
Arrivé en France le 23 mars 1963 à Chamonix, en haute Savoie, j’ai travaillé comme plombier, maçon et électricien. A l’époque le permis de séjour était de 9 mois.
Après ce délai, la gendarmerie est venue me dire que mon séjour était arrivé à terme et que je devais retourner en Espagne ou si je souhaitais rester en France, il fallait m’engager. Alors que les événements en Algérie n’étaient pas terminés, j’ai demandé à m’engager pour 5 ans à la Légion.
J’avais à peine 18 ans et les gendarmes m’ont accompagné jusqu’à la caserne la Part Dieu, à Lyon. Arrivé au poste, le légionnaire de permanence a indiqué aux gendarmes que ce n’était pas la maternelle ici ! Après avoir expliqué la situation, il a finalement accepté de me prendre. Je suis resté là toute la nuit.
Le lendemain, j’ai été dirigé sur le Bas Fort de Saint Nicolas, à Marseille, pour signer mon contrat d’engagement. Puis, j’ai perçu mon paquetage à Aubagne et j’ai embarqué sur un bateau du nom de Napoléon, direction Bastia où l’on m’attendait pour aller à Bonifacio commencer mes classes. Étant donné la période de fin d’année, j’ai attendu que les fêtes de Noël passent et en Janvier 1964 j’ai commencé l’instruction, pendant 6 mois.
A l’issu, je suis parti à Corte, au centre d’instruction des spécialités où j’ai commencé mon stage de radio et obtenu mes brevets de radio 151 et 251. Le centre aurait voulu me garder comme instructeur mais je voulais absolument rejoindre le 2ème REP, à Calvi, pour passer mon brevet para comme j’avais demandé à la signature de mon contrat. A Calvi, j’ai donc obtenu mon brève PARA n°229330 et mon numéro de matricule Légion était le n°138889.
Sur la photo du haut, je suis en compagnie de 3 autres légionnaires en képi blanc. Cette photo date du 30 Avril 1965. Ce jour de Camerone c’est la fête des légionnaires. Les supérieurs nous apportaient le petit déjeuner au lit, ils faisaient les corvées, nous servaient le repas etc. C’était notre journée à rien faire et ainsi tous les ans. Mais…. Dès le lendemain tout rentrait dans l’ordre et le service redevenait normal.
Sur cette photo, je suis à Bousfer dans l’Oranais (Algérie), pas très loin de la base de Mers-el-Kébir. Nous sautions sur les dunes de Cap Falcon ou nous effectuons des sauts sur la forêt de Msila, tout en participant au maintien de l’ordre évidement.
Novembre 1968, une fois mes 5 ans terminés à la Légion, je suis retourné dans le civil bien que mes supérieurs me demandaient de me réengager.
Je suis retournée à Chamonix où un couple de chamoniards, dont j’avais gardé le contact, est venu me voir pour me demander si je voulais travailler avec eux car ils allaient ouvrir un bar-restaurant appelé « Le Dru » sur la rue principale de la ville et non loin du téléférique qui monte à l’Aiguille du Midi. Un lieu très fréquenté toute l’année. J’ai accepté leur proposition et j’ai travaillé avec eux. Tout fonctionnait 5/5.
Au mois de juillet, j’ai eu à nouveau la visite des gendarmes mais cette fois-ci ce fut formidable. Ils m apportaient les documents de ma naturalisation française. « J’ étais français ! » Magnifique journée que j’ai arrosé au champagne. Ce fut une des plus belles journée de ma vie. Néanmoins….les jours passèrent et ma nostalgie de l’armée ne faisait que grandir. Chaque fois que je croisais un chasseur alpin, mon envie de réengager dans l’armée grandissait.
J’ai donc finit par faire une demande de réengagement pour le 61ème BTAP… qui fut acceptée. Avec beaucoup de peine, j’ai annoncé à ma patronne que j’allais partir. Moment triste pour elle et tous ceux qui me connaissaient , mais…..Miguel partait !
Arrivé à Bayonne au quartier de La Nive, je fus accueilli à bras ouverts et affecté à la première compagnie commandée par le Cne Ladas puis par le Cne Benito (futur général). Je fut nommé Caporal-chef 2 mois après mon arrivée.
Comme je n’avais aucun diplôme ni certificat français, j’ai dû passer mon CEP à la faculté de Bayonne. Après les épreuves de français, maths, géo et histoire, j’ai dû réciter une poésie, puis chanter une chanson de Pétula Clark « l’été, l’hiver la pluie, chantent la même mélodie….. »
Mon CEP réussi, j’ai passé un CT1 et je fus nommé sergent.
Ma première mission arriva en 1970 au Pakistan Occidental, aujourd’hui Bangladesh, où d’énormes inondations dévastèrent tout le pays. Je me suis porté volontaire pour partir.
Ce fut un long voyage en Transall : décollage de Pau, direction Brindisi, en Italie, pour faire le plein de l’avion, puis départ jusqu’en Arabie Saudite puis Bahreïn pour une nouvelle escale, ensuite direction Karachi au Pakistan oriental. Là, vérification de l’avion avant de repartir jusqu’à Calcutta, en Inde, et décoller de nouveau jusqu’à Dhaka, capital du Pakistan occidental.
Là, nous fûmes accueillis et hébergés pas le consul de France et sa famille tout le long du séjour de deux semaines.
Cela fut ma première mission dans les troupes aéroportées, puis le bataillon fut déplacé à Pau au camp d’Idron, où j’ai réussi mon stage de chiffreur et je fus muté au COMTRANS de la 11ème DP, sous le commandement du Lieutenant Porta.
Le seul regret de ma carrière et de ne pas avoir reçu la Médaille Militaire. Néanmoins, avec toutes les intervenions que j’ai effectué et mes réussites, elle est dans ma tête.






C’est un récit réjouissant et une chose est sûre c’est que ton CEP réussi à Bayonne plus ton parcours militaire et civil ont plus de valeur qu’un malheureux baccalauréat d’aujourd’hui
Pour l’anecdote, j’étais aussi à »la Nive » stage opérateur radio en 1962
Tous mes vœux pour 2025