Revue de presse « défense »

Désormais, les recrues de la Légion étrangère viennent principalement du Népal, du Brésil et de la Colombie

par Laurent Lagneau

Si le recrutement de l’armée de Terre a pu connaître un « trou d’air » en 2023, celui de la Légion étrangère, qui est l’une de ses composantes, s’est toujours bien porté, avec un taux de sélectivité de quatre candidats pour un poste. Ainsi, cette année, elle a recruté 1 450 nouveaux légionnaires, avec une moyenne d’âge de 24 ans. Et cela alors que, depuis 2022, les ressortissants russes et ukrainiens ne peuvent plus prétendre à rejoindre ses rangs.

« La Légion étrangère se porte bien. Elle n’a qu’une ambition, qui justifie sa raison d’être : l’excellence opérationnelle au service de la France », a résumé le colonel Jean-Pierre Royet, le chef d’état-major du COM LE [Commandement de la Légion étrangère], lors du dernier point presse du ministère des Armées.

Actuellement, la Légion étrangère compte 9 619 hommes, ce qui représente un peu plus de 12 % de l’effectif de la Force opérationnelle terrestre [FOT]. Grâce au dynamisme de son recrutement, elle a pu créer trois nouvelles sections [deux de Génie et une d’aide à l’engagement débarqué] au sein du 3e Régiment Étranger d’Infanterie [REI, basé en Guyane] et du 5e Régiment Étranger, implanté à Mayotte. En outre, ses trois régiments d’infanterie présents en métropole ont chacun été renforcés par une section « mortiers lourds ».

Cela étant, la physionomie de la Légion étrangère a de nouveau changé. Selon un dossier de presse publié en 2019, elle comptait 34 % d’Occidentaux, 28 % de Slaves, 12 % d’Africains, 13 % d’Asiatiques et 13 % de Sud-Américains dans ses rangs. Ce qui n’est plus le cas aujourd’hui.

Ainsi, la part de légionnaires issus du « monde slave » est désormais de 12 %. Dans le même temps, ceux originaires d’Amérique du Sud [21 %] et du sous-continent indien [18 %] sont de plus en plus nombreux.

« Dans les années 1950, la Légion étrangère était constituée à 90 % d’Allemands. Dans les années 1980, il y avait 60 % de Britanniques. On a eu ensuite une grande vague venue d’Europe de l’Est dans les années 1990 et au début des années 2000. Aujourd’hui, les Népalais, les Brésiliens et les Colombiens sont les trois nationalités dominantes qui viennent s’engager dans la Légion étrangère », a indiqué le colonel Royet.

Reste que tout n’est pas parfait. Il y a cinq ans, le COM LE avait dit vouloir porter la proportion de francophones dans ses effectifs à 20 %, voire à 25 % d’ici 2025 car la mise en service de nouveaux blindés et du système d’information du combat SCORPION [SICS] allait « certainement nécessiter une meilleure maîtrise de la langue ».

Or, actuellement, selon le colonel Royet, « la part de Français [dans les effectifs de la Légion étrangère] est d’environ 10 / 12 % » alors que « le modèle idéal, pour nous, c’est 20 % ».

« C’est un objectif qu’on ne remplit pas. Pour que [notre] modèle d’amalgame fonctionne bien, il est important d’avoir, dans une section, des Français ou des francophones qui soient capables d’aider leurs camarades qui ne parlent pas un mot de français », a-t-il conclu.

Pour rappel, comme l’indique le site dédié au recrutement de la Légion étrangère, si un Français peut rejoindre les rangs de la Légion étrangère, « il sera engagé avec le statut de militaire ‘à titre étranger’, comme tous les étrangers qui s’engagent ».

L’implosion Syrienne : les analyses d’Alain Juillet

Dans cette nouvelle émission, Alain Juillet et Claude Médori reviennent sur les événements en Syrie, notamment le départ de Bachar el-Assad et l’arrivée des islamistes à Damas. Alain Juillet nous éclaire sur les raisons de la chute de la maison Assad et ses incidences régionales et internationales sur l’échiquier géopolitique mondial.

QUELLE STRATÉGIE AMÉRICAINE EN ASIE ?

par Xavier Tytelman

Les USA se renforcent toujours plus dans l’Océan Indien, avec pour objectif d’empêcher une montée en puissance chinoise dans la zone qui se ferait aux détriments de l’ensemble des pays voisins. Avec Benjamin Blandin, doctorant en géopolitique installé dans la région, nous revenons sur l’évolution et les perspectives de la présence américaine en Asie Pacifique.

Canon électromagnétique, porte avion du futur, planeur sous-marin: bienvenue à la DGA 

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MISSILES SCALP FRANÇAIS SUR LA RUSSIE ? Focus DRONES dans la guerre en Ukraine

par Xavier Tytelman

Un F/A-18F Super Hornet a été abattu par un « tir ami » au-dessus de la mer Rouge

par Laurent Lagneau

Le 15 décembre, le porte-avions américain USS Harry Truman a emprunté le canal de Suez pour rejoindre la zone de responsabilité de l’US CENTCOM [commandement pour le Moyen-Orient et l’Asie centrale] et participer à l’opération Prosperity Guardian [Gardien de la prospérité], lancée par les États-Unis en décembre 2023 afin de protéger le trafic maritime en mer Rouge contre les attaques menées depuis le Yémen par les rebelles houthis [liés à l’Iran].

Au sein du « Carrier Strike Group 8 », l’USS Harry Truman est escorté notamment par le croiseur USS Gettysburg [classe Ticonderoga], chargé de coordonner sa défense aérienne, ainsi que par les « destroyers » de type Arleigh Burke USS Stout, USS The Sullivans et USS Jason Dunham.

Le groupe aéronaval américain n’aura pas tardé à prendre la mesure de la situation en mer Rouge. Le 21 décembre, selon un communiqué de l’US CENTCOM, le Carrier Air Wing 1 [CVW-1], c’est-à-dire le groupe aérien de l’USS Harry Truman, a été sollicité pour effectuer des « frappes de précisions » contre un dépôt de missiles et un centre de commandement et de contrôle utilisés par les houthis dans la région de Sanaa [Yémen].

Lors de cette séquence, plusieurs drones kamikazes [ou munitions téléopérées, MTO] et un missile de croisière antinavire ont été abattus au-dessus de la mer Rouge.

Puis, lors de la nuit du 21 au 22 décembre, aux environs de 3 heures [heure locale], dans des circonstances qui restent à préciser, un F/A-18F Super Hornet du CVW-1 a été abattu par un missile surface-air tiré par l’USS Gettysburg, alors qu’il venait d’être catapulté depuis l’USS Harry Truman.

Les deux pilotes ont pu s’éjecter de leur appareil. « Récupérés sains et saufs », les « premières évaluations » indiquent que l’un d’eux souffre de « blessures légères », a indiqué l’US CENTCOM. Et d’ajouter : « Cet incident n’est pas dû à des tirs ennemis et une enquête approfondie est en cours ».

Théoriquement, les systèmes IFF [Identification Friend or Foe / identification ami ou ennemi], associés aux procédures d’identification d’une cible [positive ID] par deux sources différentes et aux liaisons de données tactiques [L16] sont censés éviter de telles erreurs.

Cela étant, cet incident n’est pas le premier en mer Rouge. En février, la frégate allemande Hessen avait tiré deux missiles surface-air Standard Missile 2 [SM2] en direction d’un drone MQ-9A Reaper américain qu’elle avait considéré comme étant hostile. Mais, à cause d’un « défaut technique », ils ne purent toucher leur cible. A priori, l’aéronef n’avait pas activé son système IFF. D’où la méprise.

60e anniversaire de la panthéonisation de Jean Moulin

par Ministère des Armées

Le 19 décembre 1964, Jean Moulin devenait lun des symboles les plus puissants de la Résistance française en rejoignant le Panthéon. Lintronisation de Jean Moulin, orchestrée par le général de Gaulle, est marquée par le discours vibrant dAndré Malraux. Retour sur les acteurs et les coulisses de cet événement historique.

Pourquoi Jean Moulin a-t-il été choisi pour entrer au Panthéon en 1964 ? Comment sa mémoire est-elle passée de l’ombre à la lumière, 20 ans après sa mort ? Et comment cette panthéonisation a inscrit le nom de Jean Moulin dans la mémoire collective ?

Une décision pour la mémoire collective

En 1964, le général de Gaulle veut frapper fort. Cette année symbolique, marquant à la fois les 50 ans du début de la Première Guerre mondiale et les 20 ans de la Libération, nécessite un hommage à la hauteur. Lors d’une réunion décisive, alors que le ministre des Anciens Combattants et des Victimes de guerre, Jean Sainteny, présente le programme des commémorations, le général de Gaulle tranche. Il manque quelque chose. Pour lui, il faut un geste grandiose pour clore cette année. Jean Moulin, fondateur du Conseil national de la Résistance, sera ce symbole.

À travers lui, c’est la Résistance tout entière, unifiée et sacrificielle, qui entre au Panthéon. Cette panthéonisation n’est pas un simple hommage : elle inscrit définitivement la Résistance au cœur de la mémoire nationale.

Une cérémonie à la hauteur de lHistoire

Le 18 décembre, l’urne contenant les cendres quitte le cimetière du Père-Lachaise pour être exposée au Mémorial des martyrs de la Déportation, où des milliers de Parisiens viennent se recueillir. Le lendemain, 19 décembre, une cérémonie solennelle se déroule en deux temps. D’abord, un cortège funéraire défile jusqu’au Panthéon, accompagné par la musique funèbre de Chopin. Puis, dans l’immense nef du monument, André Malraux prononce son fameux discours : « Entre ici, Jean Moulin, avec ton terrible cortège… » Ce moment transcende l’hommage individuel pour célébrer toute la Résistance.

Jean Moulin, visage de la Résistance

Ce geste, voulu par De Gaulle, transforme Jean Moulin en figure universelle. Alors que peu de panthéonisations avaient eu lieu depuis 1949, celle-ci frappe par son ampleur. Jean Moulin devient le visage d’un courage collectif, celui de ceux qui choisirent de résister, parfois jusqu’au sacrifice ultime.

Soixante ans plus tard, cette cérémonie résonne encore. En cette année du 80ᵉ anniversaire de la Libération, Jean Moulin demeure ce héros qui rappelle que la liberté est le fruit du combat de l’ombre. En honorant Moulin, de Gaulle a rendu immortelle la Résistance tout entière, celle qui a su, dans le silence et la clandestinité, redonner espoir à la France.

L’armée de l’Air et de l’Espace s’apprête à prononcer la pleine capacité opérationnelle de l’avion de transport A400M

par Laurent Lagneau

Les premiers avions A400M « Atlas » livrés à l’armée de l’Air & de l’Espace [AAE] à partir de 2013 étaient encore loin de posséder toutes les capacités inscrites dans le cahier des charges du programme confié à Airbus. Aussi, ces appareils ne pouvaient qu’assurer des missions basiques de transport logistique [en clair, relier un point A à un point B].

Seulement, les capacités manquantes [autoprotection, largage de parachutistes par les portières latérales, ravitaillement en vol, suivi de terrain automatique, etc.] tardèrent à se concrétiser, ce qui amena le ministère des Armées à acquérir quatre C-130J Hercules auprès du constructeur Lockheed-Martin… et à mettre la pression sur Airbus.  »

« Il y a une difficulté majeure qui fait qu’aujourd’hui, les A400M livrés ne sont pas ‘opératoires’. Ce n’est pas uniquement le cas en France, c’est le cas partout. J’ai, à cet égard […] avec les responsables d’Airbus une discussion tonique », avait ainsi déclaré Jean-Yves Le Drian, alors ministre de la Défense, en novembre 2016.

En outre, l’A400M était alors en proie à des problèmes techniques récurrents, notamment au niveau de ses turbopropulseurs TP400, ce qui ne pouvait qu’affecter sa disponibilité. Problèmes qui n’étaient pas encore totalement réglés au début de l’année 2023.

« Nous avons dû changer beaucoup plus de moteurs que prévu. Le moteur, c’est aujourd’hui le point sur lequel se concentrent certaines problématiques qu’il faut encore traiter sur cet avion », avait en effet affirmé le général Fabrice Feola, commandant la Brigade aérienne d’assaut et de projection, dans les pages du magazine Planète Aero, en janvier dernier.

Quoi qu’il en soit, les versions ultérieures de l’A400M, à savoir EIOC [pour Enhanced IOC] et Standard Operational Capability [ou SOC] 1, 2 et 3, ont progressivement intégré les capacités figurant dans son cahier des charges.

Comme le rappelle le dernier numéro d’Air Actualités, dotés de la Liaison 16 et de systèmes de détection et de contre-mesures infrarouge, les A400M dont dispose la 61e Escadre de Transport [ET], basée à Orléans-Bricy, sont en mesure de ravitailler en vol des avions de combat [Rafale, Mirage 2000 et Typhoon] ainsi qu’un autre A400M, recevoir du carburant provenant d’autres aéronefs, se poser sur des pistes en terre, en herbe ou en sable de 1 000 m de long et 20 m de large, de réaliser un poser d’assaut avant de redécoller en moins de 3 minutes, de larguer des parachutistes par les portes latérales en ouverture automatique ou depuis la rampe arrière, d’effectuer des largages de fret par éjection ou par gravité et d’effectuer des missions dites SAR [recherche et sauvetage].

Cependant, d’autres capacités devraient être bientôt disponibles. En effet, l’EMATT [Équipe de marque – Avion de transport tactique], antenne du Centre d’expertise aérienne militaire [CEAM] sur la base aérienne 123 d’Orléans-Bricy, est actuellement en train de tester de « nouveaux procédés », comme le suivi de terrain automatique à très basse altitude et « sans référence visuelle », le largage mixte de l’embarcation ECUME et de commandos Marine, le ravitaillement en vol des hélicoptères Caracal [une fonctionnalité très attendue, ndlr], le largage de chuteurs opérationnels à très haute altitude sous oxygène ou encore l’autoprotection face aux menaces électromagnétiques. Il s’agit également de vérifier l’aptitude de l’A400M à se poser sur des terrains sommaires enneigés ou couverts de glace.

Actuellement, les A400M de la 61e Escadre sont progressivement portés au standard SOC 3. Et alors qu’ils sont sur le point de dépasser les 50 000 heures de vol [pour 24 appareils, ndlr], l’AAE est sur le point de prononcer leur pleine capacité opérationnelle.

« D’ici la fin de l’année, l’A400M […] atteindra un des jalons les plus attendus : sa mise en service opérationnelle [MSO] », confirme en effet Air Actualités. En clair, explique le commandant de l’EMATT, cela veut dire que « les équipages seront en capacité de mettre en œuvre tous les modes d’action dictés dans la commande de fabrication initiale ».

Au passage, Air Actualités a aussi réaffirmé le souhait de l’AAE d’aller au-delà des 35 A400M Atlas prévus par la Loi de programmation militaire [LPM] 2024-30 à l’horizon 2030-35. Souhait qui avait été exprimé par son chef d’état-major [CEMAAE], le général Jérôme Bellanger, lors d’une audition au Sénat, en octobre.

« La LPM fixe un objectif de 35 A400M. Nous souhaiterions parvenir à 37 ou 38 appareils d’ici à 2028. L’objectif est de nous doter d’une capacité projetée de manière quasi permanente en outre-mer », avait-il dit. A-t-il eu gain de cause ?

En tout cas, le magazine de l’AAE est catégorique. « À l’horizon 2030, la 61e Escadre de transport devrait recevoir son trente-septième modèle et atteindre les 900 aviateurs, signe d’une montée en puissance majeure. D’ici-là, un troisième escadron de transport pointera peut-être le bout de son nez sur la base aérienne d’Orléans », écrit-il.

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