
La nouvelle loi de programmation militaire prévoit le recrutement de 3 000 marins réservistes répartis sur le territoire en trois flottilles, elles-mêmes déclinées en dix escouades. Dont la première sera installée à Bayonnecourant 2024
Le choix de Bayonne est essentiellement logistique. Prévue pour l’été 2024, l’installation de la première escouade de marins réservistes sur la Côte basque tient principalement à la capacité d’accueil immédiate, avec l’ancienne base navale de l’Adour et les contacts privilégiés avec le 1er RPIMa. Une autre prendra également corps, cette même année, à La Rochelle.
Il s’agira d’un ballon d’essai pour la Marine nationale, qui planifie le déploiement progressif de trois flottilles sur les façades de la Méditerranée (Toulon), l’océan Atlantique (Brest) et la Manche (Cherbourg), déclinées en dix escouades réparties sur le territoire. Un projet inscrit dans la nouvelle loi de programmation militaire 2024-2030, qui prévoit le doublement des effectifs de réserve, pour atteindre les 3 000 marins, ainsi qu’une volonté de diversification sociale dans leurs rangs.
70 marins à horizons 2028
« À Bayonne, nous débutons par un recrutement de 30 marins, pour arriver à 70 à horizon 2028, précise le contre-amiral François Guichard. Les moyens mis en œuvre consistent en une embarcation semi-rigide, un véhicule de transport avec remorque et un drone. Nous nous donnons ainsi de l’agilité pour la mise à l’eau, qui n’interviendra pas uniquement à Bayonne, la zone de responsabilité s’étendant d’Hendaye à Capbreton. »
Les missions, si cette première expérience doit permettre d’en affiner les contours, entrent dans un cadre général : connaissance du littoral, prévention et anticipation, protection… « Rien qui n’empiète sur les domaines d’interventions des autres administrations en charge. »
François Guichard, commandant la Marine à Bordeaux (COMAR) ne dissimule pas les objectifs visés par l’institution, au-delà du seul apport opérationnel : « Nous changeons le modèle de notre réserve pour nous rapprocher davantage des civils. Nous voulons renforcer la présence de la Marine au quotidien et profiter de toutes les compétences. Ceci afin de renforcer la résilience de la Nation et la cohésion nationale. » Séduire, recruter « et surtout fidéliser, ce qui est le plus compliqué pour nous aujourd’hui ». Un discours en ligne avec celui instillé depuis plusieurs semaines par Emmanuel Macron, concernant le rendez-vous de la France « avec son industrie de défense, une industrie en mode économie de guerre ».
Contexte de tension
Lors de la présentation de cette nouvelle entité, jeudi 4 avril à Saint-Jean-de-Luz, le contre-amiral François Guichard a exposé les nombreux enjeux que revêt la présence militaire française sur ses territoires maritimes : « La France possède le deuxième domaine maritime mondial. 90 % du commerce mondial s’opère en mer, 99 % des télécommunications passent par ce milieu, tandis que 70 % de la population vit à moins de 100 km des côtes. À l’échelle locale, les enjeux sont énormes : on parle de l’implantation de l’éolien en mer, de la pêche, du partage de l’espace… la mer devient un espace de compétition, de contestation et, dans le contexte actuel de tensions internationales, d’affrontement. »
