, Andris Sprôds, a déclaré que l’acquisition sous-tendait le partenariat stratégique du pays avec les États-Unis, ainsi que l’aide au renforcement de la défense collective de l’OTAN. L’ambassadeur des États-Unis en Lettonie, Christopher Robinson, a ajouté que les nouveaux systèmes seraient cruciaux pour «ltérer l’agression» et envoyer un signal clair selon lequel «les États-Unis et la Lettonie se maintiendront dans leur engagement commun de défendre chaque centimètre carré du territoire de l’OTAN». La livraison des six systèmes et munitions devrait commencer en 2027, bien que les forces armées de Lettonie seront formées à leur utilisation avant la livraison. Il convient également de noter que le budget de la Lettonie pour la défense en 2025, 52,84 millions d’euros ont été alloués aux capacités indirectes d’aide au incendie, y compris pour les systèmes de fusées à longue portée.

C’est cependant la Lituanie, qui a été le premier État de la Baltique à s’inscrire à HIMARS, en décembre 2022. Cela fait suite au projet de novembre 2022 de l’acquisition potentielle par le département d’État américain, en tant que FMS potentiel. Ainsi que huit lanceurs avec des munitions réelles et factices, ainsi que différentes nacelles, y compris des gousses pour l’ATACMS, une formation complète, du matériel d’entretien et des services d’appui, et plus encore, ont été tous décrits au stade de novembre 2022. Cependant, le Ministère lituanien de la défense a également déclaré que l’accord de 495 millions de dollars prévoyait également l’intégration des systèmes et la connexion avec le système intégré de défense aérienne et antimissile de l’OTAN (NATINAMDS). Le ministre lituanien de la défense nationale, Arvydas Anusauskas, a déclaré à l’époque qu’avec ses alliés lettons et estoniens cherchant également à acquérir HIMARS, cela « conduirait incontestablement à la capacité de devenir un coup de pouce substantiel pour la défense non seulement de la Lituanie, mais de l’ensemble de la région ». Un mois plus tard, à la mi-décembre 2022, M. Anuauskas, et Lloyd Austin, secrétaire de la Défense de l’époque, ont signé le contrat M142 HIMARS de la Lituanie pour les huit lanceurs et ancillaires, avec les premières livraisons prévues pour 2025.

La Norvège est l’un des principaux utilisateurs de l’IHTANS scandinave, qui a reçu l’approbation initiale du département d’État américain en août 2024 pour acquérir 16 lanceurs M142 HIMARS ainsi que des équipements auxiliaires associés. Il s’agissait notamment d’une gamme de gousses pour diverses munitions à la roquette, y compris pour les TBM ATACMS; l’acquisition sera effectuée sous forme de vente militaire à l’étranger (FMS) et est évaluée à environ 580 millions de dollars.

La Finlande, en revanche, entreprend un vaste programme de modernisation et de rénovation de ses plates-formes MLRS MLRS au lieu de nouveaux achats, comme annoncé en décembre 2023. Conduite par le fabricant Lockheed Martin, le programme garantira que les M270A2 qui en résultent sont presque des systèmes flambaires, de sorte qu’ils restent efficaces et en service jusqu’en 2050. Ils disposeront d’un nouveau système commun de contrôle de tir, partagé avec HIMARS, permettant ainsi l’interopérabilité dans plusieurs domaines, y compris la possibilité d’utiliser un plus large éventail de munitions les plus récentes, tels que le nouveau missile de frappe de précision (PrSM) de Lockheed Martin et le GMLRS à portée étendue (ER). La plate-forme modernisée disposera également d’un nouveau moteur de 600 ch et d’une nouvelle transmission, ainsi que d’une nouvelle cabine blindée offrant une protection supplémentaire de l’équipage contre les mines et les engins explosifs improvisés.

Pour sa part aux extrémités sud de l’OTAN, l’Italie a commencé l’année en annonçant l’acquisition de 14 lanceurs HIMARS M142 en janvier 2025, complétant l’achat global de la direction de l’armement terrestre de 21 HIMARS pour l’armée italienne dans le cadre d’un FMS avec les États-Unis, estimé à environ 400 millions de dollars. Comme pour d’autres accords de ce type, une formation et un appui technique spécialisé pour guider les systèmes en service sont inclus, ainsi que du matériel supplémentaire, y compris une nacelle unitaire M31A2 GMLRS dotée d’un système de propulsion insensible conforme aux munitions. Les discussions sur l’acquisition ont commencé avec les États-Unis à la fin de 2023/début de l’année 2016, et son entrée en service en Italie est conforme au plan militaro-opération 2020-2035 de l’armée italienne, ainsi qu’avec des capacités habilitantes pour l’armée esquissées dans son article «Army 4.0». Ces capacités comprennent des éléments tels que la mobilité et la portée étendue, ainsi que la précision pour permettre des incendies profonds et de précision, tous contribuant à une plus grande flexibilité opérationnelle. Les nouveaux systèmes fonctionneront à terme aux côtés de 21 MLRS italiens M270A1 améliorés, qui peuvent également utiliser/enchaîner les approvisionnements de fusées GMLRS.

Les préparatifs puissants de la Pologne

En août 2023, la Pologne n’a pas pris livraison des trois premiers des 290 LMR de la Chunmoo en Corée du Sud actuellement en commande. Le contrat initial de fin de résolution polonais pour la fin de l’année 2022 avec Hanwha Aerospace portait sur 218 systèmes, et un contrat de suivi de 1,6 milliard de dollars en avril 2024 portait sur 72 systèmes Chunmoo, ainsi qu’un nombre non spécifié de « milliers de missiles tactiques » guidés. Selon l’agence de presse polonaise IAR, 12 des 72 lanceurs du contrat de 2024 seront passés en Corée du Sud, les 60 autres devant être construits en Pologne, les livraisons étant prévues pour une période de 2026-2029

Désignés Homar-K en Pologne, les systèmes K239 sont intégrés aux camions Jelcz 8×8 et intégreront des systèmes polonais de gestion des combats Topaz. Les plates-formes Homar-K fonctionneront parallèlement aux plates-formes HIMARS existantes de l’armée, et pourront lancer une variété de munitions, y compris des roquettes guidées CGR-080 de 239 mm d’une portée de 80 km, et des missiles balistiques tactiques CTM-290 (TBM) de 600 mm avec une portée de 290 km.

Cependant, en faisant passer ce marché majeur au niveau supérieur et dans le but de créer une capacité nationale d’artillerie-fuse, la plus grande société de défense privée polonaise, le groupe WB, a signé un accord avec Hanwha en avril 2025 pour créer une entreprise commune de missiles guidés (JV) dans le pays. La nouvelle entreprise commune, qui est destinée à produire des munitions guidées pour la LMR Homar-K, sera détenue majoritairement par Hanwha Aerospace (51 %), les 49 % restants étant détenus par la filiale WB du groupe WB Electronics. L’installation produira à terme la portée de 80 km, les fusées CGR-080 guidées GNSS/INS pour le Homar-K. L’entreprise commune commercialisera également conjointement son portefeuille de produits auprès d’autres pays européens. En effet, dans le cadre d’une situation plus large, non seulement cet accord d’investissement conjoint renforce l’engagement à long terme de l’entreprise coréenne à jouer un rôle clé dans la modernisation de l’industrie polonaise de la défense, mais il lui donne également un potentiel de partenariat stratégique avec d’autres membres européens de l’OTAN.

Le taux de PULS en Europe en hausse

La répartition de la charge pour répondre à la demande et l’ajout à la combinaison d’artillerie à fusée entre les États européens de l’OTAN est le système de lancement précis et universel d’Elbit Systems (PULS). Le système israélien a été adopté jusqu’à présent par plusieurs pays européens, dont le Danemark, l’Allemagne, les Pays-Bas et l’Espagne. Et bien que ces pays ne soient pas sur le flanc oriental immédiat de l’OTAN, ils avancent avec des achats d’artillerie de roquettes aussi rapidement que possible, ayant vu le rôle critique que jouent ces systèmes en Ukraine, et pour renforcer d’urgence leurs propres capacités de précision en matière de chauffage profond. Jetons maintenant un coup d’œil à certains de certains de ces marchés.

Selon l’IISS, l’Armée royale néerlandaise (ARN), était en bonne voie pour acquérir HIMARS en tant que dernier for de l’artillerie de roquettes, mais en raison de la demande pour ce système dépassant l’offre en temps utile, ainsi que d’autres différentsiateurs tels que la plus grande capacité de munitions de PULS (selon la munition) par rapport à HIMARS, le système israélien a été choisi par les Néerlandais. En conséquence, à la mi-mai 2023, un contrat de 305 millions de dollars a été attribué à Elbit Systems pour la fourniture de 20 systèmes de fusées d’artillerie PULS à l’ARN sur une période de cinq ans, entre les premières livraisons en 2025 et 2030. Les nouveaux lanceurs du RNS, qui ont déjà commencé à arriver, sont montés sur la plate-forme de camion COMMIT 8×8. Le contrat comprend également des roquettes et des missiles de divers calibres et capacités de portée, ainsi que des services d’appui à la maintenance et une formation complète aux utilisateurs finals. Selon Elbit, le système dispose d’une architecture ouverte pour soutenir la croissance, l’intégration des systèmes C4i, ainsi que la capacité à répondre aux besoins des clients sur mesure. Les munitions fournies à l’ARN comprennent des fusées guidées Accular (variante de 122 mm) a une portée de 35 km, tandis que la variante de 160 mm a une portée de 40 km), les roquettes guidées EXTRA 306 mm d’une portée de 150 km et les TBM Predator Hawk d’une portée de 300 km; toutes utilisent le guidage GNSS/INS.

Ayant récemment pris livraison de ses premiers lanceurs PULS mi-2025, l’ARN a mené avec succès des tests de validation de frappe de précision au feu et de précision au cours des 8 et 9 juillet 2025, sur le sol d’entraînement côtier d’Afsluitdijk, au cours duquel 16 roquettes ont été tirées sur des coordonnées spécifiques en mer. Les résultats ont prouvé la précision du système, avec tous les projectiles atterrissant dans les zones cibles désignées, ainsi que la confirmation des exigences de certification de l’opérateur.

Quant à l’accord PULS de l’Allemagne, ou plutôt « EuroPULS », ce contrat a été annoncé en février 2025 comme ayant été « mené par le biais d’accords entre les gouvernements néerlandais, israélien et allemand ». KNDS et Elbit Systems ont effectivement signé un accord d’équipe en septembre 2023 pour formaliser et mettre en œuvre leur coopération stratégique afin de renforcer tous les aspects du concept de système d’artillerie à fusée EuroPULS.

Pour livrer le nouveau contrat, Elbit travaille avec KNDS Deutschland sur diverses adaptations système pour l’utilisateur final allemand, y compris l’intégration d’équipements C4i domestiques, ainsi que des systèmes de contrôle de commandement et d’armes, et un soutien en service complet. Les lanceurs seront finalement testés et évalués avec l’agence allemande d’achat BAAINBw, ainsi que les centres de test technique associés, afin d’obtenir l’approbation d’une utilisation en service avec les forces armées allemandes. Ralf Ketzel, PDG de KNDS Deutschland, a déclaré: «La coopération entre Elbit Systems et KNDS Deutschland marque une étape importante dans le développement d’un système européen de lutte contre les fusées. En tant qu’OEM pour les systèmes terrestres européens, tels que le Leopard 2 et le PzH 2000, la KNDS veillera à ce que les systèmes PULS deviennent l’EuroPULS.»

Yehuda Vered, directrice générale d’Elbit Systems Land, a conclu que l’Allemagne d’acquisition et d’arrangement «faite la voie pour les commandes futures de la configuration EuroPULS». Il convient de noter que, outre son architecture ouverte, l’EuroPULS MRL peut fonctionner à l’aide de fusées tierces provenant d’autres fabricants, tels que Lockheed Martin.

En ce qui concerne l’accord PULS de l’Espagne, doté de 700 millions de dollars de PULS – le projet SILAM avec les Forces espagnoles – la collaboration implique un transfert de technologie pour permettre aux entreprises espagnoles participantes, Escribano Mechanical and Engineering et Rheinmetall Expal Munitions, de fabriquer respectivement des lanceurs et des munitions en Espagne.

Enfin, le 1er avril 2025, Elbit a annoncé qu’un contrat de 130 millions de dollars avait été attribué par un « client européen » anonyme pour les roquettes d’artillerie, et devait être livré sur une période de trois ans non spécifiée. Le contrat comprenait une variété de munitions, allant des roquettes d’entraînement à la fusée de 122 mm, à la fusée EXTRA, ainsi qu’à la fusée Predator Hawk TBM. Le libellé du communiqué de presse d’Elbit semblait suggérer qu’ils iraient à un opérateur européen PULS existant.

Préparer l’avenir

Ce qui précède n’est qu’un instantané de certains des derniers achats d’artillerie à fusée par plusieurs États membres européens de l’OTAN, qui ont suivi de près les événements en Ukraine. Au cours des trois dernières années, ils semblent avoir pris conscience de l’importance de l’artillerie-roche sur les champs de bataille d’aujourd’hui, de la nécessité d’incendies de précision à plus long terme et de l’urgence de repérer les stocks épuisés. Dans le même temps, ils acquièrent de nouveaux systèmes avec des capacités, une précision et une létalité améliorées, tout en s’efforçant de collaborer plus efficacement avec les Alliés, en raison d’un sentiment commun d’urgence dans la préparation d’un avenir incertain et potentiellement dangereux.

 

« DRONOCIDE »: L’OPÉRATION SECRÈTE POUR DOMINER LE CIEL UKRAINIEN

par Xavier Tytelman

DÉMONSTRATION DE « PUISSANCE AÉRIENNE » CHEZ AIRBUS 

par Xavier Tytelman

La Chine dévoile une grande conception de chasseurs furieux sans pilote au cours d’un défilé militaire

Le drone de la taille d’un chasseur, toujours non nommé, est clairement optimisé pour des performances élevées, probablement avec des capacités supersoniques, ainsi qu’une faible observabilité.

par Thomas NewdickTyler Rogoway

Le défilé militaire massif de Pékin hier nous a permis d’examiner de très près certaines des nouvelles initiatives de drones de combat aérien du pays, dont l’émergence progressive, à l’approche de l’événement, a suscité de nombreuses discussions. Parmi ces différentes conceptions de drones, l’une en particulier se démarque. Il s’agit d’une conception de tailles à faible observabilité qui est également très grande, largement équivalente en taille du chasseur de poids moyen J-10 en Chine. Dans l’ensemble, sa conception est révélatrice de haute performance, pointant fermement vers un véritable combattant furtif non refoulé, tandis que son apparence suggère qu’il pourrait bien déjà voler – ou est autrement une maquette très authentique.

Bien que la désignation du nouveau drone reste inconnue, il y a eu des allégations selon lesquelles il est provisoirement nommé Unmanned Air Superiority Fighter. Pendant ce temps, pour des raisons de clarté, les observateurs chinois ont pris pour référence à cette conception le drone de type B.

Le drone en question a été montré parmi d’autres conceptions inébranlables à l’arrière d’un camion à plat lors du défilé du 3 septembre marquant le 80e anniversaire de la victoire de la Chine sur le Japon pendant la Seconde Guerre mondiale. Vu maintenant en entier, et non couvert, le drone est nettement plus grand que les autres conceptions jusque-là inconnues qui avaient été vues avant la parade, dans l’imagerie satellite et recouvertes de bâches pendant les répétitions.

Collectivement, les différentes nouvelles conceptions de drones – au moins cinq au total – ont été largement considérées comme quelque chose de similaire à des équivalents chinois des États-Unis. Aéronefs de combat collaboratifs (ACC) de l’armée de l’air. Le type B, cependant, a toutes les caractéristiques d’un véhicule de combat de combat plus performant (UCAV), d’un type de chasseur plus performant, d’un type que les États-Unis. L’armée de l’air se développe – du moins, dans le domaine non réglementé.

Le nouveau drone de type B de type B de type UCAV est de taille avec une aile delta modifiée. L’aile est en forme de losange, avec des pointes coupées. Il y a deux grandes surfaces de contrôle visibles sur le bord de fuite de chaque aile. Le nez a une chine très distincte qui s’étend jusqu’aux prises latérales du moteur avant de fusionner avec le bord d’attaque de l’aile. Les prises latérales contrastent avec celles trouvées sur au moins certaines des autres conceptions de drones chinois nouvellement apparues, qui sont montées sur le fuselage. Ces prises supersoniques (DSI) ratées vers l’avant et sans écartement ont beaucoup en commun avec celles que l’on trouve dans les conceptions de chasseurs en équipage de nouvelle génération, soulignant purement et simplement les performances supersoniques. Les admissions alimentent un seul moteur, la tuyère à géométrie variable (probablement pour un moteur de préflux) faisant saillie au-delà du bord de fuite de l’aile. La buse est dentelée, y compris la manche extérieure et la buse réelle, comme sur le F-35 et les nouveaux modèles de chasseurs chinois. Des extensions pointues du bord de fuite, toujours de style F-35, se trouvent de part et d’autre de la tuyère du moteur (voir ci-dessous).

Dans l’ensemble, le type B est très probablement capable de supersonique, mais posséderait également une gamme importante pour un avion à haute performance, grâce à une combinaison de tailles élégantes et à l’absence d’exigence pour accueillir un pilote et tous les systèmes liés à l’équipage.

Outre les performances, l’autre conducteur principal est un faible observabilité. En ce qui concerne la buse de moteur ronde exposée, qui aurait une incidence négative sur ce point, du moins de l’aspect arrière, c’est une pratique connue pour les conceptions de chasse furtives, le résultat d’un compromis entre performance, complexité, poids, accessibilité et faible observabilité. Les dentritions sur la tuyère aident à la signature radar dans certaines bandes radar. Il pourrait également s’agir d’une itération précoce, et une tuyère de moteur à deux dimensions plus furtive, peut-être avec un vectorisation de poussée, apparaîtra sur le type B en temps voulu. Cela irait à côté du développement de l’UCAV russe S-70 Okhotnik, et de l’épée chinoise GJ-11 Sharp Sword a également subi une refonte qui l’a laissé avec des caractéristiques améliorées à faible observable.

Pour préserver sa faible observabilité, il y a des signes que le drone de type B a une grande capacité interne pour les armes. Des vues à l’autre du drone suggèrent de grandes baies d’armes sous son fuselage.

Interruptant par ailleurs un profil global lisse, le drone de type B dispose également d’un capteur électro-optique proéminent, probablement analogue au système de ciblage électro-optique (EOTS) du F-35. Des types similaires de carénage apparaissent également sur les avions furtifs chinois J-20 et J-35 et pointent encore plus loin que ce drone est destiné à des missions de chasse.

À côté de ce drone, la Chine a montré un autre design UCAV, largement similaire mais légèrement plus petit, maintenant appelé le type A. En outre, celui-ci diffère par l’obtention d’une aile de type lambda et d’admissions de type carrosserie. Il manque le carénage EOTS sous-nique, mais semble avoir un type similaire de moteur à simple turboréacteur. Sinon, il semble plus mince que le type B, avec un profil de nez beaucoup plus petit.

À ce stade, il convient de noter que nous ne savons pas avec certitude quelle est la nature de ces deux nouveaux drones dans la parade, mais ils semblent être de vrais avions, potentiellement même capables de voler. S’il s’agit de maquettes, ils comportent un niveau de détail remarquable, jusqu’à un panneau d’accès ouvert vu à l’arrière du train d’atterrissage principal sur le type A. Traditionnellement, des maquettes ont été régulièrement montrées lors de nombreux grands défilés militaires chinois dans le passé.

En l’état, il n’y a guère de détails sur l’état des dessins, en ce qui concerne le lieu où ils sont dans leur cycle de développement ou s’ils sont même destinés à un service opérationnel ou sont (actuellement) destinés à servir de prototypes ou de démonstrateurs. Les drones de type A et B indiqués dans le défilé avaient des numéros de série appliqués qui se réfèrent à une unité opérationnelle réelle de l’armée de l’air populaire de l’armée de libération (PLAAF). Cependant, cela ne veut pas dire que l’un ou les deux sont actuellement opérationnels, et il n’y a aucune preuve, accessible au public, de ces drones ayant été mis en œuvre de manière significative.

Dans le même temps, il est certain que de nombreuses conceptions antérieures qui sont apparues en tant que maquettes de parade, y compris les drones, ont mûri en capacités très réelles. Parmi ceux-ci, le GJ-11 est l’un des exemples les plus connus et volait depuis des années sous une forme moins raffinée avant son début de parade.

Comme le GJ-11, le nouveau drone de type B semble être destiné à un rôle UCAV, bien que très probablement il est également prévu d’avoir des capacités collaboratives.

Cependant, alors que d’autres conceptions de drones chinois nouvellement apparus se rapprochent plus étroitement de notre compréhension des CCA ou des plates-formes de type CCA, la taille et la complexité apparente du type B indiquent en effet plus qu’il s’agit d’un UCAV de type combattant. Les concepts de CCA sont généralement plus axés sur une certaine forme de coût abordable pour la «masse de combat», ce qui n’est manifestement pas le moteur des types A et B. Pour les bilans communs de pays, ces décisions se font au détriment de la charge utile, du furtivité, de la portée, et surtout de la performance. Alors que les CCA sont généralement plus destinées à un emploi coopératif, les véritables UCAV sont considérés comme plus capables d’un fonctionnement indépendant, ou du moins être conçus dans le but de l’avenir.

Les UCAV sont clairement une zone dans laquelle la Chine consacre également de vastes ressources, avec un flux constant de drones dans cette classe ayant été noté sous l’essai en vol, dans l’imagerie satellitaire et sous la forme de modèles à l’échelle et de maquettes. Le plus important d’entre eux est peut-être le GJ-11 susmentionné, un UCAV furtif, dont le développement s’est poursuivi, l’affinant dans le processus, avec un œil croissant vers les futures opérations à bord des navires.

À l’heure actuelle, il est assez clair que le GJ-11 est principalement conçu pour les missions de frappe, avec les munitions transportées dans une paire de segments internes, ainsi que pour effectuer des tâches de renseignement, de surveillance et de reconnaissance (ISR). Sharp Swords a également été représenté des leurres de lancement et des attaques de guerre électroniques.

Le GJ-11 n’est qu’un des nombreux modèles d’aile volant sur lesquels des entreprises chinoises ont travaillé publiquement ces dernières années.

Bien que toujours aussi furtif, l’accent de la conception apparemment haute performance du nouveau drone pourrait bien indiquer qu’il est envisagé pour plus de missions de type combattant, y compris des combats aériens directs avec d’autres plates-formes. Outre les rôles de combattant, le type B serait également en mesure d’effectuer des missions UCAV plus «traditionnelles», telles que la frappe et la RSI. Une fois de plus, la mesure dans laquelle il pourrait fonctionner en collaboration avec le soutien de chasseurs en équipage reste flou, mais il s’agit certainement d’un domaine d’étude en Chine en ce moment, y compris l’équipe d’UCAV avec des chasseurs furtifs en équipage J-20. Nous avons déjà exploré comment la version à deux places du J-20 qui est apparue pour la première fois en 2021 pourrait être particulièrement bien adaptée au rôle du contrôleur de drones aéroporté.

Encore une fois, il n’est pas clair si le concept global du nouveau drone de chasse chinois est basé sur un compagnon de drone de type « homme d’ailer » pour les chasseurs en équipage, ou si le drone sera contrôlé à partir d’une station au sol, ou même s’il est censé abattre des avions hostiles avec un certain degré d’autonomie. Cependant, alors que ce dernier point est celui que les États-Unis. L’armée de l’air, en particulier, est de plus en plus aux prises avec la Chine, la Chine semble avoir beaucoup moins de scrupules à l’égard des véhicules autonomes qui prennent de telles décisions de vie et de mort.

Jusqu’à présent, seuls quelques projets de drones de combat aérien de type chasseur ont abouti à du matériel, un exemple de proue étant le drone Bayraktar Kizilelma de Turquie. Il est affirmé que c’est supersonique (du moins dans les versions ultérieures), qu’il a un certain degré de caractéristiques réduites et qu’il est adapté aux types de missions de combat aérien généralement entreprises par des avions de chasse en équipage.

Alimenté par un seul turboréacteur, le Kizilelma a une configuration canard-delta, du type de celle que l’on voit sur d’autres conceptions d’avions de combat observables à perte, et dispose de stabilisateurs verticaux enserrés. Dans l’ensemble, sa conception est plus forte vers des performances élevées que de faible observabilité, les deux drones chinois de type UCAV étant nettement furtifs à cet égard.

Quel que soit le rôle escompté des nouveaux drones de chasseurs chinois, leur apparition met une fois de plus en évidence un écart apparemment en croissance rapide entre les développements dans ce domaine en Chine et aux États-Unis.

Pour autant que l’on sache, l’armée américaine ne développe pas activement les UCAV de cette classe, et ses efforts antérieurs sur les drones volants furtifs ont été effectivement mis de côté, dans le domaine public, au moins. L’inspirant manque de produits américains. L’activité de l’armée de l’air dans ce domaine est quelque chose que vous pouvez lire en savoir plus dans le passéTWZ .

Au lieu de cela, pour l’armée américaine, l’activité des drones de combat aérien de nouvelle génération est actuellement axée sur des conceptions à moindre coût destinées à travailler en étroite collaboration avec les avions de combat équipant, au moins initialement, dans le cadre de leurs programmes respectifs de combat de combat collaboratif (CCA). Il n’y a, quant à elle, rien de comparable à celui que nous connaissons de la Chine, qui offre une plus grande autonomie et une capacité de charge utile beaucoup plus grande, ainsi qu’une capacité de survie bien plus élevée.

Il peut également y avoir d’autres UCAV de type combattant chinois en campagne. Plus tôt cette année, des images sont apparues qui indiquaient que la Chine volait à des tests un autre avion de combat furtif de tailles, bien qu’il ne soit toujours pas clair s’il s’agit d’un design piloté ou d’un nouveau drone avancé. Vous pouvez lire notre analyse de cet avion ici.

De toute évidence, nous avons encore beaucoup à découvrir sur le nouveau drone de type B, en particulier ce qu’on pourrait appeler officiellement. Peu à ce qu’il soit possible, il ne soit peut-être pas destiné à être un service opérationnel, mais il est destiné à servir de démonstrateur ou de validation de concept. Il pourrait même être un rival avec le type A vu à côté de lui dans le défilé, suggérant que la Chine évite de mettre tous ses œufs de chasseurs UCAV dans un même panier.

Même cette possibilité, cependant, permettrait de mettre en évidence le contraste frappant dans le développement de l’UCAV entre la Chine et les États-Unis, une tendance apparemment croissante dont parle les TW- depuis des années.

Entre l’Algérie et le Maroc, un interminable conflit

par Khadija Mohsen-Finan

Vieux de plus de 60 ans, le conflit qui oppose Alger à Rabat prend une dimension nouvelle avec la reconnaissance de la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental par les États-Unis (2020), l’Espagne (2022), la France (2024) et le Royaume-Uni (2025). Il évolue également dans une région qui a connu de grandes modifications sur le plan géopolitique, avec des acteurs étatiques et non étatiques qui opèrent en Libye, ou encore au Sahel. Une reconfiguration qui bénéficie davantage au Maroc qu’à l’Algérie, en perte d’influence, qui craint un déséquilibre dans la relation avec son voisin, alors que ce dernier bénéficie désormais d’un précieux appui de la part d’Israël. Comment expliquer la persistance de ce contentieux entre les deux grands États du Maghreb, malgré les changements à l’œuvre dans la région ?

Revendication territoriale et affirmation nationaliste

À l’origine de ce conflit sans fin, il y a la question du territoire. Des revendications marocaines sur une partie ouest du territoire algérien font naître les premières tensions après l’indépendance de l’Algérie. Le territoire réclamé par Rabat figure sur la carte du « Grand Maroc », publiée en 1956 dans Al-Alam, l’organe de l’Istiqlal, le parti nationaliste marocain fondé par Allal al-Fassi en 1944. Deux ans après l’indépendance du pays, le roi Mohamed V reprend à son compte cette revendication, provoquant un désaccord sur la définition même de la frontière. Pour le Maroc, la France, en dessinant les frontières de cette région, avait donné à l’Algérie des territoires historiquement contrôlés par des tribus, dont certaines avaient pourtant fait allégeance aux souverains du Maroc. Les Marocains mettent ainsi en avant ce qu’ils appellent leurs « droits historiques ».

Face à ces prétentions, Ahmed ben Bella, premier président de l’Algérie, soutenu par l’Armée de libération nationale (ALN), affirme au moment de l’indépendance de son pays que le territoire aurait été « libéré avec le sang de […] martyrs ». Il s’appuie ainsi sur le principe, retenu par l’Organisation de l’unité africaine (OUA) lors de sa création en 1963, de l’intangibilité des frontières, notamment celles issues de la colonisation européenne. Existent donc deux conceptions différentes de l’histoire et du droit, défendues par des pays gouvernés par des régimes politiques différents. Deux États qui commencent à se disputer l’hégémonie du Maghreb, en pleine guerre froide.

Par ailleurs, le succès de la révolution algérienne suscite un sentiment d’insécurité chez le voisin marocain. Rabat craint une déstabilisation des fondements de son régime politique si l’Algérie parvient à franchir la frontière. L’aide apportée par Alger aux opposants marocains, en leur offrant notamment l’asile, vient renforcer cette peur. Pour Hassan II, qui succède à son père en mars 1961, la gauche marocaine, en particulier ses acteurs acquis aux thèses révolutionnaires (notamment issus de l’Union nationale des forces populaires, un parti né en 1959 d’une scission de l’Istiqlal), pouvait contribuer à la propagation de la révolution algérienne au Maroc.

Des incidents à la frontière s’ajoutant à l’interdiction algérienne de voir des ressortissants marocains pénétrer le territoire accroissent les tensions entre les deux États et provoquent le déclenchement de la guerre des Sables en 1963. Le conflit, opposant les armées des deux pays, éclate dans la région de Tindouf et Hassi Beida en Algérie et s’étend de l’autre côté de la frontière, au Maroc. Les combats cessent en février 1964, quand l’OUA obtient un cessez-le-feu qui laisse la frontière inchangée, la zone contestée restant algérienne. Après cette guerre, la question territoriale se dissipe dans un premier temps, avant d’être réglée par un traité de paix signé à Ifrane en 1969, puis par un accord signé à Tlemcen en 1970, que Rabat finit par ratifier en 1992.

Si elle n’a pas modifié les frontières, la guerre des Sables a néanmoins permis de consolider les deux États fraîchement indépendants, tout en y renforçant le nationalisme. En Algérie, elle a ouvert la voie à une plus grande influence de l’armée dans le jeu politique. Au Maroc, elle a conforté le pouvoir de Hassan II, qui a décidé de faire un lien entre cette question territoriale et la nature même de son régime politique. Or, cette notion de territoire marocain amputé dont il faudrait recouvrer l’intégrité est aussi porteuse de contradiction de la part de l’exécutif marocain.

En effet, en adoptant la forme constitutionnelle du royaume en 1957, le Maroc devient de fait un État nation. Dès lors, la carte du « Grand Maroc » dessinée par l’Istiqlal et correspondant aux régions sur lesquelles s’était exercée l’influence des sultans marocains, ne peut plus constituer une référence pour la revendication de certains territoires, car elle correspond à une vision impériale du Maroc. En tant qu’État indépendant, membre des Nations unies, le Maroc aurait dû être dans l’obligation d’accepter les frontières héritées de la colonisation. Pourtant, il ne reconnait alors ni les frontières de l’Algérie ni l’existence de la Mauritanie (indépendante en 1960, reconnue par le Maroc en 1969) et il revendique le Sahara occidental au nom de ce qu’il appelle ses « droits historiques ».

Le Sahara occidental : abcès de fixation dans le contentieux entre Rabat et Alger

Le Front populaire de libération de la Seguia el-Hamra et du Rio de Oro (Front Polisario), mouvement autonomiste sahraoui créé en 1973, conteste les revendications marocaine et mauritanienne du Sahara espagnol. Il s’oppose dans un premier temps à l’armée espagnole pour libérer ce territoire qui, selon lui, appartient aux Sahraouis. Dans un second temps, il s’engage militairement contre le Maroc et la Mauritanie, en formant une armée de libération du peuple sahraoui, équipée et formée par la Libye et par l’Algérie, et dont la base de repli se trouve à Tindouf en Algérie.

À partir de 1975, l’aide que l’Algérie apporte à ce mouvement envenime les relations entre Rabat et Alger et réveille une tension toujours vive. Deux ans après la création du Front Polisario, l’Algérie de Houari Boumediene décide de lui venir en aide, en accueillant des réfugiés sahraouis, en armant le mouvement et en mettant à sa disposition sa diplomatie, alors puissante. Pour Rabat, l’affront est total, d’autant qu’il voit l’engagement d’Alger, non pas comme une défense du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, mais plutôt comme la preuve d’une volonté d’affaiblir son voisin en le privant de ses « provinces du Sud ».

Il est vrai que, pour l’Algérie, soutenir les indépendantistes sahraouis présente un double intérêt : priver le Maroc du Sahara occidental et faire en sorte que le premier ne puisse pas revenir sur la question de sa frontière avec l’Algérie.

Si c’est donc à travers le Front Polisario qu’Alger et Rabat se sont depuis lors faits face, on observe en réalité un enchevêtrement de deux conflits ; celui au sujet de leur frontière et pour le leadership régional, et celui au sujet du Sahara, le dernier conflit de décolonisation en Afrique. Or, c’est bien le lien inextricable entre ces deux disputes qui a contribué à rendre la seconde totalement indépassable. Le conflit saharien s’est en effet durablement engouffré dans la brèche du contentieux entre Alger et Rabat.

En 1991, l’Organisation des Nations unies (ONU) se voit confier son règlement et constate alors à quel point l’Algérie et le Maroc l’ont nourri afin d’assurer la victoire totale de leur camp. Cette logique de guerre a rendu le référendum d’autodétermination des Sahraouis, prévu par l’ONU pour 1992, impossible à organiser, tant les protagonistes ont grossi les listes électorales. À Rabat comme à Alger, le maintien de ce conflit de basse intensité a, dans les faits, permis aux classes politiques nationales de se maintenir à la tête de leur État respectif.

Pourtant, en 1988, le président algérien Chadli Bendjedid, conscient des avantages que pouvait apporter une intégration du Maghreb (jusqu’alors empêchée par le contentieux entre Rabat et Alger), avait décidé de rétablir les relations diplomatiques de son pays avec le Maroc, rompues depuis 1976. De part et d’autre de la frontière, on décide de contourner le conflit au Sahara occidental en renforçant les échanges commerciaux et d’énergie, avec la construction d’un gazoduc reliant l’Algérie à l’Europe via le MarocL’Union du Maghreb arabe (UMA – avec la Tunisie, la Mauritanie et la Libye) voit même le jour en 1989. C’est sur cette lancée que le règlement du conflit sur le Sahara occidental est confié à l’ONU en 1991.

Toutefois, malgré cette volonté de rapprochement et les atouts que pouvait procurer cette coopération horizontale, les relations entre les deux classes politiques sont restées marquées par un manque de confiance patent. Le 24 août 1994, un attentat se produit dans un hôtel de Marrakech, tuant deux touristes espagnols. Le commando terroriste est composé de trois ressortissants français d’origine algérienne et marocaine passés par l’Afghanistan avant de participer à la guerre de Bosnie. Driss Basri, le ministre marocain de l’Intérieur accuse les militaires algériens d’avoir fomenté cette attaque et exige des visas d’entrée pour les Algériens au Maroc. L’Algérie, qui nie toute responsabilité, impose la réciprocité en matière de visas et ferme sa frontière terrestre avec son voisin.

Depuis, les relations se tendent de manière chronique. Si le passage du gazoduc algérien par le Maroc n’a été remis en question que beaucoup plus tard (en 2024), l’UMA est restée une coquille vide, sans projets, sans avancée réelle, tandis que le conflit du Sahara occidental s’est figé. Par exemple, le référendum d’autodétermination prévu par les Nations unies n’a pu être organisé, faute d’entente entre les parties sur la composition du corps électoral. C’est de cette situation de paralysie au niveau géopolitique qu’a hérité Mohamed VI à la mort de son père, Hassan II, en 1999. La même année, Abdelaziz Bouteflika est élu président de la République algérienne. Son projet affiché de faire bouger les lignes en réduisant la conflictualité dans la région se heurte à l’armée à qui il doit son arrivée à la tête de l’État.

La politique régionale de Mohamed VI

En matière de diplomatie, Mohamed VI a voulu maintenir les alliés traditionnels du Maroc (Union européenne, États-Unis, États du Golfe) tout en s’ouvrant à d’autres partenaires, comme la Russie ou la Chine. Malgré ces changements qui prennent en compte le nouvel environnement géopolitique international, et notamment la fin de la guerre froide, le Sahara occidental reste au centre de la diplomatie marocaine – une constante depuis 1975. Sur ce dossier, Rabat entend faire reconnaître ce qu’il appelle la « marocanité » du Sahara à l’ensemble de ses partenaires, anciens et nouveaux, en les contraignant à faire un choix clair entre le Maroc et l’Algérie. Que ce soit au sujet du Sahara ou de la rivalité hégémonique entre ces deux grands États du Maghreb, la victoire totale sur l’Algérie est toujours l’objectif de la politique régionale et internationale du Maroc.

La grande nouveauté du régime de Mohamed VI en matière de politique étrangère est certainement sa politique africaine. Il constate que, bloqué par l’Algérie, son pays ne peut étendre son influence à l’est. Au nord, s’il bénéficie certes de partenariats importants, le Maroc n’a pas la capacité à se hisser au rang des puissances européennes. Il lui reste donc l’Afrique, continent pour lequel Hassan II n’avait pas manifesté grand intérêt, contrairement à Mohamed V, fervent défenseur du panafricanisme.

Le Maroc a ainsi renoué avec le continent africain, en revendiquant un enracinement ancien, des relations multiséculaires, l’existence de routes caravanières, ou encore les allégeances des tribus nomades. Pour les promoteurs de cette politique africaine, il s’agit donc de raviver des liens qui ont certes faibli, mais ne se sont jamais rompus, comme en atteste le rôle joué par le Maroc au sein de l’OUA (même si Rabat la quitte en 1984, lorsque la République arabe sahraouie démocratique, proclamée en 1976, y est admise). En 2017, le Maroc fait d’ailleurs son retour au sein de ce qui s’appelle depuis 2002 l’Union africaine (UA).

Dès lors, Rabat conçoit les relations avec son voisin algérien et tous ses potentiels partenaires à partir de cette nouvelle réalité diplomatique et d’une stratégie mise à jour au sujet du Sahara occidental, consistant à accorder une autonomie à cette région sous la houlette d’un Maroc souverain. Rabat se montre ainsi intraitable vis-à-vis des États qui expriment un quelconque soutien à l’autodétermination sahraouie ; une attitude qui n’a pas manqué de provoquer des crises diplomatiques avec l’Allemagne, l’Espagne, la Suède, mais aussi la Tunisie et même la France.

Les nuances disparaissent des postures étatiques : pour conserver ses liens avec le Maroc, il ne s’agit plus d’être attentif au droit international. Dès 2019, Rabat encourage ses alliés à ouvrir des consulats dans les principales villes du Sahara occidental (Laayoune et Dakhla), de manière à exprimer leur reconnaissance de la souveraineté du Maroc sur ce territoire. Ainsi, la politique africaine du Maroc, qui lui donne les moyens d’être une puissance régionale, reste directement ou indirectement liée à la question du Sahara occidental.

En 2020, la reconnaissance par les États-Unis de la « marocanité » du Sahara a d’ailleurs constitué un tournant dans la politique saharienne du royaume, puisqu’elle a lui a permis d’intégrer Israël comme nouvel acteur au Maghreb, ce qui n’a pas manqué de susciter la peur de l’Algérie, qui doit désormais faire face à un axe stratégique entre Rabat et Tel-Aviv.

Israël : nouvel acteur dans la région

En décembre 2020, le Maroc et les États-Unis ont en effet signé un accord qui impliquait une normalisation des relations du premier avec Israël en contrepartie de la reconnaissance par Washington de sa souveraineté sur le Sahara occidental. L’appui franc de Donald Trump à Rabat, qui n’a pas été remis en cause par le président Joseph Biden, a fortement déséquilibré la relation entre le Maroc et l’Algérie, ce double parrainage – américain et israélien – donnant incontestablement une longueur d’avance à Rabat.

D’une part, la reconnaissance de la marocanité du Sahara par les États-Unis a entraîné des actions du même type, par l’Espagne en 2022 et par la France en juillet 2024, lorsque le président Emmanuel Macron a adressé une lettre en ce sens au roi Mohamed VI. Le Royaume-Uni a fait de même en juin 2025. D’autre part, la relation avec Israël présente des avantages économiques et stratégiques pour le Maroc. Ces atouts expliquent que le gouvernement chérifien ait fait le choix de maintenir sa relation avec Israël, en dépit de l’hostilité de la société marocaine, symbolisée par les manifestations gigantesques et régulières organisées notamment en réponse à la guerre à Gaza depuis 2023.

Par ailleurs, à partir de 2021, la coopération militaire entre le Maroc et Israël a renforcé la perception algérienne d’une menace contre son propre territoire. En novembre 2021, Benny Gantz, le ministre israélien de la Défense signe un protocole d’accord avec son homologue marocain sur un échange de renseignements qui établit des liens entre les industries d’armement des deux pays, ouvrant la voie à des exercices militaires conjoints. Pour Alger, nul doute que cet accord vise à l’affaiblir, d’autant que des ministres israéliens n’ont pas hésité à stigmatiser l’ennemi traditionnel de leur allié quelques mois plus tôt. En août 2021, alors qu’il est en visite à Rabat, Yaïr Lapid, le ministre israélien des Affaires étrangères déclare en présence de son homologue marocain Nasser Bourita qu’il est « inquiet du rôle joué par l’Algérie dans la région, du rapprochement d’Alger avec l’Iran et de la campagne menée par Alger contre l’admission d’Israël en tant que membre observateur de l’Union africaine ». Un mois plus tôt, l’Algérie s’était en effet opposée à la réintégration d’Israël au sein de l’UA, en tant qu’observateur, un statut que l’État hébreu avait perdu en 2002.

La colère des Algériens est d’autant plus grande que les propos de Yaïr Lapid succèdent à ceux de Omar Hilale, ambassadeur du Maroc à l’ONU, lors d’une réunion des non-alignés à New York en juillet 2021, affirmant que le « vaillant peuple kabyle mérite, plus que tout autre, de jouir pleinement de son droit à l’autodétermination ». Le 24 août 2021, Alger annonce donc la rupture de ses relations diplomatiques avec Rabat, ferme immédiatement son espace aérien aux avions civils et militaires marocains et coupe l’accès de son voisin à son gaz. Si, depuis 1996, 97 % des besoins du Maroc étaient en effet couverts en prélevant directement du gaz transitant sur son territoire comme droit de passage et en l’achetant à un tarif préférentiel à l’entreprise d’État algérienne Sonatrach, le contrat entre cette dernière et l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE), arrivé à échéance le 31 octobre 2021, n’a pas été renouvelé.

Au moment où la rupture diplomatique est actée avec Alger, Rabat tire parti de la reconnaissance de sa souveraineté sur le Sahara occidental par Washington, en incitant ses partenaires internationaux à emboîter le pas aux États-Unis. Dans son discours prononcé le 21 novembre 2021, à l’occasion du 46e anniversaire de la Marche verte, Mohamed VI affirme : « Aujourd’hui, nous sommes tout à fait fondés à attendre de nos partenaires qu’ils formulent des positions autrement plus audacieuses et plus nettes au sujet de l’intégrité territoriale du Royaume. »

La méthode est payante : face aux pressions du Maroc sur le contrôle des migrants subsahariens voulant accéder aux deux villes espagnoles de Ceuta et Melilla, l’Espagne cède en reconnaissant la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental. Paris en fait de même pour mettre fin à trois années de mauvaises relations diplomatiques avec Rabat.

Le Sahel, nouveau théâtre d’affrontement entre Alger et Rabat

Partout où l’Algérie perd du terrain en matière diplomatique, notamment avec les pays du Sahel et la France, le Maroc semble ainsi marquer des points et gagner en influence. Le déclin algérien n’est pas nouveau, puisqu’il date de 2013, date à laquelle le président Bouteflika est victime d’un accident vasculaire cérébral, lui qui prenait pratiquement toutes les décisions en matière de politique étrangère. Au cours de la grande décennie qui suit, les dirigeants algériens se concentrent sur des difficultés intérieures, avec la remise en cause du cinquième mandat d’Abdelaziz Bouteflika, très diminué et poussé à la démission, puis le soulèvement populaire ou Hirak entre 2019 et 2021. Durant ces années, la diplomatie algérienne entre en sommeil, alors que la géopolitique régionale se modifie considérablement et que de nouveaux acteurs étrangers font leur entrée au Maghreb. Israël, bien sûr, mais aussi d’autres États, notamment en Libye, où la rivalité entre les deux gouvernements de Tripoli et de Benghazi a entraîné les interventions, d’une part, du Qatar et de la Turquie, et, d’autre part, des Émirats arabes unis.

Au Sahel, les changements ont également été très importants. Au Mali, la progression jihadiste a conduit à deux coups d’État (2020-2021), qui ont mené au départ des troupes françaises, elles qui soutenaient justement le gouvernement précédent contre les jihadistes. Les nouveaux dirigeants du pays ont fait appel à des unités paramilitaires russes pour venir en appui à l’armée. Au Mali, cette nouvelle réalité politique a été très préjudiciable à Alger qui, dès les années 1990, avait pris part aux tentatives de réconciliation entre le gouvernement et les Touaregs originaire du Nord du pays. En 2015, Alger avait même négocié un accord pour mettre un terme à ce conflit. En 2021, l’implication algérienne est remise en cause par la junte au pouvoir et la relation entre Alger et Bamako se dégrade. En janvier 2024, le Mali abroge l’accord d’Alger de 2015 et accuse officiellement son voisin d’ingérence dans ses affaires intérieures.

En juillet 2023, le coup d’État qui se produit au Niger fait craindre à l’Algérie une intervention militaire à ses frontières. Alger souffle alors l’idée d’une transition civile de six mois avant l’adoption d’une nouvelle constitution, une option rejetée là encore par les nouveaux maîtres de Niamey.

Profitant de cette perte d’influence algérienne au Sahel, le roi du Maroc lance en novembre 2023 le projet « Initiative Atlantique », portant sur la construction d’une autoroute reliant les pays sahéliens au port de Dakhla, au Sahara occidental, afin de leur offrir un débouché vers l’océan. En décembre 2023, les ministres des Affaires étrangères du Mali, du Niger, du Burkina Faso et du Tchad ont rencontré leur homologue marocain Nasser Bourita à Marrakech pour discuter de la mise en place de ce projet dont les avantages économiques paraissent difficiles à évaluer. En réponse, le président algérien Abdelmadjid Tebboune se rapproche du président du Conseil présidentiel libyen, Mohammed el-Menfi, et du président tunisien, Kaïs Saïed. Une rencontre a lieu à Tunis en avril 2024, mais l’objet de l’initiative n’est pas bien défini, ses organisateurs évoquant simplement le renforcement de la collaboration entre leurs pays, l’amélioration de la sécurité à leurs frontières et la recherche d’une paix durable en Libye.

À travers ces deux projets, Rabat et Alger tentent de s’exclure mutuellement de la scène régionale. Cette rivalité entre les deux grands États du Maghreb s’exprime aussi par une course aux armements, comme en témoigne le rapport 2024 de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm, publié en 2025. Selon ce document, les dépenses militaires au Maghreb ont atteint 30,2 milliards de dollars en 2024, soit une augmentation de 8,8 % par rapport à 2023, et de 43 % par rapport à 2015. L’Algérie et le Maroc représentent à eux seuls 90 % des dépenses. Cet armement disproportionné a commencé il y a une vingtaine d’années, mais il s’est accéléré depuis 2020. Les dépenses militaires du Maroc ont augmenté de 2,6 % en 2024, atteignant 5,5 milliards de dollars, tandis que les dépenses militaires algériennes ont augmenté de 12 %, atteignant 21,8 milliards de dollars. On peut se demander si ces chiffres traduisent un sentiment d’insécurité face à une menace réelle ou s’ils relèvent d’une démonstration de force.

Dans tous les cas, l’Algérie redoute l’aide stratégique et militaire apportée par Israël au Maroc. Selon le rapport de l’institut suédois, 11 % des armes achetées par le Maroc en 2023 proviennent en effet de l’État hébreu, le plaçant en troisième position des fournisseurs du royaume, après les États-Unis et la France. Les craintes de l’Algérie sont d’autant plus grandes que la coopération stratégique s’intensifie entre le Maroc et Israël, comme en témoigne la présence d’un contingent de soldats israéliens à l’African Lion 2025, cet exercice annuel interarmées multinational, qui s’est déroulé en mai 2025 à Cap Drâa, dans la région de Tan-Tan au Maroc.

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La tension reste donc très élevée entre l’Algérie et le Maroc. Elle ne porte plus seulement sur un territoire contesté (le Sahara occidental), mais se nourrit notamment des nouvelles alliances passées par le Maroc. En réponse, l’Algérie souhaite se repositionner sur la scène internationale. Elle s’appuie pour cela sur les principes et les valeurs auxquelles elle est associée depuis l’époque où elle était considérée comme le pays phare des non-alignés, en défendant notamment les droits des Palestiniens et en affirmant protéger les pays de la région de toute ingérence étrangère. Quant au Maroc, il ambitionne d’être une puissance régionale et se pose en pays pivot incontournable entre l’Europe et l’Afrique, notamment en matière de contrôle des migrants subsahariens.

Un bâtiment de la Marine nationale saisit 5 919 kg de cocaïne au large des côtes africaines

Le vendredi 29 août 2025, sous la direction du préfet maritime de l’Atlantique et du procureur de la République près le tribunal judiciaire de Brest, une frégate de la Marine Nationale a procédé à la saisie de 5 919 kg de cocaïne au large de l’Afrique de l’Ouest

L’office antistupéfiants (OFAST) avait sollicité l’intervention de la Marine nationale à la lumière d’informations transmises par leurs partenaires du Maritime Analysis and Operations Centre (Narcotics) (MAOC-N), de la National Crime Agency (NCA) britannique et de la Drug Enforcement Administration (DEA) américaine.

L’équipe de visite de la frégate déployée dans le cadre de la mission Corymbe est intervenue le vendredi 29 août 2025 en haute mer dans la zone maritime Atlantique sur un navire de pêche.

Conduite au large des côtes africaines, l’opération a été initiée sur la base de l’article 110 de la convention des Nations Unies sur le droit de la mer (Montego Bay), et s’est conclue par la découverte de stupéfiants dans le cadre de la Convention de Vienne du 20 décembre 1988 et de la loi 94-589 du 15 juillet 1994 modifiée.

Au total, 5 919 kg de cocaïne, d’une valeur marchande estimée à 320 millions d’euros*, ont été saisis à bord du navire.

La parfaite coopération entre les acteurs nationaux et internationaux de la lutte contre les stupéfiants a permis d’obtenir ce résultat remarquable. Il illustre l’efficacité de l’action de l’Etat français en mer dans le cadre de la protection des frontières extérieures et de la lutte contre la criminalité organisée.

La mission CORYMBE est un déploiement opérationnel par lequel la France assure sa présence en Afrique de l’Ouest et dans le Golfe de Guinée. La protection des intérêts français dans cette zone passe par la sécurisation maritime et la lutte contre le brigandage, la piraterie ou le trafic de stupéfiants. La présence dissuasive d’un bâtiment militaire français contribue à limiter ces activités.

L’opération CORYMBE s’inscrit dans le dispositif de soutien à l’architecture de sécurité maritime issue du processus politique de Yaoundé. À ce titre, des exercices de coopération visant à accroitre les savoir-faire des marines africaines et favoriser l’appropriation de leur propre sécurité, à l’occasion des escales ou d’exercices en mer sont régulièrement organisés La frégate de surveillance et son hélicoptère embarqué constituent enfin une capacité de réaction sous court préavis, permettant, si nécessaire, de contribuer à la protection des intérêts français et européens.

* Estimation à partir du Global cocaïne report 2024 de l’ONUDC

Naval Group confirme sa percée stratégique au Brésil avec un contrat-clé sur le nucléaire naval

Le pari technologique de la France s’exporte à nouveau, avec une coopération industrielle renforcée entre Naval Group et la marine brésilienne. Deux contrats ont été signés pour un montant total de plus de 528 millions d’euros, consolidant un partenariat stratégique dans le domaine des sous-marins à propulsion nucléaire.

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par Jehanne Duplaa

Une signature décisive sur fond de tensions commerciales

Le 1er juin 2025, le Journal officiel brésilien publiait discrètement deux notifications émanant de la Direction Générale du Développement Nucléaire et Technologique de la Marine. Ces documents actaient la conclusion de deux contrats majeurs avec Naval Group, dont le contenu marque un tournant stratégique : le soutien technique et l’ingénierie d’un sous-marin nucléaire d’attaque — à l’exclusion de la chaufferie nucléaire.

Le premier contrat, d’un montant exact de 282,1 millions d’euros, porte sur la mise à disposition de services spécialisés pour l’installation de systèmes complémentaires. Le second, chiffré à 246,3 millions d’euros, concerne la fourniture de prestations d’ingénierie avancée, toujours dans le cadre du développement du futur sous-marin brésilien Álvaro Alberto.

« Ces deux contrats ne vont pas remplacer la perte des deux compétitions majeures au Canada (sous-marins) et en Norvège (frégates), mais ils permettent à Naval Group de rester très présent au Brésil », a précisé La Tribune

Le sous-marin brésilien : un programme hors norme, un cadre franco-brésilien robuste

Le Brésil n’en est pas à son premier rapprochement avec Naval Group. Depuis 2008, dans le cadre du programme ProSub, les deux nations entretiennent une coopération approfondie autour de la souveraineté navale. L’objectif de ce plan : bâtir une capacité industrielle locale capable de concevoir, assembler et maintenir une flotte de sous-marins à propulsion classique et nucléaire.

Située à Itaguaí, la base industrielle dédiée à ce programme accueille une partie de la construction du SN Álvaro Alberto. Si la chaufferie nucléaire demeure de conception 100 % brésilienne — condition imposée par les règles internationales de non-prolifération — les systèmes annexes, eux, bénéficient d’une expertise française via Naval Group.

L’industriel français, malgré un contexte tendu sur ses marchés cibles, conserve donc sa capacité à livrer des solutions critiques sur des programmes sensibles.

Une relance industrielle après des échecs commerciaux

Le contrat brésilien tombe à point nommé. Naval Group a récemment vu ses propositions rejetées au Canada, dans le cadre du programme de renouvellement de la flotte sous-marine, ainsi qu’en Norvège, pour la fourniture de frégates. Ces défaites ont pesé sur la dynamique commerciale de l’entreprise.

Mais la signature brésilienne apporte un rééquilibrage géographique et industriel bienvenu.

Au-delà de la symbolique, ces deux contrats démontrent que la France reste un acteur de référence dans la projection technologique et militaire. Pour le Brésil, cet accord incarne une avancée majeure vers l’autonomie stratégique, tandis que pour Naval Group, il représente une consolidation industrielle hors du périmètre européen.

Cap stratégique confirmé pour Naval Group : le Brésil comme tremplin vers un nouvel équilibre international

Par ce double accord, Naval Group entérine son rôle de fournisseur de haute technologie navale, capable d’accompagner un allié dans le développement d’un programme à haute sensibilité. Avec 528,4 millions d’euros d’investissements confirmés, l’industriel français se positionne non plus seulement comme un constructeur, mais comme un partenaire stratégique de souveraineté.

L’avenir dira si cette dynamique brésilienne ouvre la voie à d’autres contrats internationaux. Mais à l’évidence, dans un environnement concurrentiel dominé par les blocs anglo-saxons, le choix du Brésil de renouveler sa confiance à la France, via Naval Group, constitue une victoire géopolitique autant qu’industrielle.

La Chine envoie un message à l’Occident avec un défilé militaire XXL

Le défilé militaire en hommage à la fin de la Seconde Guerre Mondiale tourne a la démonstration de force de Pékin.

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par Cédric Bonnefoy

La Chine entend célébrer la victoire contre le Japon lors de la Seconde Guerre mondiale, mais aussi envoyer un message à l’Occident avec un défilé militaire XXL en présence de Vladimir Poutine et Kim Jong-un.

La grande parade militaire de Pékin, comme un avertissement pour l’Occident

À Pékin, le 3 septembre 2025, la Chine a déployé sur la place Tian’anmen un spectacle militaire d’envergure, réunissant des milliers de soldats et les équipements les plus modernes de son arsenal. Supervisé par Xi Jinping, en présence de Vladimir Poutine et de Kim Jong-un, cet événement colossal s’inscrit dans une double logique : célébrer les 80 ans de la victoire sur le Japon et adresser un message clair aux puissances occidentales.
La mise en scène impressionnante a marqué les esprits par son ampleur. Des dizaines de milliers de soldats ont défilé au pas cadencé, encadrés par des blindés et des colonnes entières de chars dernier cri. Le spectacle a été renforcé par l’exhibition de drones, de systèmes antiaériens et de missiles intercontinentaux, certains de nouvelle génération, destinés à illustrer la capacité de la Chine à rivaliser avec les plus grandes armées du monde.

Cette fois, l’accent a été mis sur les innovations technologiques, notamment les armes à énergie dirigée comme le système laser LY-1 et les drones marins autonomes. Ces démonstrations ne relèvent pas uniquement de la symbolique : elles traduisent l’investissement massif consenti par Pékin dans la modernisation militaire. En défilant à Tian’anmen, l’Armée populaire de libération a voulu montrer que la Chine maîtrise désormais des technologies capables de bouleverser les doctrines de guerre traditionnelles.

Le rôle central de Xi Jinping et la mise en scène géopolitique

Le défilé n’était pas qu’un simple spectacle martial. La présence de Xi Jinping en uniforme, inspectant les troupes depuis une voiture de commandement ouverte, a renforcé l’image d’un chef incontesté à la tête d’une nation sûre de sa force. Dans son discours, il a martelé que la Chine « ne sera jamais intimidée » et qu’elle « défendra sa souveraineté par tous les moyens nécessaires ». Ces paroles, prononcées devant une audience mondiale, ont été interprétées comme un avertissement direct à Washington et à ses alliés.


L’image la plus marquante de la journée fut sans doute la marche commune de Xi Jinping avec Vladimir Poutine et Kim Jong-un. Cette scène hautement symbolique a envoyé un message clair : la Chine entend s’affirmer au sein d’un axe alternatif face à l’Occident. Pour de nombreux analystes, il s’agit moins d’une coopération militaire effective que d’un signal politique fort.

Un message adressé à l’Occident et au peuple chinois

Ce défilé n’a pas seulement servi à impressionner l’étranger. En mobilisant l’histoire, la commémoration des 80 ans de la victoire sur le Japon, Xi Jinping a replacé la Chine au centre d’un récit héroïque. La mémoire de la guerre devient un outil politique, permettant de relier la légitimité du régime actuel aux sacrifices du passé.


En parallèle, ce message s’adresse aussi à la population chinoise. En exposant ses troupes et ses armes dans un décor monumental, Xi Jinping renforce la fierté nationale et l’unité autour de sa personne. D’ailleurs, les images du défilé ont été diffusées en direct sur toutes les chaînes nationales, accompagnées de commentaires glorifiant les capacités de l’armée.

 

KNDS France envisage un partenariat avec PGZ pour produire 200 000 obus de 155 mm par an en Pologne

par Laurent Lagneau 

Entre 2012 et 2017, la production d’obus d’artillerie de 155 mm s’élevait en moyenne à 500 unités par an, selon des chiffres du ministère des Armées. Depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie et les mesures prises dans le cadre de « l’économie de guerre », la cadence s’est accélérée.

En effet, dans leur récent rapport sur l’avenir de l’artillerie, les députés Jean-Louis Thiériot [LR] et Matthieu Bloch [UDR] ont relevé que les cadences de production de KNDS AMMO France étaient passées de 30 000 à 45 000 obus de 155 mm par an entre 2022 et 2024 et que l’objectif était d’en produire annuellement 60 000 en 2025 puis 100 000 avant 2027.

Pour les rapporteur, même s’il est significatif, cet effort demeure insuffisant. « Une production annuelle de 60 000 obus représente actuellement la quantité de munitions consommées par les forces armées ukrainiennes [FAU] en quelques jours sur le front » et « l’allemand Rheinmetall s’est engagé à produire sur l’ensemble de ses sites européens jusqu’à 700 000 obus d’artillerie par an en 2025, contre environ 500 000 en 2024 et 70 000 avant le déclenchement de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine », ont-ils en effet rappelé.

Aussi ont-ils plaidé pour « augmenter de manière rapide et significative les capacités françaises de production des obus, des charges propulsives modulaires ainsi que des fusées au-delà des augmentations de cadences déjà consenties », tout en appelant KNDS France à « renforcer sa stratégie export ainsi que la compétitivité-prix de ses obus afin d’élargir la taille de son marché ». Et pour cause : en temps de paix, les besoins de l’armée de Terre ne seraient que de 100 000 obus par an.

S’agissant de l’exportation, KNDS France a fait connaître son intention de nouer un partenariat avec le groupe PGZ afin de proposer à la Pologne « l’opportunité d’atteindre une production de 200 000 obus de 155 mm par an ».

« L’instabilité qui règne sur le continent européen et la nouvelle architecture de sécurité qu’elle implique obligent les 27 [membres de l’Union européenne] à renforcer leur industrie de défense, dans une logique d’autonomie stratégique et de partenariats intracommunautaires renforcés », a d’abord souligné KNDS France, via un communiqué publié le 2 septembre.

Après avoir rappelé qu’il avait « triplé sa capacité de production de munitions de gros calibre », l’industriel français s’est donc dit prêt à « soutenir la Pologne, qui a exprimé le besoin de produire jusqu’à 200 000 obus de 155 mm par an, dans le cadre d’un partenariat étroit ».

Pour KNDS France, il s’agit d’offrir un « large transfert de savoir-faire vers l’industrie polonaise, en mettant PGZ et ses filiales [Mesko, Nitro-Chem, Dezamet, Gamrat] au cœur de l’offre, en privilégiant le renforcement des capacités existantes plutôt que la proposition d’une solution ex nihilo ». Procéder de la sorte permettrait une « montée en compétence rapide du tissu industriel local, de la formation du personnel à l’installation de machines-outils supplémentaires », soutient l’industriel français, qui garantit par ailleurs une « capacité de production opérationnelle immédiate grâce à la fourniture de matières premières, comme les corps creux des obus.

« La Pologne atteindrait ainsi sa pleine capacité de production en moins de trois ans », promet KNDS France.

Cette offre repose sur l’obus de type LU211, qui a « fait ses preuves avec plusieurs milliers de coups tirés par pièce par les artilleurs ukrainiens » et qui est qualifié pour les canons automoteurs K9 et KRAB, mis en œuvre par l’armée polonaise.

 

Les forces américaines ont détruit une embarcation de narcotrafiquants présumés au large du Venezuela

par Laurent Lagneau 

En avril 2020, soit quelques mois avant la fin de son premier mandat à la Maison Blanche, le président Donald Trump, avait annoncé le lancement d’une vaste opération antidrogue en Amérique du Sud, avec le renforcement de l’US Southern Command du Pentagone.

« Alors que les gouvernements et les nations se concentrent sur le coronavirus, il existe une menace croissante que les cartels, les criminels, les terroristes et d’autres acteurs malveillants tentent d’exploiter la situation pour leur propre profit », avait-il expliqué.

Proche de la Chine, de la Russie et de l’Iran, le Venezuela était surtout dans le collimateur de Washington étant donné que son président, Nicolas Maduro, venait alors d’être inculpé par la justice américaine pour « narcoterrorisme et trafic de cocaïne ». Cette dernière lui reprochait d’avoir « dirigé un violent cartel de la drogue » [le « Cartel de Los Sols », ndlr] alors même qu’il était au pouvoir.

Puis, les choses en restèrent à peu près là… Du moins pour ce qui concerne M. Maduro. Car le trafic des drogues n’a cessé de prendre de l’ampleur, avec des volumes saisis toujours plus importants [la Marine nationale a déjà intercepté 38,5 tonnes depuis le début de cette année, contre 48 tonnes en 2024, ndlr]. En outre, les moyens déployés par les narcotrafiquants se sont perfectionnés : en juillet, la marine colombienne a ainsi arraisonné un drone sous-marin doté d’une antenne Starlink et pouvant transporter 1,5 tonne de cocaïne.

De retour à la Maison Blanche, M. Trump a repris les affaires là où il les avait laissées. En février, son administration a rangé le cartel mexicain de Sinaloa et le gang vénézuélien Tren de Aragua parmi les organisations terroristes. Et, le 7 août, la secrétaire américaine à la Justice, Pamela Bondi, a fait savoir que les États-Unis seraient prêts à débourser 50 millions de dollars pour toute information susceptible de mener à l’arrestation de Nicolas Maduro.

Selon Courrier International, Mme Bondi a justifié cette décision en évoquant la saisie de « 30 tonnes de cocaïne associées à [Nicolas] Maduro et à ses complices ». Cette drogue aurait été « mélangée avec du fentanyl [un opiacé qui fait des ravages aux États-Unis] et « distribuée par des organisations terroristes, dont le gang Tren de Aragua, les cartels mexicains et le Cartel de los Sols ».

Quelques jours après, le Pentagone a annoncé le déploiement de trois navires d’assaut amphibie [les USS Iwo Jima, USS Fort Lauderdale et USS San Antonio] dans les Caraïbes, sous l’autorité de l’US Southern Command. Les destroyers USS Jason Dunham et USS Gravely, ainsi que le croiseur USS Lake Erie, avaient déjà été envoyés dans la zone. A priori, ils devraient être rejoints par le destroyer USS Sampson ainsi que par un sous-marin nucléaire d’attaque [SNA].

« Le Venezuela est confronté à la plus grande menace que notre continent ait connue au cours des 100 dernières années : huit navires avec 1200 missiles visent le Venezuela. Il s’agit d’une menace injustifiable, immorale et absolument criminelle », a réagi M. Maduro, avant d’accuser Washington de préparer une invasion de son pays en vue de le renverser. Aussi, il a dit avoir activé un « plan spécial », avec la mobilisation de « plus de 4,5 millions de miliciens » et le déploiement de navires et de drones dans les eaux territoriales vénézuéliennes.

« Ils ont voulu avancer vers ce qu’ils appellent la pression maximale, dans ce cas elle est militaire. Et face à la pression militaire maximale, nous avons déclaré la préparation maximale pour défendre le Venezuela » car « le Venezuela ne cédera jamais face à des chantages ni à des menaces de quelque nature que ce soit », a assuré Nicolas Maduro.

De son côté, l’ambassadeur du Venezuela à l’ONU, Samuel Moncada, a dénoncé une « opération de propagande massive visant à justifier ce que les experts appellent une action cinétique, c’est-à-dire une intervention militaire dans un pays qui est souverain et indépendant et qui ne constitue une menace pour personne ».

Le Pentagone s’est jusqu’à présent gardé de préciser la mission des navires déployés dans les Caraïbes… Si ce n’est que l’administration Trump lui a demandé de préparer des « options » pour lutter contre les cartels de la drogue et autres groupes criminels.

C’est donc dans ce contexte que, le 2 septembre, les forces américaines ont visé un « bateau transportant de la drogue » qui venait d’appareiller du Venezuela.

« Sur mon ordre, les forces militaires américaines ont mené une frappe cinétique contre des narcoterroristes clairement identifiés du [gang] Tren de Aragua », a en effet annoncé M. Trump, via le réseau Truth Social.

Cette action a eu lieu « alors que le bateau se trouvait dans les eaux internationales, transportant des produits stupéfiants illégaux, à destination des États-Unis. Elle a tué 11 narcoterroristes », a-t-il expliqué.

Le président américain a illustré son message avec une vidéo déclassifiée. Cette dernière montre effectivement une petite embarcation rapide prendre feu après avoir été frappée, probablement par un missile tiré par un aéronef. Aucun détail sur les circonstances de cette action « cinétique » n’a été donné pour le moment.

Avant de s’envoler pour le Mexique, le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a prévenu : le « temps où l’on pouvait agir en toute impunité et se contenter de détruire un appareil ou de saisir un peu de drogue sur un bateau est révolu ».

 

La Suède pourrait préférer le britannique Babcock au français Naval Group pour ses futures frégates

par Laurent Lagneau

Le 31 août, le Premier ministre norvégien, Jonas Gahr Støre, a annoncé l’achat de cinq ou six frégates britanniques de Type 26 [ou classe « City »] pour 8,5 milliards d’euros. Et cela aux dépens de la Frégate de défense et d’intervention [FDI] de Naval Group, de la Meko A-400 allemande et de la « Constellation » américaine.

S’il doit encore être confirmé par le Parlement norvégien [le Storting], ce choix soulève quelques questions… À commencer par la capacité de BAE Systems à livrer les navires devant être commandés par Oslo dans les délais souhaités, sachant que la construction de la tête de série de la classe City, le HMS Glasgow, a pris du retard et que ses essais en mer restent donc à effectuer. En outre, il n’est pas impossible que certaines unités attendues de pied ferme par la Royal Navy prennent finalement la direction de la Norvège.

Quoi qu’il en soit, le ministre norvégien de la Défense, Tore O. Sandvik, n’a aucun doute sur la pertinence de ce choix.

« Si nous achetons de nouvelles frégates, c’est pour chasser les sous-marins. Ce sera leur principale fonction : dissuader la Russie d’entrer en mer du Nord et dans l’Atlantique avec ses sous-marins », a-t-il dit, dans un entretien accordé à Bloomberg, ce 3 septembre. Sur ce point, la FDI avait pourtant de solides arguments à faire valoir…

Seulement, a continué M. Sandvik, les « navires norvégiens et britanniques devront être aussi identiques que possible, afin d’optimiser leur efficacité opérationnelle et de réduire les coûts, tout en permettant potentiellement d’interchanger les équipages ».

Cela étant, le britannique Babcock International serait sur le point de ravir un autre marché à Naval Group, à en croire le Financial Times et la presse scandinave.

En juin, le ministère des Armées a fait savoir que Paris avait proposé la FDI à Stockholm, dans le cadre du programme suédois de « nouvelle génération de bâtiment de surface ». Et cela après avoir confirmé que la Direction générale de l’armement [DGA] allait ouvrir des négociations contractuelles en vue d’acquérir deux premiers avions d’alerte avancée GlobalEye auprès de Saab afin de remplacer les quatre E-3F SDCA de l’armée de l’Air & de l’Espace.

Or, le Financial Times a fait état de discussions « très positives » bien que « complexes » entre Londres et Stockholm au sujet de l’achat éventuel de quatre frégates Arrowhead-140/Type 31. Et cela alors que Babcock International a noué un partenariat avec Saab Kockums en 2024.

Une décision devrait être annoncée par le gouvernement suédois avant la fin de l’année. Mais il se pourrait qu’elle soit influencée par le choix du Danemark, avec lequel, selon une source du quotidien financier, un accord est « presque bouclé ». Et celui-ci porterait sur la commande de trois frégates Type 31.

Une telle issue ne serait pas surprenante étant donné que la conception de l’Arrowhead-140/Type 31 est largement inspirée de la frégate danoise Iver Huitfeldt.

Pour rappel, affichant un déplacement de plus 5 700 tonnes pour 138,7 mètres, la frégate Type 31 est censée pouvoir naviguer à la vitesse de 26 nœuds, grâce à quatre moteurs diesels MTU. La version destinée à la Royal Navy est armée du système surface-air Sea Ceptor, avec deux lanceurs verticaux, d’une tourelle de 57 mm et de deux canons de 40 mm. Elle est en mesure d’accueillir un hélicoptère et un drone aérien embarqué.

Seulement, la construction des cinq exemplaires destinés à la Royal Navy a aussi pris du retard, l’admission de la tête de série, le HMS Venturer, n’étant pas attendu avant 2027.

Missile furtif russe, record pour Airbus, chasseur 6G britannique, Rafale vs F15 – Air&Cosmos

par Xavier Tytelman

Usine de semi-conducteurs en France : dans les coulisses de l’accord Foxconn-Thales

par Amélie Charnay   La Tribune

Le secret aura été bien gardé. Juste avant l’ouverture du sommet Choose France, au mois de mai, l’Élysée révèle que le fleuron tricolore de la défense Thales et le poids lourd taïwanais de l’électronique Foxconn envisagent d’implanter sur notre sol une usine de semi-conducteurs. Le projet doit se faire en partenariat avec Radiall, spécialiste des connecteurs et composants. « Un pas vers l’autonomie stratégique pour la microélectronique », exulte la présidence. L’annonce fait l’effet d’une bombe, alors que la France peine à se réindustrialiser et que 80 % de la production de semi-conducteurs provient d’Asie du Sud-Est.

Certes, la France avait déjà réussi à convaincre l’entreprise taïwanaise Prologium de se lancer dans une gigafactory de batteries à Dunkerque. Le montant d’investissement attendu de Foxconn est moindre, puisqu’il doit contribuer avec Thales et Radiall à une enveloppe de « seulement » 250 millions d’euros. Mais en termes d’images, le nom de ce champion taïwanais claque bien davantage et laisse espérer un effet d’entraînement vis-à-vis d’autres acteurs, taïwanais et étrangers. C’est donc un joli coup.

Le secret aura été bien gardé. Juste avant l’ouverture du sommet Choose France, au mois de mai, l’Élysée révèle que le fleuron tricolore de la défense Thales et le poids lourd taïwanais de l’électronique Foxconn envisagent d’implanter sur notre sol une usine de semi-conducteurs. Le projet doit se faire en partenariat avec Radiall, spécialiste des connecteurs et composants. « Un pas vers l’autonomie stratégique pour la microélectronique », exulte la présidence. L’annonce fait l’effet d’une bombe, alors que la France peine à se réindustrialiser et que 80 % de la production de semi-conducteurs provient d’Asie du Sud-Est.

Certes, la France avait déjà réussi à convaincre l’entreprise taïwanaise Prologium de se lancer dans une gigafactory de batteries à Dunkerque. Le montant d’investissement attendu de Foxconn est moindre, puisqu’il doit contribuer avec Thales et Radiall à une enveloppe de « seulement » 250 millions d’euros. Mais en termes d’images, le nom de ce champion taïwanais claque bien davantage et laisse espérer un effet d’entraînement vis-à-vis d’autres acteurs, taïwanais et étrangers. C’est donc un joli coup.

La Malaisie va acquérir deux nouveaux radars GM400 de Thales

Exclusif. La Malaisie va commander deux radars GM400 supplémentaires à Thales. Un nouveau succès pour le best-seller du groupe de hautes technologies dans le domaine des radars.

par Michel Cabirol

Conçus et fabriqués en France, les radars Ground Master 200 (portée de 250 km), 200 MMA (350 km) et 400a (515 km) sont des radars de haute technologie, dédiés à la surveillance aérienne 3D multi-missions à moyenne portée (classe 200 km) et longue…

Fabriquée à Limours-en-Hurepoix en Essonne, la famille de radars Ground Master 200 et 400 de Thales, dédiés à la surveillance aérienne, poursuit sa formidable success-story commerciale. Surtout dans un monde très incertain où les tensions géopolitiques et les conflits se multiplient depuis trois ans. Ainsi selon des sources concordantes, la Malaisie va commander deux radars GM400 supplémentaires à Thales dans le cadre de la visite à Paris du Premier ministre de Malaisie, Anwar Ibrahim, invité à dîner vendredi au Palais de l’Élysée. Ce dîner de travail permettra aux deux responsables politiques de renforcer le partenariat entre la France et la Malaisie, notamment dans le domaine de la défense, selon un communiqué de l’Élysée publié jeudi.

Dans le cadre de cette coopération de défense entre la France et la Malaisie, Thales avait signé en décembre 2023 une lettre d’attribution pour la fourniture du nouveau radar de longue portée GM400α, livré à la Royal Malaysia Air Force (RMAF). Premier client en 2009 de la version précédente de ce radar (GM400), la RMAF avait alors renouvelé sa confiance à Thales avec l’acquisition de cette nouvelle version. Au total, Thales a vendu près de 300 radars GM dans le monde.

Bouclier de l’honneur

par  Michel Goya

Ainsi donc, une force de combat aéroterrestre alliée déployée en Ukraine pourrait dissuader la Russie d’envahir le pays. Quelle excellente idée ! Dans ce cas, pourquoi ne pas avoir engagé cette force fin 2021, alors que l’armée russe était rassemblée aux frontières de l’Ukraine et que Vladimir Poutine menaçait ? Le même Vladimir Poutine avait déjà utilisé son armée contre la Géorgie en 2008, puis contre l’Ukraine en février 2014 en Crimée, puis en août de la même année et en février 2015 dans le Donbass. Cela faisait déjà beaucoup pour un seul chef d’État, sans doute un record depuis 1945. On pouvait se douter qu’il pourrait être tenté de continuer, d’autant plus que toutes les offensives précédentes avaient été des succès. Qui plus est, ces coups s’inscrivaient dans la vieille pratique soviétique, au moins depuis 1939, du « piéton imprudent », c’est-à-dire d’attaques par surprise sur un espace-temps limité, laissant le monde autour de la cible paralysé par le fait accompli. Rien de nouveau sous le soleil donc, sauf pour des gouvernements à la mémoire – et désormais la durée de vie – de poissons rouges.

On avait en effet oublié que ces coups ne réussissaient pas toujours comme prévu et que l’on pouvait aussi les contrer sans pour autant franchir le seuil de cette guerre ouverte et à grande échelle dont personne ne veut. Il est d’abord arrivé que la cible résiste beaucoup plus que prévu, comme en Finlande en 1939 ou en Afghanistan après 1980, et que l’on ait même le temps de l’aider, y compris humainement avec des troupes de volontaires individuels, des soldats fantômes ou des mercenaires façon Tigres volants dans un autre contexte, mais aussi on y reviendra, avec des troupes régulières. D’une manière générale, et pour revenir à notre époque, notons juste que l’aide fournie par les pays occidentaux à l’Ukraine à partir de 2022 est à ce jour l’une des moins imaginatives et des moins risquées de toute l’histoire mondiale des aides.

Ces coups soviéto-russes n’ont pas toujours été violents ; en fait, ils ne l’étaient jamais à notre égard (j’inclus encore les États-Unis dans ce « nous »), car Moscou a toujours autant peur que nous d’une escalade vers un affrontement ouvert et généralisé, surtout depuis que celui-ci peut approcher d’un échange nucléaire. Il a été possible de les contrer, de manière tout aussi peu violente, comme avec le pont aérien à la suite du blocus de Berlin en 1949, ou inversement avec le blocus de l’île de Cuba en 1962, après la découverte des sites de lancement de missiles soviétiques, accompagné de quelques menaces de frappes conventionnelles et d’une mise en alerte nucléaire. Ce n’était pas sans risques et donc aussi sans pertes sur la durée – 70 soldats britanniques et américains tués par accidents lors du blocus de Berlin – mais dans les deux cas, les Soviétiques ont cédé.

Bref, dans ce jeu de poker où l’on doit faire céder l’autre sans jamais étaler ses cartes sur le champ de bataille meurtrier, il est possible de contrer les coups du camp adverse sans franchir le seuil de la guerre ouverte et à grande échelle.

Autres exemples de contres, à commencer par un soviétique cette fois. Pour faire face à la supériorité aérienne américaine contre leurs amis, les Soviétiques n’ont jamais hésité à utiliser des unités masquées simplement sous les couleurs locales — escadrilles de chasse en Corée ou bataillons de défense aérienne sol-air au Nord-Vietnam — sans que cela déclenche quoi que ce soit avec les États-Unis, trop heureux de fermer le yeux.

En mars 1970, c’est en pleine guerre d’usure entre Israël et l’Égypte que les Soviétiques interviennent. Les Israéliens sont alors en pleine campagne aérienne dans la profondeur de l’Égypte. Les Soviétiques la contrent en déployant, en un mois — opération Caucase — trois divisions de défense sol-air et deux régiments de chasseurs Mig-21 le long du Nil. Tout est peint aux couleurs égyptiennes, mais personne n’est dupe, surtout pas les Israéliens qui comprennent le message et renoncent à leurs attaques dans la région du Nil.

Avant de cesser leurs raids en profondeur, les Israéliens font passer à leur tour un message aux Soviétiques en expliquant que leurs unités de défense aérienne qui dépasseraient une ligne de 50 km à l’ouest du canal de Suez seraient attaquées (au passage, voilà comme pour le Nil une vraie ligne rouge, avec une limite et des conséquences claires). Les Soviétiques tentent quand même le coup avec une nouvelle manœuvre de déploiement rapide, assez magistrale avec l’aide des Égyptiens, le long du canal. Les Israéliens attaquent donc et c’est le début d’une guerre soviéto/égypto-israélienne, mais ce qui est intéressant, c’est qu’il s’agit en fait d’une micro-guerre ou d’une guerre très contenue, car aucun des deux côtés ne veut aller trop loin, avec en arrière-plan les États-Unis qui pèsent aussi très fort dans ce sens. On s’accroche donc discrètement pendant les mois de juin et juillet 1970. Les Israéliens lancent des raids au sol et surtout depuis les airs contre les positions des Soviétiques et Egyptiens, et ceux-ci les contrent et les chassent. Plusieurs avions sont abattus de part et d’autre.

Cela aboutit, le 30 juillet, au plus grand combat aérien du Moyen-Orient avec 30 avions engagés et à une défaite nette des Soviétiques, qui perdent cinq Mig-21 abattus et un endommagé, avec deux pilotes tués, contre un Mirage III endommagé. Les Soviétiques ne fléchissent pas pour autant et renforcent même leur dispositif. Les Israéliens cèdent, sous la fausse promesse soviétique de retirer leur dispositif du canal, et les combats s’arrêtent.

Autres exemples de zones d’interdiction imposées en pleine guerre : les opérations françaises Manta et Épervier au Tchad. En août 1983, le gouvernement tchadien fait face à la rébellion du Gouvernement d’union nationale de transition (GUNT) et, surtout, à la Libye, qui s’était emparée de la bande d’Aouzou en 1976 et dont les forces ont pris Faya-Largeau, menaçant la capitale. Pour la quatrième fois après avoir été chassée, la France répond à la demande d’aide de N’Djamena et déploie en quelques jours une force de dissuasion (on ne parle pas alors de « réassurance ») terrestre au centre du pays : une brigade, soit approximativement ce que la France est toujours capable de déployer, et, face au ciel, un puissant escadron de chasse à N’Djamena et à Bangui, ainsi qu’un groupe aéronaval au large des côtes libyennes. Les 15e puis 16e parallèles sont déclarées lignes rouges, sur terre comme dans le ciel.

C’est une prise de risques : le dispositif est testé par le GUNT, et il y a des pertes – deux pilotes dans leur avion Jaguar pendant ou après un combat, neuf parachutistes dans un accident – mais, au bout du compte, cette première opération, Manta, réussit, puisque l’ennemi du gouvernement tchadien et l’adversaire de la France est dissuadé.

Cette réussite est toutefois provisoire, car les promesses du colonel Kadhafi en échange du départ français ne sont pas tenues. Après un bombardement aérien sur N’Djamena, une nouvelle opération de dissuasion, Épervier, est lancée en février 1986, centrée uniquement sur la dissuasion aérienne, avec à nouveau un puissant escadron de chasse et, cette fois, un dispositif anti-aérien au sol. Une nouvelle fois, il y a des tensions et même des combats, avec des raids français sur les bases libyennes et la destruction d’un bombardier léger TU-22 par une batterie de missiles Hawk en septembre 1987, mais l’opération est à nouveau un succès, facilitant la victoire au sol de l’armée nationale tchadienne.

On pourra rétorquer que ce n’était que la Libye, par la puissante Russie et ses alertes nucléaires tous les deux jours, et que l’on ne risquait pas grand-chose. C’est un jugement rétrospectif. Si l’on anticipait effectivement une victoire en cas d’affrontement à grande échelle, on anticipait aussi qu’elle serait meurtrière pour nous. Par ailleurs, la Libye n’a pas hésité à nous attaquer autrement : on ne parlait pas à l’époque de « guerre hybride » (et c’est heureux) mais elle soutenait par exemple les indépendantistes en Nouvelle-Calédonie ou organisait des attentats terroristes, comme la destruction du vol UTA en septembre 1989, tuant 170 personnes, dont 54 Français. Tous ces risques étaient connus et ont été pris en connaissance de cause par le président de la République. Au bout du compte, cela a réussi bien plus que dans les autres endroits où nous avons été faibles, comme au Liban.

En résumé, avec un peu de courage politique et quelques moyens à la fois rapides et puissants, on peut agir dans la zone des affrontements sous le seuil de la guerre, jusqu’à même atteindre éventuellement et résister à celui de la micro-guerre. La France a montré qu’elle pouvait avoir ce courage et ces moyens, facilités, et ce n’est pas un hasard, par les pouvoirs donnés par les institutions de la Ve République au président de la République – mais qui d’autre ? Le club est très fermé dans les pays européens.

Tout cela pour dire que l’on pouvait, et que l’on peut toujours, réaliser des opérations militaires pour obtenir des effets stratégiques en lien avec la Russie et contre la Russie, sans pour autant déclencher une guerre ouverte et générale, ce que personne ne souhaite, y compris les Russes.

On parle donc beaucoup de cette force de réassurance – pour ne pas dire dissuasion d’une invasion future – européenne en Ukraine, en la conditionnant toutefois à un arrêt des combats et, pour beaucoup, à un soutien et un appui américain. Soyons clairs : cette idée représente déjà un immense progrès par rapport à la pusillanimité générale d’il y a peu, mais elle a peu de chances de se réaliser à court terme, pour la raison simple qu’elle est incompatible avec l’idée même d’arrêt des combats. Dans la vision russe, il n’était pas nécessaire de mener la guerre en Ukraine pour, entre autres, l’empêcher d’entrer dans l’OTAN, si c’est pour voir des brigades de pays de l’OTAN venir la protéger. À moins d’y parvenir par les armes ukrainiennes – à condition qu’elles soient plus nombreuses – et/ou peut-être, mais j’ai des doutes, par une pression économique maximale, on ne voit pas comment les Russes accepteraient de cesser le combat, ne serait-ce qu’en maintenant des accrochages sur la ligne de front, histoire d’affoler les plus tendres des Occidentaux.

À ce stade, si on veut vraiment déployer cette fameuse force, dont la pointe de combat serait, comme d’habitude, limitée à quelques contingents français prêts à prendre des risques – français, britanniques, baltes et scandinaves – on ne voit donc pas d’autre solution que de la déployer en périphérie de l’Ukraine, en Pologne ou en Roumanie, avec des règles d’engagement et des procédures claires en cas, non pas d’agression, mais de menace d’agression, pour y pénétrer et vraiment dissuader. Cela posera encore beaucoup de problèmes, dont celui de l’acceptation des pays d’accueil, mais c’est pour l’instant, je crois – et je l’ai dit depuis longtemps – la seule option crédible.

À défaut, il est quand même possible de faire des choses depuis les Tigres volants jusqu’à l’équivalent des opérations Caucase ou Épervier. C’est le sens de l’initiative SkyShield – « bouclier du ciel » en bon français – qui consisterait à interdire le ciel à tout objet volant hostile au-delà d’une certaine limite claire, sans doute le Dniepr, à la manière des Soviétiques interdisant le ciel du Nil aux Israéliens en 1970.

Comment ? Avec des batteries de tir anti-drones dans l’ouest de l’Ukraine — une excellente manière, au passage, d’apprendre à contrer cette menace qui nous concernera forcément un jour — et des batteries de tir ainsi que des patrouilles de chasse depuis les bases périphériques de l’Ukraine.

Y a-t-il des risques ? Oui, bien sûr. Sinon, il y a longtemps que l’on l’aurait fait. Il y aura des ratés, des accidents, peut-être des accrochages, mais au bout du compte, ils resteront limités puisqu’il est très probable que l’on n’affronte, de toute façon, que des machines. Je pense qu’il y a en fait sans doute moins de risques que dans les exemples cités plus haut, et pas plus que lorsque l’on interceptait récemment les projectiles iraniens en direction des villes israéliennes.

Est-ce que ce sera utile ? Oui, bien sûr. Cela soulagera une partie des souffrances de la population et permettra à la défense aérienne ukrainienne de réduire et de densifier son périmètre de protection.

Les Russes vont-ils hurler ? Oui, bien sûr. On connaît déjà les mots d’ordre transmis à leurs relais trompettes : la peur de l’escalade vers la guerre, voire la troisième guerre mondiale, forcément nucléaire. Ce discours, supposément pacifiste, sera enrobé de considérations sur la politique intérieure, le complot mondial — on ne peut plus dire « américain » maintenant que les complotistes sont trumpistes — le pseudo-réalisme, etc. Ils ne manqueront pas de se déchaîner en commentaires ici ou sur les différents réseaux sociaux. Ce discours est en plastique, bien sûr, mais il a réussi à nous inhiber en partie et nous rendre au bout du compte plus lâche que nous étions il y a quelques années.

En résumé, si l’on veut aider l’Ukraine tout de suite et pas seulement attendre un arrêt des combats — et peut-être justement pour contribuer à cet arrêt en exerçant une pression sur les Russes — le moyen le plus simple et rapide reste l’opération SkyShield. On montrera au moins que les Européens ne se contentent pas de regarder passer les événements du monde, comme les vaches regardent passer les train

 

P-8 Secretif de retour en patrouille de la mer Noire avec un capteur aéroporté avancé

par Lac de Jon

Le 27 août 2025, la chaîne russe Telegram de Fighterbomber a publié un clip vidéo pris par le pilote d’un chasseur russe Su-27SM au-dessus de la mer Noire ce jour-là. La vidéo montrait un avion de patrouille maritime P-8A Poseidon (MPA) de la marine américaine, portant le numéro de Bureau (BuNo) 169554, avec son Raytheon AN/APS-154 Advanced Airborne Sensor (AAS) en position étendue: la première fois que l’on voit « publiquement » ce point.

La mission avait été suivie par le site Web ItaMilRadar, qui révélait que l’avion avait décollé de la centrale de marine (NAS) de Sigonella vers 9 heures (CEST), traversant la Grèce et la Bulgarie avant de se ravitailler au-dessus de l’est de la Roumanie. L’avion a ensuite traversé la mer Noire avant de patrouiller au large de Sébastopol et la base navale russe de Novorossiysk. Le Poséidon retourne à Sigonella vers 17 h 30 CEST.

Il s’agit de la dernière d’une série de missions similaires au cours desquelles les P-8A ont patrouillé à l’approche de Novorossiysk, qui a remplacé Sébastopol en tant que principale base de la flotte russe de la mer Noire à la suite des frappes de missiles et de drones ukrainiens.

Les patrouilles des P-8A équipés de l’AAS avaient cessé en mars de cette année, lorsque l’administration Trump a décidé de cesser de fournir des données de renseignement à l’Ukraine. Deux avions P-8A équipés de l’AAS (168996 et 1695554) ont volé de la NAS Sigonella à Portsmouth aux États-Unis le 8 mars 2025. Ils ont ensuite déménagé dans de nouvelles bases pour lancer une nouvelle mission de surveillance de la frontière américaine.

Les vols de reconnaissance P-8 dans la région de la mer Noire ont maintenant repris à un rythme renouvelé, mais ils soulignent l’engagement continu des États-Unis en faveur des efforts occidentaux pour surveiller les activités navales russes dans la mer Noire et pour protéger le «couloir grain», qui reste stratégiquement vital pour les exportations ukrainiennes.

P-3, P-8 et gousses

Des systèmes radar multifonctions avancés conçus pour fournir une cartographie au sol à haute résolution, une détection et un suivi des cibles mobiles, dans des environnements trop aquatiques, terrestres et littoraux, sont déployés sur des zones marines protégées P-3 de l’US Navy et, plus récemment, des P-8 depuis quelques années.

Le système de radar de surveillance du littoral (LSRS) AN/APS-149 utilisait des systèmes de radar à synthèse à haute résolution (SAR) et de radar à synthèse d’ouverture (ISAR) à haute résolution pour fournir des images à haute résolution et identifier des cibles mobiles.

Le LSRS (ou un précurseur) a été noté pour la première fois sur un laboratoire de recherche navale américain NP-3B (152739) en 1978, peut-être sous forme de prototype. Développé dans le «monde noir», il semble être entré en service sur le P-3C vers 1997. Quelque 12 systèmes ont été acquis, avec 16 avions P-3C BMUP modifiés pour transporter le LSRS en tant que plates-formes BMUP. Il s’agissait de 161121, 161126, 161132161404, 161405, 161408161411, 161414, 161415161586, 161587, 161588161589, 161590, 161593 et 161596. En outre, 158574, 160293, 161337 ont également été observés avec LSRS.

Ces appareils ont été affectés aux escadrons de patrouille de l’US Navy VP-1, VP-4, VP-8, VP-10, VP-26, VP-40 et VP-46.

Les trois derniers P-3C équipés de LSRS fonctionnaient souvent sans bus ou modex visibles, et même manquaient de titres NAVY, bien qu’il soit entendu qu’ils étaient/ont été de 15854, 160293 et 161337 et qu’ils étaient pilotés par des équipages de la marine américaine utilisant des indicatifs d’appel de la marine. Il a été dit que l’avion effectuait des missions d’interdiction de la drogue le long de la frontière américano-mexicaine et dans le golfe du Mexique.

Ils ont récemment été exploités par le Bureau du personnel de la composante de service maritime de Dallas (BUPERS SDC Dallas), après avoir été notés apparemment opérant avec le détachement de soutien de vol du commandement des systèmes aériens navals à Dallas et avec le VP-46, qui a été déployé à la base aérienne d’Al-Udeid au Qatar en 2005. Il est tout à fait possible que l’avion ne porte que des marquages VP-46 et qu’il soit encore toujours avec BUPERS SDC Dallas. Le déploiement final du P-3C avec le SLRS s’est terminé fin septembre 2019.

L’US Navy a attribué un contrat pluriannuel pour le développement du capteur aéroporté AAN/APS-154 (AAS) pour le P-8A à la Raytheon Company en juillet 2009. Le développement a été accéléré par la réutilisation du matériel LSRS.

Le nouveau capteur, doté d’un réseau à balayage électronique actif à double face (AESA), a été conçu pour remplacer les capacités du LSRS, mais en mettant davantage l’accent sur la détection non traditionnelle de la guerre anti-sous-marine (ASW). Un sous-marin moderne déplace beaucoup d’eau en se déplaçant, générant un sillage, en particulier lorsqu’il se déplace rapidement et relativement près de la surface. Ce sillage est invisible pour l’œil humain sur la surface, fusionnant avec le motif normal des ondes, mais des capteurs avancés avec une très haute résolution et un traitement de données avancé peuvent détecter le léger sillage des motifs d’ondes, détectant effectivement un signal de la masse de bruit de fond.

Le premier P-8A équipé de l’AAS a effectué son premier vol à la NAS Patuxent River, dans le Maryland, le 20 mai 2015. Les essais effectués par l’escadron d’essais aériens et d’évaluation (VX) 1 «Pioneers» et plus tard VX-20 «Force» à la rivière NAS Patuxent ont précédé les livraisons à Love Field à Dallas pour une utilisation opérationnelle.

L’opérateur est à nouveau BUPERS SDC Dallas, qui a des détachements à NAS Patuxent River et NAS Point Mugu, en Californie, et a été décrit comme une unité de projet critique de catégorie 1A chef des opérations navales (CAT 1A CNO). L’unité est également connue sous le nom de NAWC-23.

Le Poseidon P-8A propose d’importantes modifications pour transporter le SCA, y compris les «pylons» pour fixer la gousse (le berceau du mécanisme de déploiement des dépôts spéciaux de la mission (SMPDM)). Cela abaisse la nacelle radar, empêchant l’obstruction du champ de vision du radar par les moteurs sous-auvages du P-8A. Il y a également une modification aérodynamique au-dessous du fuselage, au-dessus de l’extrémité avant de l’AAS, et deux grandes virures au-dessous du fuselage arrière.

Au moins 16 AE-8 ont été modifiés pour transporter l’AAS. Alors que les P-3C LSRS étaient extrêmement anonymes, les P-8A équipés d’AAS ont été vus avec des codes de tail, des modesx et des titres NAVY.

En août 2019, les P-8As 167951 et 167954 équipés par l’AAS avaient été notés avec le VX-20, tandis que 167952/952, 169007/007, 169010/010 et 169335/335 servaient auprès de BUPERS SDC Dallas. 168996 a été vu à Love Field en mars 2018 et à Kadena sous le nom de LA996 en juillet 2019, opérant ostensiblement avec VP-5 «Mad Foxes».

Depuis lors, 169325/325, 169336/LA336, 169341/341, 169554/LK554, 169567/567, 169568/568, 169571/LF571, 170014/014 et 170015/015 ont tous été repérés portant des AAS.

Pod multi-organisations

La nacelle AN/APS-154 AAS ne doit pas être confondue avec le nouveau multi-missions Pod (MMP) développé par Boeing à l’aide de fonds internes à partir de 2016. La MMP est conçue pour transporter des capteurs qui ne sont pas organiques au Poséidon et se fixe aux points de fixation existants développés pour l’AAS, en utilisant la même puissance et le même refroidissement. La MMP de 20 pieds (6 m) de long est plus courte que la nacelle AAS et est conçue pour accepter une gamme de charges utiles modulaires, offrant potentiellement des ouvertures plus grandes pour une variété de capacités multi-capteurs, multispectrals et multi-intelligents. Il pourrait s’agir de matériel utilisé par les pays exportateurs.

Le MMP a été commercialisé pour la première fois au salon aéronautique de Dubai 2021 et l’US Navy a attribué un contrat d’intégration de la gousse sur le P-8A en septembre 2023.

Le MMP a commencé à tester le P-8A à la rivière NAS Patuxent en juillet 2024, avec une certification attendue à la fin de l’été. L’avion utilisé était un ancien banc d’essai AAS: 167951/951 du VX-20.

La Turquie a lancé la production en série de son nouveau char de combat Altay

par Laurent Lagneau 

En 2007, le ministère turc de la Défense confia au groupe Otokar le soin de concevoir un nouveau char de combat, appelé Altay, dans le cadre du programme MITÜP [Mili Tank Üretimi Projesi]. Et cela en lien avec plusieurs sous-traitants, dont Aselsan pour le système de contrôle de tur, STM pour les systèmes d’information et MKEK, pour l’intégration du canon de 120 mm et la production des munitions. L’objectif était alors de mettre en service les 250 premiers exemplaires devant être commandés [sur 1 000 prévus] en 2020.

En outre, partant quasiment d’une feuille blanche [un projet de char turc avait été abandonné dans les années 1940, ndlr], la Turquie sollicita l’appui du groupe sud-coréen Hyundai Rotem pour développer une partie des technologies nécessaires à l’Altay à partir de celles du K2 Black Panther.

Seulement, ce programme eut son lot de difficultés. Après les soubresauts politiques, marqué par un coup d’État manqué, en juillet 2016, Otokar en perdit la direction au profit du groupe BMC, proche du Parti de la justice et du développement [AKP] du président Erdogan.

Mais l’obstacle le plus important concernait le groupe motopropulseur du futur char.

Au début des années 2010, Ankara avait envisagé une coopération avec le japonais Mitsubishi Heavy Industries. Mais les discussions ne purent aboutir sur un accord. La piste du motoriste britannique Perkins, filiale de l’américain Caterpillar, fut explorée sans résultat. L’allemand MTU fut approché… mais le veto mis par Berlin aux exportations de matériels militaires vers la Turquie fit capoter l’affaire.

Finalement, le salut vint une nouvelle fois de la Corée du Sud, un accord ayant été trouvé avec Doosan et S&T Dynamics, deux sous-traitants de Hyundai Rotem, pour la fourniture de groupes motopropulseurs et de systèmes de transmission.

Dans le même temps, le ministère turc de la Défense confia un autre contrat à BMC pour concevoir le moteur BATU, avec un « maximum de composants locaux et un minimum de technologie étrangère ».

Avec tous ces obstacles, l’objectif de mettre l’Altay en service en 2020 fut manqué. Cependant, le 5 septembre, Fuat Tosyali, le PDG de BMC, a confirmé que la production en série de ce nouveau char venait de commencer dans une usine récemment construite à Ankara et avec le concours de 600 sous-traitants locaux.

« Nous sommes heureux de réaliser le rêve centenaire de la Turquie et de lancer la production en série du char Altay » a-t-il en effet déclaré, selon des propos rapportés par Anadolu Ajansı. « L’usine est terminée. Nous espérons qu’elle répondra aux besoins des forces armées turques et des pays alliés dans le secteur de la défense », a-t-il ajouté.

Reste que le groupe motopropulseur BATU est encore en phase d’essais. Il « doit effectuer certains tests avant de pouvoir être utilisé dans nos chars. Des essais sur route et un parcours d’endurance de 10 000 kilomètres sont nécessaires, ainsi que l’atteinte des niveaux de performance. Jusqu’à présent, le programme n’a connu aucun contretemps », a fait valoir M. Tosyali.

Selon un échéancier livré par l’agence turque des industries de défense [SSB – Savunma Sanayii Başkanlığı], trois chars Altay doivent être livrés en 2025, puis 11 en 2026, 41 en 2027, 30 en 2028.

Pour rappel, affichant une masse de 65 tonnes et mis en œuvre par un quatre hommes [conducteur, canonnier, chargeur et chef de char], l’Altay est armé d’un canon de 120 mm [MKEK] ainsi que d’une mitrailleuse coaxiale de 7,62 mm et d’un mitrailleuse de 12,7 mm montée sur tourelleau téléopéré Aselsan STAMP/II. Il est équipé d’un système modulaire de contrôle de tir Volkan-III et du système de protection active AKKOR. Le Qatar en a commandé 100 exemplaires, en 2019.

 

L’intrigant ballet d’avions-cargos militaires au-dessus de Bujumbura

par  Ton Koene/Alamy

Sous pression de la rébellion, Kinshasa et Gitega ont fait de l’aéroport de la capitale économique burundaise un hub discret pour acheminer armes et renforts vers le front de l’Est congolais. […]

Naval Group confirme un accord industriel sur les sous-marins avec PGZ, le principal groupe polonais de défense

par Laurent Lagneau 

Signer des accords avec des entreprises d’un pays auquel on souhaite vendre des navires est une condition nécessaire mais pas suffisante pour obtenir un contrat. D’ailleurs, l’appel d’offres des futures frégates norvégiennes vient de le démontrer : malgré les partenariats noués avec le groupe Kongsberg et des instituts de recherche locaux, Naval Group s’est fait doubler par le britannique BAE Systems [qui en avait fait autant, mais avec d’autres acteurs], Oslo ayant justifié son choix par son « intimité stratégique » avec Londres.

Qu’en sera-t-il avec la Pologne qui, après l’avoir mis sous le boisseau, a relancé son programme « Orka » en 2023, afin d’acquérir au moins trois sous-marins à propulsion diesel-électrique, via un investissement d’environ 2,5 milliards d’euros ?

Sur les onze industriels sollicités par Varsovie il y a deux ans, sept sont encore en lice, dont le britannique Babcock, l’italien Fincantieri, le suédois Saab, l’allemand TKMS, l’espagnol Navantia, le sud-coréen Hanwha Ocean et Naval Group, qui propose une variante du Scorpène.

À l’occasion du salon de l’armement MSPO, qui s’est tenu à Kielce, cette semaine, Hanwha Ocean a signé un protocole d’accord avec le groupe polonais Famor, en vue de « faciliter le transfert de technologies et de savoir-faire industriels » vers la Pologne si celle-ci arrête son choix sur le sous-marin KSS-III. Ce dernier ferait partie des favoris, en raison de la promesse du constructeur sud-coréen de livrer la première unité avant 2028.

Mais c’est surtout le groupe public Polska Grupa Zbrojeniowa [PGZ] qui a été courtisé par les principaux concurrents du programme Orka, ce dernier a ayant signé des protocoles d’accord avec Babcock International, Saab et Fincantieri.

Au passage, l’industriel suédois a pu bénéficier d’un coup de pouce de son gouvernement, Stockholm et Varsovie ayant profité du salon MSPO pour annoncer le renforcement de leur coopération militaire. D’ailleurs, son PDG, Micael Johansson, n’a pas manqué de souligner qu’il existait « un grand potentiel pour élargir le partenariat entre » la Suède et la Pologne « afin de garantir la sécurité et la stabilité en Europe, y compris dans la région de la mer Baltique ». Seulement, la candidature de Saab risque de souffrir des difficultés du programme suédois de sous-marins A26.

Quant à Naval Group, il a un temps d’avance sur ses concurrents puisqu’il avait déjà signé un protocole d’accord avec PGZ en 2017, quand il s’appelait encore DCNS. À l’époque, il avait également noué un partenariat industriel avec le chantier naval MARS-Nauta.

Lors du salon MSPO, l’industriel français a transformé l’essai en signant avec PGZ un accord de coopération industrielle [ICA] portant sur « la construction de sous-marins et d’autres navires hautement spécialisés”.

« C’est une étape importante dans la relation stratégique entre les deux entreprises, élevant ainsi le champ de la coopération à un niveau supérieur et ouvrant la possibilité d’intégrer l’industrie polonaise de défense à notre chaîne d’approvisionnement », a expliqué Naval Group, via un communiqué. Et de rappeler que cet accord « contribue également à approfondir le partenariat stratégique entre la France et la Pologne, dans le cadre du traité d’amitié franco-polonais signée à Nancy le 9 mai 2025 ».

La signature de cet accord de coopération industrielle fait suite à la visite à Toulon d’une délégation emmenée par le Paweł Bejda, le vice-ministre polonais de la Défense, dans « dans le cadre des analyses et des négociations approfondies menées au titre du programme Orka ».

Cette délégation « a eu l’occasion de mener des entretiens de travail au cours desquels elle a notamment abordé les perspectives de transfert de technologie et l’implication de l’industrie polonaise », avait expliqué le ministère polonais de la Défense, le 16 juillet dernier.

Récemment écarté de l’appel d’offres sur les futurs sous-marins de la Marine royale canadienne au profit de TKMS et de Hanwha Ocean, Naval Group met donc toutes les chances de son côté pour remporter la mise en Pologne. De tels efforts seront-ils payants ? On ne tardera pas à le savoir, Varsovie devant annoncer son choix avant la fin de cette année.

Le Service hydrographique de la Marine a reçu son premier drone de surface autonome Drix H-8 « Marlin »

par Laurent Lagneau

Étant susceptible de contribuer à l’établissement d’une situation tactique grâce à sa suite de capteurs, un drone autonome de surface Drix H-8, prêté par l’entreprise Exail, a été évalué par le Centre d’expertise des programmes navals [CEPN] de la Marine nationale, à l’occasion de l’exercice Dragoon Fury 25, organisé en mars dernier.

Or, la vocation du Drix H-8 est scientifique puisqu’il a d’abord été conçu pour réaliser des travaux hydrographiques [cartographie des fonds marins, bathymétrie, hydrodynamique côtière, etc.] qui peuvent aussi intéresser la Marine nationale.

D’où l’acquisition d’un tel drone de surface par le Service hydrographique de la Marine [SHOM], établissement public à caractère administratif placé sous la tutelle du ministère des Armées.

Ayant la mission de « connaître et de décrire l’environnement physique marin dans ses relations avec l’atmosphère, avec les fonds marins et les zones littorales, d’en prévoir l’évolution et d’assurer la diffusion des informations correspondantes », le SHOM vient en effet prendre possession de son premier drone de surface Drix H-8, qu’il a appelé « Marlin ».

« Le SHOM est le premier établissement public français à se doter d’un tel équipement scientifique. Son arrivée inaugure une transformation des moyens d’acquisition de données hydrographiques et océanographiques prévue sur cinq ans afin de répondre aux enjeux de la connaissance de l’océan », a-t-il expliqué, via un communiqué diffusé le 4 septembre.

Le « Marlin » sera principalement mis en œuvre depuis les ports de la façade atlantique et de la Manche. Au besoin, il pourra être exploité depuis le Bâtiment hydro-océanographique [BHO] Beautemps-Beaupré de la Marine nationale, notamment « pour intervenir dans des zones plus éloignées, notamment outre-mer ou lors de coopérations internationales ».

Doté de « capteurs de pointe », le Marlin est conçu selon une configuration qui « garantit une qualité de signal exceptionnelle et permet une transmission des données en temps réel », explique le SHOM. Et d’ajouter : « Sa remarquable stabilité directionnelle, même par mer agitée et en présence de courants croisés, renforce la précision des mesures ».

Avec ce drone autonome de surface, le SHOM s’attend à doubler le volume de données qu’il collecte et de diviser par deux le temps dédié à leur traitement grâce au recours à l’intelligence artificielle. Cela lui permettra de « répondre aux besoins croissants des utilisateurs civils et militaires », estime-t-il.

En outre, selon le SHOM, « le Marlin participera à la réduction des coûts opérationnels et de l’empreinte environnementale des campagnes, tout en augmentant l’efficacité des missions » car le fait qu’il soit plus léger que les vedettes hydrographiques actuelles permettra « d’utiliser des moteurs plus petits pour une performance équivalente » et de réduire « la consommation d’énergie, les émissions de gaz à effet de serre et les nuisances acoustiques sous-marines ».

La mise en service de ce drone autonome de surface fait partie d’un plan d’équipement beaucoup plus vaste, dont la mise en œuvre a commencé avec la livraison, l’an passé, de deux planeurs sous-marins SeaExplorer par Alseamar. Le SHOM prévoit de se doter d’un drone sous-marin Hugin, pour explorer les grandes profondeurs [ – 6000 mètres] et d’un drone de surface hauturier.

« Marlin et d’autres drones autonomes viendront compléter le renouvellement de la flotte hydro-océanographique de la Marine nationale : à partir de 2028, deux bâtiments hydrographiques de nouvelle génération [BHNG] remplaceront les trois navires côtiers actuels de la Marine. Ces nouveaux navires pourront embarquer les drones et assureront une collecte complète d’informations, des zones littorales aux fonds abyssaux », a conclu le SHOM.

La Force Terrestre réactive officiellement le régiment 2/4 Lanciers

par Marie-Madeleine Courtial La Force Terrestre a réactivé officiellement le régiment 2/4 Lanciers le 2 septembre dernier lors d’une cérémonie à Bourg-Léopold. Cette réactivation était annoncée depuis un peu plus de trois ans après la reconversion du bataillon 1/3 Lanciers en unité de cavalerie. Ainsi la Brigade Motorisée aura une unité de cavalerie francophone et une unité de cavalerie néerlandophone. Les travaux préparatoires pour sa relance ont débuté au printemps 2024 et ont été dirigés par le lieutenant-colonel Johan Peeters, qui est son nouveau chef de corps. L’unité a recommencé ses activités au tout début de l’année le 6 janvier. Elle comprenait à la base environ 100 hommes, issus de différentes unités de la Force Terrestre. Il était organisé autour d’un état-major, d’un escadron A (reconnaissance) comprenant un peloton et demi opérationnel et un détachement d’instruction, ainsi que d’un escadron T (état-major et services).

Les premières formations théoriques et pratiques de conversion vers la cavalerie ont débuté au mois de mars. Selon la Défense, le 2/4 Lanciers disposera de sa propre école de cavalerie, où les militaires apprendront à conduire, tirer et manœuvrer tactiquement avec les véhicules. Une large part de cet apprentissage se fera sur simulateurs. « Notre priorité est de reconstituer le savoir-faire tactique de la cavalerie, qui avait en grande partie disparu. Pour ne pas perdre de temps, nous appliquons déjà les nouveaux principes tactiques avec le matériel actuel », a expliqué le lieutenant-colonel Peeters. Plusieurs exercices techniques sont déjà prévus dès cette année, dont un sera la traditionnelle période de camp de la Brigade Motorisée à Bergen-Höhne en Allemagne. Actuellement, l’unité s’entraîne sur des Piranha DF30 ainsi que les nouveaux véhicules de liaison et commandement (CLV) de type Falcon. A partir de 2028, le régiment recevra des Jaguar, un an après son unité-soeur le 1/3 Lanciers. Dans le cadre du contrat CaMo, le 2/4 Lanciers a également une collaboration avec une unité française, le Régiment d’Infanterie Chars de Marine (RICM). Les deux unités se sont rencontrées au mois de mars et le personnel belge a eu l’opportunité de découvrir le Jaguar.

Le régiment 2/4 Lanciers était issu de la fusion du 2e et du 4e régiment de Lanciers le 17 juin 1994. Il était équipé de chars Léopard et a participé à des opérations extérieures en Croatie et au Kosovo. En septembre 2010, il est dissous suite à la nouvelle organisation de la Composante Terrestre définie par le « Plan stratégique pour la modernisation de l’armée belge 2000-2015 » du ministre Flahaut. Il ne reste plus que le 1/3 Lanciers qui devient une unité d’infanterie. Sa devise est « Meurs premier, comme devant/Quatre lances, pas de quartier ».

 

La Royal Australian Navy acquiert une AUV62-AT supplémentaire

Saab a été engagé pour fournir à la marine royale australienne une cible supplémentaire d’entraînement AUV62-AT autonome contre la guerre sous-marine (ASW).

L’AUV62-AT est un véhicule sous-marin autonome et une cible d’entraînement qui simule un sous-marin, une torpille ou un véhicule à roulettes.

Utilisée par les marines du monde entier, la solution de formation de pointe peut remplacer un sous-marin vivant dans un large éventail de scénarios de formation, réduisant ainsi les coûts sans compromettre les possibilités de formation.

L’AUV62-AT peut être lancé et récupéré à partir d’un navire ou d’une rive avec des caractéristiques allant du logiciel de communication à l’évaluation de mission. Chaque programme de formation peut être personnalisé pour répondre à une série de demandes visant à accélérer l’apprentissage et à renforcer la capacité opérationnelle de la marine royale australienne.

Le directeur général de Saab Australia, Andy Keough CSC, a déclaré que l’AUV62-AT supplémentaire renforce les capacités australiennes d’ASW.

«L’AUV62-AT fait partie de la vaste gamme de solutions de formation technologiques conçues pour fournir des scénarios réalistes afin d’améliorer les compétences et la préparation au combat», a déclaré M. Keough.

Le système peut être utilisé comme cible pour l’entraînement des ressources ASW de surface, d’air et de sous-sol dans n’importe quelle combinaison et peut être programmé pour dispenser tous les niveaux de formation de base à avancé. Le système permet aux sessions de formation d’être plus longues et plus intenses, sans avoir à tenir compte de l’utilisation de sous-marins ou de ressources supplémentaires

  • Publiée le 04/09/2025
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  • Par Personnel de Naval News
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« Nous vous surveillons » : Israël dévoile un satellite espion qui change la donne

Israël vient de lancer Ofek 19, un satellite espion qui transforme la surveillance militaire.

La rédaction d’Armées.com

« Nous vous surveillons » : Israël dévoile un satellite espion qui change la donne | Armees.com

Israël vient de franchir une étape de plus dans sa surveillance spatiale en lançant avec succès son dernier satellite espion, Ofek 19. Ce lancement représente une avancée notable pour l’État hébreu qui souhaite renforcer ses moyens d’observation et d’intelligence militaire dans un climat de tensions internationales. Le ministre de la Défense, Israël Katz, n’a pas caché sa fierté face à cette évolution technologique, rappelant que peu de pays disposent de telles capacités.

Un lancement qui en jette

Le décollage d’Ofek 19 a eu lieu mercredi, et l’opération a fait vibrer l’entourage du gouvernement israélien. Sur son compte X, Israël Katz a parlé de cette réussite en des termes enthousiastes, la qualifiant de « réussite au plus haut niveau mondial ». Pour lui, ce satellite n’est pas seulement une prouesse technique, c’est aussi un signal fort envoyé à ceux qui s’opposent à Israël. « C’est également un message à tous nos ennemis, où qu’ils se trouvent : nous vous surveillons en permanence et en toutes circonstances », a-t-il affirmé.

Cette opération montre bien la volonté d’Israël de garder une longueur d’avance dans le domaine du renseignement spatial. Le pays est en effet engagé dans des conflits épineux, notamment contre le Hamas dans la bande de Gaza et face à des groupes militants alliés à l’Iran, comme les rebelles houthis au Yémen.

Des applications militaires de haute volée

Les satellites espion, tels qu’Ofek 19, jouent un rôle de premier plan dans les opérations militaires israéliennes. Par exemple, lors d’un conflit de douze jours entre Israël et l’Iran en juin, plus de 12.000 images satellites ont été recueillies sur le territoire iranien. Ces images ont permis à Israël de mener des frappes précises sur des cibles situées à plus de 1.000 kilomètres, y compris des installations militaires et nucléaires en Iran, dans le cadre de leur programme nucléaire iranien.

Même des figures clés du programme nucléaire iranien ont été visées grâce à ces opérations minutieuses. Daniel Gold, responsable du département recherche et développement au ministère de la Défense, a expliqué que ces images satellites sont indispensables pour organiser des interventions militaires précises et efficaces.

Boaz Levy, PDG de la société Israel Aerospace Industries, a lui aussi souligné l’importance des capacités d’observation avancées pour maintenir la supériorité tant dans les airs que sur le terrain dans la région.

Un parcours spatial bien entamé

Israël ne débute pas dans l’exploration spatiale. Depuis son entrée dans le cercle fermé des puissances spatiales en 1988 avec le lancement du premier satellite Ofek, le pays n’a cessé de peaufiner ses technologies spatiales. En 2023, avant même le lancement d’Ofek 19, Israël avait déjà présenté un autre satellite espion doté de fonctionnalités d’imagerie avancées.

Cette continuité dans le développement témoigne de l’engagement constant d’Israël pour innover et protéger ses intérêts nationaux par tous les moyens nécessaires.

Le succès d’Ofek 19 met en lumière non seulement la maîtrise technique israélienne mais confirme aussi sa place sur l’échiquier international. Dans un monde où les menaces ne cessent de se transformer, avoir un œil dans le ciel peut vraiment faire la différence pour la sécurité d’Israël.

 

JL-1 : que sait-on du nouveau missile balistique aéroporté à longue portée chinois ?

Par Fabrice Wolf

La parade militaire qui s’est déroulée à Pékin le 03 septembre 2025, pour célébrer les 80 ans de la défaite japonaise durant la Seconde Guerre mondiale, était un événement attendu avec fébrilité par la sphère des analystes défense occidentaux. En effet, celle-ci promettait de présenter, pour la première fois, plusieurs équipements jusqu’ici classés confidentiels par l’Armée Populaire de Libération.

Force est de constater que cette attente n’a pas été déçue : nouveaux missiles ICBM DF-61 et DF-31BL, missiles hypersoniques DF-26D et CJ-1000, missiles antinavires balistiques YJ-20, chars Type 99B et Type 100, laser à haute énergie LY-1 et versions SEAD du chasseur embarqué J-15, les premières apparitions publiques d’équipements de pointe de l’APL, se sont multipliées lors de la parade.

Parmi elles, le missile balistique aéroporté JL-1, mérite une attention toute particulière. D’abord, parce que le missile a été observé depuis plusieurs années, sous le fuselage de bombardiers H-6N de bombardement stratégique, laissant supposer que le missile et d’ores et déjà bel en bien en service.

Surtout, parce que contrairement à la Russie dont le Kinzhal est classé arme duale tactique, ou aux États-Unis dont l’ARRW est exclusivement conventionnel, le JL a été conçu comme faisant partie de l’arsenal aéroporté de la triade stratégique chinoise, qu’il soit armé d’une charge nucléaire ou d’une charge conventionnelle intégrée à son MARV.

Que sait-on du JL-1 aujourd’hui ? Quelles sont les performances comparées du missile chinois face à ses principaux homologues russes et chinois ? Son entrée en service va-t-elle influencer le rapport de force dans le Pacifique ? Et que nous dit l’arrivée de ce missile, et des nombreuses autres nouveautés présentées le 3 septembre, au sujet des compétences technologiques défense chinoises en 2025 ?

Le missile balistique aéroporté JL-1 présenté lors de la parade de l’APL du 3 septembre 2025

Le missile balistique aéroporté JL‑1, présenté pour la première fois officiellement lors du défilé militaire du 3 septembre 2025 à Pékin, s’inscrit dans un programme de développement à la fois ancien et remarquablement discret, dont la Genèse semble remonter à la seconde moitié des années 2010.

Selon plusieurs analystes du Center for Strategic and International Studies (CSIS), des indices concordants, principalement sous forme d’images satellite et de clichés flous de bombardiers H‑6N circulant sur les réseaux sociaux chinois, laissaient entrevoir, dès 2020, l’existence d’un missile balistique ventral embarqué, dépourvu de désignation officielle mais associé à un développement expérimental de l’APL probablement désigné en interne comme projet à double finalité, stratégique et tactique.

Contrairement à la doctrine américaine qui privilégie la distinction stricte entre vecteurs conventionnels et nucléaires, la doctrine chinoise de frappe en profondeur repose de plus en plus sur des systèmes à capacité duale – une approche confirmée par les travaux de la Federation of American Scientists (FAS), qui considèrent le JL‑1 comme une évolution naturelle du DF‑26D, lui-même conçu dès l’origine pour pouvoir emporter indistinctement une ogive conventionnelle ou nucléaire.

Ce flou délibéré, à présent au cœur de la stratégie chinoise de déni d’accès et d’ambiguïté stratégique, rend particulièrement complexe toute tentative de réponse proportionnée par les systèmes de commandement adverses, notamment ceux des États-Unis et de leurs alliés japonais ou sud-coréens.

La trajectoire du JL‑1 reflète cette logique d’intégration progressive : il ne s’agit pas tant d’un missile fondamentalement nouveau que d’un vecteur adapté à une nouvelle plateforme, en l’occurrence le H‑6N, version modifiée du bombardier stratégique chinois intégrant un puits ventral d’emport et des capacités de ravitaillement en vol.

Ce choix technique, qui permet au missile d’être projeté à plusieurs milliers de kilomètres sans recourir à des bases avancées, suggère que le développement du JL‑1 a été conçu dès le départ pour répondre à deux exigences fondamentales : contourner les systèmes de défense balistique adverses en multipliant les axes d’entrée, et préserver une capacité de seconde frappe aérienne en cas de neutralisation des vecteurs terrestres ou sous-marins.

Il est significatif que ce missile n’ait jamais été présenté publiquement avant la parade de septembre 2025, en dépit de plusieurs années de tests probables. Aucune vidéo officielle, aucune mention dans les rapports de l’APL, ni même de publication de l’agence Xinhua n’en avait fait état, preuve du niveau de sensibilité doctrinale associé à ce programme.

Ce n’est qu’au moment où la Chine a souhaité afficher une triade nucléaire pleinement opérationnelle que le JL‑1 a été montré, aux côtés du nouveau missile SLBM JL‑3 qui arme à présent les nouveaux sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE/SSBN) Type 09IV, et de la version modernisée du DF‑41, dans une scénographie pensée comme un message stratégique à destination de Washington, Tokyo et Canberra.

Dès lors, le JL‑1 apparaît non pas comme une simple innovation technique, mais comme la cristallisation d’une évolution doctrinale profonde, à la croisée du conventionnel et du nucléaire, mais aussi du dissuasif et du préemptif. Un missile au developpement discret, mais dont l’apparition marque peut-être un tournant silencieux dans la manière dont la Chine envisage l’emploi de la force à distance dans un contexte de compétition de haute intensité.

Performances connues et anticipées du missile balistique aéroporté JL-1

La première apparition publique du JL‑1 interroge donc davantage les caractéristiques opérationnelles réelles de ce vecteur balistique aéroporté chinois. À ce jour, les éléments disponibles permettent uniquement de livrer une appréciation prudente articulée autour de quelques constantes structurelles connues — et de zones d’ombre auxquelles la doctrine de l’ambiguïté orchestrée contribue à maintenir le flou.

 

Tout ce que nous savons sur les États-Unis. Grève sur le bus de drogue présumé 

par  Stefano D’Urso

La grève, la première du genre dans les Antilles, a détruit un navire soupçonné de drogue, tuant 11 personnes, mais a soulevé des questions de légalité et d’escalade.

L’armée américaine a mené une attaque meurtrière contre un navire soupçonné de drogue vénézuélien dans le sud des Antilles, tuant 11 personnes à bord. L’incident, annoncé par le président Donald Trump le 2 septembre 2025, représente le premier recours connu de la force militaire directe contre les opérations maritimes d’un cartel de la drogue depuis le déploiement de navires de guerre américains supplémentaires dans la région.

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La grève, la première du genre dans les Antilles, a détruit un navire soupçonné de drogue, tuant 11 personnes, mais a soulevé des questions de légalité et d’escalade.Annonces et premiers détailsCirconstances imprécisEscalade militaire inhabituellePréoccupations relatives aux droits de l’homme et aux droits deRéactions mixtesIncidences stratégiques et régionales

L’attaque intervient au milieu d’une accumulation importante de moyens navals et aériens américains dans la région. Bien que célèbre par certains responsables comme une mesure décisive contre le narcoterrorisme, elle a également fait l’objet d’un examen minutieux sur sa légalité, sa proportionnalité et ses implications plus larges.

Annonces et premiers détails

S’adressant aux journalistes à la Maison Blanche, le président Trump a décrit l’opération en termes brutaux. « Nous avons littéralement tiré un bateau, un bateau, un bateau de transport de drogue, beaucoup de drogues dans ce bateau », a-t-il déclaré, selon Reuters. Plus tard, il a partagé une vidéo sur Truth Social qui semblait montrer des images de drones d’un vedette de speed hit, explosant et prenant le feu.

Dans une déclaration de suivi, Trump a affirmé que l’équipage du navire était membre de Tren de Aragua, une bande vénézuélienne désignée comme organisation terroriste étrangère par les États-Unis. Département d’État en février. Il a également affirmé que le groupe opère sous le contrôle du président vénézuélien Nicolos Maduro, une accusation que Nycas nie.

« La frappe a fait 11 morts au combat. Aucune force américaine n’a été blessée dans cette grève », a déclaré Trump, ajoutant un avertissement : « Laissez cela servir de préavis à quiconque pense même à la production de drogues aux États-Unis d’Amérique. APPRÉVEANCES. »

Le Secrétaire d’État Marco Rubio a confirmé la grève, la décrivant comme une opération « léchante » et « de précision » contre un navire narco-terroriste. Il a indiqué que le bateau circulait le long d’une route commune de trafic dans le sud des Antilles et a souligné que de telles opérations se poursuivaient. « Nous allons mener des combats contre les cartels de la drogue qui inondent les rues américaines et tuent les Américains », a déclaré Rubio.

Circonstances

Très peu de détails ont été publiés jusqu’à présent. Un haut responsable de la défense des États-Unis a décrit l’action comme une « frappe de précision », mais n’a fourni aucun détail sur la plate-forme utilisée pour livrer l’attaque, le type d’armes employées ou la nature de la cargaison à bord.

La chronologie des événements qui ont conduit à la grève fait également défaut. À l’heure actuelle, ce que l’on peut dire avec suffisamment de certitude, c’est que la grève a eu lieu au sein des États-Unis. La zone de responsabilité du Commandement Sud (SauthCOM), dans le sud des Antilles, et l’arme en cause pourrait être un missile AGM-114 Hellfire.

Environ deux heures avant l’annonce, un hélicoptère MH-60S avec APPRSIL OUTLW71 (Outlaw 71) était visible sur les sites de suivi des vols au-dessus de la parcelle de mer entre Porto Rico et le Venezuela. Bien que rien n’indique que cet atout ait été impliqué dans la grève car il n’y a aucune preuve le liant à l’incident, l’observation pourrait éventuellement fournir au moins une indication sur la vaste zone où il aurait pu se produire.

L’hélicoptère volait dans la région d’information de vol de l’océan de San Juan (FIR), qui est considérée comme un espace aérien contrôlé par les États-Unis géré par l’Administration fédérale de l’aviation (FAA) car Porto Rico est un territoire non incorporé des États-Unis. Selon les cartes, il semble qu’il survolait également les eaux territoriales de Porto Rico.

Escalade militaire inhabituelle

Le choix de détruire le navire pur et simple, plutôt que de le saisir et d’appréhender son équipage, se distingue comme une tactique inhabituelle dans les opérations de lutte contre les stupéfiants des États-Unis. Traditionnellement, les États-Unis Les garde-côtes et la marine interdimentent les navires suspects, confisquent les drogues et arrêtent les suspects. Les analystes ont noté que la grève ressemblait davantage aux opérations antiterroristes contre les groupes militants.

L’incident s’est produit au milieu d’une présence militaire élargie des États-Unis dans les Antilles. Sept navires de guerre et un sous-marin d’attaque à propulsion nucléaire opèrent actuellement dans la région, aux côtés d’environ 4 500 marins et marins. Les actifs comprennent l’USS San Antonio, l’USS Iwo Jima, l’USS Fort Lauderdale, et l’USS Lake Erie, USS Gravely et l’USS Jason Dunham. États-Unis Les patrouilles maritimes de la plus haute génération ont également effectué des missions de surveillance au-dessus des eaux internationales.

Alors que les responsables américains ont fait de la grève un coup décisif contre le narcoterrorisme, les experts juridiques ont remis en question la légitimité de l’action, se déclarant préoccupés par le fait que l’action pourrait enfreindre le droit international. Les responsables américains ont défendu la légalité de la grève sous la désignation de Tren de Aragua comme organisation terroriste étrangère.

En vertu de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer, dont les États-Unis ne sont pas signataires mais adhèrent généralement, il est interdit aux pays d’utiliser la force contre les navires dans les eaux internationales, sauf dans des conditions limitées telles que la « poursuite à chaud ». Même dans ce cas, le recours à des mesures létales devrait être un dernier recours.

« L’utilisation de tactiques agressives doit être raisonnable et nécessaire en légitime défense », professionnalisme. Luke Moffett de l’Université Queen’s University de Belfast a déclaré à la BBC, avertissant que l’attaque pourrait constituer un « assassinat arbitraire extrajudiciaire ». D’autres juristes ont souligné que les États-Unis n’étaient pas en conflit armé avec le Venezuela ou le groupe Tren de Aragua, ce qui signifie que les individus visés n’étaient pas des combattants militaires légaux.

Le professeur Michael Becker, du Trinity College de Dublin, a fait valoir que le fait d’appeler les membres du cartel comme des « cartels » ne les rend pas automatiquement des cibles militaires valides. De même, le professeur. Moffett a déclaré : « Labellir tout le monde un terroriste ne fait pas d’eux une cible licite et permet aux États d’évanouir le droit international ».

Les questions s’étendent également au droit interne des États-Unis. Alors que la Constitution donne au Congrès le pouvoir de déclarer la guerre, les administrations successives ont fait valoir que le Président, en tant que commandant en chef, pouvait autoriser certaines actions militaires. Depuis le 11 septembre, les présidents se sont également appuyés sur l’autorisation de recourir à la force militaire (AUMF) contre des groupes terroristes, bien qu’il ne soit pas clair si cette autorité s’étend aux cartels de la drogue, déclare la BBC.

Réactions mixtes

Les réactions à Washington étaient divisées. Les partisans de la frappe l’ont conçue comme une démonstration de force nécessaire. Le sénateur Lindsay Graham l’a qualifié de « l’ultime – et le plus bienvenu – signe que nous ayons un nouveau shérif en ville », tandis que le sénateur Bernie Moreno de l’Ohio a écrit : « Sbiing ce bateau a sauvé des vies américaines. » Les critiques ont toutefois souligné le précédent établi en autorisant des frappes meurtrières contre des trafiquants présumés de drogue.

Le gouvernement vénézuélien a également repoussé. Le ministre des Communications, Freddy zez, a affirmé que la vidéo publiée par Trump aurait pu être créée avec l’intelligence artificielle, soulignant les effets de l’eau « tylé et contre nature ». Reuters et la BBC ont tous deux indiqué que l’analyse préliminaire n’avait trouvé aucune preuve de manipulation, bien que les efforts de vérification se poursuivent.

Le président Maduro n’a pas encore fait de commentaire direct, mais a déjà condamné la présence militaire croissante des États-Unis dans la région caribéenne, qu’elle a qualifié de « menace extravagante » et a annoncé « une préparation maximale ». L’administration Trump a doublé sa prime sur Maduro pour atteindre 50 millions de dollars, l’accusant de soutenir le trafic de drogue et les réseaux criminels, selon Reuters et CNN.

Les responsables vénézuéliens accusent depuis longtemps les États-Unis d’utiliser la lutte contre les stupéfiants comme prétexte à un changement de régime. Caracas continue de nier que Tren de Aragua reste actif au Venezuela, affirmant que le groupe a été démantelé lors d’une descente en prison en 2023.

Incidences stratégiques et régionales

La grève pourrait marquer un tournant dans les opérations antidrogue des États-Unis dans les Antilles. Si les interdictions répétées, les interdictions meurtrières représenteraient une escalade significative des pratiques passées en matière de détection et de répression maritime. « Le recours à la force militaire contre les cartels latino-américains de la drogue représente une escalade significative par l’administration Trump et pourrait avoir de graves conséquences pour la région », note CNN.

Cette décision s’inscrit également dans le sens d’une politique plus large des États-Unis à l’égard du Venezuela. Trump a toujours cherché à faire pression sur le gouvernement de Maduro, tant sur le plan diplomatique que sur le plan militaire. Le fait que Tren de Aragua soit une organisation terroriste sous le contrôle de Maduro pourrait lier l’interdiction de la drogue à la stratégie politique de Washington à Caracas.

Dans le même temps, le manque de transparence concernant l’exécution de la grève, la base juridique et les conséquences laisse les questions clés sans réponse. Comme indiqué précédemment, le Pentagone n’a pas communiqué d’informations sur la méthode d’attaque, la quantité ou le type de drogues à bord, ni sur la question de savoir si des tentatives ont été faites pour arrêter le navire par des moyens non létals.

La Suisse confirme l’achat de drones MALE Hermes 900… qui risquent ne pas pouvoir voler pendant l’hiver

par Laurent Lagneau

L’achat de trente-six chasseurs-bombardiers F-35A n’est pas le seul à être controversé en Suisse : celui de six drones MALE [Moyenne Altitude Longue Endurance] Hermes 900 HFE, auprès du groupe israélien Elbit, l’est tout autant.

La commande de ces appareils, dans le cadre du programme ADS15, avait été annoncée par le département de la Défense, de la protection de la population et des sports [DDPS] en 2015, pour 240 millions de francs suisses [CHF]. À l’époque, l’objectif était de les mettre en service en 2019, au profit des forces suisses mais aussi à celui des différents services de sécurité de la Confédération [douanes, police, renseignement].

« Le système Hermes 900 HFE a été choisi car il a obtenu le meilleur résultat global de tous les critères d’évaluation », avait alors justifié le DDPS. Et d’assurer qu’il pourrait être « engagé par tous les temps » et qu’il disposerait de « davantage de flexibilité, d’une meilleure autonomie et d’une plus grande portée » que les drones ADS95 Ranger, qui venaient d’être retirés du service.

Seulement, ce programme connut très vite des déboires. Ainsi, aucun des drones commandés ne put être livré dans les délais prévus… Et les deux premiers ne le furent qu’en 2022, soit avec trois ans de retard… et des surcoûts à la clé, le montant de la facture finale ayant été évalué à 298 millions CHF quelques mois plus tard.

Qui plus est, les Hermes 900 HFE remis à la force aérienne suisse ne disposaient pas de toutes les fonctionnalités prévues, dont un système d’évitement automatique [devant être mis au point par Ruag], un dispositif de dégivrage et un système de décollage et d’atterrissage indépendant du GPS. Et c’est toujours le cas actuellement. Aussi, ils peuvent voler… mais à condition d’être accompagnés par un hélicoptère et d’éviter de passer au-dessus des zones « densément » peuplées. Ce qui limite évidemment leur intérêt.

Face à ces difficultés, le directeur de l’Office fédéral de l’armement [armasuisse], Urs Loher, avait évoqué le possible abandon de ce programme, sur les ondes de la radio SRF, en juillet dernier.

« Bien que nous ayons longtemps été d’avis qu’une interruption n’était pas envisageable, nous sommes maintenant arrivés à un point où la question se pose de savoir si la fameuse dernière goutte a fait déborder le vase », avait-il dit, après un nouveau contretemps lié au système d’atterrissage automatique des drones, Elbit Systems n’étant pas parvenu à tenir les délais.

Plus tôt, le Contrôle fédéral des finances [CDF] avait encore sévèrement critiqué le programme ADS15, estimant, selon le site d’information Watson, que les « fournisseurs n’étaient pas fiables » et que « la direction du projet avait du mal à les diriger ».

Quoi qu’il en soit, il revenait au nouveau chef du DDPS, Martin Pfister, de décider s’il fallait continuer ou abandonner ce programme. A priori, ce dernier a considéré qu’il était trop tard pour revenir en arrière, en raison des sommes déjà investies et des considérations opérationnelles.

En effet, le 4 septembre, le DDPS a fait savoir que M. Pfister avait décidé de « poursuivre le projet d’acquisition » des drones Hermes 900 HFE… mais en renonçant « au système d’évitement automatique, au système de décollage et d’atterrissage indépendant du GPS, et au système de dégivrage ».

« Cette décision implique certes des restrictions en termes de disponibilité, mais elle garantit l’utilisation des capacités essentielles, notamment les vols de reconnaissance de longue durée. Le drone peut en outre servir de plateforme pour de futurs développements, si ceux-ci s’avèrent nécessaires, par exemple pour l’intégration de nouveaux capteurs destinés à la reconnaissance électronique », a expliqué le DDPS.

En clair, ces drones MALE ne pourront pas voler durant l’hiver [c’est-à-dire dans les conditions « propices au givrage », pour reprendre l’expression du DDPS]. Et quand ils seront autorisés à décoller, ils devront être accompagnés par un « aéronef d’escorte dans l’espace aérien non contrôlé, jusqu’à une altitude de 3000 mètres au-dessus du Plateau et de 4000 mètres/mer au-dessus de la région alpine ».

Pour autant, même avec ces restrictions, le DDPS n’est pas encore au bout de ses peines. « La décision de renoncer aux fonctionnalités mentionnées réduit la complexité du projet. Toutefois, des défis majeurs subsistent, notamment en matière d’homologation » car Elbit « n’a pas pu démontrer que tous les drones livrés à la Suisse ont été fabriqués conformément à la conception validée », admet-il.

Aussi, ces drones ne peuvent être exploités que sous certaines conditions, imposées par la « Military Aviation Authority » [MAA]. En clair, ils devront voler à une altitude minimale et en fonction de l’accessibilité de « points d’atterrissage d’urgence ». En outre, il convient d’éviter de survoler de manière prolongée les zones très densément peuplées », ajoute le DDPS. Dès lors, l’utilisation de ces appareils « peut se faire en toute sécurité », a-t-il conclu.

 

Alerte avancée : Le ministère des Armées relance le développement du radar transhorizon Nostradamus

par Laurent Lagneau

Le Livre blanc sur la Défense et la Sécurité nationale [LBDSN] publié en 2008 avait insisté sur la nécessité d’acquérir une capacité de détection et d’alerte avancée pour « prendre en compte la menace balistique » étant donné, qu’à l’époque, on pensait que de nouvelles puissances allaient se doter de missiles ayant une portée suffisante pour atteindre l’Europe et la France.

« Cette capacité permettra de suivre l’évolution des menaces balistiques, de déterminer l’origine de tirs afin d’identifier l’auteur de l’attaque et de favoriser l’alerte des populations. Elle reposera tout d’abord sur un démonstrateur radar à très longue portée débouchant sur l’obtention d’une première capacité opérationnelle en 2015. Dans le même temps seront poursuivies les études permettant de lancer, si possible en coopération, un programme de détection et d’alerte à partir de l’espace », était-il expliqué dans le LBDSN de 2008.

Par la suite, afin de s’affranchir des moyens de détection américains basés sur les satellites DSP-I [Defense Support Program – Improved] puis SBIRS [Space-Based Infrared System], le ministères des Armées lança le programme SPIRALE [Système préparatoire infrarouge pour l’alerte].

Ce dernier visait à mettre deux microsatellites en orbite pour constituer une banque d’images infrarouges de la Terre et définir ensuite les spécifications d’un futur satellite de détection et d’alerte avancée dont la conception devait démarrer en 2016. Bien qu’ayant été un succès, SPIRALE n’eut pas de suite, faute de moyens budgétaires. Désormais, le développement de cette capacité spatiale repose sur le programme ODIN’S EYE, financé par le Fonds européen de défense [FEDef] et coordonné par l’allemand OHB System AG.

Quant au radar à très longue portée évoqué par le LBDSN de 2008, des « briques technologiques » avaient déjà été posées dans les années 1990 avec le démonstrateur radar transhorizon « Nostradamus », dont les antennes occupent une surface de 12 hectares dans l’enceinte de l’ancienne base aérienne de Dreux-Louvilliers [Eure-et-Loir].

Conçu par l’Office national d’études et de recherches aérospatiales [ONERA], ce démonstrateur sera capable de détecter tout objet volant [même furtifs] à une distance comprise entre 500/800 et 2 500/3 000 km, sur 360 degrés.

Selon les explications de l’ONERA, contrairement aux radars classiques, Nostradamus utilise les fréquences de la bande HF, lesquelles permettent aux ondes d’être réfléchies par l’ionosphère [propagation par « onde de ciel »]. Ces dernières rebondissent sur la couche ionosphérique, comme une boule sur une bande de billard.

Ainsi, « ce mécanisme permet à Nostradamus de ‘voir’ au-delà de l’horizon, jusqu’à plusieurs milliers de kilomètres », résume l’ONERA. Et d’ajouter : « Ce principe permet une illumination constante par le haut, échappant aux limites liées à la courbure terrestre, et rendant possible la détection de cibles à toute altitude, y compris très basse. Il comble ainsi les lacunes des radars classiques, dont les performances sont limitées par la ligne d’horizon ».

Curieusement, il a rarement été question de Nostradamus durant ces dernières années. Mais il a finalement été mis sous le feu des projecteurs en juin dernier, quand le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, a dévoilé la stratégie pour la Très Haute Altitude [THA], une enveloppe de 2 millions d’euros devant alors être débloquée pour « relancer » son développement.

Près de trois mois plus tard, l’annonce de M. Lecornu s’est concrétisée, avec la signature, le 4 septembre, d’une « convention d’expérimentation » entre l’Agence de l’innovation de défense [AID] et l’ONERA, en partenariat avec TDF.

« Le projet Nostradamus a été sélectionné comme ‘Quick Win’ pour démontrer les capacités de détection du radar transhorizon sur divers objets, tels que des avions, missiles et ballons, notamment dans la THA. Cette démonstration s’appuiera sur les nouvelles capacités digitales récemment implantées par l’ONERA, avec des configurations monostatique et bistatique », a expliqué l’AID, via un communiqué publié ce 5 septembre.

Quant à TDF, son rôle consistera à « mettre à disposition les infrastructures exceptionnelles de son site de diffusion Ondes Courtes », qui est unique en Europe avec ses antennes orientables de très grande taille.

« Le projet Nostradamus est la première brique de l’alerte avancée que nous tentons de mettre en place avec les Européens », a commenté M. Lecornu.

Pour le ministère des Armées, il « constitue une étape cruciale pour renforcer l’autonomie stratégique française et européenne, gage d’une réponse rapide et efficace face aux menaces balistiques et hypersoniques ».

Cette expérimentation, qui coûtera donc 2 millions d’euros, n’est qu’un début. « C’est une première étape d’une remontée en puissance qui prendra la forme d’un investissement de 50 millions d’euros pour moderniser le radar et bâtir une capacité souveraine d’alerte avancée au service de la France et de l’Europe », a précisé l’ONERA.

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