Brève rétrospective d’un ancien Gabrimi toujours en activité, non pas pour raconter des campagnes mais pour encourager les plus jeunes à persévérer, notre institution avec un peu de détermination offrant de riches parcours variés, témoignage.
Me voici jeune sous-officier à la 14e CCTP à vivre de belles années entre les nombreux exercices, les activités régimentaires et la vie au para club, passion oblige. Tout s’enchaine très vite : chef de groupe TAP, PEM puis INSSOC l’année de la dissolution du 14…
Qualification qui me permet une première affectation à l’ETAP comme formateur, et voilà qu’en plus des week-end je passe toutes mes semaines dans l’avion entre compétitions, encadrement des stages comme SOCIN, CHUT OPS, PAC.
Mais le temps passe vite et la question se pose de poursuivre à l’ETAP avec un statut d’athlète de haut niveau récemment acquis ou de tenter le concours des OAEA pour vivre autre-chose. J’opte pour la deuxième option, ça passe et c’est tant mieux car mon âge ne me laissait qu’une seule cartouche. Une année de division d’application à la maison mère des Trans que j’appellerai une « année Powerpoint » : une horreur et le doute s’installe… car le choix des régiments approche et il n’y a aucune unité TAP pour mon recrutement : prise de risque que je connaissais mais pas au point de me retrouver dans la DIRISI qui propose cette année-là les 2/3 des places.
Me voici affecté à la 27e CCTM comme sous-lieutenant à la tête de la SQG : tiens-tiens, voilà qui me rappelle quelque-chose lors de la bascule à la CCTP quelques mois avant la mutation. Nouvelle expérience enrichissante avec de nouveaux défis, ce coup-ci non plus dans les avions mais en haute montagne, je n’ai rien perdu au change. Un clin d’œil à Fred Petry que je retrouverai à Varces, nous qui avons signé notre contrat d’engagement le même jour dans le même CIRAT avant d’intégrer ensembles l’ESOAT.
A la faveur des qualif acquises je retrouve la maison mère des TAP pour commander successivement la brigade de qualification (stages CDG, CDS…) , la brigade spécialisée (PAC, TDM, CHUT OPS, INSOC) puis pour effectuer mon temps de commandement, ce qui conclue une première partie de carrière passionnante.
Perdu pour l’arme des Transmissions (j’ai un peu abusé du temps passé dans les avions…) j’accepte une réorientation dans la logistique pour une affectation dans la foulée à l’état-major de la 11e BP où je ne toucherai pas terre pendant 4 ans : rythme effréné avec des enchainements de prépa exercices et de terrain, mais des expériences très enrichissantes avec un fort prisme multinational qui me permet de découvrir bien des armées Européennes et US et de prendre 2 clics au TOIC dans la douleur… Au passage nouvelle remise en question avec des sauts équipés en charge non plus à 3500 m mais à portée de SOA !
Quatre ans plus tard je suis content de changer d’environnement avec une affectation en régiment qui plus est sur garnison pour assurer une nouvelle fonction de chef de bureau maintenance et logistique. Je découvre au 1er RTP le monde de la livraison par air et surtout je ne cesse d’accroitre mon temps de présence derrière un ordinateur : un mal d’époque qui me conforte dans l’idée que la 2ème partie de carrière est certes enrichissante mais beaucoup moins trépignante que mon passé de sous-off.
Je candidate à nouveau pour un service outre-mer et après quelques gesticulations RH je me vois proposer mon 4e choix : la Polynésie Française.
Affectation au RIMaP-P pour porter la 4e coiffure de ma carrière, le calot des troupes de Marine. J’endosse à nouveau la fonction de CBML dans un régiment qui renaît de ses cendres après avoir bien failli disparaitre il y a une dizaine d’année, mais le contexte international et plus particulièrement les tensions dans la zone Indo-Pacifique ont complètement changé la donne et les forces armées en Polynésie retrouvent progressivement des capacités.
Petit régiment avec une compagnie de permanents et 2 compagnies tournantes avec des missions de souveraineté et d’appui à la population, notamment en cas de catastrophe naturelle.
Le retour en métropole dans un an environ marquera le départ d’une préparation reconversion loin des écrans ou d’un poste à responsabilité, il y a un temps pour tout après plus de 35 ans sous les drapeaux.
Toutes mes amitiés aux anciens Gabrimis qu’ils soient de la 14e CTP ou de la 11e CCTP, et pour les plus jeunes : osez l’aventure en allant toujours de l’avant.



