INFOS MILITAIRES 17 et 18 janvier 2026

Donald Trump passe au chantage et menace de taxer les Européens qui contrecarrent ses plans au Groenland

par Ph. CHAPLEAU

Alors que les Groenlandais scandait à Nuuk, ce samedi, que « le Groenland n’est pas à vendre », Donald Trump a accusé plusieurs pays européens de jouer à un « jeu très dangereux » au Groenland, territoire qu’il souhaite acquérir. Il a donc décidé d’imposer de nouveaux droits de douane à ces pays européens « jusqu’à l’achat total du Groenland ».

Le président américain a annoncé 10 % de taxes douanières additionnelles contre la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne, le Danemark, la Suède, la Norvège et la Finlande à partir du 1er février. Ce taux passera à 25 % le 1er juin.

Ces taxes sont liées au refus européen de l’annexion du Groenland par les États-Unis et elles ne seront levées qu’une fois le Groenland passé sous contrôle total des USA, comme Trump l’a expliqué.

Le 12e Régiment de Cuirassiers a mis au point sa propre munition rôdeuse filoguidée

par Laurent Lagneau

Lors de ses vœux aux armées, le président Macron a reproché aux industriels français de ne pas en faire assez dans le domaine des drones. Et il les a exhortés à réagir « vite et fort ».

« Nous devons aller plus vite, car nous avons vu la capacité d’innovation et l’accélération sur le théâtre ukrainien. Et soyons clairs, nous sommes en retard. Nous sommes en retard parce que les Ukrainiens ont formidablement innové, parce que des partenaires et des industriels d’autres nations ont été plus rapides que nous et les ont peut-être moins pris de haut. Et aujourd’hui, il y a une production sur le sol européen qui est meilleure et plus en masse que celle que nous avons », a-t-il en effet affirmé.

Pourtant, beaucoup de choses ont été faites depuis le début de la guerre en Ukraine. Mais, à la différence du secteur civil, l’industrie de l’armement a besoin de commandes pour adapter son outil de production… Ainsi, ayant dévoilé un démonstrateur de drone sous-marin océanique [DSMO] en octobre 2021, développé sur ses fonds propres, Naval Group a dû attendre trois ans pour signer un accord-cadre avec la Direction générale de l’armement au titre du programme UCUV [Unmanned Combat Underwater Vehicle].

Par ailleurs, l’industriel, via sa filiale Sirenha, s’est associé à Couach pour développer une gamme de drones navals de surface. Et d’autres entreprises ont innové dans ce domaine, comme Exail, ZYX Blue, SeaOwl, etc.

Inexistante il y a encore peu, l’offre française en matière de drones MALE [Moyenne Altitude Longue Endurance] s’est étoffée, avec pas moins de cinq projets en cours, dont l’Aarok de Turgis & Gaillard, l’Enbata d’Aura Aéro ou encore l’EyePulse, de Daher, développé en un temps record. En revanche, malgré les essais prometteurs du démonstrateur nEUROn, il est vrai que la donne n’est pas du tout la même pour les drones de combat collaboratifs [CCA], domaine où les États-Unis, la Chine, l’Australie et la Turquie font la course en tête.

S’agissant de la robotique terrestre, l’armée de Terre stimule l’innovation via son défi CoHoMa. Et plusieurs industriels, comme KNDS France, Arquus, UNAC ou Soframe ont investi ce créneau. De même que l’Institut franco-allemand de recherches de Saint-Louis [ISL], avec le robot [ou UGV] Aurochs. En outre, grâce au projet Pendragon, on peut s’attendre à voir des avancées significatives, comme en témoigne l’UGV Hermione, dont le fonctionnement repose sur pile à combustible à hydrogène.

Enfin, l’offre en matière de munitions téléopérées [MTO, ou munitions rôdeuses] s’est très vite développée, en grande partie grâce aux projets Colibri et Larinae, lancés par l’Agence de l’innovation de défense [AID] en 2022. Ainsi, en partenariat avec des dronistes comme Delair ou EOS Technologies, KNDS France [Mataris], MBDA [Akeron] et Thales [Toutatis] sont particulièrement actifs sur ce marché [mais encore faut-il des commandes !] tandis que de nouveaux acteurs connaissent une croissance rapide, à l’image de Harmattan AI.

Mais les innovations ne viennent pas toutes des industriels : elles sont aussi le fait des unités qui cherchent des solutions à leurs contraintes opérationnelles.

Ainsi, le 1er Régiment de Hussards Parachutistes a mis au point la « Fronde », une MTO antichar pouvant porter deux [anciens] modèles de grenades à fusil, à savoir l’AC58 et APAV40. Il a été imité par le 12e Régiment de Cuirassiers, lequel vient de dévoiler le drone FPV [à pilotage immersif] filoguidé « TEMARA » à l’occasion de la journée dédiée à l’innovation que la 2e Brigade Blindée a organisée le 15 janvier.

Les premiers drones filoguidés ont été utilisés par les forces russes en Ukraine en mars 2024. Équipé d’un câble en fibre optique de 10 kilomètres, un tel appareil permet de s’affranchir du brouillage électronique tout en disposant de suffisamment de bande passante pour obtenir des images en haute résolution, ce qui peut être déterminant pour la précision d’une frappe. Depuis, ces engins se sont généralisés sur les champs de bataille ukrainiens.

« C’est un drone de frappe, un drone d’attaque. Une fois qu’une cible est désignée, il va se porter à proximité pour faire exploser sa charge sur commande pour la détruire. Temara est un projet de munitions pilotées par immersion qui a la particularité d’être piloté via fibre optique. Les commandes passent uniquement par la fibre optique et pas par onde radio ce qui permet d’être résistant à la guerre électronique », a détaillé le capitaine Clément, chargé de ce projet au sein du 12e Cuir, auprès du Républicain lorrain.

En tout cas pour le général Régis Anthonioz, le commandant de la 2e Brigade Blindée, le Temara a « très certainement un avenir devant lui parce qu’il correspond à un vrai besoin tactique » et qu’il permettra « d’augmenter la létalité sur le champ de bataille, dans la zone de contact ». Reste maintenant à trouver un partenaire industriel pour passer à l’étape suivante.

 

La valeur du WEXMAC TITUS, contrat mondial expéditionnaire, portée jusqu’à 65 milliards de dollars

par Ph. CHAPLEAU

Le 7 septembre dernier j’ai consacré un post au Worldwide Expeditionary Multiple Award Contract (WEXMAC), un contrat américain attribué à un groupe de 59 sociétés prestataires de services et fournisseurs d’équipements. Il s’agit de « faire soutenir l’intégrité territoriale des États-Unis (TITUS) dans le cadre du contrat mondial expéditionnaire à attributions multiples (WEXMAC) ».

C’est pourquoi ce contrat-cadre expéditionnaire est appelé WEXMAC TITUS (pour Worldwide Expeditionary Multiple Award Contract, Territorial Integrity of the United States). C’est un marché d’une valeur pouvant atteindre 20 milliards de dollar sur10 ans, selon l’avis d’attribution de septembre 2025.

Il couvre l’assistance humanitaire, les secours en cas de catastrophe, les opérations d’urgence, le soutien aux exercices, l’hébergement, la logistique, ainsi que les services de soutien terrestres et maritimes à travers les États-Unis et leurs territoires. La période d’exécution initiale s’étendait alors d’octobre 2025 à décembre 2029, avec une option de prolongation de cinq ans qui, si elle est exercée, porterait l’exécution jusqu’en décembre 2034.

Vendredi soir, dans la liste des avis d’attribution de marchés figurait un avis portant de nouveau sur WEXMAC TITUS. Il s’agit d’une modifications visant à augmenter le plafond du contrat de base et de le porter à un montant de 45 milliards de $.

Selon le Pentagone, « le WEXMAC TITUS fournira des approvisionnements et des services à l’appui des six phases du continuum des opérations militaires, en soutien aux opérations interarmées du commandement de combat géographique, des partenaires de la coalition et d’autres agences fédérales, pour la mise en place et le maintien du théâtre d’opérations. Les besoins incluent : l’ouverture du théâtre d’opérations (accueil, déploiement, acheminement et soutien à l’intégration), le soutien logistique, la distribution sur le théâtre d’opérations, les opérations de stabilisation et le soutien de la Défense aux autorités civiles. »

Le descriptif du périmètre contractuel du WEXMAC TITUS précise que les services et approvisionnements fournis dans le cadre de ce contrat comprennent, entre autres, l’aide humanitaire/les secours en cas de catastrophe, le soutien aux situations d’urgence, les exercices, la logistique et le soutien terrestre et maritime ».

Jusqu’à 65 milliards de dollars
Selon le nouvel avis, la période initiale a bien débuté en janvier 2025 et devrait s’achever en décembre 2029. Mais si toutes les options sont exercées, la période d’exécution s’achèvera en décembre 2034, dans le cadre d’une option de prolongation de cinq ans. Si l’option de cinq années supplémentaires est exercée, le montant total estimé du contrat pourrait atteindre 65 milliards de $.

Autre changement, le nombre de sociétés retenues est passé de 59 à 114 (principalement US) parmi lesquelles Amentum, KBR, Centerra, GardaWorld, SOC International, Vectrus…

La France se tient à l’écart d’un projet européen visant à créer une famille de frégates de nouvelle génération

par Laurent Lagneau 

Lancé au titre de la coopération structurée permanente [CSP ou PESCO] avec un financement du Fonds européen de défense [FED], le projet de corvette de patrouille multimodulaire [MMPC – Multi Modular Patrol Corvette] est coordonné par l’Italie, avec la France, l’Espagne, la Grèce et la Roumanie.

Devant avoir un déplacement d’environ 3 000 tonnes pour une longueur de 110 mètres, cette future corvette européenne est censée se décliner selon trois versions : lutte antinavire, missions de longue durée et patrouille hauturière. Selon l’Organisation conjointe de coopération en matière d’armement [OCCAr], qui accompagne ce projet, la conception de cette MMPC se  « veut flexible, plus économe en énergie, plus respectueuse de l’environnement, plus sûre, plus interopérable et mieux sécurisée sur le plan cybernétique ».

Seulement, la participation de la France à ce projet est en suspens. Interrogé sur ce sujet lors d’une audition au Sénat, le chef d’état-major de la Marine nationale [CEMM], l’amiral Nicolas Vaujour, a expliqué que les frégates de surveillance avaient encore du potentiel avant d’être remplacées éventuellement par MMPC. Cependant, a-t-il ajouté, « en tout état de cause, nous avançons sur la ‘corvette hauturière’, projet porté en partie par le programme EPC [ancien nom de la MMPC, ndlr] ».

Lors de sa dernière audition parlementaire en tant que Délégué général pour l’armement [DGA], Emmanuel Chiva a été plus clair. « C’est une question de choix » et nous avons fait « celui de ne pas privilégier ce projet de corvette afin d’accélérer le remplacement des patrouilleurs hauturiers, lesquels sont un autre type de navire qui nous permettra de ne pas être déclassés », a-t-il dit aux sénateurs. « L’exercice n’est pas facile car si la Loi de programmation militaire nous accorde plus de crédits, c’est aussi pour mener plus de projets sur lesquels nous devons faire des arbitrages. C’est la vie normale des programmes », a-t-il conclu.

En tout cas, alors que les frégates multimissions [FREMM] de la Marine nationale atteindront les trente ans de service durant la décennie 2040, la France a décidé de ne pas participer, pour le moment, au projet European Combat Vessel [ECV] qui, soutenu par l’Agence européenne de défense [AED], vise à développer une « famille » de nouvelles frégates.

« Le développement du navire de combat européen est un projet majeur » qui doit aboutir à une « plateforme navale polyvalente de nouvelle génération », censée « faire face aux menaces multidimensionnelles du milieu du XXIe siècle, en intégrant de nouvelles capacités de défense contre les sous-marins, les cyberattaques et les drones », explique l’AED.

Chargée de projet pour le combat naval au sein de l’agence européenne, Elvira Bermudez, souligne qu’il est « difficile d’anticiper et de concevoir des navires capables de relever les défis futurs ». Et d’ajouter : « Il y a 20 ans, nous n’aurions jamais imaginé la situation actuelle. Si l’on considère des contextes comme celui de la mer Rouge, et si l’on applique les enseignements tirés de l’Ukraine au contexte maritime, l’innovation dans la conception navale est indispensable ».

Si la France a décidé de passer son tour, ce n’est pas le cas de l’Italie, de l’Espagne et de la Grèce, pays également impliqués dans le projet de corvette de patrouille multimodulaire. Mais c’est aussi celui des Pays-Bas, du Portugal, de la Belgique et de la République de Chypre.

Le 15 janvier, l’AED a réuni des représentants des sept pays participants ainsi que des constructeurs navals [dont elle n’a pas précisé l’identité] pour déterminer « la conception, les besoins et la voie à suivre » pour cette famille de nouvelles frégates.

À cette occasion, le responsable de ce projet pour la marine espagnole, Luis Calviño, a souligné que l’ECV vise « à combler les lacunes […] en matière de contrôle sous-marin et des fonds marins, de supériorité de l’information, de cyberdéfense, de guerre navale de surface [défense antimissile balistique comprise] et d’opérations menées par des véhicules autonomes et sans pilote ».

« Nous avons besoin d’un véritable engagement de la part de nos partenaires européens pour développer ces systèmes. Nous nous sommes appuyés sur d’autres jusqu’à présent, mais cela n’est plus possible », a-t-il fait valoir. « Il n’est pas réaliste de penser qu’un seul pays puisse développer de tels systèmes », a-t-il insisté.

Pour ce projet, il est question d’adopter une approche « systèmes-coque », c’est-à-dire que la technologie doit primer sur le reste. En clair, le navire est construit autour d’elle, et non l’inverse.

Quoi qu’il en soit, pour l’AED, le développement d’une flotte de navires de combat européens permettrait de réduire les coûts grâce aux économies d’échelle et serait susceptible de « favoriser la création d’écoles navales communes à travers l’Europe ».

Dédié à la lutte anti-sous-marine, le drone aérien britannique Proteus a effectué son premier vol

par Laurent Lagneau

Utilisé en complément d’un avion de patrouille maritime, un drone aérien est susceptible de procurer des capacités intéressantes en matière de lutte anti-sous-marine, comme, par exemple, celle de détecter un périscope grâce à ses capteurs optroniques. Il peut également être utilisé pour larguer des bouées acoustiques dans une zone donnée. Tel a d’ailleurs été l’objet de la campagne d’essais que l’américain General Atomics vient d’effectuer pour vérifier l’aptitude de son MQ-9B SeaGuardian pour cette tâche.

Ainsi, ces essais, menés en conditions opérationnelles, ont permis de certifier l’utilisation de la nacelle SDS [Sonobuoy Dispensing System], qu’un MQ-9B SeaGuardian peut emporter en quatre exemplaires sous sa voilure. Chacune d’entre elles peut contenir dix bouées acoustiques de type A ou 20 bouées de type G. Ce qui fait que la capacité d’emport de ce drone est largement supérieure à celle d’un hélicoptère MH-60R Sea Hawk, dédié à la lutte ASM.

Cela étant, il serait aussi intéressant d’utiliser un drone aérien pour renforcer les capacités ASM d’une frégate. Ayant été chargé de mener à bien le programme SDAM [Système de drone aérien pour la Marine], Airbus Helicopters a avancé l’idée de doter le VSR-700 de quatre paniers latéraux [deux de chaque côte] pouvant contenir quatre bouées acoustiques SonoFlash [fournies par Thales] et / ou quatre grenades anti-sous-marines proposées par Naval Group. L’ensemble serait associé à un hélicoptère NH90 Caïman équipé du du sonar basse fréquence léger à grande immersion « Sonar Flash », d’un détecteur d’anomalies magnétiques [MAD – Magnetic Anomaly Detection] et torpilles MU90. Seulement, ce projet n’a, pour le moment, pas été retenu par la Marine nationale.

En revanche, la Royal Navy a investi 60 millions de livres sterling pour développer le Proteus, un démonstrateur drone aérien dédié à la lutte anti-sous-marine, dans le cadre d’un marché notifié à Leonardo UK en 2022.

« Les essais évalueront la capacité du drone à larguer des bouées acoustiques et à alerter un hélicoptère avec équipage si un sous-marin est détecté. Conçues pour fonctionner à un coût moindre par rapport aux aéronefs avec équipage, les capacités dérivées du démonstrateur pourraient également réduire l’exposition du personnel de la Royal Navy aux menaces », avait expliqué le ministère britannique de la Défense [MoD], à l’époque.

Le 16 janvier, soit moins de quatre ans après le lancement de ce programme, le Proteus a effectué son vol inaugural, depuis l’aérodrome de Predannack en Cornouailles.

Lors de ce premier vol, le Proteus, dont la conception repose sur l’hélicoptère AW09 de Leonardo, a été en mesure « d’actionner ses propres commandes de vol indépendamment de tout opérateur humain, mais sous la supervision et le contrôle constants de pilotes d’essai au sol afin de garantir la sécurité », a expliqué la Royal Navy.

Le succès de ce premier vol du Proteus constitue une étape importante dans la transformation de l’aviation navale de la Royal Navy et témoigne de notre engagement indéfectible à investir dans les systèmes autonomes pour former une escadre aérienne hybride. Elle souligne notre volonté […] d’améliorer l’efficacité opérationnelle de la Royal Navy dans un environnement de plus en plus complexe et de maintenir un avantage opérationnel face à l’évolution des menaces maritimes », s’est félicité le contre-amiral Steve Bolton, le directeur adjoint des programmes futurs la Fleet Air Arm.

Pouvant emporter une charge utile de plus d’une tonne, le Proteus pourra être équipé de différents modules de missions pour la lutte anti-sous-marine, lutte antinavire et la détection aéroportée. Il sera aussi en mesure d’exploiter les informations fournies par un « réseau de navires, d’hélicoptères, de sous-marins et de systèmes de détection alliés », explique la Royal Navy. Il prendra ainsi toute sa place dans le programme « Atlantic Bastion », qui vise à créer une force navale hybride pour « localiser, suivre et, si nécessaire, neutraliser » des adversaires potentiels « avec une efficacité sans précédent sur de vastes étendues océaniques ».

La Grande-Bretagne repousse de 10 ans l’âge limite de ses réservistes, porté à 65 ans

par Ph. CHAPLEAU

La Grande-Bretagne a annoncé ‍jeudi un ‍renforcement de ⁠sa réserve militaire à travers le report de dix ans de l’âge maximum auquel les anciens soldats peuvent être rappelés. Cette limite est portée désormais à 65 ans.

La Grande-Bretagne a également ‌annoncé de nouvelles conditions permettant de rappeler les anciens militaires afin d’y inclure les « préparatifs ⁠de guerre ». Actuellement, ils ne peuvent être mobilisés qu’en cas de « danger ⁠national, ⁠grande urgence ou attaque contre ⁠le Royaume-Uni ».

« Ces réformes nous permettront de mobiliser rapidement ces talents lorsque cela compte le plus, en renforçant notre état de préparation et en nous alignant sur une approche similaire adoptée par de nombreuses forces de l’Otan », a déclaré Paul Griffiths, ⁠le général à la tête de l’initiative britannique. Les changements devraient entrer en vigueur au printemps 2027.

Des ⁠pays européens, dont la France ⁠et l’Allemagne, ont aussi pris des mesures pour renforcer leurs réserves ‌en réponse à l’invasion de l’Ukraine par la Russie et face à l’insistance des États-Unis pour que le Vieux continent prenne davantage en charge sa propre sécurité. Pour sa part, la Finlande relèvera l’âge limite des réservistes de son armée de 60 à 65 ans au cours de cette année. Voir mon post du 23 décembre.

 

Maintenance prédictive et gestion du cycle de vie des véhicules blindés

par Manuela Tudosia

L’Europe augmente rapidement la taille des flottes de véhicules blindés, mais c’est la préparation à long terme – et non l’acquisition – qui est devenue le principal défi. Des problèmes récurrents tels que la pénurie de pièces, les lacunes en matière de données techniques et la capacité de maintenance inégale limitent également la disponibilité sur plusieurs flottes. Les solutions, y compris la maintenance prédictive et la gestion du cycle de vie axée sur l’IA, ne font que combler ces lacunes. La capacité blindée de nouvelle génération dépend autant des normes de soutien et de la discipline des données que de la mobilité et de la protection.

Le développement et l’acquisition de véhicules blindés seront une priorité claire en Europe pour les années à venir. Cela est évident dans de multiples initiatives de l’Union européenne (UE) et nationales, allant des programmes directs de recherche et d’approvisionnement aux initiatives stratégiques permettant le déploiement et le fonctionnement futurs de ces capacités.

Les programmes de R&D ciblés dans le cadre du Fonds européen de défense (FED) sont à l’avant-garde du cadre communautaire de l’UE, qui comprend les futurs systèmes blindés augmentés hautement mobiles (FAMOUS 2), axés sur les plates-formes blindées modulaires de nouvelle génération à mobilité et protection avancées. Le projet ArmoURed Infantry Ground Assault (AURIGA) va concevoir, développer et prototyper des briques de technologie clés. Le projet Main Battle Tank Technologies (FMBTech) se concentre sur des technologies innovantes au sein d’une architecture modulaire de système de char de combat principal (MBT), pour soutenir les MBT européens existants et futurs.

Parallèlement à la R&D, les initiatives conjointes en matière d’approvisionnement renforceront encore les capacités européennes, telles que le programme du système commun de véhicules blindés (SVC), soutenu par l’initiative de renforcement de l’industrie européenne de la défense par le biais de la passation conjointe de marchés publics (EDIRPA) et basé sur la plate-forme Patria 6×6. Actuellement composé de sept pays européens (Danemark, Finlande, Allemagne, Lettonie, Norvège, Suède et Royaume-Uni) et ouvert à un plus grand nombre de pays, le programme comprend «un nouveau système de véhicules blindés de pointe développé conjointement» ainsi que sa gestion du cycle de vie (LCM), qui est mise en œuvre par le biais d’accords spécifiques entre les pays participants et Patria.

Parallèlement à ces initiatives dirigées par l’UE, d’importants investissements dans les capacités des véhicules blindés sont en cours à travers l’Europe au niveau national. La France et l’Allemagne développent conjointement le système de combat terrestre principal (MGCS) par l’intermédiaire de la MGCS Project Company GmbH (MPC), visant à remplacer les familles Leopard 2 et Leclerc MBT par un système de combat terrestre multiplateforme.

La Pologne fait progresser son programme de véhicules de combat d’infanterie Borsuk (IFV) dans le cadre d’un accord conclu en mars 2025 avec un consortium dirigé par Polska Grupa Zbrojeniowa (PGZ) et Huta Stalowa Wola (HSW), suivant le cadre 2023 établissant la plate-forme universelle modulaire à voie (UMPG; Uniwersalna Modułowa Platforma Gąsienicowa) comme base pour Borsuk et sa famille de véhicules.

Dans le cadre de son plan de modernisation de l’Armée 35, l’Espagne renforce ses capacités blindées par la modernisation de véhicules existants, tels que le Pizarro IFV et le Leopard 2E MBT, et par l’acquisition de nouvelles plates-formes via le véhicule de combat à roues VCR (vehículo de combat sobre ruedas) 8×8 Dragón. D’autres pays, dont la Grèce, les Pays-Bas et la Roumanie, mettent en œuvre des programmes nationaux de modernisation des véhicules blindés.

 Plusieurs instruments habilitants devraient garantir la disponibilité et la préparation opérationnelle des capacités des véhicules blindés en Europe pendant des décennies. Il s’agit notamment de l’instrument SAFE (European Security Action for Europe), qui soutient l’expansion de la capacité de fabrication de la défense, et de multiples initiatives de mobilité militaire de l’UE qui éliminent les goulots d’étranglement réglementaires et renforcent les infrastructures pour le déploiement rapide de plates-formes lourdes. Les facilitateurs à long terme comprennent également des cadres stratégiques tels que la stratégie industrielle européenne de défense (EDIS) et la feuille de route pour la préparation à la défense 2030. Au niveau transatlantique, les initiatives de l’OTAN comme le Plan d’action pour la production de défense (DPAP) et l’engagement d’expansion des capacités industrielles de l’OTAN devraient jouer un rôle stratégique.

Bien que l’augmentation des dépenses de défense et le contexte international actuel placent les capacités des véhicules blindés à l’ordre du jour, il est essentiel de veiller à ce que leur disponibilité opérationnelle soit à des coûts abordables au cours des décennies à venir. Tirer les leçons du passé et comprendre les tendances émergentes est essentiel pour y parvenir, tout comme trouver le juste équilibre entre la préparation et le coût total de possession (TCO) représente à la fois un défi et une opportunité.

Les vieux défis

Un rapport de 2025 du Government Accountability Office (GAO) des États-Unis au Comité des services armés de la Chambre des représentants des États-Unis a analysé les défis de soutien affectant la disponibilité et l’entretien de véhicules terrestres sélectionnés de l’armée et du corps des marines, des exercices 2015 à 2024.

Neuf défis de soutien ont été identifiés pour avoir affecté les flottes de véhicules terrestres. Deux d’entre eux ont touché les 18 véhicules analysés:

  • Un manque de pièces et de matériel, en raison par exemple de problèmes tels que les pièces obsolètes, la diminution des sources de fabrication ou les longs délais de production. Les flottes vieillissantes, comme le véhicule blindé de transport de troupes M113 (APC) et le véhicule à roues polyvalents à haute mobilité (HMMWV), ont éprouvé d’importantes difficultés à s’approvisionner en pièces en raison de la cessation de la production par les constructeurs ou de la volonté de produire de petits lots. Alors que les anciennes flottes faisaient face à des sources de fabrication réduites, les véhicules nouvellement sur le terrain ont également été signalés pour faire face à des problèmes en raison de la concurrence pour les pièces avec des lignes de production en cours.
  • Des données techniques obsolètes ou indisponibles ont entravé les efforts de maintenance et de réparation. Il a été signalé que les agents de retenue de dépôt devaient souvent envoyer des travaux d’entretien et de réparation aux fabricants en raison de la nature exclusive des données techniques. Cela concernait, par exemple, le M1 Abrams MBT, le Bradley IFV et la famille de véhicules blindés à roues Stryker. Pour illustrer davantage, il a été indiqué que les fabricants distincts possèdent les données techniques pour le moteur d’Abrams et la transmission, empêchant les mainteneurs de dépôt d’effectuer eux-mêmes des réparations. Même lorsque des données techniques sont achetées, la mise à jour pour les nouvelles versions de composants (par exemple, les moteurs ou les transmissions) peut prendre du temps et peut entraîner des retards dans la maintenance. Les dessins faits à la main encore utilisés pour les véhicules plus anciens compliquent les efforts d’entretien et de réparation. Des exemples ont été donnés pour le M113 et l’obusier automoteur M109 Paladin (SPH).

Plusieurs défis ont également été relevés en ce qui concerne les travaux de maintenance. L’absence d’entretien régulier au niveau des dépôts a conduit à la dégradation des compétences chez les mainteneurs, comme cela a été le cas, par exemple avec le programme Stryker. La conception complexe, comme l’architecture numérique avancée du Joint Light Tactical Vehicle (JLTV), a également posé des défis aux mainteneurs sur le terrain en raison de sa complexité et de sa courbe d’apprentissage élevée.

 Un problème récurrent était l’entretien imprévu, où les véhicules arrivaient dans des dépôts dans un état bien pire que prévu, ce qui a forcé des réparations supplémentaires et l’achat de pièces. En outre, les conclusions du rapport du GAO montrent que l’insuffisance des révisions a entraîné une baisse des taux de mission dans l’ensemble des flottes de véhicules, y compris les Abrams M1, le véhicule blindé de récupération M88 (ARV) ou la famille de véhicules tactiques moyens (FMTV). Les révisions au niveau des dépôts sont mises en évidence comme essentielles non seulement pour les anciennes flottes de véhicules, mais aussi pour les systèmes nouvellement mis en place, comme la famille des véhicules de combat amphibies (ACV) et le JLTV. Ces exemples indiquent des défis clés qui sont largement reconnus par la communauté de la gestion du cycle de vie et pour lesquels il n’existe pas de solution simple « miracle ».

Il est généralement reconnu que les coûts d’exploitation et de soutien (O&S) pendant la phase de service peuvent représenter 70 à 80% des coûts totaux du cycle de vie, et que les décisions de conception précoce influencent considérablement ces coûts ainsi que la disponibilité opérationnelle à long terme. Selon le US Department of Defense (DoD) 2025 Operating and Support Cost Estimating Guide, parmi les huit types de systèmes analysés, les coûts moyens du cycle de vie des véhicules terrestres en tant que type de système sont de 3% pour la recherche, le développement, les essais et l’évaluation (RDT&E), 32% pour l’approvisionnement et 65% pour O&S.

Les exemples précédents indiquent également que la planification du soutien intégré des produits doit inclure les droits de données et la documentation technique dès le début pour assurer une soutien à long terme. L’acquisition précoce et la bonne gestion des données techniques au cours des premières étapes du processus d’acquisition sont donc essentielles pour assurer le maintien à long terme.

Les exemples montrent également que les économies de coûts à long terme et durables ne sont pas toujours réalisées en réduisant les activités les plus évidentes, telles que l’entretien programmé ou la révision de dépôt. Au contraire, la réduction de l’entretien programmé peut entraîner des coûts en aval plus élevés et une diminution de la disponibilité, tandis que sauter les révisions de dépôt entraîne souvent une baisse des taux propices à la mission, des conditions de véhicules dégradées, une maintenance non planifiée accrue, une baisse des compétences de maintenance spécialisées, et plus encore.

Des solutions en évolution

Bien que ces défis ne soient pas nouveaux, les approches pour y faire face continuent d’évoluer et démontrent une efficacité croissante. Deux catégories de solutions complémentaires peuvent être distinguées: l’une est motivée par les progrès technologiques, qui offrent de nouvelles opportunités tout en introduisant simultanément des complexités supplémentaires; l’autre est fondée sur des politiques, des normes, des processus et des meilleures pratiques recommandées.

La maintenance basée sur la condition (CBM) est un complément puissant aux stratégies traditionnelles de maintenance préventive, et ses concepts sont intégrés dans les stratégies de maintenance des systèmes militaires depuis des années, dans l’OTAN et ses pays membres. CBM s’appuie sur la surveillance de l’état réel, en temps réel, de l’équipement pour déterminer le besoin d’entretien, en ne l’exécutant que lorsqu’il y a des preuves de défaillance ou de dégradation potentielle. CBM Plus (CBM+) améliore le CBM traditionnel en intégrant des technologies et des processus avancés pour améliorer la fiabilité, l’efficacité de la maintenance et la rentabilité. En tirant parti des capteurs Internet des objets (IoT), des données de surveillance de la santé, de l’analyse basée sur l’IA et des jumeaux numériques, CBM+ permet des actions de maintenance prédictive qui atténuent les défaillances potentielles avant qu’elles ne se produisent.

Le DoD américain exige CBM+ comme une stratégie de soutien primaire pour les systèmes d’armes sous DoDI 4151.22. La transition vers le CBM+, et donc vers la maintenance prédictive, est progressivement mise en œuvre, y compris dans les programmes de véhicules blindés. Par exemple, dans le cadre de leurs efforts de modernisation, l’US Marine Corps (USMC) a annoncé l’adoption d’une stratégie CBM+ pour six plates-formes de véhicules clés et des capacités opérationnelles critiques, y compris le véhicule blindé JLTV. Cette stratégie implique la collecte et l’analyse de données avancées pour prévoir et prévenir les pannes d’équipement, et pour optimiser les calendriers de maintenance.

En 2024, le gouvernement du Canada a lancé un défi pour développer des systèmes de surveillance de la santé et de l’utilisation (HUMS) automatisés et automatisés à l’échelle de la flotte (HUMS) pour les plateformes militaires. L’objectif est de « soutenir un mouvement vers CBM, et en fin de compte, la maintenance prédictive, d’optimiser les ressources de maintenance limitées et d’augmenter la disponibilité des plateformes opérationnelles ».

 Au niveau national, en septembre 2025, au ministère britannique de la Défense (MoD) a signé un contrat de 320 millions de GBP avec IBM UK pour développer les systèmes de gestion d’actifs d’ingénierie d’équipement de défense (DEEAMS), une nouvelle plate-forme axée sur l’IA qui modernisera et rationalisera la gestion de l’équipement des forces armées britanniques. Selon le communiqué de presse du gouvernement britannique, le nouveau système remplacera 17 applications fragmentées et fournira «des informations en temps réel pour prédire la maintenance et les réparations, la disponibilité des stocks et la planification de l’ingénierie sur les principaux équipements et plates-formes». Il servira plus de 65.000 utilisateurs sur plus de 130 grandes plates-formes et moyens militaires, et les véhicules blindés devraient en faire partie.

Bien que la France n’ait pas de politique CBM+ formelle comme le DoD américain, elle poursuit activement la maintenance prédictive et l’intégration HUMS pour les plateformes terrestres, illustrées par des initiatives dans le cadre du programme SCORPION, ou par les essais Tactical Evaluation Vérité (EVTA), et le projet numérique numCo pour le véhicule blindé de combat d’infanterie (VBCI).

Bien que ni l’UE ni l’OTAN n’imposent une politique unifiée de la MBC+, car cela reste une tendance motivée par la mise en œuvre nationale, les deux favorisent des stratégies de maintenance avancées par le biais d’efforts de recherche, de financement et de normalisation.

L’industrie adopte également les stratégies de maintenance prédictive, dans le contexte des stratégies gouvernementales ou de façon indépendante. Seuls des exemples sélectionnés peuvent être fournis ici. Les informations disponibles sur le contrat de gestion du cycle de vie du programme CAVS, signé entre Patria, la Finlande et la Lettonie, suggèrent qu’il est basé sur le concept de service Patria OPTIME, qui emploie HUMS, les dossiers de maintenance et les profils de mission pour optimiser les performances.

Sur son site Web, Oshkosh Defense a annoncé avoir appliqué les méthodologies CBM et CBM+ sur un éventail de plates-formes de défense, y compris JLTV, le pétrolier à roues de l’armée britannique et les FMTV de l’armée américaine, Armor Level 1, Protection Level 2 (FMTV A1P2).

Lors des expositions AUSA et MSPO de 2025, l’intégrateur de défense israélien IMCO Group a présenté son HUMS, qui soutient la maintenance prédictive pour les plates-formes terrestres, maritimes et aériennes militaires. En septembre 2025, le groupe a annoncé la création d’une nouvelle filiale en Roumanie dans le cadre de sa stratégie d’entrée sur les marchés européens et d’expansion de la capacité de production du groupe, et d’exploitation en tant que « fournisseur local » pour des projets européens. Cette stratégie et la poursuite active de partenariats par IMCO en Europe pourraient indiquer l’utilisation future de son HUMS dans les capacités des véhicules blindés des pays européens.

L’importance des normes

La maintenance prédictive semble être une tendance émergente qui est là pour rester, contribuant à augmenter la disponibilité opérationnelle et à réduire les coûts de fonctionnement et de S pour les capacités des véhicules blindés. Cependant, cela ne se manifeste pas sans défis, dont les plus évidents incluent si les systèmes sont des plates-formes nouvelles ou héritées en cours de modernisation, comment les données sont collectées et organisées pour permettre une utilisation significative des capacités d’IA et assurer une cyberdéfense robuste.

Les systèmes de véhicules blindés et les technologies habilitantes actuellement en développement bénéficient d’une opportunité historiquement sans précédent: l’intégration de la planification du maintien et de la maintenabilité de la phase de conception ainsi que, dès le départ, l’application de stratégies et de normes pour collecter des données structurées, ce qui améliorera considérablement la fiabilité et la fiabilité des capacités d’IA soutenant la maintenance prédictive. Une cybersécurité forte peut également être intégrée dans la conception originale.

Une grande partie des progrès technologiques et des meilleures pratiques d’aujourd’hui peuvent également être appliquées aux systèmes existants, ce qui représente une opportunité, en particulier dans le contexte des programmes de modernisation. Toutefois, les limitations doivent être reconnues principalement en ce qui concerne la mise en œuvre de la maintenance axée sur les données par rapport aux coûts qui devraient être engagés pour y parvenir dans l’ensemble d’un système. Étant donné que la plupart des systèmes hérités n’ont pas été conçus en tenant compte des capacités axées sur les données, les données collectées peuvent être fragmentées et la tentation de s’appuyer sur des lacs de données non structurés peut être forte, ce qui peut nuire à l’efficacité de la maintenance prédictive.

Peut-être inattendu pour certains, mais évidents pour de nombreux standards axés sur les processus tels que l’ALP-10 de l’OTAN, offrent des solutions intemporelles aux défis constamment émergents, tout en considérant la dernière évolution technologique. En favorisant l’interopérabilité, l’ALP-10 aligne les activités de soutien intégré du cycle de vie (ILS) avec toutes les étapes du cycle de vie du système (SLC), y compris la conception, l’acquisition, l’exploitation et l’élimination, en mettant en évidence la façon dont les processus et les activités ILS sont intégrés à chaque étape.

Alors que les processus peuvent être intemporels, la standardisation technique est motivée par le changement technologique, et la standardisation de la numérisation dans la défense est le prochain défi.

 

Antarctique – Mission de soutien à la logistique du patrouilleur polaire l’Astrolabe

Direction : Opérations 

Après une première rotation vers la station Dumont d’Urville (DDU) qui aura duré plus de trois semaines, le patrouilleur L’Astrolabe a remis le cap au sud le 12 décembre 2025 dans le cadre de sa mission de soutien à la logistique en Antarctique (MSLA).

Au cours de sa traversée, le navire a effectué une escale au large de l’île australienne de Macquarie afin de débarquer des scientifiques australiens ainsi que du matériel, dans le cadre de la coopération existant entre l’Australian Antarctic Division (AAD) et l’institut polaire français (IPEV). 

Cette année, L’Astrolabe a été confronté à une concentration de glaces importante, fait assez rare en ce milieu d’été austral. Huit jours de navigation dans les glaces auront été nécessaires pour s’approcher du continent et rejoindre la polynie (espace d’eau libre) devant la station Dumont d’Urville (DDU).

Devant DDU, L’Astrolabe a dû effectuer du « ramming », une méthode de pilonnage de la banquise, afin de se rapprocher au maximum de la station. Dans l’anse du Lion, zone de déchargement de la station polaire française, L’Astrolabe a pu débuter les opérations logistiques via l’hélicoptère du bord et délivrer 340 mde combustible. Ce combustible résistant au froid, appelé SAB, est un élément central de la logistique polaire, permettant d’assurer le fonctionnement des générateurs électriques de la station.

 Propriété des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF), et mis en œuvre et entretenu par la Marine nationale, L’Astrolabe est un navire brise-glace né d’un partenariat conclu entre les TAAF, la Marine nationale et l’Institut polaire français (IPEV). Le navire s’appuie sur deux équipages d’une vingtaine de marins qui le mettent en œuvre alternativement pour réaliser des missions de soutien à la logistique en Antarctique et des missions de souveraineté dans la zone maritime du sud de l’océan Indien, particulièrement dans les terres australes et antarctiques françaises.

La marine nationale va finalement équiper ses frégates multimissions avec des drones aériens Schiebel S-100

par Laurent Lagneau 

Notifié à Airbus Helicopters et à Naval Group en 2017, le programme SDAM [Système de drone aérien pour la Marine] avait initialement pour objectif d’équiper chacune des quinze frégates dites de premier rang de la Marine nationale avec un drone VSR-700, conçu à partir de l’hélicoptère civil léger Cabri G2 du constructeur français Gimbal.

L’un des défis techniques à relever était de faire apponter automatiquement ce VSR-700 sur une frégate dans des conditions difficiles. Ce qu’a réussi Airbus Helicopters, grâce à sa solution Deckfinder.

Ainsi, lors des essais, réalisés à bord de la frégate multimission [FREMM] Provence, il a été possible de lancer et de récupérer un VSR-700 avec une précision de 10 à 20 cm, quel que soit l’état de la mer et indépendamment des dispositifs de géolocalisation par satellite [GNSS/GPS].

« Nous sommes sur le point de parvenir à une très grande avancée technologique sur le SDAM. […] L’appontage automatique d’un drone hélicoptère sur un bateau n’a jamais été réussi jusqu’à présent. Si nous y parvenons, il s’agira d’une véritable rupture en matière de drone », avait d’ailleurs fait valoir l’amiral Nicolas Vaujour, le chef d’état-major de la Marine nationale [CEMM], en octobre 2023.

Pour rappel, d’une masse à vide de 450 kg et affichant une endurance de huit heures pour un rayon d’action de 150 km, le SDAM/VSR-700 peut voler à 5 000 mètres d’altitude à la vitesse de 185 km/h, grâce un moteur de 145 ch. Il est équipé d’un radar Diades C-Ranger 200, d’une boule optronique Wescam MX-10 et d’un récepteur AIS. Jusqu’à présent, il n’est pas prévu qu’il puisse être armé, même si Airbus Helicopters envisage de le doter de capacités de lutte anti-sous-marine, en l’associant à l’hélicoptère NH90 Caïman NFH [Nato Frigate Helicopter].

Or, le SDAM/VSR-700 a justement fait l’objet de critiques sur ce point, certains ayant estimé qu’il n’apporterait pas de capacités militaires « décisives » par rapport au drone aérien Camcopter S-100 « Serval » déjà en service et mis en œuvre par les porte-hélicoptères amphibies.

Pour autant, le SDAM n’a nullement été remis en cause par la Loi de programmation militaire 2024-30. Ainsi, il est question que la Marine nationale dispose de dix drones VSR-700 avant 2030, la cible totale ayant été fixée à quinze exemplaires à l’horizon 2035.

En juin, la Direction générale de l’armement [DGA] a d’ailleurs notifié un accord-cadre à Airbus Helicopters pour « l’acquisition des systèmes VSR700, pour les besoins français et des pays partenaires ainsi que la contractualisation au nom et pour le compte des nations intéressées ».

Seulement, la Marine nationale a depuis changé ses plans. C’est en effet ce qu’a annoncé la DGA, via un communiqué publié ce 16 janvier.

Ainsi, le SDAM/VSR-700 n’a désormais plus vocation à équiper les frégates multimissions étant donné que ces dernières seront finalement dotées de Camcopter S-100F Serval. Un contrat portant sur la livraison de cinq systèmes a en effet été signé avec Naval Group à cette fin.

Ce contrat « vise à acquérir une capacité légère de drones à décollage vertical, basée sur le drone Camcopter S-100F produit par la société Schiebel et déjà en service sur les PHA », a ainsi indiqué la DGA. Il « prévoit la fourniture par Naval Group de cinq systèmes de drones aériens Camcopter S-100 F ainsi que les solutions pour leur intégration physique et fonctionnelle sur les frégates multimissions de la Marine nationale », a-t-elle ajouté.

Dans le détail, d’une endurance de 6 heures et pouvant emporter une charge utile de 50 kg, ces Camcopter S-100F seront équipés d’un capteur optique champ large et d’une boule optronique gyrostabilisée. Les premiers exemplaires seront livrés à la Marine nationale dès cette année.

S’agissant du VSR-700, la DGA a confirmé la commande de six exemplaires, dans la droite ligne de l’accord-cadre signé l’an passé. « Ces aéronefs seront progressivement intégrés sur les Bâtiments ravitailleurs de forces et accompagneront ainsi le groupe aéronaval, formé autour du porte-avions Charles de Gaulle », a-t-elle précisé.

Outre les missions ISR [renseignement, surveillance, reconnaissance] pour lesquelles il a été conçu, il n’est pas exclu que le VSR-700 soit utilisé pour assurer des liaisons logistiques entre les différentes unités du groupe aéronaval, ce qui permettrait de se passer d’un hélicoptère. Reste à voir s’il sera ultérieurement intégré aux Frégates de défense et d’intervention [FDI].

 

Le BRF Jacques Stosskopf met le cap sur le Grand Nord et le Pacifique pour son déploiement de longue durée

par Laurent Lagneau

Livré en juillet 2023, le premier des quatre Bâtiments ravitailleur de forces [BRF] destiné à la Marine nationale, le « Jacques Chevallier » avait dû patienter près de seize mois pour être officiellement admis au service actif. En effet, après avoir effectué un déploiement de longue durée [DLD] de quatre mois afin de valider ses caractéristiques militaires, ce navire dut effectuer d’autres essais pour vérifier son comportement au sein du groupe aéronaval du porte-avions Charles de Gaulle ainsi que son aptitude à interagir avec des pétroliers civils.

Sans doute que ce processus sera beaucoup plus court pour le second BRF, à savoir le « Jacques Stosskopf ». Arrivé à Toulon le 31 juillet dernier, ce navire a été officiellement livré à la Marine nationale quatre mois plus tard. Et, ce 16 janvier, le ministère des Armées a annoncé qu’il venait d’entamer son DLD, à l’issue de la mise en condition opérationnelle de son équipage.

Dans le détail, le « Jacques Stosskopf » mettra d’abord le cap sur le Grand Nord [où il devrait croiser la frégate de défense et d’intervention « Amiral Ronarc’h », qui vient aussi d’appareiller pour son DLD]. Il prendra ensuite la direction des Antilles, puis celle de la région Indopacifique.

Il s’agit « d’éprouver ses capacités dans des environnements maritimes variés, mais aussi de développer l’interopérabilité de ce nouveau type de bâtiment avec nos partenaires et alliés des zones traversées. Cette période en mer, effectuée loin, longtemps et en équipage, permet de mettre à l’épreuve le BRF et ses systèmes, et aux marins de s’approprier davantage ces équipements », rappelle le ministère des Armées.

Pour rappel, inspiré du navire ravitailleur A5335 Vulcano, développé par l’italien Fincantieri, un Bâtiment ravitailleur de forces affiche un déplacement de 31 000 tonnes en charge, pour une longueur de 194 mètres et une largeur de 24 mètres. Doté d’une double coque et de quatre mâts de ravitaillement polyvalents lui permettant de soutenir simultanément deux deux navires, il a une capacité d’emport de 1 500 tonnes de fret et de 13 000 mètres cubes de carburant.

Mis en œuvre par 130 marins, un BRF est armé de deux canons RAPIDFire de 40 mm, fournis par Thales et Nexter, et d’un système de défense aérienne Simbad-RC livré par MBDA. En outre, il peut accueillir un hélicoptère NH90 Caïman et un drone aérien, en l’occurrence le VSR-700 du Système de drone aérien de la Marine [SDAM].

Quand le BRF « Jacques Stosskopf » aura été admis au service, la Marine nationale disposera de trois navires logistiques, le Bâtiment de commandement et de ravitaillement [BCR] Somme, dernière unité de la classe Durance, ayant été prolongée jusqu’en 2027, année où il devrait être remplacé par le BRF « Émile Bertin », dont la construction est en cours à Saint-Nazaire.

La Lettonie et la Suède renforcent leur coopération militaire grâce à l’obusier automoteur Archer

par Laurent Lagneau 

En 2013, Andris Bērziņš, alors président de la Lettonie, avait émis l’idée de fusionner les forces armées des trois pays baltes afin de réunir leurs ressources et d’améliorer leurs équipements. Mais elle fut rejetée par Andris Pabriks, qui était pourtant son ministre de la Défense. « Je pense que c’est une belle idée, mais cela restera un rêve pour des raisons pragmatiques, analytiques et rationnelles », avait-il dit. Le gouvernement estonien n’avait pas dit autre chose. « La configuration actuelle, avec trois armées différentes qui coopèrent et forment des unités mixtes temporaires pour des missions internationales, est optimale », avait-il estimé.

La guerre en Ukraine n’a pas fait bouger les lignes. D’ailleurs, les trois pays baltes ont fait des choix différents pour moderniser et renforcer leurs capacités militaires. Ainsi, si l’Estonie et la Lituanie auront bientôt en commun le CAESAr [Camion équipé d’un système d’artillerie] français, la Lettonie a décidé de commander dix-huit obusiers à roues Archer auprès de la Suède. C’est en effet ce qu’a confirmé son ministère de la Défense, le 14 janvier.

« L’acquisition de ce système d’artillerie constitue une étape importante dans le renforcement des capacités des Forces armées nationales. Elle permettra non seulement d’accroître nos capacités de tir indirect, mais aussi de favoriser une coopération plus étroite avec la Suède, en garantissant des entraînements conjoints et des échanges d’expérience. Il s’agit d’un investissement à long terme dans notre sécurité et nos capacités de défense », a justifié Andris Sprüds, le ministre letton de la Défense.

Actuellement, l’armée lettone met en œuvre quarante-sept obusiers chenilles M109A5Ö de conception américaine, acquis auprès de l’Autriche en 2017.

Quoi qu’il en soit, le choix letton a sans doute été influencé par les perspectives d’une coopération à long terme dessinée par la Suède. Ainsi, il est prévu que l’armée suédoise déploie des Archer 6×6 en Lettonie en 2026. En outre, il est aussi question de former une unité commune aux deux pays « afin de permettre à leurs forces armées de mener des exercices conjoints et de développer leurs compétences en matière de tir indirect ».

« Cette coopération favorisera l’interopérabilité en matière de capacités de tir indirect entre la Lettonie et la Suède, offrira des opportunités de formation aux forces armées suédoises et jettera les bases d’un développement conjoint du système Archer afin de l’adapter à l’évolution du contexte sécuritaire » a expliqué le ministère letton de la Défense.

Pour rappel, produit par BAE Systems Bofors, l’Archer est un obusier de 30 tonnes, monté sur un châssis à roues Volvo 6×6 et doté d’un canon de 155 mm associé à à un système de chargement automatique. En fonction des munitions utilisées, sa portée peut atteindre 50 km.

De nouveaux horizons dans le viseur du casque TopOwl DD de Thales

par Nathan Gain

Thales va muscler les capacités de son casque TopOwl Digital Display, conséquence directe de la commande par l’Espagne de 31 hélicoptères NH90 supplémentaires. Une intégration qui bénéficiera aussi aux forces spéciales françaises, eux aussi en attente d’un NH90 taillé pour leurs missions. 

Un nouveau chapitre démarre pour le casque TopOwl. Après avoir notifié NHIndustries pour les NH90 espagnols, la NATO Helicopter Management Agency (NAHEMA) s’est tournée vers Thales pour ajouter de nouvelles fonctionnalités au casque TopOwl DD. Un contrat réalisé au profit de la Direction générale de l’armement (DGA) et de son pendant espagnol, la Dirección General de Armamento y Material (DGAM) et au montant non divulgué mais qui se fonde sur le succès d’une version « legacy » dont 1600 exemplaires sont aujourd’hui en service. Plus de 700 autres sont appelés à sortir des lignes bordelaises du groupe français. 

Pour Thales, il s’agira avant tout d’adapter sa solution au NH90 en parallèle aux efforts similaires engagés dans le cadre du programme français HIL et de la rénovation des hélicoptères Tigre au profit du duo franco-espagnol. Personnalisé selon la morphologie du pilote, le casque TopOwl DD est doté d’un afficheur LCD haute résolution et d’un champ de vision de 40° tout en étant opérationnel dans des nuits de niveaux 1 à 5 grâce aux tubes intensificateurs d’image (T2I) intégrés, le tout pour environ 2,2 kg. Le contrat décroché par Thales portera notamment sur l’amélioration de ces T2I en augmenter le niveau de performance, une « Figure of Merit » (FOM) qui restera confidentielle. 

Mais la principale plus-value reste cette interface à forger avec les capteurs et caméras de mission embarqués sur le NH90. Une fois combiné à ces capteurs, le TopOwl DD bénéficie en effet de nouvelles fonctions propres à assister le pilote dans sa compréhension de la situation opérationnelle. Pour l’Espagne comme pour la France, il sera relié au système de caméras grand champ (DAS) Eurofl’Eye, seconde technologie dont le développement par Safran Electronics & Defense est directement soutenu par le contrat espagnol. Ce socle, le client le complètera de la boule optronique Euroflir 410 elle aussi fournie par Safran, partenaire logique de Thales sur le sujet.

Point de chute désigné des données récoltées par le DAS et l’Euroflir 410, le casque TopOwl DD permettra au pilote et au co-pilote de partager une image commune et de pointer des éléments d’intérêt tout en conservant l’indépendance des lignes de visée. Autrement dit, ce sera la fin de l’asservissement de la caméra de mission par l’un des deux membres d’équipage. Cette combinaison de capteurs annonce également l’incrustation de l’image en provenance de la caméra dans le champ de vision. Ce mode « Picture in Picture » (PIP) permettra d’exploiter tout le potentiel de l’Euroflir 410, et plus particulièrement une voie infrarouge participant à améliorer la sécurité lors des vols à basse altitude ou sous très faible visibilité. 

Pour l’instant, le TopOwl DD et l’Eurofl’Eye avancent chacun dans leur ligne de nage. La frontière entre les deux n’est pas imperméable, mais l’essentiel de leur rapprochement interviendra plutôt en fin de développement. Le contrat matérialisé avec la NAHEMA ne porte par ailleurs que sur le développement et l’intégration. Un contrat de livraison « est planifié avec Airbus mais non signé aujourd’hui », explique Thales. À terme, son casque doit monter à bord des 18 NH90 FS commandés côté français ainsi que sur une partie des NH90 GSPA et MSPT acquis dernièrement par l’Espagne. Un effort similaire a déjà été engagé pour le Tigre rénové au profit du duo franco-espagnol et du Guépard conçu pour les armées françaises dans le cadre du programme HIL. Le volet matériel ne change pas. Seul l’interface est adapté pour tirer le meilleur parti de la caméra de mission et des capteurs propres au NH90. 

Les premiers vols d’essai interviendront, selon Thales, au premier semestre 2026. Si le NH90 FS est attendu dès cette année par les forces spéciales françaises, le casque TopOwl DD décollerait premièrement avec le Tigre rénové et le Guépard. Le NH90 suivra, le temps d’adapter l’interface aux spécificités de l’appareil et de ses capteurs, dont un DAS qu’il reste à parachever. Les premiers exemplaires arriveront en fin de décennie, à temps pour un rétrofit des appareils français et pile à l’heure pour l’atterrissage des NH90 espagnols supplémentaires, attendus à compter de 2031. 

« Ce sont des premières commandes et, bien sûr, nous allons essayer de capter d’éventuels contrats de rétrofit ou de modernisation d’autres plateformes », indique Thales. Si la France et l’Espagne deviennent les clients de lancement, « tout utilisateur du NH90 pourrait éventuellement devenir un client potentiel ». Soit une quinzaine de pays opérant plus de 500 appareils au dernier décompte. Ou tout client disposant de l’Euroflir 410 sur ses appareils, à l’image du Guépard issu du programme HIL. « Si Safran venait à vendre son DAS pour le Guépard, nous n’aurions qu’à réaliser une évolution logicielle », précise Thales. « Et nous pouvons bien entendu également l’adapter à d’autres [caméras] », ajoute l’industriel. Agnostique de l’appareil, le TopOwl DD l’est aussi de ses capteurs. La manoeuvre ne nécessitera seulement d’adapter l’interface, en témoigne le viseur de toit Euroflir 510 retenu pour le Tigre rénové.

Le casque TopOwl DD n’est pas figé. Thales lui consacre une feuille de route annonçant des évolutions à moyen et long termes. L’ajout d’un système de vision synthétique (SVS) notamment, une option proposée pour afficher une symbologie plus complexe et mieux restituer les reliefs, obstacles et autres infrastructures rencontrés. L’ajout de couleurs ensuite, « très utiles pour discriminer la symbologie ». Une symbologie que l’entreprise imagine étendue aux drones pour, par exemple, restituer plus fidèlement leur trajectoire. Cette collaboration entre drones et hélicoptères ou MUM-T, la fonction PIP du casque pourra y contribuer en prenant en charge le flux vidéo en provenance d’un autre aéronef, habité ou non. Et Thales étend le champ jusqu’à imaginer un lien direct avec le capteur de tête d’une munition téléopérée ou de n’importe quel « Air-Launched Effect » (ALE). L’idée ne manquera pas de retenir l’attention des équipages à l’heure où le Tigre et le NH90 sont au centre de réflexions portant justement sur l’intégration de ces ALE. 

 
Les équipes de drones de la Royal Navy et de la Marine nationale

par Royal Navy

Sous le soleil méditerranéen d’hiver, des membres du 700 Naval Air Squadron britannique profitent d’un entraînement conjoint avec leurs homologues français, avec leur drone Peregrine, dans le sud de la France. La Base Aéronautique Navale d’Hyères est la seule base aérienne de la Marine nationale sur la côte méditerranéenne. Elle abrite des hélicoptères de recherche et de sauvetage ainsi que des hélicoptères embarqués, partageant son aérodrome avec l’aéroport international de Toulon.

Ils partagent également le site avec le Centre d’Expérimentations Pratiques de l’Aéronautique navale (CEPA), dont la petite escadrille spécialisée en essais et évaluation repousse les limites de l’aviation navale grâce à de nouvelles armes, de nouveaux systèmes, etc.

Ces conditions, combinées à des températures à deux chiffres même à cette période de l’année et à des vents légers, en font un lieu plus attractif pour les opérations de drones que la péninsule de Lizard.

Le Peregrine (ou Pèlerin pour les francophones) est la version de la Royal Navy du drone civil S-100 Schiebel, équipée de matériel spécifique pour les opérations de première ligne.

 

 

Groenland: des commandos français sont à Kangerlussuaq, selon le patron du Commandement arctique

par Ph. CHAPPLEAU

Ce dimanche, le général de division Søren Andersen, le patron du Commandement arctique, s’est exprimé dans une interview accordée à la chaîne de télévision groenlandaise KNR.

Comme à son habitude, il n’a pas souhaité donner de chiffre précis quant au nombre de soldats danois et étrangers arrivés au Groenland. Ce nombre est susceptible d’évoluer au cours de l’année, a-t-il précisé. « Parfois, il n’y en aura aucun, hormis ceux qui sont habituellement stationnés ici, et parfois il y en aura davantage. »

Le général Andersen a également indiqué que les forces spéciales françaises arrivées au Groenland débuteraient leur entraînement à Kangerlussuaq, ville de la côte ouest située au nord de Nuuk et qui abrite une ancienne base militaire améicaine. La ville dispose aussi d’un aéroport international où a pu se poser un appareil de l’armée de l’Air français.

On attend désormais une confirmation officielle de l’Élysée ou, s’il obtient le feu vert de la présidence, de l’EMA.

Les chasseurs alpins français déployés au Groenland

36 milliards d’euros en plus pour le budget des Armées d’ici 2030: Emmanuel Macron demande que l’actualisation de la loi de programmation militaire soit adoptée « d’ici au 14 juillet »

BFM Business Timothée Talbi avec AFP

Au cours de ses voeux aux Armées prononcés depuis la base aérienne d’Istres (Bouches-du-Rhône), Emmanuel Macron a appelé à des « efforts » pour « être puissants dans ce monde si brutal ». « Pour être puissant dans ce monde si brutal, il faut faire plus vite et faire plus fort », a déclaré le chef de l’Etat. La loi de programmation militaire 2024-2030, qui prévoit actuellement 413 milliards d’euros, doit pouvoir être actualisée et adoptée « d’ici le 14 juillet prochain » selon lui.

Le président de la République a fait référence à son annonce du 13 juillet dernier « d’avancer à l’année 2027 l’objectif initialement prévu pour 2030 d’atteindre un budget annuel de 64 milliards d’euros » pour la défense. « Ainsi, en deux mandats, le budget des Armées aura été doublé », a-t-il assuré.

« C’est pourquoi l’actualisation de la loi de programmation militaire, qui va porter ce changement d’échelle, prévoit pour la période 2026-2030 un effort supplémentaire de 36 milliards d’euros pour accélérer notre réarmement dont 3,5 milliards d’euros dès 2026. »

« Faire face à un engagement majeur d’ici 3 à 4 ans »

Emmanuel Macron souhaite que cette rallonge budgétaire finance quelques grandes priorités « pour préserver la crédibilité opérationnelle de nos armées et faire face, si nous devions y être confrontés, à un engagement majeur d’ici 3 à 4 ans. » La première est la hausse des stocks de munitions « de tous types pour tenir compte du retour d’expérience des conflits en Ukraine et en mer Rouge ».

Une autre des priorités fixées par le chef de l’Etat est l’allocation de moyens supplementaires pour garantir la souveraineté de la France. Il a notamment cité la mise en place d’une alerte avancée « qui combine système d’alerte spatial, un système de radar de surveillance terrestre ainsi que des expérimentations. » Il a également fait part de sa volonté « d’accélérer sur l’utilisation de constellations satellitaires en orbite basse pour améliorer la connectivité et l’acquisition de renseignements » ou encore de « poursuivre le travail pour développer des feux dans la très grande profondeur. »

Guerre en Ukraine : de 20 000 à 25 000 soldats tués par mois, l’OTAN révèle les lourdes pertes russes sur le front

par Thomas Lorentz  

Depuis le début de la guerre en Ukraine, le nombre exact de victimes n’est toujours pas connu. Toutefois, le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a avancé certains chiffres concernant les pertes russes.

Sur la ligne de front, les affrontements entre l’armée russe et l’armée ukrainienne se poursuivent depuis bientôt quatre ans. Malgré les garanties de sécurité avancées par plusieurs pays, les négociations pour la paix peinent à avancer et le nombre de victimes de la guerre continue, lui, d’augmenter.

Des pertes « considérables »

Mark Rutte, secrétaire général de l’OTAN, s’est exprimé mardi 13 janvier du Forum Renew Europe Global Europe 2026 et a révélé quelques chiffres concernant les pertes russes. Des chiffres qui, jusqu’à présent, demeurent inconnus.

« Les Russes perdent actuellement un nombre considérable de soldats en raison de la défense acharnée des Ukrainiens. En un mois, cela représente entre 20 000 et 25 000 Russes morts. Je ne parle pas de blessés graves, je parle de morts, tués. 20 000 à 25 000 par mois », a lancé Mark Rutte. Ces pertes russes, qualifiées de « considérables », sont dues à « la défense acharnée des Ukrainiens », a-t-il insisté.

La Russie n’est pas prête pour les négociations

Le secrétaire général a ensuite rappelé l’importance de travailler aux côtés du président Zelensky mais aussi des alliés européens, canadiens et américains pour que l’Ukraine reste forte dans le combat, mais aussi à la table des négociations.

Mark Rutte a déploré le comportement de la Russie qui, selon lui, n’est pas encore prête à négocier, mais espère toutefois qu’un accord soit conclu. C’est « au président ukrainien et aux dirigeants ukrainiens d’être en mesure de conclure un jour un accord avec les Russes, espérons-le, si les Russes se présentent à la table des négociations et sont prêts à jouer le jeu, ce qui n’est pas le cas pour le moment », peut-on lire dans le rapporte de l’OTAN.

« On pourrait dire que leur réaction à la réunion de Paris a été ce missile Oreshnik. Il est donc clair qu’à l’heure actuelle, ils ne sont pas sérieux dans leurs négociations. Mais nous devons nous assurer qu’au moment où ces pourparlers commenceront, les dirigeants ukrainiens auront la garantie que les garanties de sécurité sont en place afin que les Russes ne tentent plus jamais d’attaquer. »

Ce vendredi, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a annoncé qu’une délégation de son pays était en route vers les États-Unis pour de nouveaux pourparlers avec les émissaires américains en vue de mettre fin à la guerre avec la Russie, qui perdure depuis bientôt quatre ans.

La Royal Navy confirme avoir neuf sous-marins nucléaires en service

par  Royal Navy          UK Defense Journal (Grande-Bretagne)

La Royal Navy compte actuellement neuf sous-marins à propulsion nucléaire en service, dont quatre navires armés de missiles nucléaires assurant la dissuasion nucléaire permanente du Royaume-Uni en mer, a confirmé le ministère de la Défense.

Répondant à une question à la Chambre des Lords, le ministre de la Défense, Lord Coaker, a déclaré que la force sous-marine se compose de quatre sous-marins lanceurs d’engins balistiques de classe Vanguard et de cinq sous-marins d’attaque de classe Astute.

« La Royal Navy dispose d’une flotte de neuf sous-marins actuellement en service », a-t-il indiqué à ses pairs. « Elle exploite quatre sous-marins nucléaires lanceurs d’engins de classe Vanguard dans le cadre de l’opération “Relentless”, la dissuasion nucléaire permanente en mer, maintenue avec succès depuis plus de 56 ans. »

Cet échange faisait suite à une question de Lord Trefgarne, qui avait demandé combien de sous-marins nucléaires lanceurs d’engins étaient actuellement en service. Dans une question complémentaire, il avait demandé si les sous-marins de dissuasion étaient entretenus et exploités conformément aux normes requises.

En réponse, Lord Coaker a souligné l’importance de la dissuasion navale permanente, déclarant : « Un point essentiel pour nous tous, au sein de cette Chambre, pour notre nation et nos alliances, est le maintien de cette dissuasion navale permanente, et je tiens à rassurer chacun sur ce point. »

Il a décrit cette dissuasion comme un pilier de la paix et de la sécurité depuis des décennies et a affirmé qu’elle avait été maintenue par les gouvernements successifs. Lord Bruce de Bennachie s’est ensuite interrogé sur le nombre de sous-marins opérationnels simultanément, évoquant des périodes d’indisponibilité pour maintenance, et a exprimé des inquiétudes quant à la capacité de maintenir ce programme tout en honorant les engagements futurs, tels que l’AUKUS.

Lord Coaker a refusé de communiquer des chiffres sur la disponibilité opérationnelle, déclarant : « Je ne dirai pas combien de sous-marins sont opérationnels pour des raisons évidentes. » Il a toutefois évoqué le plan de remise en état des sous-marins de la Royal Navy, qui vise à améliorer les capacités de mise en cale sèche et de maintenance afin d’accroître leur disponibilité. Il a précisé que ces mesures ont pour but de garantir que la flotte puisse répondre aux besoins actuels tout en soutenant les futurs programmes de sous-marins.

« Dangereux et inexplicable » : pourquoi l’escalade russe en Ukraine inquiète les États-Unis

Les récentes attaques en Ukraine révèlent une escalade alarmante : plus de 2 500 civils tués et des infrastructures dévastées.

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par Paul Mercier

Depuis bientôt quatre ans, le conflit russo-ukrainien continue de secouer la région, et la communauté internationale attend toujours un apaisement. La guerre semble s’installer dans un difficile statu quo, et chaque jour apporte son lot d’événements tragiques, d’escalades et de tentatives de dialogue qui n’aboutissent pas.

Le missile hypersonique Orechnik : ce qui s’est passé

Le missile Orechnik, présenté comme une technologie balistique de dernière génération, est désormais au cœur des préoccupations internationales. Il s’agit d’un missile à portée intermédiaire, sans charge nucléaire, que la Russie a récemment utilisé pour frapper des cibles en Ukraine, y compris des objectifs stratégiques.

Les débris de ce missile ont été montrés par le service ukrainien de sécurité (SBU) comme preuve de son emploi dans la région de Lviv. L’armée de l’air ukrainienne affirme que ces attaques servent à « tester » les alliés de l’Ukraine. Tammy Bruce, porte-parole américaine, a qualifié cet usage d’ »escalade dangereuse et inexplicable », rapporte le journal Sud Info.

Comment la communauté internationale a réagi

La réaction internationale n’a pas tardé. Les États-Unis ont fermement condamné l’utilisation du missile Orechnik devant le Conseil de sécurité de l’ONU. Une réunion décisive a été programmée à la demande des États-Unis et de l’Ukraine, en réponse à ces nouvelles frappes massives.

Dans un geste de solidarité, Volodymyr Zelensky a appelé à une « réaction claire » de la communauté internationale, en soulignant le besoin urgent de solutions concrètes.

Parallèlement, l’Union européenne étudie l’idée de créer une force militaire européenne permanente de 100 000 hommes, proposition avancée par Andrius Kubilius, commissaire européen à la Défense. Cette initiative arrive alors que l’on s’interroge de plus en plus sur la posture américaine envers l’Europe, notamment en raison des incertitudes liées aux tensions russo-ukrainiennes.

Les dégâts causés par les récentes attaques

Les dernières offensives ont laissé des traces lourdes. L’armée russe a lancé une attaque aérienne massive sur l’Ukraine, provoquant d’importants dégâts : atteinte de 20 immeubles résidentiels et de l’ambassade du Qatar à Kiev. Au moins quatre personnes ont été tuées dans la capitale.

Les infrastructures critiques ont aussi été touchées : le réseau électrique de la région de Zaporijjia a été fortement affecté, plongeant 382 500 foyers dans le noir. À Kiev, la moitié des habitations a été privée de chauffage, et une évacuation temporaire de la capitale a même été envisagée face à l’intensité des frappes.

En Russie, la ville de Voronej a été la cible d’une attaque de drones ukrainiens, avec une victime à déplorer. La Russie affirme toutefois avoir abattu au moins 25 de ces drones, même si cela a provoqué des perturbations dans le trafic aérien des aéroports de Moscou.

Les récentes attaques en Ukraine révèlent une escalade alarmante : plus de 2 500 civils tués et des infrastructures dévastées.

Données d’appui logistique intégrées: disponibilité opérationnelle et enseignements tirés

par Guy Langenaeken

Le support logistique intégré (ILS)  relie les données d’ingénierie, d’approvisionnement et de maintenance tout au long du cycle de vie d’un système. Cet article examine certaines des principales spécifications, outils et leçons apprises dans ce domaine.

Vue d’ensemble des données ILS

Les données ILS sont toutes des données logistiques dont vous avez besoin pour exploiter et maintenir votre système civil ou militaire. L’industrie, les forces armées et les agences de l’OTAN utilisent un logiciel de planification des ressources d’entreprise (ERP), qui assure la gestion intégrée des principaux processus d’affaires. Il aide à gérer les processus d’affaires de base dans un seul outil pour les départements tels que l’ingénierie, la finance, la fabrication, les ressources humaines, l’approvisionnement, la chaîne d’approvisionnement et d’autres.

L’industrie, les forces armées et les agences de l’OTAN peuvent utiliser un outil de gestion du cycle de vie des produits (PLM): cela est utilisé pour gérer un produit et ses données associées à toutes les étapes du cycle de vie du produit. Il comprend des données provenant des exigences, des documents, des articles, des pièces, des produits, des commandes de changement d’ingénierie, des flux de travail de qualité, etc. Bien que principalement utilisé par les équipes de conception et d’ingénierie travaillant avec des données de conception assistée par ordinateur (CAD), un tel outil PLM peut fournir une visibilité sur le processus de conception de produits pour toutes les parties prenantes de l’entreprise. L’intégration d’ERP et de PLM dans une solution logicielle unique au niveau de l’entreprise aurait du sens – cette approche a été mise en œuvre par certaines entreprises.

Les données ILS couvrent les données nécessaires pour mettre en place un système et son système de soutien et pour les soutenir pendant le cycle de vie du système.

Il est important d’être conscient de la différence entre les données ERP/ingénierie d’une part et les données ILS d’autre part, puisqu’elles ont des finalités différentes. Les deux ensembles de données devraient décrire le même système et les deux ensembles de données sont créés du côté de l’industrie pour être utilisés par l’industrie et le client, conformément au concept de maintenance convenu.

Les données de configuration peuvent faire référence à des modules spécifiques d’équipement achetés auprès d’un sous-traitant et être identifiés comme tels pour permettre la fabrication. Ils peuvent ne pas avoir un numéro de pièce et un code de fabricant qui est utilisé dans la logistique.

Les données logistiques ont un objectif totalement différent: elles doivent fournir toutes les données nécessaires pour permettre le fonctionnement et le maintien du système. Ils doivent bien entendu être cohérents entre eux et représenter le système décrit dans les données de configuration. Les données de configuration et de logistique doivent être cohérentes entre elles. C’est ce qu’on appelle parfois la cohérence de la base de données (DBC).

La série ASD S de spécifications IPS

La suite S-Series of IPS Specifications de AeroSpace and Defence Industries Association of Europe (ASD) et Aerospace Industries Association of America (AIA) couvre tout le spectre du support intégré de produits. Le document global de cette série est SX000i Numéro 3.1. Il est plus de 600 pages, mais il faut en premier lieu lire les premiers chapitres. La figure 19 du présent document illustre les interactions entre les autres spécifications de cette série de TSA:

  1. ASD S1000D: Spécification internationale pour les publications techniques.
  2. ASD S2000M: Spécification internationale pour la gestion des matériaux.
  3. ASD S3000L: Spécification de procédure internationale pour l’analyse de soutien logistique (LSA).
  4. ASD S4000P: Spécification internationale pour le développement et l’amélioration continue de la maintenance préventive.
  5. ASD S5000F: Spécification internationale pour la rétroaction de données en service.
  6. ASD S6000T: Spécification internationale pour l’analyse et la conception de la formation.

La caractéristique la plus importante de la série S est le modèle de données communs décrit dans ASD SX002D. Il assure la cohérence des données entre les spécifications IPS de la série S ASD.

Lien vers la disponibilité opérationnelle

Lorsqu’un nouveau système entre en service, les mêmes questions récurrentes doivent être répondues, y compris, mais sans s’y limiter:

  • Quel concept de maintenance (préventif et correctif) à appliquer ? Qui (Forces armées ou Industrie) fera quel niveau à quel endroit employer combien de personnel d’entretien ayant quelle formation et quelle disposition de quel équipement de soutien et quel équipement d’essai?
  • Quelles pièces de rechange (intervalle) et combien de chacun (mise à l’échelle) doit être acheté et où les stocker pour répondre à la disponibilité opérationnelle demandée pour l’utilisation prévue (par exemple, 600 heures de vol par an) à un coût minimum?
  • Quelle est la meilleure organisation de maintenance possible ?
  • Quel est l’impact si les MTBF prédits / réparation Turn Around Times / Provisioning Lead Times ont été trop optimistes?
  • Quel serait l’impact des changements (positifs ou négatifs) des paramètres mentionnés ci-dessus? C’est ce qu’on appelle parfois « l’analyse de sensibilité » ou « et si ? »

De telles questions peuvent être répondues de manière optimale en appliquant la théorie de l’approche du système, qui a été publiée pour la première fois dans une publication de la société RAND en avril 1964. L’utilisation d’outils d’optimisation des pièces de rechange basés sur l’approche du système pourrait entraîner des économies importantes (environ 20%, potentiellement même plus), tout en fournissant la même disponibilité opérationnelle que la théorie d’approche d’articles précédentes beaucoup plus coûteuse.

Leçons apprises

  • La cohérence des données est essentielle. La cohérence des données devrait être énoncée comme une exigence obligatoire dans la demande de proposition (RfP)/citation et l’industrie devrait être demandée pour le prouver. Il convient de définir le(s) paiement(s) de jalons pour garantir la cohérence des données au cas où un contrat serait accordé.
  • Les données logistiques devraient obligatoirement disposer de formats de données compatibles avec le logiciel ERP utilisateur et le logiciel logistique d’analyse LCM.
  • Un modèle logistique reflétant la configuration demandée/proposée (conformément au concept de maintenance souhaité) devrait être demandé. Ce modèle devrait obligatoirement être au format du logiciel d’analyse logistique en cours d’utilisation avec le gestionnaire LCM du côté utilisateur.
  • Prix d’approvisionnement des articles, PLTs, INCOTERMS applicables, TAT, le coût de réception et le coût d’inspection initial des articles échoués pour déterminer si la valeur de la réparation ou la déclaration n’est pas réparable économiquement, devrait être dans le modèle logistique et devrait être les prix et les heures à utiliser dans un contrat de logistique potentielle basée sur la performance (PBL) après la sélection – cela devrait être une exigence obligatoire.
  • L’outillage nécessaire conformément au concept de maintenance devrait obligatoirement être décrit dans l’ensemble de données ILS.
  • Des exigences en matière d’étalonnage pour un tel outillage devraient obligatoirement être fournies.

Un moyen de conformité devrait être défini pour chacune des exigences obligatoires proposées. Les soumissions ne doivent pas être prises en considération si une ou plusieurs des exigences obligatoires susmentionnées ne sont pas respectées. Toutes les exigences obligatoires devraient être liées à des paiements d’étape si le contrat est accordé.

Au cours des négociations contractuelles, il ne devrait pas y avoir de réduction ou d’affaiblissement des exigences de l’ILS pour des raisons commerciales ou budgétaires.

La capture de données en service au niveau opérationnel est absolument essentielle, surtout maintenant que les outils d’intelligence artificielle (IA) commencent à être utilisés à des fins d’analyse. Il devrait être utilisé pour améliorer les résultats du modèle logistique analytique.

Conclusion

  • L’utilisation d’un logiciel basé sur l’approche système permet de déterminer une liste optimale de pièces de rechange à un coût minimum.
  • L’utilisation d’un logiciel basé sur l’approche système permet potentiellement d’atteindre la même disponibilité opérationnelle à un coût substantiel inférieur de l’investissement nécessaire par rapport à la quantité déterminée d’approche d’article pour chaque élément.
  • L’utilisation d’un logiciel basé sur l’approche système permet aux utilisateurs d’optimiser le budget de soutien annuel.
  • Les résultats des logiciels fondés sur l’approche système devraient être examinés par des experts en maintenance avant de prendre des décisions.
  • Capturer des données réelles en service est un
  • Les outils d’IA devraient être utilisés pour analyser les données de maintenance collectées.

L’utilisation de logiciels de logistique analytique est considérée comme si importante que leur utilisation a été rendue obligatoire en 2024 par le chef de la logistique et du soutien de la défense du Royaume-Uni. Cela est expliqué dans le «Support Modelling and Analysis Framework», publié par le ministère britannique Strategic Defence Support afin de mettre en œuvre «Une prise de décision améliorée fondée sur des données probantes pour améliorer le soutien à la ligne de front».

Northrop Grumman sous contrat par l’US Navy pour livrer une torpille légère avancée

par Peter Felstead

Un CGI d’une torpille légère avancée MK54 MOD 2 étant lâché pour un avion de patrouille maritime P-8 Poseidon. [Northrop Grumman]

Northrop Grumman a été engagé pour fabriquer et livrer à l’US Navy une nouvelle torpille légère avancée avec une ogive conçue sur mesure pour augmenter sa létalité, a annoncé la société le 12 janvier 2026.

Le contrat, d’une valeur de USD 233 millions (EUR 201 millions), couvre la preuve des phases de fabrication et de qualification, ainsi que la livraison de torpilles multiples pour les tests de qualification.

La torpille légère avancée MK54 MOD 2 est en cours de développement dans le cadre d’un accord de coopération avec la Force de défense australienne, mais dirigé par l’US Navy. La torpille améliorée améliorera l’inventaire existant des variantes MK54 MOD 0 et MOD 1 avec les capacités avancées de Northrop Grumman en matière d’ogives et de traitement, ce qui permettra d’accroître les performances et la létalité. Capable de suivre, de classer et d’attaquer des cibles sous-marines, MK54 MOD 2 fonctionnera dans tous les environnements océaniques et sera lancé à partir de navires de surface, d’avions à voilure fixe et d’hélicoptères.

« Northrop Grumman exploite plus de 80 ans de technologie de torpille innovante, combinée à notre capacité et à notre rapidité de livraison, pour accélérer la qualification de conception et la fabrication de la torpille avancée de poids léger », a déclaré Dave Fine, vice-président des systèmes d’armement chez Northrop Grumman, cité dans un communiqué de presse de l’entreprise. « Cette nouvelle arme fournira aux États-Unis et aux marins alliés une réponse de nouvelle génération pour contrer les menaces sous-marines les plus avancées. »Northrop Grumman effectuera l’intégration et la preuve initiale de la fabrication dans l’usine de l’entreprise à Plymouth, Minnesota, et Allegany Balistics Laboratory (ABL) à Rocket Center, en Virginie-Occidentale.

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