En pièce jointe le compte-rendu de la session 112-1 du CSFM qui s’est déroulée à Metz du 29 janvier au 2 février 2024.
Outre l’exposé d’introduction du général Yann GRAVETHE, gouverneur militaire de Metz et Officier général de la zone de défense et sécurité Est, est intervenu le médecin général Jean-Christophe BEL directeur central adjoint du service de santé des armées. Mais ce sont surtout les visites d’unités et organismes qui ont été marquantes et plus particulièrement celles du centre expert des ressources humaines et de la solde (CERHS) de Nancy, du groupement de recrutement et sélection nord-est et du 3ème régiment de hussards à Metz.
Le gouverneur militaire a commencé en abordant les questions de solde et de logement. Alors qu’elle a été initialement perçue à tort comme une revalorisation, la NPRM (nouvelle politique de rémunération des militaires) est une réforme ciblée. Il faut maintenant veiller aux conséquences de la fiscalisation de certaines indemnités et à ce titre la clause de revoyure de 2026 est essentielle. En outre 18 % des militaires ont vu leur rémunération diminuer.
Le contrat CEGELOG s’est traduit par la prise en compte de l’entretien et de la rénovation des logements domaniaux par le consortium NOVE qui ne se soucie pas forcément de la perception de son action par les militaires. Sur un parc de 4 000 logements il y a eu 47 incidents de chauffage dans une région fondamentalement froide.
40 % de la force opérationnelle de l’armée de terre est constituée par la zone nord-est qui assurera 30% des besoins en militaires des jeux olympiques. La zone abrite 1 200 blessés dont la moitié sont des ESPT (état de syndrome post-traumatique).
Les conventions avec les collectivités locales marchent plutôt bien et le général se plait à le répéter : pas de militaires signifie pas d’enfants donc pas d’écoles et moins de recettes fiscales.
Enfin en raison du nombre d’élections sur la planète il juge que 2024 est une année incertaine.
Le directeur central adjoint du service de santé estime que la réforme de l’embasement a coupé les médecins militaires des unités soutenues. Il se prononce pour un ancrage d’armée avec une identité santé. Cependant le directeur central tient à ce que tous les soignants soient des membres du service. Il faut défendre la singularité militaire et ne pas tomber dans le gouffre avec la santé publique et notamment remilitariser le statut MITHA pour le déconnecter du monde civil.
Une réorganisation hiérarchique est entreprise visant à mettre en responsabilité médecins et infirmiers majors.
La convention passée entre l’hôpital des armées de Bordeaux et une clinique privée va être abandonnée car ne correspondant pas aux besoins des armées.
L’hôpital militaire Desgenettes de Lyon va être spécialisée dans la réparation des blessés ainsi que Robert Picqué à Bordeaux. Un HIA NG (hôpital d’instruction des armées nouvelle génération) va être construit sur le site de Marseille-Sainte Marthe.
Un officier général « blessés » va être désigné.
Il n’y aura désormais qu’un seul internat : celui de médecine générale. L’ éventuelle spécialisation n’interviendra qu’à l’issue d’un temps de service en unité.
Il a été confirmé que les militaires retraités et leurs ayants-droits pourront continuer à être pris en charge dans les hôpitaux militaires.
Face au conseil et à la conseillère sociale du ministre l’exposé du chef du CERHS fut très technocratique et particulièrement optimiste, annonçant notamment le futur dialogue direct entre l’administré et le centre. Le problème est venu quinze minutes plus tard lors de la visite des différents bureaux du centre où le personnel a tenu des propos plus alarmants en se désolidarisant des propos de son chef…
La visite du 3ème régiment de hussards par une délégation du conseil s’est déroulé dans une toute autre ambiance. Le chef de corps d’une génération plus jeune n’a pas fait mystère des difficultés à s’entraîner autrement que sur simulateur, la plupart de son équipement roulant ayant pris le chemin du théâtre ukrainien. Des tables rondes où étaient présentes toutes les catégories de personnel (réservistes inclus) ont été organisées et il en ressort les éléments suivants :
– les relations avec la municipalité sont très bonnes puisque le maire de Metz s’est déplacé sur le théâtre OPEX du Liban ;
– en cas de mutation les militaires propriétaires s’en vont plutôt en célibataire géographique car la garnison est de qualité ;
– le paiement trop différé des primes (ISAO notamment) est un réel problème ;
– l’opération Sentinelle donne l’impression d’être un instrument politique ;
– le projet PSC (protection sociale complémentaire)n’est pas vraiment connu ;
– les tarifs de l’IGESA sont jugés onéreux ;
– le recul à 72 ans de la limite d’âge des réservistes ne soulève pas, contrairement à d’autres endroits, de sarcasmes
mais l’objectif de doublement des effectifs (1 réserviste pour 2 actifs) apparait utopique ;
– les délais de visite d’aptitude médicale ont un fort impact négatif sur le recrutement de la réserve et le tassement indiciaire au profit des plus jeunes est néfastes à la constitution d’une ossature d’encadrement dans la durée ;
– les retards de paiement du personnel de réserve sont toujours aussi problématiques.
Enfin c’est avec un préavis d’une semaine qu’il a été décidé d’inviter tout le conseil aux vœux aux armées du chef de l’état à Cherbourg le vendredi 19 janvier. Finalement seul un tiers des membres ont répondu à l’ invitation.
Le collège retraités militaires du CSFM
